I.NH.OHtSCt.\CK
végétale aussi bien que l’organisation animale. Les pédoncules et les Heurs ont disparu; les bractées prennent plus d’extension, et deviennent des feuilles. On applique encore le mot de comosus à la grappe dont les Heurs su- a-*
péricures, fort rapprochées, sont portées par de longs pedoncules réunis en touffe, comme cela arrive dans le Muscari comosum : autre exemple d’un balancement d’organes-, les pédoncules sont bien plus développés, mais la fleur l’est beaucoup moins et reste stérile.
La grappe peut être plus ou moins longue (longus , elon- ‘ï'iT'w' gatus), ou bien plus ou moins courte ( brecis ) -, pauciflore ( pauciflorus ) ou mulliflore ( mulli/Iorus ); quand elle a peu de flexibilité, on la dit roidc (slricltts ) ; lorsque scs fleurs sont tournées du môme côté, on la dit en latin secundus ; elle «•si droite ( rectus ) ou llexueuse (/lexuosus)-, dressée ( ereclus ), inclinée à un degré plus ou moins sensible ( autans , cernuus) ou pendante ( pendulus ). Je ferai observer que ces derniers mots doivent s’appliquera la direction de l’axe, ou, si l’on aime mieux, à l’ensemble de la grappe , et qu’il faut aussi , dans la botanique descriptive, indiquer en particulier celle des pédoncules, car on sent qu’avec un axe dressé on peut avoir des pédoncules inclinés ou pendants.
Il arrive, dans les Crucifères, qu’au commencement de la floraison les fleurs inférieures, soutenues par des pédoncules I’*n' déjà fort développés, arrivent au môme niveau que les fleurs supérieures encore en boulon , et supportées alors par des pédoncules fort courts; mais, à mesure que la plante se développe, les entre-nœuds s’allongent, les fleurs supérieures s’éloignent des inférieures, et une véritable grappe se forme (ex. Sùymbrium oblusangulum , l)C., Erucastrum oblusangulum, Rchb., f 192, 193). Comme on a donné le nom de corymbe aux inflorescences où les fleurs sont placées toutes à peu près au même niveau, on pourrait
rappe pailiricorymbe.
INFLORESCENCE
presque dire qu’il y a ici d’abord corymbe et ensuite grappe. On pourrait même dire qu’avant que la grappe soit entièrement formée il y a loutà la fois grappe dans le bas et corymbe dans le haut. La différence n’est donc véritablement ici que transitoire ; le développement complet aboutit, en définitive, à la grappe, et, par conséquent, il serait peu rationnel de ne pas conserver ce dernier nom. Ce qu’on peut faire lorsqu’on veut caractériser une inllorcscencc de ce genre, c’est de recourir à un de ces artifices imaginés par les botanistes descripteurs pour peindre les nuances intermédiaires, c’est de ne point indiquer substantivement la disposition florale, mais de la désigner par un adjectif composé appliqué au mot fleur : corymbosoracemosus ( flores corytnbosa-racemosi ), adjectif que nous ne pourrions malheureusement rendre dans notre langue que par une longue périphrase : grappe participant du corymbe.
Quelquefois la grappe, se trouvant composée d’un petit nombre de fleurs, ne saurait s’allonger beaucoup, et, comme en même temps les pédoncules inférieurs sont plus longs Coijmlir Mm[ le. que les supérieurs, l’ensemble de l’inflorescence présente au sommet, sinon une surface aplatie, du moins une forme hémisphérique. Ici on peut, sans inconvénient , se servir, avec les auteurs, des mots corymbe simple (corymbus sim- /ilex). Le Ce ras us Mahalch et le Pyrus commuais fournissent des exemples de cette modification de la grappe.
Souvent on a décrit des pédoncules comme étant biflores, triflorcs, quadriflores (pedunculi bi/lori, triflori, quadriflori). ri"'. Ce sont toujours des grappes, mais des grappes plus raccourcies encore que les corymbcs simples. Les genres Orobus , Vicia, Lalhyrus fournissent des exemples de ces grappes réduites , pour ainsi dire, à l’expression la plus simple.
i.xn.o ACsr.RNCB.
§ III. — De l’épi, du chaton , du spadix et de l épi lie t.
L’épi ( spica ) est un assemblage de fleurs scssiles qui naissent à l’aisselle d’une bractée, le long d’un axe commun, ou qui quelquefois restent nues à leur base (ex. Plantago major, f. 178).
Par celle définition, on voit que l’épi se distingue de la grappe, uniquement parce que ses fleurs sont sessiles, au lieu d’élrc pèdonculécs. Mais une fleur sessile, comme vous le savez déjà, n'est point une fleur sans pédoncule, c’est une fleur où le pédoncule est extrêmement court, et, comme on peut trouver toutes les nuances entre les pédoncules décidément allongés et ceux dont la longueur ne saurait, pour aiusi dire, être appréciée, il est clair qu’il n’existe pas de limite bien tranchée entre l’épi et la grappe, et plusieurs auteurs français ont même confondu ces deux sortes d’inflo resccnce.
Les nuances que j’ai signalées dans la grappe se retrou vent, en général, dans l’épi; mais les formes géométriques y sont communément plus prononcées, ce qui résulte du peu d’éloignement où les fleurs sont de l’axe, et de ce qu’en général elles sont plus rapprochées les unes des autres: ainsi on distingue assez nettement dans l’épi les formes cylindrique (sp. cylindrica), ovoïde ( ovata ) et conique (romeo).
L’épi, et il en est de même de la grappe, peut être lâche (sp. taxa) ou compacte ( compacta , cm ferla, densa ), et, lorsque les points d’attache sont tellement rapprochés, que les fleurs se reportent les unes sur les autres, à peu près comme les tuiles d’un toit, on dit que l’épi est imbriqué {imbricata) (/". 178). Du rapprochement très-fréquent des bradées dans
Définition «K* l'épi.
L'épi comparé avec 1a grappe
Le» ri i ver te • former que I cj.i peut offrir.
IXFLOHKSCKXCE.
iW
l’épi, il résulte que l’un peut, dés le premier eoup d’œil, voir que celles-ci et, par conséquent, les fleurs nées à leur aisselle sont disposées de manière à former plusieurs sortes de spirale.
Quelques modifications de l’épi, dues presque entièrement à des circonstances indépendantes de l’inflorescence, ont reçu des noms particuliers ; ce sont le chaton ( amentum ) et le spadix ( spadix ).
< i..ioi> Le chaton est un épi court, articulé à sa base , et composé
de fleurs unisexuelles et incomplètes, séparées par des bractées à peu près égales entre elles (ex . Corylus A vcllana, f. 1 94). Cette inflorescence est celle de la famille des Amentacées de Jussieu. Les modifications de l’épi se retrouvent à peu près dans le chaton ; cependant il en est quelques unes qui tiennent a sa nature même, et qui, par conséquent, lui sont particulières. Ainsi, comme il est de l’essenced’un chaton d’offrir des fleurs unisexuelles, un chaton peut être femelle ou mâle ( amentum masculum , femineum) . Les plantes à chatons sont, pour la plupart, arborescentes, et vous savez déjà (p. 255) qu’ilexisle desarbres dont les bourgeons simplement à fleurs se développent avant ceux à feuilles, tandis que d’autres qui ontdesbourgconsmixtes, c’est-à-dire feuillés à la base cl terminés par des fleurs , doivent naturellement commencer par donnerdes feuilles. Quand leschatons, produildc bourgeons à fleurs, se montrent avant que les feuilles se soient développées, on dit que les chatons sont précoces (amentum prœcox), comme dans le Tremble, le Noisetier, le Saule marceau (Populus tr émula, Corylus A ccllana , Salix caprea)-, lorsqu’au contraire les feuilles se développent chez un bourgeon mixte à la base d’un rameau terminé par un chaton, et que, par conséquent, celui-ci paraît après les feuilles, on l’appelle tardif (amentum serotinum), enfin le chaton est dit contemporain (coœtaneum), si les bourgeons à feuilles se dé-
IXFI.ORESCF.XCE.
vcloppent on mémo temps que ceu\ il fleurs. Cos distinctions, bien tranchées pour plusieurs espèces, le sont si peu pour d’autres, qu’on a été obligé de caractériser certains chatons par l’expression de subcoœtaneum (presque contemporain).
Le spadix est un épi dont l’axe est charnu, dont les fleurs Sp,H„. sont unisexuelles, enfoncées dans l’axe, et qui, dans sa jeunesse, est enveloppé par celte espèce de grande bractée que l’on nomme spathe (spatlia). ïl peut y avoir des spalhes sans spadix, mais il n’y a point de spadix sans spathe. Celte in florescence appartient exclusivement aux monocolvlédones ; on la rencontre dans les Aroïdes(cx. Arum maculatum , f. 195), les Palmiers, quelques Graminées. Tantôt l’axe du spadix est entièrement couvert de fleurs; tantôt il n’en porte pas jusqu’au sommet, comme ou peut en voir un exemple dans l’ Arum maculatum ou Pied de-veau ( f . 195). L’épuisement est sans doute la seule cause qui amène celte nudité de la partie supérieure de l’axe des Arum; c’est ainsi que le sommet de l’axe multiflore d’un épillet de Graminée, dépourvu d’organes appendiculaires, se trouve souvent réduit à une sorte de moignon.
Quelques auteurs ont fait entrer dans le catalogue des inflorescences le cône ou slrobile ( strobihis ) des Conifères. Les 1 ,r,rr' fleurs femelles des plantes de cette famille offrent sans doute les particularités les plus remarquables; mais il n’v a réellement rien qui distingue d’une manière bien tranchéeun chaton proprement dit de l’inflorescence destinée à devenir un cône: c’est pendant la maturation «les graines que se manifeste la différence qui consiste surtout en ce que les feuilles carpeltaires, étalées dès l’origine, selon Robert Brown, prennent la consistance d’ccailles dures et ligneuses; par conséquent , il faut ranger le cône parmi les fruits composés, et , à l'époque de la fleur, ce qui un jour sera un cône doit être décrit comme un chaton, de même que nous appelons éga-
i\florescew:k.
Epillet* rl épi* de* G ranimée* <*i île* Cjpériféei.
Icmeul ovaire le jeune fruil de la fleur de la Campanule ( Campanula ), et le jeune fruil de la fleur du Pommier, quoique le premier doive un jour devenir une capsule et le second une pomme.
On a vu, dans certaines Graminées et dans certaines Cypèracêes, les petits groupes de fleurs que l’on a appelés épi I tels, disposés sans pédoncule le long d’un axe commun -, et, trompé par une ressemblance apparente, on a attaché le nom d’épi à ce genre d’inflorescence. Mais vous allez reconnaître qu’ici encore on a réellement confondu, comme l’a moutréM. Turpin, des évolutions tout à fait différentes. Pour qu’il y eût analogie, il faudrait que ce qu’on a appelé épillet dans les épis des Graminées fût , quant au degré d’évolution , l’analogue d’une fleur de Polygala ou de Réséda ( Polygala , Réséda)-, mais celle-ci appartient à une seconde évolution, tandis que la fleur de l’épillcl, dans l’épi d’une Graminée, appartient à une troisième.
