‹ Leçons de botaniqueChapitre 53 sur 148 · CAI.KK · texte numérisé non relu

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<|ui pourtant offrent des fleurs à leur aisselle; ou, si nous commençons noire examen par V Anémone narcissiflora, nous leurrons être conduits à regarder comme des bractées réunies en involucrc le calice de V Anemone Hepalica, et ensuite celui de la Ficaire (f. 246) et des Renoncules. Il est de la dernière évidence que, chez toutes ces plantes, l’enveloppe florale inférieure est de même nature ; mais, dans un cas, il nail des fleurs à l’aisselle des feuilles qui la composent, et dans les autres il ne s’en montre aucune.

On peut dire à peu près la même chose du verticille extérieur des Njctaginécs. Le botaniste qui n’aurait vu d’autre plante de cette famille que le Mirabilis Jalapa ne songera certainement jamais à regarder comme un involucrc son enveloppe florale extérieure composée d’un seul verticille de folioles vertes et soudées, qui alternent avec les parties de l’enveloppe intérieure colorée et pélaloïdc. Si, ensuite, dans une enveloppe absolument semblable, le même botaniste trouve plusieurs fleurs chez les Boerhaavia et les Pisonia , genres qui appartiennent également aux Njclaginées, il dira certainement que des bourgeons peuvent nailrc quelquefois à l’aisselle de folioles calicinalcs. Qu’on veuille ensuite lui persuader que, parce qu’il y a plusieurs fleurs dans l’enveloppe du Boerhaavia, celle du Mirabilis est un involucre, il répondra, sans aucun doute, que ce qui se passe dans le premier de ces genres ne change en aucune manière ce qui a lieu dans le second; que, d’après nos définitions rigoureuses, il doit appeler calice l’enveloppe extérieure du Mirabilis, et involucre celle du Boerhaavia, mais qu’il n’en reste pas moins démontré que le verticille inférieur de la fleur peut quelquefois produire des bourgeons à l’aisselle des feuilles qui le composent, et que, par conséquent, la distinction que nous établissons entre l’involucre ou les bractées et le

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calice ne peut être considérée comme parfaitement naturelle.

Si les folioles calicinales sc nuancent avec les bractées ,

Analogie du ca* elles se nuancent également avec la corolle. Le calice des

lie* arec l«« molle. t

II elianthemum est beaucoup moins vert que leurs feuilles; les bords du calice sont blanchâtres dans un grand nombre de plantes, et rouges dans \ Uelleborus fœtidus . Chez les Polygala , les folioles calicinales intérieures sont colorées comme des [létales, et d’une consistance également ténue. Le calice de la Grenade ( Punicn Granalum ) et celui des Fuchsia sont entièrement rouges, celui des Delphinium et de W4conitmn Napellus est bleu, le calice est jaune dans YUel leborushyemalis et VlJlex, rose dans V Uelleborus niger, blanc dans V Aphanostemma. Enfin il existe une si grande ressemblance entre certains calices et le second verticillede la fleur, que Linné leur avait donné le nom de corolle, ceux , par exemple , du Trollius , de V Aquilegia , de Ylsopyrum et des Il elleborus .

u calice mur De tout ceci, il résulte que le calice forme une nuance bractée* et l« co» entre les bractées et la corolle. Il sc compose de feuilles plus altérées , plus métamorphosées que les bractées, et moins altérées que la corolle : ce ne sont plus tout à fait des bractées; ce ne sont point encore des pétales.

Anaiogu «in c- Tout, dans le calice, ramène à l’idée de son analogie avec

t,»,".. feuj[|cs \on-seulement il est de couleur verte, mais il a, comme les feuilles, des vaisseaux et des trachées ; il offre des stomates comme les feuilles , et quand celles-ci ont des glandes et des poils, il en présente qui sont de même nature. Sa nervation a de la ressemblance avec celle des feuilles placées au-dessous de lui, et une surabondance de nourriture a fait quelquefois d’une foliole calicinale une feuille véritable. Enfin , dans l’état habituel , les deux folioles extérieures du calice de la Gentiane des champs ( Genliuna campeslns) ne différent des feuilles de la tige, ni pour la forme.

CALICE

ut pour les dimensions, et, si, chez d'au 1res espèces de plantes, la ressemblance est beaucoup moins parfaite, souvent, du moins, on retrouve en miniature, dans les folioles calicinales, l’organisation des feuilles caulinaires. Je citerai pour exemple la Rose à cent feuilles ( Hosa centifnlia, f. 250). Les deux parties extérieures de son calice quinconcial élargies, lancéolées, acuminées, sont garnies à droite et à gauche de très-petits appendices foliacés et se terminent souvent par une expansion de même nature : qui pourrait ne pas voir ici une feuille chargée de ses folioles, mais moins profondément découpée que celles de la tige , parce qu’elle a moins de vigueur?