Afin de vous faire comprendre celle vérité, il est nécessaire que je vous dise d’abord ce qu’on entend par le mol épillet {spicula).
Lorsque nous jetons les veux sur une lige fleurie de Graminée, nous voyons ses étamines et ses styles s’échapper du milieu d’une foule de petits groupes de folioles (f. 1 96, 1 98, 200) très rapprochées et disposées sur deux rangs. Cesonlces petits groupes qui portent le nom d’épillcls, et un épillet est unillore, biflore ou inultiflore ( spicula unifloru, biflora, multiflora), selon qu’il comprend une, deux ou plusieurs fleurs.
Si nous prenons isolément un des épillets dits uniflores (ex. Agroslis alla, f. 196; — t d.,f. 197, où les parties ont été artificiellement écartées les unes des autres, afin qu’on puisse connaître leur position respective), nous y verrons deux braclées extérieures (/". 197 a a) (la glume, gluma) qui embras-
1XFL0KESCKNCK.
sont doux autros folioles (mémo fît/, b b) (paleæ, glumella ), au-dessus desquelles sc trouvent deux petites paillettes unilatérales (jtaleolœ, c) et les organes sexuels (d .Que nous observions ensuite ce qu’on a nommé épillet multiflore, là nous trouvons l’épillcl uniflore répété plusieurs fois, mais sans sa glume, le long d’un axe commun chargé à sa base d’une glume commune à toutes les fleurs. Dans l’épillet uniflore, nous n’avons qu’un degré de végétation; au contraire, dans l’épillet multiflore, nous en avons deux, c’est-à-dire qu’avec l’axe de chaque fleur nous avons celui qui les porte toutes, et, par conséquent, l’épillet multiflore et l’épillcl uniflore ne doivent point être assimilés l’un à l’autre (ex. Bromus mollis, f. 198 ; — id., 199 expliquant la précédente par V écartement des parties : a, l’axe de l'épilletj b, la glume ; c, les fleurs). L’épillct uniflore peut être comparé à la fleur terminale et solitaire; l’épillet multiflore isolé, à ce qu’on appelleépi dans les au très plan tes. Or, comme une réunion d’épillets attachés à un axe commun forme l’épi des Graminées (ex. Triticum pungens, f. 200, 201), cette inflorescence n’est point l’analogue de celle à laquelle on donne le même nom dans la plupart des autres familles.
On doit même faire une distinction dans un épi formé, comme celui du Triticum pungens , d’épillets latéraux et d’un épillet terminal; car tous n’appartiennent pas au même degré de végétation. Le terminal continue , par son axe, celui de l’épi , et les axes des épillcts latéraux ne sont que des branches de cet axe ; ainsi les fleurs de l’épillet terminal sont de la deuxième génération , cl celles des épillels latéraux apparlicnncntà la troisième, à partirdc l’axe de l’épi.
Il y a plus encore : les l.olium (ex . Lolium perenne, f. 202, 203) ont des épis chargés, de droite cl de gauche , d’épillcls mulliflores et sessiles dont la glume (f. 203, b) est univalve. Cette glume n’appartient pasà l’axe de l’épillcl (c); elle
IN Fl OHSSCt.XCK.
esl une production immédiate de l’axe commun de l’épi (a), et chaipie axe latéral (c) portant des fleurs formées de glumelles et d’organes sexuels est un bourgeon développé à l’aisselle de la même glume, feuille de première évolution ; mais ce bourgeon secompose d’un axecommun (c) et des axes latéraux de chaque fleur (</), et offre, comme l’épillet mulliflore tout entier «l’un Bromus et d’un Poa, deux degrés de végétation ; par conséquent, en y comprenant la glume univalve, nous avons dans l’épillct du Lolium trois degrés de végétation , c’est-à-dire un de plus que chez les Poa et les /fronjMs.Cequi prouve évidemment que, dans le premier de ces genres, la glume univalve n’appartient pas au même degré de végétation que l’axe commun des fleurs , c’est que , lors de la maturation des fruits, l’axe commun des fleurs se détache avec les gluraelles cl ces mômes fruits, tandis que la glume persiste sur l’axe général de l’épi.
Je dirai, pour me résumer, que l’épi des Graminées présente trois degrés de végétation ou trois axes successifs au lieu de deux ; que, dans le mémo épi, les épillels latéraux et les terminaux ne sauraient être assimilés, puisque les mômes parties y représentent des degrés de végétation différents; enfin que, dans un môme épillet , il peut se présenter tout à la fois des organes de trois évolutions différentes, la feuille et son bourgeon ramifié.
Dans les Cypèracées, où les fleurs, séparées par une simple bractée qui offre à peu près la consistance d’une écaille, sont attachées à un axe commun, l’on a aussi des épillels multiflorcs (f. îi, 25, 26). Pris isolément, chaque épillet offre, comme celui des Graminées , deux degrés de végétation , et il y a aussi , comme dans les Graminées, trois degrés de végétation, quand lesépillels attachés à un axe commuu forment un épi. Souvcntchez les Cvpéracées il n’existe qu'unseul épi terminal ( f . 2i, 25, i9) : continuation de l’axe primaire, il
INFLORESCENCE
peut être assimilé à l’épi Ilot terminal des épis à plusieurs épillets de Graminées ou de C\ poracécs.
D’après ce que je viens de vous dire , il est clair que l’on s’est conformé aux définitions rigoureuses de la terminologie , lorsque, supprimant pour les Cypèracées le mol d’épillet , on Ta changé en celui d’épi ; mais alors il faudrait faire le même changement pour les Graminées; il faudrait aussi imaginer une expression nouvelle pour désigner l'inflorescence qu’on appelle aujourd’hui un épi chez les Graminées et les Cypéracées , car il serait bien étrange , ce me semble , de dire que des épis sont disposés en épi ; enfin il faudrait distinguer par des mots différents l’épillel uniflorc cl l’épillet mulliflurc, puisque , si celui-ci est un épi , l’autre est, comme vous l’avez vu , une simple fleur solitaire et terminale. Je pense qu’il est sans inconvénient d’adopter la terminologie consacrée par la plupart des auteurs , pourvu qu’on se fasse une idée bien juste des caractères qu’elle représente.
L’épillct pluriflore des Graminées est composé de fleurs r»™,. ,i„
Id* Cl SUlMt «A-
alternes disposées sur deux rangs, et de là il résulte que le plus souvent il est aplati. Dans les Cypéracées, il l’est plus rarement , parce que Ips fleurs sont moins souvent disposées sur deux rangs. D’ailleurs la grandeur des épillets et leur forme varient dans les deux familles, suivant les espèces. Il en est de linéaires ( spicula line (iris), de lancéolés (spic. lanreolala) , d’oblongs (sp. ohlonga). d’ovoïdes (sp. ovata). Le plus souvent il s’en trouve un seul sur un nœud vital ; quelquefois ils sont géminés , ternés , fasciculés ( spiculœ solilariœ , rjeminw , tenus , fasciculatœ) , mais alors il est essentiel de distinguer si ceux qui sont ainsi rapprochés appartiennent au même degré de végétation , ou s’ils sont le produit de plusieurs degrés. Ordinairement ils sont hermaphrodites (spiculœ hcrmnphroditœ ) ; mais souvent aussi il s’en trouve
I NPLOR ESC KN'Cfc .
de mâles ( sp . masculœ ) ou de femelles (sp. femineœ ) ; il y on a même où il ne se développe aucun organe sexuel , et on les dit neutres (neutræ).
lie qu'un appelle II arrive qu’outre les parties qui constituent essenliclleuin«t Crimince*. men( l'^pîllct on en trouve d’autres que, chez certaines Graminées , on a appelées des involucres ( involucrutn ) ; mais ces prétendus involucres ne sont point des productions ap pendiculaires ou feuilles de l’axe primaire qui porte l’épillet, comme les involucres du Taraxacum cuigare et de YAnemoaenarcissi/loraj par exemple, sont des feuilles du pédoncule commun des fleurs. Dans les Graminées, les involucres appartiennent à un autre degré de végétation que l’axe primaire de l’épi ; ceux des Panicum sont des pédoncules d’épillcts à l’extrémité desquels aucune fleur ne s’est développée ; ceux des Cynosurus sont de véritables rameaux ou axes chargés d’organes appendiculaires réduits à l’état de bractées. Ce qu’on peut réellement assimiler à un involucrc dans les épillcls des Graminées , quand ils sont mulliflorcs , c’est la glume , puisqu’elle naît au-dessous de toutes les fleurs produites par le mémo axe qu’elle. Quant à la giunie des épillets uni flores , elle doit être assimilée â un caliculc.
Les épillels ne sont pas toujours disposés en épi ; ils sont susceptibles de former une foule d’inflorescences diverses. Ainsi il y a des épillcls en paniculc , en ombelle ou en tête (spiculœ paniculatœ , umbellatw, capitalœ), et il est clair que, dans toutes ces inflorescences, il y aura toujours, quand les épillets seront multiflores , un degré de végétation de plus que dans l’inflorescence analogue formée de simples fleurs , puisqu’il est de l’essence de l’épillct multiflore d’élrc composé de deux degrés de végétation.
Am itr ( Après vous avoir entretenus de la grappe et de l’épi , je i« grappe. dois vous dire quelque chose de l’axe ( rachis , axis ) , qui constitue la partie principale de ces deux inflorescences, celle
INFl.OI'.hSCt.V.E .
dont les autres émanent. Tantôt il est arrondi dans ses contours ( leres ), tantôt il est comprimé ( compressa ), ou anguleux ( amjulnsa ). Souvent il est droit (recta), mais on en trouve aussi de flexueux ou en zigzag ( ftexuosa ). Certains axes de Graminées, plus minces au-dessus de chaque nœud vital, vont en augmentant graduellement d’épaisseur jusqu’au sommet de l’cntrc-nœud , et présentent ainsi une suite d’entre-uœuds plus minces à la base et plus épais au sommet, ou, si l’on veut, d’étranglements et de dilatations.
§ IV — Du capitule.
On a donné le nom de capitule à un assemblage de fleurs sessiles ou faiblement pédonculces, qui, attachées à un axe très-raccourci, forment une sorte de télé sphérique ou hémisphérique (capitulum, ex. Dipsacus pilosus , f. 179).
Il est clair, d’après cette définition, que le capitule, généralement plus analogue à l’épi qu’à la grappe, peut cependant avoir des rapports avec cette dernière, lorsque ses fleurs sont portées par un pédoncule d’une longueur appréciable, et il y a mémo des cas où il est difficile de décider de laquelle des deux inflorescences le capitule se rapproche le plus.
Comme la différence qui existe entre la grappe, l’épi , le capitule tient uniquement à la longueur plus ou moins prononcée des supports primaires et secondaires , on sent qu’on ne saurait lixer entre eux des limites précises. Aussi a-t-on admis des grappes spiciformes ( racemi spiciformes), des épis globuleux {spicœ globosœ) cl des capitules ovoïdes, ovoïdesoblougs ou même spiciformes ( capttulum ovalum, ovalooblongum, spiciforme). Ces expressions, réellement peu lo-
Définition «in i (titille.
Ili|<perU «In cautule avec l'cpi cl a grapp*.
INFLORESCENCE
4^i|,itulr* ni <t'«utru» accom| inr» «l'une et* Ittlff
giques, ne témoignent cependant point contre les botanistes; elles prouvent seulement l’embarras où les jettent sans cesse ces nuances intermédiaires qui tendent à lier toutes les formes végétales. Quelquefois aussi on a employé des termes peu rigoureux, conduit par le désir de ne pas introduire une sorte de bigarrure dans la description des espèces de certains genres; ainsi on a dit du Polygonum Bislorta, qu’il avait des fleurs en épi cy lindrique, et du Trifolium spadiceum, que les siennes étaient en tètes oblongucs; en réalité, l’inflorescence est la même dans ees espèces ; mais les Polygonum ont tous des épis; la plus grande partie des Trifolium ont des capitules.
Quoi qu’il eu soit, la définition que je vous ai donnée du capitule doit vous empêcher de le confondre avec certaines inflorescences fort ramifiées dont les branches sont extrêmement raccourcies, et dans lesquelles les fleurs sont serrées les unes contre les autres. Il n’est personne qui, au premier abord, ne prenuc pour un capitule l'inflorescence des Slalice maritima cl plantuginca , cl qui ne s’étonne eu mémo temps de trouver dans le Statice Limonium une très-grande panicule. Mais que l’on examine avec quelque attention les prétendus capitules du St. maritima, on verra qu’ils sont composés débranches florifères très-courtes, à la vérité, mais, d’ailleurs, exactement semblables à celles du Si. Limonium. Ainsi former deux genres des Si. Limonium et maritima, d’après de telles différences , c’est à peu prés comme si l’on en faisait deux des Plantago Lagopus et media, uniquement parce que l’un a des épis très courts et l’autre des épis allongés ; c’est séparer ce que la nature a uni de la manière la plus intime.
Souvent le capitule véritable est nu à sa base (cap. i*- nudum)-. souvent aussi, il est accompagné d’une sorte de collerette de bractées (bractcatum), comme dans les Dipsacécs
INFLORESCENCE
(ex. Uipsacus pilosus, f. 179), les Globulaires, les Composées.
Les personnes étrangères à la botanique ont coutume «le considérer l’iuflorcsceuce tout entière des plantes de celte dernière famille comme une lleur unique , et elles disent communément une fleur de Pâquerette, de Séneçon, de Heine-Marguerite. Mais il n'en est pas moins certain que chacune de ces prétendues fleurs offre la réunion d’un (résgrand nombre de fleurs véritables pourvues d’une manière plus ou moins complète de leurs parties constituantes, ses- a,.
silcs sur un axe fort court, et disposées en tète plus ou moins L
prononcée : c’est là réellement un capitule. A la vérité, nous n avons pas un involucre à la base de tous les capi iules , comme cela a lieu dans les Composées ; nous n’avons pas non plus, comme chez un grand nombre d'entre elles, uu axe tellement déprimé qu’il s’étale pour former un plateau élargi , plane, ou même convexe; mais le dernier de ces caractères n’appartient pas aux Composées sans exception, et le premier se retrouve dans les capitules d’une foule de plantes qui ne font point partie de celle famille.
On peut , si l’on veut , convenir que l’inflorescence de toutes les Composées sera désignée par un des noms si multipliés qu’ont proposés les auteurs, tels qu ' Anthodium ,
Calathix, Calathium, Cephalanthium , etc.; cependant je ne vois pas la nécessité d’adopter plusieurs noms pour désigner à peu près la même chose, cl je crois qu'avec M. Lcssing, l'un des botanistes qui ont écrit avec le plus de succès sur les plantes de la famille dont il s’agit, on peut se servir du mot capitule pour les Composées comme pour les Dipsacées.
L’axe des Composées, auquel on a le plus souvent donné le nom de réceptacle commun ou simplement réceptacle (receptaeulum commune, receptaculum), est susceptible d'une foule de modifications différentes. Quelquefois il s’élève
IXFI.OftKSCKXCB.
grêle et cylindrique, à la manière de celui des épis ( recep -
taculum cylindricum, ex. Antliemis mixla, f. 204); bien plus souveut il se raccourcit en nu'mc temps qu’un épaississement plus ou moins sensible compense sa brièveté, et il devient, suivant les genres et les espèces, oblong (ex. *4nthemis incrassata , f. 205), ovoïde, conique (ex. Anthémis maritima,f. 206), hémisphérique (recepl. oblongum, ovatum conicum , hemisphæricum)-, enfin, diminuant encore de Ion gucur, il s’élargit toujours, il arrive à former une sorte d plateau, et alors il est plus ou moins convexe (ex. Anthem Triumfelli au., f. 207), plane (ex. Centaureu nigra, f. 208), ou méine concave (ex. Carlina vulgaris, f. 209) ( recepl . convexum, planum, concavum ). L’Artichaut ( Cynara Scolymus ) n’est autre chose que l’axe ou le réceptacle des fleurs d’une Composée entouré de ses bractées.
Très-rarcmen I les fleurs des Composées sont sensiblement
““t pédiccllèes, comme dans le Podosperma de Labillardière ;
plus souvent elles ont un péd icelle très-court qu’on ne distingue point de la fleur, mais dans lequel pénètre une petite pointe née du réceptacle ; souvent aussi elles s’enfoncent datis des cavités plus ou moins profondes , cl alors le réceptacle peut être, jusqu'à un certain point, assimilé à l’axe d’un spadix.
. .ffiTr.ll-.* Le réceptacle doit naturellement porter la trace des fleurs doul il a été charge, cl cette trace est nécessairement en rapport avec la manière dont elles étaient attachées; ainsi il est tantôt ponctué, tantôt tuberculeux, tantôt marqué de fossettes plus ou moins profondes ( recept. punctatum , tubercuhsum, faveolatum , favosum).
INH.OHtSCt.XCt.
Jj V. — lie l'inflorescence du Figuier et autres plantes analogues (hypanlhodium).
Il arrive, dans certaines plantes, que l’axe, sans être couvert de bractées, comme celui des Composées, s’aplatit Fr qu'on a Ipprpourtant plus ou moins; qu’aillcurs il forme la cupule, ou que même il enveloppe entièrement les fleurs, en prenant la ligure d’une poire. Celte inflorescence, quoique peu différente du capitule, mériterait bien autant que d’autres modifications d’être indiquée par un nom spécial; cependant, comme elle ne se rencontre que dans un petit nombre de genres de la famille des Urlicées et de celle des Monimiécs, on n’a point admis les noms d' hypanlhodium et de cœnanthittm qui ont été proposés pour la désigner, et l’on décrit, comme réceptacle commun, le pédoncule dilaté à son sommet ou axe modifié qui porte les fleurs. Il y a déjà plus d’un demi-siècle (1 786), l’illustre Lamarck avait essayé de montrer par quelles admirables et singulières dégradations l’axe de la Mûre devient cette enveloppe qui forme la partie principale de la Figue. l’Iiez sur lui-même Toul„ i„ le réceptacle cupuliforme des fleurs d’un Dors ténia (ex.
Dorstenia Drasiliensis , f. 210), vous aurez celui en- »,nVd,l core ouvert du Mithridalea (ex. Mithridatea quadrifida , f. 211). Rapprochez les bords de ce dernier, vous verrez uaitre une Figue (Ficus carica, f. 212). Lamarck se trompait sans doute lorsqu’il croyait qu’en renversant celte dernière on aurait une inflorescence d ^ s/rtocarpus ou dc'.Vo nommais il est incontestable qu‘on produirait celte inflorescence (ex. Morus alba, f. 213), si l’ou pouvait élever le réceptacle étalé du Dorstenia, pour lui faire prendre en longueur ce qu’il a gagné en largeur eu quelque sorte d’une
IXt'MmfcSCfc.VCE.
manière insolite , cl de la Mure il n’y a que de faibles modifications pour arriver à VL'rtica piluli fera , aa Houblon ( Humulus Lupulus, f. 214, 215), et ensuite au Chanvre (Cannabis).
Ces dégradations insensibles, qui nous conduisent si bien de Taxe du Chanvre au plateau profondément concave de la Figue, prouvent assez que celte dernière, malgré les folioles qui la terminent, n’est point formée, comme on l’a dit, par la réunion de quatre feuilles. Elle est continue avec son pédoncule; on voit que celui-ci, pour la former, se dilate graduellement; enlin elle est chargée de llcurs, et un rameau raccourci, comme est une fleur, ne peut naitre d'un organe appendiculaire. Les rameaux cl les tiges portent des feuilles, les feuilles ne portent ni tiges ni rameaux. La Figue n’est donc pas plus un assemblage de feuilles que. le fond de l’Artichaut ou le réceptacle de la Reine-Marguerite, w. ,.<•[. f«ui- A la vérité, les petites feuilles qui ferment la Figue poun,r'. KranniiM vent un iustanl embarrasser l’organographe, car elles sempiiTDrr, " *p bleui terminales, et jamais des feuilles ne terminent exactement un axe. Mais, comme l’a très-bien remarqué M. F. de Girard, la partie vraiment terminale de la Figue n’en est point le bord, elle en est le fond. Par des dégradations insensibles, nous passons des longs épis du Veronica spicata ( f . 21 9) ou spuria au capitule d’un Anthémis (f. 204, 205, 206)ou d’une Globulaire (Globularià), chez lesquels les parties terminales ne sont évidemment point celles des bords, mais bien celles qui se trouvent au sommet de l’axe. De nouvelles nuances nous conduisent insensiblement de l’axe cylindrique ou conique de V Anthémis ( f . 204 , 206) au réceptacle large et concave des Artichauts ( Cynara ) ou du Carlina vulgaris ( f . 209), dont le milieu sera bien évidemment encore occupé par les fleurs terminales, ou sera, si l’on • veut, le véritable sommet d’un axe aplati. Personne ue re-
IM-LORüSCE.V:*..
fusera d’admettre qu’il en est de même pour le réceplaclcdu I)ürsltnia{f. 210), et la Figue est, en quelque sorte, un réceptacle de Dorstenia à bords repliés de dehors en dedans. S’il pouvait rester quelques doutes, ils seraient bientôt levés par l’inspection du réceptacle des Brosimum, genre voisin du Figuier. Ce réceptacle, globuleux et charnu, porte des fleurs mâles à sa surface extérieure, cl, de son sommet un peu concave, naît une fleur femelle ;que l’on suppose la cavité plus profonde, il est clair que la fleur femelle ne serait pas, pour cela, moins terminale, et l’on aurait alors une espèce de Figue. Dans le véritable fruit du Figuier , les folioles en apparence terminales, et celles extrêmement nombreuses qui naissent à l’intérieur au-dessous des premières, sont donc les bractées du bord d’un réceptacle aplati, et elles peuvent être assimilées aux folioles de l’involuerc de l’Artichaut ou du Soleil annuel ( Cynara Scolymus , Helianthus annuus).
§ VI. — De l'ombelle simple.