Ici se présente encore un fait assez remarquable , c’est u dé„ioPpr-

, - , . ment tlci partira

qu à mesure que les parues s’élèvent sur le quinconce, le m«urr développement devient moindre, et les organes ressemblent »ur^‘Pir*>'moins à la feuille; la foliole calicinale intermédiaire de la Rose à cent feuilles n’est plus garnie que d’un côté de petits appendices foliacés, les deux folioles supérieures n’ont qu’un filet terminal sans appendice et sont, par conséquent, réduites à une partie moyenne dilatée. C’est l'ensemble du phénomène que je viens de rappeler qui a donné lieu à l’énigme latine bien connue ;

Quinque sumus fratres , unus barbalus et aller,

Imberbesque duo , sum semi-berbis ego.

Sachantque, dans taRose à cent feuilles, chacuncdes deux divisions calicinales intérieures n’est autre chose que la partie moyenne d’une feuille, je dois dire qu’il en est de même pour toutes les divisions du calice de la Rose du Bengale (R. Rengalensis, f. 251), chez lesquelles on ne voit souven t au Ire chose qu’une base élargie terminée par une longue pointe. Enfin, dans les folioles calicinales de la Ronce, qui sont également élargies et terminées par une pointe, l’analogie doit me

CALICfc.

montrer les mômes parties que dans les folioles de la Rose du Bengale, puisque les feuilles de la Ronce ont , comme la Rose, des feuilles composées.

Ces altérations graduées que vous venez de voir s’opérant de bas eu haut dans le calice de la Rose à cent feuilles, il ne faut pourtant pas croire que vous les retrouviez dans les organes appendiculaires de tous les végétaux et en particulier dans leur calice. Je vous ai déjà fait observer que la métamorphose des plantes s’effectuait souvent d’une mai.> mciimur- nière brusque , et il est très-vraisemblable qu’on ne serait iVOiflar lou.rnl point arrivé à en concevoir l’idée, si l’on s’était borné à

J'une manière ..... • . » * «Il • • ...

im.*!»**. retude de certaines especes. Les écaillés qui terminent I involucrc des Centmirea sont toujours plus longues que les inférieures. Dans une foule de cas, les bractées restent infiniment plus petites que les folioles ealicinalcs, comme la famille des Labiées, les Violettes et surtout les Utriculaires nous en fournissent des exemples ; et les dimensions des feuilles ealicinalcs du Gentiana utriculosa vont môme jusqu’à surpasser celles des feuilles caulinaircs. Des cinq folioles des Davilla , l’inférieure est extrêmement petite , les deux intermédiaires médiocres, les deux supérieures fort grandes. Dans les Polygala , les folioles ealicinalcs supérieures ont, à cause de leur développement très-sensible, reçu un nom particulier, celui d’ailes (a/<e). Les folioles des Camellia augmentent de grandeur à mesure qu’elles se rapprochent de la corolle. Mais si , dans ces différents cas et o..nj i.. o»s.- une multitude d’autres, nous voyons les organes se déve- ,-ml plu, JrTrlim- lopper davantage, à mesure qu’ils s’élèvent sur l’axe de la

prs que le* infe l* » * • , •

rîrur* , r.hem- llour, lalleration se trahit en même temps par un rappro- *“lrr chemenl extrême, par une coloration plus ou moins prononcée, par des soudures et la ténuité des tissus. Les folioles ealicinalcs supérieures du Camellia, plus grandes que les inférieures, ont une teinte plus pâle; les ailes des Polygala

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sont décidément colorées. Si les bractées des lltriculaires et d’une foule de Labiées sont plus petites que les parties de leur calice , celles-ci sont soudées et les premières libres. Les écailles supérieures do l’involucre des Ccntaurea sont, à la vérité, sensiblement plus longues que les inférieures; mais, en même temps, elles offrent des symptômes d'étiolement et de faiblesse. Beaucoup plus grandes que les bractées du pédoncule , les folioles caliciuales de la Violette ( Viola) sont rapprochées en vcrticillc et un peu soudées entre elles.

§11. — De la composition du calice.

Dans l’état de développement le plus complet, le calice se compose de folioles parfaitement distinctes , et même, comme nous venons de le voir, disposées sur deux ou plusieurs rangs ; mais souvent il arrive que ces folioles sc rapprochent et se soudent plus ou moins par leurs bords. Quand les folioles restent distinctes, on dit que le calice est polyphylle ( polyphyllus ) (ex. Ranunculus Monspeliacus , f. 252); et c.iKe spécialement qu’il est dipliyllc, tri-quadri-quinquéphylle ply" (dilriquadri quinquephijllus), suivant que les folioles sont au nombre de deux, de trois, de quatre, de cinq ou davantage; si elles sc soudent à la base seulement, on dit que l’enveloppe calicinalc est bipartite, tri-quadri-quinquéparlitc . (ex. les Phlox, f. 253) et multipartite (co/ix bi-tri-quadriquinque-niultipartitus)\\ors,(\uc\\cs sesouden (jusqu’il moitié, ou à peu près, le calice devient bi-tri-quadri-quinqué mullifide (calix bi-tri-quadri-quinque-multifidus , ex. Silène conica, f. 254), que la soudure sc prolonge presque jus-

|K.ljr-

CALICE

denté;

entier-

Tube.