Une ombelle simple ( umbella simplex ) est celle où des pédoncules assez allongés semblent partir du même point, et forment, par leur réunion , une surface ordinairement convexe (ex. Alliumangulosum, f. 180).
Si, parla pensée, nous refoulons sur lui-même l’axe d’un épi, nous aurons, comme je vous l’ai déjà dit, un capitule; que nous raccourcissions l’axe d’une grappe , nous aurons un corjmbc simple; et, si nous refoulons une grappe chargée d’assez longs pédoncules, nous verrons paraître une ombelle simple. Ainsi, quoique ces inflorescences présentent un aspect fort différent, le plus ou moins de longueur des axes primaires cl secondaires forme la différence princi-
Définition de l'ombelle simple.
Le pl u ion moi iu de longueur «le* axes primaire* et secondaires forme la différence qui existe entre l'épi , le capitulera grappe , le corymbe simple et l'ombelle simple.
l!VH,0»ltSCI..\Ct.
paie <|ui les distingue, et il existe des plantes dont l'inflorescence flotte, en quelque sorte, entre l’ombelle et le corymbe. Celle du Pyrus communis a été tout à la fois rapportée a l'ombelle et au corymbe.
LWMir »«• L’ombelle simple est tantôt nue à sa base , comme dans
Coronilla varia , tantôt garnie d’une spalhe , comme dans les Allium, et tantôt accompagnée d’un involucrc, comme chez les Hydrocotylc, les Primai», les Androsace (umbella nuda, spalhata, involucrata ).
Suivant que le nombre de ses fleurs est plus ou moins considérable, on la dit pauciflore ou multiflore ( umb . pauci/Iora, multiflora, f. 180). Elle est lâche {luxa) quand ses pédoncules laissent de l’espace entre eux, comme dans le Primula officinalis (f. 22), et serrée (umb. densa, conferta ) quand ils sont fort rapprochés, comme dans l’ Allium Spharocephalum. Enfin, suivant la longueur relative des pédoncules qui la composent, elle devient cou vexe («mi. convexa ), ex. Asclépios Syriuca , ou plane (umb. plana'), ex. A Ilium ursinum.
Ombelle simple Chez les Allium, dont l’inflorescence est en ombelle sim-
tantôt bnlbifîrr, . , » I l n •
tantôt r.ipM.iifère pie, il arrive souvent ci a à la place des fleurs il se développe
«lait» le» Ails. * 11 ■*
des hulbillcs. I'our distinguer les espèces où se manifeste ce dernier caractère, on dit que leur ombelle est bulbifère (umb. bulbifera), et l’on appelle capsuliféres les espèces où l’on ne voit que des fleurs, puis des capsules (umb. capsulifera ).
1\H.(UIKSCKXCK.
§ VII. — l’nssagr de V inflorescence simple a l' inflorescence
composte.
Jusqu’à préscnl je ne vous ai entretenus que des inflorescences qui offrent deux axes, je vais vous parler à présent de celles où l’on en voit davantage. Mais ici , comme ailleurs, il n’y a encore rien de tranché. Ainsi , à la partie inférieure d’une grappe et même d’un épi, oii l’énergie vitale est moins épuisée, on trouve quelquefois des pédoncules ramifiés, tandis que la partie supérieure reste parfaitement simple. Suivant même que l’individu est plus ou moins vigoureux, on peut voir dans certaines espèces, le Rubus fruticosus. par exemple, des grappes ou des panicules. Il arrive aussi que les axes secondaires, tout en se ramifiant, s'allongent pourtant fort peu; alors on a réellement une panicule; mais la forme étroite et allongée, qui appartient à la grappe véritable, se conserve encore, et l’on dit que la grappe est composée ( racemus composilns).
§ Y III. — De l’ombelle composte.
L’inflorescence qui se rapproche réellement le plus de celle à deux axes est l’ombelle composée ( umbella composites); car jamais elle n’en offre plus de trois. C’est celle où des pédoncules nés au même point fournissent euxmêmes, à leur sommet, plusieurs pédicclles qui partent également d’un même point pour arriver à pou prés à la
Cfrlpp«ft ei>t# où le» pédoncule»
inférieur» «ont ramifiés et le» supérieurs «impies.
Grappes et particules dans la meme espèce .
Grappe composée.
Délîoilioo de l'ombelle composée.
INFLORESCENCE
Rayons de l’ombrlle.
• bnbrllule.
Ave primaire im- ]M>s*ihlr a découvrir au milieu dci rayon* de l'ombelle.
I- oniliellr rom po*ée, tuiceptiblr dr diverses modiQ^ caliont .
même hauteur (ex. Cachris lœvigata, f. 183). On appell» rayons de l’ombelle ( radii ) scs branches primaires, cl l’ombellule ( umbellula) ou ombelle parliellc csl la petite ombelle qui termine chacun des rayons. L’oinbellule isolée correspond à l’ombelle simple, et celle-ci, répétée à l’extrémité de chacun des rameaux ou rayons qui la composent , deviendrait une ombelle composée.
Comme les rayons de l’ombelle sont souvent très-nombreux, qu’ils agissent les uns sur les autres , que tous divergent plus ou moins , et que l’énergie végétative se répartit entre eux à peu près également, il est presque impossible de découvrir quel csl celui qui représente l’axe primaire, ou même d’assurer que cet axe n’avorte pas entièrement. Je serais tenté de croire que, dans le même individu, il peut ou se développer ou avorter, suivant la direction que prennent les sucs de la plante. L’examen du Cerfeuil f^nthriseus Cerefulium ) fera certainement naître, dans l’esprit de l’observateur attentif, les doutes que j’exprime ici.
L’ombelle csl dite pédonculéc (umb. pedunculata, f. 1 83 ), quand elle liait à l’extrémité d’un support qui offre une certaine longueur; elle est sessile ( sessilis ), quand celte longueur est à peu près inappréciable. Tantôt elle offre un grand nombre de rayons, et tantôt elle est un peu garnie (umb. multiradiala , pauciradiala). Elle est serrée, compacte ou composée d’un petit nombre de rayons écartés (umb. compacta, deusa, rard). Celle du Daucus Carota est plane, lorsqu’elle porte des fleurs; mais il est clair qu’elle n’offrirait point une surface aplatie, si ses rayons extérieurs divergents n’étaient pas plus grands que les autres . pendant la maturation des fruits, ces mêmes rayons perdent leur direction oldique pour en prendre une droite, et alors l’ombelle devient nécessairement concave.
Dans l’état normal , on devrait trouver une bractée à la
IXFL0RE9CEXCE.
^ w||' wm ,
base de chacun des rayons de l’ombelle , puisque ces rayons uni* mui ne sont autre chose que les rameaux d’un axe fort raccourci; ,4lnur mais souvent ces bractées ne se développent pas , ou bien il ne s’en développe qu’une partie. L’extrême rapprochement des bractées de l’ombelle, quand elles existent, en fait un véritable involucrc ( involucrum ), cl, dans ce cas, on dit que l’ombelle est pourvue d’une collerette ou qu’elle est involucrée ( umbella involucrata, f. 183), comme l’on dit qu’elle est nue (nwrfn) quand l’involucrc ne s’est point développé.
Ce que je viens de dire de l’ombelle convient également Omhrlluloa (aii à l’ombellule dont les pédicelles, comme les rayons de l’om- ‘
belle , représentent un rameau, et , par conséquent , l’on a aussi desombellulesnuesctd’aulres accompa g nées d’un involucrc ( umbellulœ nudœ, umbellulæ involucrata).
Pourlacommoditédesdescriptions, on se sert des mots in- r-:
volucelleet involucellé (inoolucellum, involuc cita lus ), quand ! !nv"w.r''.' **“ il s’agit des ombcllules, cl, s’il n’y a pas de différence, quaud nous considérons l’involucre etl’involucelle uniquement par rapport aux rameaux qu’ils accompagnent , il y en a une trés-réclle quand nous les considérons relativement au degré d’évolution dont ils dépendent. L’involucrc est une réunion de bractées qui appartiennent à une première évolution, tandis que l’involucellc appartient à une évolution secondaire ; l’involucre se compose des feuilles mères de l’ombelle et naît sur son support; l’involucellc est formé des feuilles mères de l’oinbellule.
Il semblerait que la plante , étant plus épuisée au point n„ m*oi«riif . où elle produit les pédicelles de l’omhcliulc qu’à celui où “o”, elle donne naissance aux rayons de l’ombelle, les bractées “n""'"wu" devraient plus souvent manquer à la base de la première qu’à celle de la seconde. Cependant il n’en est pas ainsi : on n’a point d’onibellules nues avec des ombelles munies d’une collerette; mais il arrive fort souvent que l’ombellulc
INFLORESCENCE
Foliole» de Pin-
volurre )ir«au« tonjouri fort ilinV-rfnlr» de» feuille»
de U tige.
Plante» el»et letqurllrt on trouve de» ombelles sim*
{des ri des ombrl* e» composée».
Définition do corymbr.
est involucellée, tandis que l’ombelle est entièrement nue. Dans ce dernier cas, l’énergie de la plante s’est entièrement portée sur les rayons qui ont encore une évolution à fournir, tandis que le développement tertiaire ne va pas au delà du pédicelle.
Dans la plupart des ombelles, les folioles de l’involucre et de l’involucelle sont petites, simples, étroites, aiguës, et ne rappellent en aucune manière les feuilles de la tige, souvent si grandes et si divisées La Carotte, cependant ( Daucus Carola), retrace la forme de ses feuilles caulinaires dans les folioles de son involucre, et, dans celles des Ueracleum, ventrues, concaves, et quelquefois terminées par d’autres petites folioles analogues à celles de la lige , il est impossible de ne pas voir un pétiole engainant dont le limbe a avorté.
L’ombelle composée ne s’observe que dans deux familles, celles des Ombellifères et des Araliées. On voit, au contraire, des ombelles simples dans un assez grand nombre de groupes naturels , mais il ne s’en rencontre exclusivement dans aucun.
§ IX . — Du corymbe composé.
Lccorvmbe composé ( corymbus compositus ) est celui ou l’axe de l’inflorescence se divise cl se subdivise à différentes hauteurs , mais où les fleyrs arrivent toutes à une hauteur plus ou moins égale, en formant une surface plane ou convexe (ex Mcspilus Oxyacantha, f. 182).
L’ombelle composée n’offre jamais, comme je l’ai dit, que trois degrés de végétation ; mais le corymbe composé peut en offrir un plus grand nombre.
INFLORESCENCE
Il affecte quelques modifications de forme que les bota- Modifiât»,..
t 1 * # # * dont le rorvmW
nistes descripteurs font bien de signaler; il est simplement rameux ( ramosus ), ou l’est extrêmement ( ramosissimus ), serré (densus, coarclalus), ou lâche (luxus), etc.
Le corvmbe se rencontre dans diverses familles. Il carac- o.n. ,«,11,, térise la plupart des plantes de cet immense groupe de "" U Composées qui lui doit son nom, les Corymbifères^. 150).
Cependant il est à remarquer que, dans ce groupe, il y a réellement un double mode d’ inflorescence ; ce ne sont pas, en effet, les fleurs qui sont immédiatement en corymbc, elles sont en capitule , c’est-à-dire en épi raccourci , mais l’ensemble des capitules est dispose en corvmbe.
§ X. — Delà particule.
Lorsque l’axe de l’inflorescence projette des rameaux ra- .|iw u u mifiés, qui, partant de différentes hauteurs , arrivent à des i>*"iru,r hauteurs différentes, sans jamais dépasser l’axe primaire, on a une paniculc ( panicula ) (ex. Comesperma Kunthiana , f. 181 ).
On pourrait dire, en comparant l’ombelle , le corymbe
, . inHorciren-
et la paniculc (/. 183, 182, 181), que, dans la première y les C<H * derameaux de l’inflorescence partent du même point pour arriver au même niveau; que, dans le corymbe, ils partent de différents points, cl parviennent à une hauteur à peu près égale; enfin, que, dans la panicule, ils naissent de points différents, et s’élèvent à des hauteurs diverses.
Toutes les panicules n’offrent pas la même inflorescence T<mlw dans leurs rameaux ; il n’y a point ou presque point de disposition florale qui ne se retrouve dans la panicule. Ainsi il *'* p'"'
30ti
ISFI.OIlbSCb.ViCt:.
est des panicules , comme celles du Hum ex Acetosa, de VAmhericutn ramosum, dont les rameaux présentent des grappes, d’autres où ils offrent des épis, des corymbes, des ombelles , dcscymes et des glomérules.
Lorsque la paniculc a une forme ovoïde, on lui donne le nom de thyrse ( ihyrsus ); mais cette modification ne méritait guère d’élre désignée par un nom spécial. H en est une foule d’aulresqui ont autant d’importance, et que l’on n’a pourtant pas cherché à distinguer par des dénominations particulières.
Modification! La paniculc est simple ( simplex ), comme dans le Bromus
mollis, quand elle n’offre qu’un fort petit nombre de branches;
elle peut aussi être très-rameuse, comme celle de VAvena /lavescetis et de Ysfgrostis alha ,■ plus ou moins penchée (remua, nulans), comme dans le Panicum Italicum et le Bromus tectorum. Elle peut être resserr èc(coarctal(i)-, elle devient même spici forme (spiciformis) , quand sesbranches sont tellement rapprochées de l’axe primaire qu’elle prend la forme d’un épi. Au contraire, ses rameaux peuvent s’étaler plus ou moins (pan. païens, patentissima) ; ils vont jusqu’à s’écarter les uns des autres à angle obtus , et alors on la nomme divariquée (divarieata).
La paniculc se rencontre dans une foule de familles; mais c’est principalement dans celle des Graminées qu elle est commune.
§ XI. — De la Cyme.
,'i’ZTrC°'oüi°di- Linné et ceux qui l’ont suivi considéraient la cyme (cyma) comme une inflorescence dont les premiers rameaux partent du même point , tandis que les autres n’observent aucun
ordre, cl ils décrivaient, comme ayant une cymc , presque toutes les Crassulacécs cl la tribu des Sambucinécs, qui fait partie de la famille des Caprifoliacécs. Jussieu définit la cyme à peu prés comme Linné ; mais cette inflorcsccncc-lui parut rentrer tellement dans les autres dispositions florales , qu’il ne l’indiqua qu’une fois dans son admirable livre, et encore la combina-t-il avec l’indication d’une autre inflorescence, rarilnedit pas dcsfleursdu Sempervivum, flores cytnosi, mais flores corymboso-cymosi. Les modernes, au contraire, d’abord Link , et ensuite Roeper , de Candollc et plusieurs autres ont étendu le mol de cyme à toutes les inflorescences qui résultent d’une dichotomie -, ainsi, d’après ces auteurs, la plupart des Caryophyllées, les Valérianées, les Euphorbes auraient des cymes, comme les Sambucinécs et les Crassulacécs.
Mais que nous comparions l’inflorescence de ces diverses plantes pour la forme seulement, ou que nous remontions jusqu’à l’origine organique, nous trouverons des différences sensibles.
Quant à la forme, il y a déjà assez peu d’analogie entre la disposition des fleurs chez le Sambucus niara (f. 2t 8) et le Sedum acre (f. 217), par exemple ; mais il y en a bien moins encore entre l’inflorescence de res plantes et celle du Lychnis Coronaria ( f . 216), du < ampanula Erinus ou de VErythrœa Cenlaurium.
La disposition organique deces inflorescences diffère bien davantage encore. En effet, si je prends le Lychnis Coronaria (f. 216), je trouve un axe primaire terminé par une seule fleur, tandis que, par une sorte d'usurpation, les deux rameaux qui naissent des feuilles opposées situées au-dessous de celle fleur s’élèvent beaucoup plus haut qu’elle, forment une fourche et se bifurquent eux-mêmes, terminés chacun par une fleur qui occupe l’angle de la dichotomie; de manière
Définition «Ici
moderne».
f -a cyme dan»
Im divrnri famille! auxquelles on a attribue cette inflorMcenrn ;
«la o» le Lychnis Coronaria f
INFLORESCENCE
que l’ensemble de l’inflorescence forme une sorte d’éventail où, à chaque nouvelle évolution, le nombre des bifurcations va toujours en doublant. Ici , il y a dichotomie véritable, parce que les feuilles sont opposées , et qu’il naît un rameau de chacune de celles qui accompagnent la fleur, ou. pour mieux dire, les rameaux de la bifurcation appartiennent également à une seconde évolution, tandis que l’axe primaire n’a plus d’autre représentant que la fleur de la dichotomie.
a.n. 1» S'Jum Mais il n’en est pas de meme dans le Sedum acre, dont la tige se termine pourtant aussi par une bifurcation. Chez celte plante (f. 217), il n’existe pas de fleurs dans la bifurcation, un seul des deux rameaux est accompagn éd’une feuille, et il ne saurait y avoir de dichotomie véritable, puisque toutes les feuilles sont alternes, et que, par conséquent, deux rameaux ne peuvent naître du même point de la lige; celle des deux branches qui sort de l’aisselle d’une feuille est bien réellement un rameau, celle, au contraire, qui n’a point de feuille à sa base ne peut être que la tige. Ainsi, tandis que la bifurcation du Lychnis appartient tout entière à une seconde évolution, celle du Sedum acre appartient par moitié à deux évolutions différentes, l’une primaire et l’autre secondaire; et, si, dans le Lychnis, il y a dichotomie véritable , il y a fausse dichotomie dans le Sedum acre. Les sucs de la plante se sont partagés à peu près également entre le dernier rameau et le sommet de la tige qui a été forcé de s’incliner comme lui. Suppo sons un instant que le partage eût été inégal, et que la lige eûteu, à son extrémité, plus de vigueur que le rameau, elle se serait maintenue sans déviation dans une direction droite; le rameau, plus faible, aurait seul dévie de la verticale, et l’on n’aurait pas eu de bifurcation. De tout ceci il résulte que les premières branches de l'inflorescence
larLo&ESCEXCK.
établissent dos différences notables entre le Lychnis Coronaria et le Sedum acre; mais d'autres non moins sensibles se présentent ensuite, car, tandis que la cjme du Lychnis Coronaria est formée d’une série d’axes qui fournissent chacun deux branches , chaque rameau de l’inflorescence chez le Sedumacre est une grappe scorpioïdc, c’cst-à-dirc, comme vous le verrez bientôt, une suite d’axes entés les uns sur les autres, et dont chacuu ne fournit que la branche qui le prolonge immédiatement.
Voyons à présent ce qu’est une inflorescence de Sureau ‘i«u le Su ir «u. Sambucus Ebulus ( Sambucus nigra , f. 218) : là nous allons trouver de nouvelles différences. Les fleurs très-nombreuses y arrivent à peu prèsâ la même hauteur, comme celles d'une ombelle; au sommet du pédoncule sont cinq axes très-rapprochès, quatre opposés par paire et un intermédiaire central ; celui-ci se continue, et, à des intervalles assez longs, il produit encore des étages de rameaux opposés ou verticillés. Il est bien clair que l’axe central est la continuation de la tige ou de sa branche, et que les quatre latéraux sont des rameaux : ainsi , dans l’ensemble des cinq axes, nous avons deux degrés de végétation ; nous en avons également deux aux second et troisième étages qui naissent plus haut de l’axe central, et les branches de ces étages appartiennent à un second degré de végétation, comme celles du premier étage, ou , pour mieux dire, tous les verticilles de rameaux (f. 218, b), naissant latéralement de l’axe central (même f. à) appartiennent également au second degré de végétation. Comme les feuilles du Sureau sont simplement opposées et non verticillées, il n’est guère vraisemblable que les quatre branches inférieures soientnées du même nœud vital; eteffectivement, avec quelque attention, on découvre facilement que deux sont réellement supérieures et parlent d’un autre nœud que les inférieures. Il y a réellement ici, comme dans le Lychnis
liM'I.OHESCE.XCE.
L oronaria , opposition dans les rameaux de l'inflorescence; mais de grandes modifications se manifestent; d'abord l'axe primaire et central n’est pas réduit à une fleur unique, il se prolonge en plusieurs entre-nœuds, et, par une singularité fort remarquable, ces entre-nœuds sont tour à tour fort rapprochés et fort écartés. Si, à présent, nous jetons les yeux sur chacune des quatre branches inférieures de la cjrmc, nous les voyons se ramifier à leur tour (mémo f. c) ; à une hauteur assez considérable, elles se bifurquent extérieurement, et, à la base de la bif urcation, du côté intérieur, c’est-à-dire celui qui regarde le centre de l’inflorescence, uail une touffe latérale de branches plus grêles et beaucoup plus courtes que les deux extérieures. Ici il est difficile de ne pas voir la répétition de ce que nous avons déjà observé sur l’axe primaire de l’inflorescence considérée dans son enseni blc, c’est-à-dire un axe central primaire et d’autres opposés et très-rapprochés; mais l’axe primaire ( par rapport à la partie de l'inflorescence dont il s’agit) cl les rameaux du celte intérieur, gênés dans leur développement , par la place qu’ils occupent , ont pris une position oblique relativement aux deux branches extérieures ; en même temps ils sont restés petits et grêles, et de là vient qu’au premier coup d’œil ils semblent être une végétation d’un autre ordre, comme appliquée latéralement sur la végétation extérieure* (1).
Ce qu'on doit D’après les différences que je viens d’indiquer entre dilym,. u "u>t verses inflorescences auxquelles on a également donné le nom de cvmc, on serait tenté de croire qu’avec Jussieu il
(l) Les caractères que j’ai indiques dans le Lychnit Curonaria, le Sediwi acre , et le Sambricus nigrn ne sonl pas tous d’une constance parfaite -, des différences dans la nature du sol et dans les diverses circonstances qui peuvent influer sur la végélatiou amènent souvent des modifications plus ou moins sensilàes dans le nombre et le développement des parties.
innoiiucEMC.
sérail mieux de faire disparaître ce nom. Cependant, lorsqu’on s’est fait une idée juste des dispositions florales auxquelles on l’a appliqué , on peut , ce me semble, continuer à s’en servir pour se mettre en harmonie avec une foule d’auteurs auxquels nous devons d'estimables ouvrages de descriptions.