Limbe.

G orge .

Lacune* entre I pièce* d’un calice toudé.

Ce qu'on doit penaer au mot tépale .

qu’au sommet des folioles, l’enveloppe calicinale n’est plus que bi-lri-quadriquinquédentée (ex. Silene Italien, f. 255) (i calyx bi-tri quadri-mullidentatus)-, enlin elle est entière (calxjx integer ) quand la soudure est complète.

Dans un calice soudé, la partie où l’adhérence s’est opérée s’appelle le tube (tubus); la partie où les folioles sont restées libres porte le nom de limbe ( limbus ), cl l’on nomme gorge ou entrée du tube (faux) l’endroit où la soudure commence (f. 253, 254, 255).

En général, la soudure confond les parties de telle manière, qu’on ne saurait les disjoindre sans déchirement; cependant il est des cas où elle est très-légère , et où des lacunes se montrent d’elles-mémes par intervalles, comme dans les OEnothera(f. 259). Ce fait seul suffirait pour dévoiler la véritable nature des calices monophylles.

Depuis un assez petit nombre d’années on a exhumé le mot de sépales ( sepala ) qui avait été imaginé par Nccker pour indiquer les folioles du calice, et qui avait été longtemps oublié. Si ce mot barbare et difficile à employer, à cause de sa ressemblance avec le mot pétale, avait été créé par Linné ou Jussieu, avant qu’on eût les idées que nous professons aujourd’hui, on se serait bien certainement empressé de le répudier , pour mettre à sa place quelques dénominations qui rappelassent la véritable uaturc du calice. Mais de telles dénominations étaient déjà employées par tout le monde, celles de folioles calicinalcs ( foliota cabjcma); elles étaient les meilleures possible-, on a voulu leur en substituer d’autres, et l’on a prouvé que changer ce n’est pas toujours mieux faire. Conservons donc la manière de s’exprimer qui avait été consacrée par les deux réformateurs de la science, et qui montre que ces grands hommes avaient pressenti, relativement à la nature de la (leur, les vérités que nous pouvons démontrer aujourd’hui ; ou, si l’exemple nous

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oblige ii adopter le mot sépale, comme riiomine qui parle le mieux rat souvent entraîné, par ceux qui renlourenl, à employer, dans le langage habituel, des locutions délec tueuses, reconnaissons du moins qu’en ce point ceux qui nous ont précédés avaient mieux fait que nous.

Il faut avouer, cependant, qu’ils se mettaient en contradiction avec eux-mêmes lorsque, admettant plusieurs folioles dans le calice, ils le considéraient comme un organe unique qui pouvait se découper plus ou moins profondément, C’est à cette idée fausse qu’est du le mot calice, qui signifie une espèce de coupe, et ne rappelle aucune sorte de composition. C’est à elle que sout dues les expressions bien plus défectueuses de lanières, découpures, lobes ou dents (laciniœ, divisurœ , loin, déniés), par lesquelles on a indiqué les parties libres des folioles d’un calice soudé, suivant qu'elles ont plus ou moins d’étendue. C’est cette même idée qui a fait dire d’un calice qu’il est monophy Ile (calyx monnphyllus , f. 253, 254, 255) ou à une feuille, s’il est soudé en un seul corps , et qu’il est parlitc , fendu ou denté , selon que la soudure a gagné plus ou moins d'espace. La nature a formé des adhérences qui procèdent de bas en haut , cl notre terminologie indique des découpures qui s’étendraient du sommet vers la base. Il serait, au reste, bien facile d’éviter les expressions dont je viens de vous montrer l’inexactitude, en disaut que les folioles de tel ou tel calice sont soudées; qu’elles le sont à base; qu’elles le sont jusqu'à moitié, jusqu’au tiers, jusqu’au quart supérieur, ou qu’elles le sont entièrement ; mais, quand des termes ont été consacrés par une foule de bons livres, il y aurait pcuUétre, comme j'ai déjà eu l’occasion de vous le dire, de graves inconvénients à les rejeter, et, dés que l’on en connaît bien la véritable valeur, on cesse réellement d’y attacher le sens qu’elles présentent au premier abord. Pour peindre les phénomènes

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