Ceci est vrai, surtout pour les cas où le mot decyme a été consacré par Linné et ceux qui l’ont suivi ; car, du moins à ma connaissance, les botanistes descripteurs ne l’ont pas encore employé dans le sens très-étendu qui lui a été donné par MM. Link , Koeper , de Candnlle , et dans un livre qui porte, le nom de ce dernier écrivain , et qui est postérieur à celui où il a appliqué le moteyme à l'inflorescence desCaryophy liées et des Euphorbes, on trouve cette dernière encore décrite de la même manière qu'elle l'avait èlè plus anciennement.
$ XII. — Des différentes manières de considérer F inflorescence.
J’ai tâché de vous faire comprendre ce que sont réellement les diverses sortes d’inllorescences distinguées par Linné et par la plupart de ceux qui ont décrit des plantes-, mais vous avez pu voir que la grappe, l’épi, le capitule, le corymbe, la panicule, etc., ne différaient véritablement que par des modifications assez légères, et que nos définitions pouvaient être souvent d’une application difficile. Frappés vaç..rqu,
1 i t «Uns la distinction
de celte vérité, des esprits philosophiques ont tâché de faire <*« •»#<>»*•">«• disparaître le vague qui règne dans la distinction des inflorescences, et delà fonder sur des considérations moins superficielles. Leurs efforts lesont conduits à la connaissance d’une
INFLORESCENCE
foule de vérités qui avaient échappé à leurs devanciers ; niais le vague est resté, parce que nulle part la nature n'a établi rien de bien tranché, et que l’on arrive toujours, en dernière analyse, à de simples nuances, sousquclquc point de vue que l'on considère les êtres.
M. Turpin est le premier qui ait bien distingué les diffés.o.ir,cgcut.oa. j-gujg degr£s dc végétation dans l’inflorescence, et, sans cette considération , il n’y aurait véritablement qu’empirisme dans la distinction des dispositions florales. Mais, si on peut donner une idée plus juste de l’origine des diverses inflorescences, en les envisageant sous ce point de vue, il n’en est pas moins vrai que le nombre des degrés de végétation ne suffirait pas pour établir une classification satisfaisante dans celte partie de la botanique, ou qu’il pourrait uniquement servir à caractériser les divisions premières de celte classification. Comme je vous l’ai dit, la fleur solitaire et terminale appartient seule à l’inflorescence formée d’un axe unique. L’épi, la grappe, l’ombelle simple présentent des différences de forme trop sensibles pour être cnliér emen t con fondus, et font égalemen t par t ie de l’i n florescencc à deux axes. L’ombelle composée est une inflorescence à trois axes ; mais il y a aussi des panicules à trois axes qu’il faudrait, par conséquent, séparer des autres pauicules. Enfin, dans la même espèce, le nombre des axes peut augmenter ou diminuer selon que l’individu a plus ou moins de vigueur : ainsi les fleurs du Rubus fruticosus sont généralement en panicnle; mais il arrive aussi qu'elles sont en grappe, et il n’est pas rare de voir quelques-uns des pédoncules inférieurs d’une grappe produire des rameaux. «o.dtemïwT M. Link a proposé de diviser les inflorescences en homo- ~,Z',!Lcï .i.Ya’" gènes et hétérogènes, suivant que les fleurs d’une môme
gré* <1«? végétation , . . . . .11
.i.n^unrnrfmei». înlloresccnce appartiendraient toutes au même degré de végétation ou à des degrés différents. Ainsi la grappe, l’épi ,
I XFI.OHbSCEISCK.
le capilule seraient des inflorescences homogènes, parce que toutes les fleurs y terminent des axes secondaires, cl la panicule, au contraire, qui porte des fleurs de divers degrés de végétation, serait une inflorescence hétérogène. Celle manière de considérer la disposition des fleurs est extrêmement ingénieuse, sans doute; mais elle fait aussi peu disparaître le vague qui règne entre les diverses inflorescences qu’une classification fondée sur le nombre des axes (1). Si, par exemple, la continuation directe du pédoncule ne s’est point développée dans une ombelle, cette inflorescence est homogène, et, si le pédoncule s’y est continué, elle est hétérogène; or nous savons qu’il est une foule de cas où, sous ce rapport , la vérité ne saurait être iudiquée avec une entière certitude (V. p. 302 ).
Une autre considération a frappé M. Roepcr , botaniste, inibrr«*nc<.ii.
... . . viser en définir ou
dont les écrits trop peu nombreux sont marqués au coin «n"fui«,
1 1 * finir ou centripète.
d’une profonde originalité. Vous savez déjà que les liges et les branches, ou , si l’on veut, les axes végétaux sont terminés ou indéterminés, suivant qu’ils portent une fleur à leur extrémité, ou qu’ils n’en doivent jamais produire. Une inflorescence comprend un seul ou plusieurs axes, et, puisqu’il n’y a point d’inflorescence sans fleur, il est bien évident que l’inflorescence terminale et solitaire est terminée, ou, comme a dit M. Roepcr, définie. Mais, dans l’inflorescence à plusieurs axes, l’axe primaire peut se terminer par une fleur, ou être destine à n’en porter jamais, et, par conséquent, nous pouvons avoir ici des inflorescences terminées ou définies, ou bien des inflorescences indéterminées ou indéfinies. M. Roepcr a reconnu qu’il y avait
(l) Dans la deuxième édition de son savant et ingénieux ouvrage, b'iementa philosophiez botanicœ , M. Link a renoncé à la division des inQoresccnces en homogènes et hétérogènes , et a adopté, à quelques modifications près, les idées de MM. Roeper cl deCandolle.
lVH-ORCSCENCli.
inflorescence définie toutes les fois qu'il se présentait une suite de bifurcations avec une fleur dans les dichotomies, et, comme M. Link, il a donne le nom de cyme à cette inflorescence. Lorsque les rameaux de la cyme sont fort raccourcis, et que les fleurs forment une sorte de (été, il a dit qu’il y avait fascicule (fasciculus), et enfin il a nommé glomérule ( glomerulus ) l'inflorescence où se montre la même disposition , mais avec des fleurs sessilcs. Quant à l’inflorescence indéfinie, elle a été indiquée, par le savant auteur allemand, dans l’épi, la grappe, le capitule, l’omlielle et la paniculc. Eusuitc il a établi ce principe : dans l’inflorescence définie, la fleur de l’axe primaire s’épanouit la première; dans l’inflorescence indéfinie, la floraison commence par les fleurs inférieures. Enfin il a appelé développement centrifuge celui de l’inflorescence définie, et centripète celui de l’inflorescence indéfinie (inf. eentrifuga , centripelà). M. de Gandolle est venu après M. Roeper , et, ayant reconnu qu’une même inflorescence pouvait être indéfinie par l’axe primaire et définie par l’axe secoudaire, il a établi une troisième division, celle des inflorescences mixtes (inf. mixta).
Le travail de MM. Roeper et de Candollc a singulièrement fait avancer la connaissance des inflorescences; leurs principes sont généralement justes, mais la nature se soustrait toujours, par des exceptions, aux lois que notre esprit symétrique lui trace si rigoureusement. Quelques réflexions sur lesyslèmeque je viens de vousexposer vous convaincront de celte vérité, que M. H. de Cassini avait cru devoir forinu - 1er, en disant qu’il n’y avait d’autre loi constante dans la nature que celle qui voulait qu’il n’y en eût aucune sans exception .
Dans l'inflorescence indéfinie, l’axe primaire ne se termine pas, à la vérité, par une fleur , mais il finit par des
IM-LOHtSCK.V.E.
feuilles avortées et un moignon de tige. Or on dit que, si la plante recevait des sucs suffisants, ce moignon se couvrirait de feuilles, et pourrait se prolonger indéfiniment. Que la même chose arrive pour la fleur, nous aurons des résultats semblables; car la fleur n’est qu’un rameau raccourci par l’appauvrissement, et, en procurant des sucs très-abondants il une plante, on peut l’empêcher de fleurir. Dans l’inflorescence indéfinie, le rameau se termine par un moignon; mais il arrive aussi que, dans les Euphorbes, plantes à inflorescence définie, on trouve un moignon à la place d’une fleur. Donc, en dernière analyse, il n’y a pas une très-grande différence entre les deux inflorescences.
La distinction en inflorescence centrifuge et inflorescence centripète est séduisante saus doute; cependant elle me semble plutôt devoir être prise dans un sens figuré que dans un sens réel. Chez les espèces dicbolomes, les rameaux, qui végètent encore lorsque la tige s’est arrêtée, doivent naturellement s’éloigner d’elle; d’autres rameaux, nés sur ces derniers, s’écartent également d’eux, et ainsi de suite. Telle est la marche générale de la nature, et nous la retrouvons réellement dans l’inflorescence dite centripète. A la vérité, si nous prenons le corymbe naissant d’une Crucifère, nous voyons qu’il forme une surface à peu près circulaire, que les fleurs de la circonférence se développent d’abord, puis celles qui viennent ensuite, et ainsi jusqu’au centre; mais nous devons remarquer que c’est l’extrême raccourcissement des entre-nœuds qui, avant le développement, donne à cette inflorescence une forme circulaire, que ces entre-nœuds s’allongent à mesure que les fleurs s’épanouissent, que le corymbe devient un épi , et que ces développements qui semblaient s’étendre de la circonférence au centre se succédaient réellement de bas en haut.
Il est incontestable que, dans l’inflorescence définie ou
i\n.oiu:M'.t.v;E.
dichotomique , la fleur qui termine l’axe primaire s’épanouit la première , ce qui s’explique très-facilement par l’allongement du rameau qui n’est point encore arrive à son dernier terme, lorsque l’axe primaire, limité à un court espace, a déjà dù se développer tout entier. Mais l’inflorescence du Lilas ( Syringa vulgaris ) et celle du Troc ne (Ligustrum vulgare) sont aussi définies , puisqu’une fleur termine l’axe primaire, et cependant celte fleur est bien loin de s’épanouir la première. Voici, en particulier, ce qui a lieu dans le Troënc. Cet arbrisseau a des paniculcs à rameaux opposés, terminés chacun par une courte grappe, et l’axe primaire, aussi bien que les rameaux, porte une fleur à son extrémité; les fleurs de la base de chaque rameau s'ouvrent les premières; après elles, s’ouvre la fleur qui termine l’axe primaire; mais celle-ci s’épanouit ordinairement avant les deux paires de fleurs qui lui sont inférieures. Ainsi nous avons ici, contre les principes qui ont été établis, des panicules avec une inflorescence définie et une inflorescence définie oit la floraison ne commence point par la fleur terminale. Au reste, comme la paniculc est assez longue, il n’est pas surprenant que les fleurs inférieures des rameaux arrivent nu développement avant la fleur terminale, quoi que celle-ci appartienne à l’axe primaire cl les autres à des axes secondaires ; mais tout à fait au sommet, la marche habituelle doit naturellement reprendre sou cours, et la fleur du premier degré de végétation s’épanouit avant celles de second degré qui se trouvent immédiatement placées audessous d’elle (1).
Les exceptions que je viens de vous indiquer ne sont pas les seules qui existent ; des plantes extrêmement communes nous en fourniront d’autres encore.
( l) Quelques-uns des caractères de détail de la floraison du Troène ne sont pas d’une constance parfaite.
INFLORESCENCE
Chez le Rubus fruticosus, il y a tantôt grappe et tantôt paniculc, et cependant l’inflorescence est définie; mais ici la floraison commence par la fleur terminale.
Dans la cyme (Linné) du Fiburnum Tinus, Taxe primaire se termine par une fleur ; mais ce n’est point elle qui s’ouvre la première, c’est constamment une de cellcsqui terminent les axes secondaires, et plusieurs des fleurs dont les axes tertiaires sont couronnés s’épanouissent avant un certain nombre d’autres fleurs appartenant au second degré de végétation.
La grappe du Ltlium candidissimum finit par deux fleurs collatérales, dont l’une, née à l’aisselle d’une bractée, est le produit d’un pédoncule, et dont l’autre sans bractées appartient à la tige. Comme cette dernière fleur s’épanouit après les autres, nous avons encore deux exceptions au principe établi , une grappe avec une inflorescence définie , et une inflorescence indéfinie, où , comme chez le Troënc, la fleur terminale ne s’épanouit pas la première.
M. de Candolle a dit que, dans certaines Dipsacècs, la floraison commençait par le milieu de l’épi. Ceux des Orchis, suivant M. Pelletier Sautelct d’Orléans, commencent à fleurir, tantôt parle bas, tantôt au-dessus du milieu, et celte différence, s’observant même entre deux espèces très-voisines, les Orchis fuira ci Simia, peut contribuer à les faire distinguer l’une de l’autre.
Si nous prenons isolément un capitule ou épi contracté de Corymbifèrc , nous remarquerons que les fleurs se développent de bas en haut, comme cela arrive le plus ordinairement dans les épis; mais que nous considérions l’ensemble de l’inflorescence, nous trouverons que le capitule qui termine l’axe primaire se développe avant ceux des rameaux , ce qui est conforme à la marche ordinaire de la végétation. Cependant il arrive aussi, et je ne saurais me l’expliquer, que le capitule qui termine
IXF1.0RE9CENCE.
de longs rameaux s’épanouit avant celui de l’axe primaire et central.
La véritable na- La véritable nature des inflorescences est sans cesse dé-
turc des inflnrrs- # • » »
«■««*•* dcgui*cr £ruis(*c par des suppressions totales, par des avortements
par dimwi rail- o ■ ■ ■ 1
*” plus ou moins sensibles , par des usurpations plus ou moins
multipliées, plus ou moins puissantes, et quelquefois par des soudures ou des multiplications de bourgeons : une foule d’inflorescences méritent une élude spéciale, parce que nonseulement telle ou telle circonstance isolée peut nous cacher la vérité, mais qu’elle peut l’étre encore par plusieurs circonstances réunies et diversement combinées. Tâchons de nous rendre compte de tous les phénomènes, portons un œil scrutateur sur toutes les causes d’illusion , décrivons tout ce qui s’offre «à nos regards, faisons-nous une idée juste des termes que nous employons; mais ne repoussons point une terminologie que des hommes de génie ont créée et qu’une foule d’excellents livres ont consacrée depuis près de cent ans
§ XIII. — De l’in/Inrescmce relative.
initorticence Jusqu’ici j'ai considéré l’inflorescence d’une manière isolée ; elle doit l’étre aussi par rapport à l’ensemble de la plante. Ainsi elle est terminale ( inf . terminalis ) quand elle se trouve placée à l’extrémité de la lige et des rameaux ; on la dit axillaire (inf. axillaris) quand elle naît immédiatement à l’aisselle des feuilles. Dans le premier cas, elle met un terme à l’axe primaire qui la porte; dans le second , l’axe primaire est indéterminé, et les métamorphoses qui amènent l’inflorescence commencent dès la base du rameau qui en est l’axe. Le seul genre Veronica nous offre des exemples de l’une et l’autre inflorescence; celle du Ve-
INFLORESCENCE
ronica spicala (f. 219) est terminale ; colle des Veronica Chamœdrys et Beccabunga (f. 220) naît immédiatement de l’aisselle des feuilles, tandis que l’axe primaire se prolonge en un bourgeon feuille.
Quelques auteurs ont indiqué une inflorescence radicale; mais vous savez qu'uu rameau chargé de ses organes appendiculaires ne saurait être produit que par une lige ou par un autre rameau ; ainsi une fleur ne peut naître d’une racine, et par conséquent les expressions de fleurs radicales, inflorescence radicale (/?. radicalis , in fl. radicalis ) ne doivent rxii»k, être admises que comme une sorte de ligure. lTne inflorescence radicale est, en réalité, celle qui se développe près de la racine, soit à l’aisselle des feuilles inférieures d’une tige aérienncd’unc certaine longueur, comme dans le Yincahcrbacea, soit sur une tige fort courte, comme celle du Viola odorata, ou bien encore sur une tige tout à fait souterraine, ainsi que cela a lieu chez la Clandestine ( Lathrœa clandestina).
Chez les plantes réellement dichotomes, il y a ordinaire- 4|,ir, ment, dans la bifurcation, une fleur qui n’est autre chose, comme vous savez (p. 230), que la terminaison de l’axe primaire. Il peut arriver qu’au lieu d’une fleur unique on trouve un axe ramifié, et que l’on ait une grappe ou une panicule. Je vous ai déjà dit (p. 2V9) que les botanistes donnaient le nom assez bizarre d’alairc ( alaris ) aux prétendus pédoncules, terminaison de tige, qui se trouvent dans les dichotomies^. 162, t8i) : toute inflorescence qui se développe entre deux rameaux opposés et divergents porte aussi le nom d'inflorescence alaire ( in fl. alaris).
Je vous ai expliqué (p. 2iG-2 ">0) ce qu’il fallait entendre par des pédoncules supra-axillaires, potiolaires, foliaires ou épiphylles, oppositi foliés, intra foliacés. Mes explications peu- ,",r*r"'*r"vent s’appliquer également aux inflorescences qui ont reçu
INFLORESCENCE
Ce qu'oit grappe irorpioid
les mêmes noms (tn/l. aupraaxillaria, peliolaris, foliaris seu epiphylla, intrafoliacea seu intrapetiolaris) ; car toute inflorescence qui n’est point la continuation directe de la lige n’est que la production d’un pédoncule. Ainsi l’inflorescence supra-axillaire est celle dont l’axe primaire se soude avec la tige; dans l’inflorescence pétiolaire, cet axe se trouve soudé avec le pétiole ; l’épiphy lie est celle où il se soude avec le limbe de la feuille elle-même, ou bien encore celle qui part d’un véritable rameau dilaté à la manière d’une feuille; enfin, si nous réduisons l’inflorescence alairc à un seul des deux rameaux cl au sommet de tige imparfaitement développé et chargé de fleurs, nous aurons une inflorescence intrafoliacèc ou inlrapétiolaire.
§ XIV. — De la grappe scorpioïde.
u Vous savez aussi que le pédoncule ou, si l'on veut, l’iuflorcscence opposée à la feuille n’est autre chose qu’une extrémité de lige qui s’est mal développée, et dont un rameau axillaire a usurpé la place (p. 248). Il est nécessaire que je revienne sur ce phénomène d’organographie, pour vous faire comprendre une inflorescence dont je ne vous ai point encore entretenus, la grappe scorpioïde (racemus scorpioides). Souvent il arrive que l’usurpation se répète un très-grand nombre de fois ; que , sur l’axe primaire et mal développé, il naît un rameau qui en usurpe la place et se termine par une fleur; que bientôt un second rameau, également terminé par une fleur, usurpe la place du premier, et ainsi de suite, de manière qu’il se forme une grappe composée d’autant de degrés de végétation, d’autant de petits axes entés les uns sur les autres qu’il y a de fleurs. Dans ces grappes, longue série
INFLORESCENCE
d’usurpalion, les fleurs sont alternes, ordinairement disposées sur deux rangs et attachées d’un seul côlé de leur axe commun ; et comme celui-ci, réellement formé d’axes mis bout à bout, est roulé avant le développement à la manière d’une queue de scorpion, les botanistes ont ici très-heureusement appliqué l’expression de scorpioïdc. Ce genre de grappe caractérise la famille des Borraginées, et on le retrouve dans des Solanécs, des Crassulacées ainsi que des Cistées.
Il serait sans doute fort difficile de concevoir l’explication que je viens de donner, si l’on se contentait de jeter les yeux sur une grappe scorpioïde de Myosotis ( f 221 , 222), par exemple, où il ne se développe aucune feuille, et où les fleurs, fort rapprochées, simulent une réunion à peu près semblable à celle qui forme les grappes des Digitales (Digitalis ) ou des Résédas (Réséda). Mais, que l’on prenne une lige de Nemophyllaphaceloides , f. 223), on y verra clairement le sommet de la tige réduit à un long pédoncule uniflore et opposé à une grande feuille j on verra ce sommet de lige forcé à l’obliquité par le rameau usurpateur qui a pris sa place; à une distance assez considérable, on verra ce même rameau donner naissance à une feuille alterne avec la première, et obligé de s’inclinerà son lourpour faire place à un second rameau né de l’aisselle de la feuille; peu à peu les rameaux entés les uns sur les autres laisseront entre eux moins de distance, et l’on verra se former la grappe scorpioïde.
Si les fleurs, dans ce genre de grappe, ne sont point disposées en spirale, de la même manière que les autres productions de la tige, c’est qu’elles ne naissent pas d’un axe commun , mais que chacune d’elles commence en quelque sorte une spire nouvelle. Si elles sont alternes, c’est que la feuille du rameau alterne toujours avec celle de sa tige ou du ra-
Pourquoi les fleur* la graj pr irorpioide ne sont point disposer* rn
» pi raie
Pourquoi elle»
•ont alterne».
INFLORESCENCE
ineau «pii remplace celle dernière, el qu’ici nous ayons une suite de rameaux naissant les uns des autres. Enfin, de
Four., tii«. cette suite de rameaux alternes doivent nécessairement ré-
• lent rlings. sulter deux rangs peu distincts, à la vérité, quand la distance d’une fleur à l’autre l’est beaucoup, mais très-prononcés lorsque les fleurs sont fort rapprochées les unes des ( i. i« cour- autres. Quant à la courbure de la grappe, clic tient proba-
l.nrr tlv la grapjw 1 1 *
.•nrpîo.d* . blenient à cc qu’un corps menu el flexible , s’il es l dans
toute sa longueur plus pesant d’un côté que de l’autre , se courliera toujours du côté oii il l’est le moins ; et la grappe se déroule à mesure qu’elle fleurit , parce que les axes qui se développent tendent, en général, à prendre une position droite.
ta*inpjui«()n de La grappe scorpioïde et la cyme dichotomique ont cela itui|ue avec de commun qu'elles se composent également d'axes formés
g'ippr iror|tioide.
de deux entre-nœuds depuis leur origine jusqu’à la fleur, l’un qui s’arrête après les feuilles, cl l’antre après le premier organe floral; mais il y a celte différence entre les deux genres d’inflorescence que, dans la grappe scorpioïde, il n’y a qu’une feuille sur un même plan, et que, par conséquent, il ne peut y avoir qu’une seule série d’axos, tandis que, dans la cyme , chaque axe fournissant deux feuilles opposées , les axes doivent se multiplier indéfiniment par une progression géométrique qui commence à l’unité.
Ilivmri intlo- Dans un mémo genre , souvent dans une même espèce, F"r.ï'p.-.' les grappes scorpioïdes se combinent de différentes manières
Kurpioiild. t
par des avortements, des usurpations, peut-être même des partitions, pour former une inflorescence commune qui tantôt est une cyme plus ou moins composée dans le sens que Linné a attache à ce mol, tantôt une sorte de corvmbc et tantôt une paniculc.
Ctf-mpi*. u,. Ainsi , dans le Myosotis arvensis, souvent la lige se terff; mine par une grappe, en même lemps que d autres grappes
INFLORESCENCE
naissent à l’aisselle des feuilles supérieures, et, comme celles-ci sont ordinairement alternes, on a alors une grappe terminale et plusieurs grappes axillaires ( f . 221 ); mais souvent aussi la dernière branche partage également avec le sommet de la tige les sucs de la plante, et il se forme une bifurcation, fausse dichotomie, dont une branche est l’extrémité de la lige et l'autre un simple rameau ( f . 222).
L’inflorescence de VHydrophyllum Virginianum, plante à r feuilles alternes , est une cvme scorpioïde plusieurs fois bifurquèe , le plus souvent nue , mais où quelquefois les branches de la bifurcation inférieure sont accompagnées d’une feuille. Dans ce dernier cas, celle des branches qui sort de l’aisselle de la feuille est évidemment le rameau , et par conséquent l'autre sera la tige. Ce qui arrive à la bifurcation inférieure doit évidemment avoir lieu pour les autres , et toutes appartiendront à deux degrés de végétation. Nous savons ainsi comment se compose dans cette plante chaque bifurcation, et, quand nous ne trouverons pas de feuilles àla bifurcation inférieure, il est bien évident que nous devrons dire encore que l’une des branches est la lige et l’autre le rameau. Nous pourrons même déterminer, par le moyen de l’alternance des feuilles, quel est l’axe primaire ; car. partant de la dernière feuille développée sur la lige, nous devons savoir que la branche de la bifurcation qui est le rameau doit se trouver du côté opposé à celui où est celte feuille. Absolument comme j’ai expliqué l’inflorescence de V Hydrophyllum Firginianum, on pourrait expliquer celle du Sedum album , plante qui, avec des feuilles alternes, présente aussi une suite de bifurcationsplusieurs foisrépélées, bifurcations dont lesbranchesprimairessonttantôlarcompagnées d’une feuille et tantôt entièrement nues.
VEchium strictum, à feuilles alternes comme la précé- r dente, présente des panicules composées de grappes scor-
ff rih'u-
Virçi-
Eihiwi
ISiFLOHESCKNCF..
pioïdes simples et axillaires. J’ai vu unede ces inflorescences, moins vigoureuse , se terminer par une simple bifurcation, avec une fleur dans la dichotomie. Ici celle fleur était évidemment la terminaison de l’axe primaire, et les branches de la bifurcation étaient des rameaux nés il l’aisselle de deux feuilles devenues presque opposées par le raccourcissement de l’cntre-nœud qui devait les séparer. Une autre paniculc plus énergique m’a offert un axe primaire qui se Irifurquait au sommet en branches deux fois bifurquées. Dans les branches de la trifurcation, il était impossible de n’en pas reconnaître deux pour des rameaux nés à l’aisselle de feuilles alternes très-rapprochécs, cl la troisième, nue à sa base, pour la continuation de la tige. Des deux branches de chacune des premières bifurcations , l’une fouillée à sa base était le rameau, cl l’autre nue était la continuation de la branche de la trifurcation. Quant aux branches de la seconde bifurcation, toutes deux nées à l’aisselle d’une bractée étaient des rameaux , et l’axe qui leur avait donné naissance se continuait dans la dichotomie en une fleur isolée ou un simple moignon.
c. tv,,; Les Carjophvllées présentent, comme vous savez (p. 307), ilî."*nJr c"7"' des ornes dans le sens que Linket Roeper ont attaché à ce mol, c’est-à-dire une suite de dicbotomiesavcc une fleur dans chaque bifurcation. On a décrit, il est vrai , des épis dans plusieurs Silene; mais ces épis ne sont, en réalité, que des cjmcs en partie avortées ,ct qui deviennent de véritables grappes scorpioïdes où la vérité est encore un peu plus masquéeque dans les plantes dont je viensde vous entretenir. Prenons pour exemple le Silene paradoxa(f. 224). Les bifurcations inférieures se développent entièrement ; mais bientôt il n’ v a plus de bifurcation ,cl l’une des branches de la dernière existante se prolonge en un long épi composé de fleurs écartées, alternes, tournées du même côté et accompagnées
1 SMi.HI.M.tMfc.
h leur hase de bractées scarieuses. Chacune de ces fleurs n’est que le sommet d’un axe accompagne de deux bractées comme dans toute dichotomie ; mais ici une seule des deux branches de la dichotomie s’est développée, et, après avoir aussi fourni une fleur, elle verra a son tour sa place usurpée par une branche née de l’une de ses deux bractées. Ce qui prouve , jusqu’à la dernière évidence , ce que je dis ici, c’est que, dans les premières bifurcations, au-dessous de l’épi, il y a un rameau qui, beaucoup moins long et plus grêle que l’autre, est déjà l’annonce d’un avortement complet.
D’après tout ce qui précède, il est clair que, dans les, com, ,i,
1 * * * U grappe *ror|iinl-
grappes scorpioïdes des plantes à feuilles alternes, comme les Borraginées et les Crassulacées, il y a simplement ira- JfaLïrfc«.u£.*p plantation d’une suite d’axes appartenant à des degrés de végétation différents, tandis que dans les grappes scorpioïdes des espèces vraiment dicholomes, ou, si l’on veut, à feuilles opposées, il y a, avec l’usurpation répétée, l’avortement d’un des deux Fameaux , et comme cet avortement a lieu alternativement à la bractée droite et à la bractée gauche, les fleurs doivent nécessairement être alternes. Dans les grappes scorpioïdes des Borraginées, il y a simplement développement incomplet; dans celles des Silene, il y a tout à la fois défaut complet de développement pour l’un des axes secondaires et développement incomplet pour l’axe primaire.
On conçoit très-bien que, dans l’étal le plus ordinaire, lorsqu’il y a usurpation, le rameau usurpateur se trouve Jr
exactement placé entre la lige avortée et la feuille à l’aisselle de laquelle il a pris naissance, et que celle-ci, devant son origine à la lige , se trouve attachée au-dessous du rameau , ou . si l’on veut, que la feuille soit, comme l’on s’exprime communément, opposée à l'inflorescence. Il peut arriver, cc-
326 INFLORESCENCE
pendant, que la tige soit inférieure à la feuille, et ci semble tirer son origine du rameau ; ou bien encore que ce soit le sommet avorté de la tige, faux pédoncule, qui se montre supérieur à la feuille. Dans le premier cas, celle-ci se soude par sa base avec le rameau ; dans le second, c’est l’extrémité de la tige ou le faux pédoncule qui se soude.
Difurettion tu- Des bifurcations qui, chez les plantes à inflorescence *"* * scorpioïde, telles que les Borragi nées, se montrent au-dessus
d’une feuille, indiquent bien clairement aussi la soudure de la tige et du rameau, soudure dont un sillon montre parfaitement la place dans VÂnchusa anguslifolia .
Brwtm lalén- On comprend moins facilement pourquoi, dans les grappes
pet ti urpion scorpioïdesdccerlaines Borraginécs, la bractée, au lieu d’étre opposée au pédoncule, se trouve placée latéralement par rapport à lui,' de manière que ce dernier semble sortir de l’aisselle d’un des bords de cette même bractée. Mais, si l’on jette les yeux sur celle-ci, on reconnaît, à deux lignes qui s’élèvent sur l’axe, qu’elle a commencé beaucoup plus bas que l’endroit où elle devient libre, cl qu’elle a, dans l’étendue de sa partie soudée, éprouvé une certaine torsion, se portant ainsi vers la base du pédoncule de la fleur, qui luimême a dù être soudé de son côté, cl a pu aussi, dans sa soudure, éprouver un certain changement de direction.
Dans les Helinnthemum se présente une double diffitî"LZ. HcUan~ culté : non-seulement la bractée n’est point opposée à la fleur, non-seulement elle est placée latéralement par rapport à celle dernière, mais encore, tout en conservant sa position latérale, elle se montre sinon toujours, du moins fort souvent sur un plan plus élevé qu’elle. Sa position supraflorale pourrait s’expliquer par la soudure du pétiole avec l’axe. (Juant à la position latérale, je l’expliquerais d’une autre manière que dans les Borraginécs. Chez lesCistces, les feuilles ne sont point toujours solitaires comme celles de*
que celle-
IXt'LOHKSCENCE.
Borraginées, elles sont souvent accompagnées de stipules.
Dans l’état normal , la feuille devrait être exactement opposée au pédoncule, et, par rapport à celui-ci, les deux stipules seraient latérales. Que, par l’appauvrissement qui accompagne les développements terminaux, la feuille véritable et l’une des stipules avortent, il nous restera un organe foliacé unique et latéral qui, véritable stipule, sera en apparence une petite feuille. Pour peu que l’on se donne la peine de comparer les bractées de la grappe scorpioïdedc Vllelian themum vulgare avec les stipules des feuilles caulinaircs, on sera frappé de la ressemblance parfaite. Les Cistus, genre si voisin des Helianlhemum , n’ont point de stipule, et leurs lleurs ue sont pas accompaguées de bractées latérales.
Il ne faut pas croire que, toutes les fois que les pédoncules p ( |
sont unilatéraux, il y ait inflorescence scorpioïdc: si ceux ,*li,“** ‘J""* '* des Utriculaires nageantes (Ulriculariœ notantes) suivaient leur direction naturelle, il faudrait souvent que les fleurs de ces plantes s’épanouissent dans l’eau, etalors la fécondation pourrait ne point avoir lieu. J’ai reconnu, dans VUtriculuria oliyosperma , que la nature avait paré à cet inconvénient , en douant les pédoncules de la faculté de sc recourber brusquement à leur origine, de manière qu’ils deviennent verticaux et que la corolle peut ainsi s’épanouir à l’air libre.
Il y a aussi de véritables grappes, comme celle du Digitalis purpurea, où les pédoncules véritablement placés tout autour de la lige sc courbent du même côté, par uue force qui échappe à nos moyens d’observation. Ce qu’il y a de fort remarquable, c’est que les pédoncules du Myosotis palustris ou du M. ar remis ( f. 222), après avoir été tous na turcllcment tournés d’un même côté , se dirigent en sens contraire, durant la maturation des graines, par une courbure de 1 80 degrés.
< f qu'est U Urur.