‹ Leçons de botaniqueChapitre 55 sur 148 · CAI. I(K · texte numérisé non relu

CAI. I(K

véritables, la nervure moyenne est ordinairement la plus saillante. Dans les calices soudés, celte nervure forme souvent une côte sensible, comme les Labiées en offrent de nombreux exemples ( calyx nervius). Souvent aussi une Calice » cinq

1 ' , nervures , calice à

nervure sc forme au point où deux folioles se soudent, cl alors on a dix nervures, cinq qui parcourent le milieu des folioles et cinq alternes qui se trouvent au point de rencontre.

On appelle en latin cal. quinquenervius le calice à cinq folioles.oùiln’y a de bien apparent que la nervure moyenne des folioles, et decemnervius ( f . 257 ) celui où se montrent, en outre, des nervures latérales. Un assez grand nombre de feuilles véritables ont aussi des nervures sur leurs bords.

Le plus souvent, les deux nervures marginales se confondent et forment un seul corps j mais, quand la soudure est moins intime, comme dans le calice des OEnothcra, on Nervure» inar-

. ••il l* • finale» quelque-

distingue trcs-bieu les deux nervures, et I on voit entre foi» distincte», elles une petite rigole.

Les nervures longitudinales des folioles soudées déterminent souvent des angles dans le calice, connue on peut en voir des exemples chez les Lamiutn, les Phlomis,\c Datura Stramonium , le Primula officinales , et l’on dit alors Cadrer pn»m*lique l’enveloppe caiicinalc est anguleuse ou prismatique {cal. angularis , prismaticus ).

De même qu’une pointe se montre le plus souvent à l’extrémité des feuilles véritables, de môme aussi la nervure moyenne des folioles calicinales peut se prolonger au delà des bords, et les folioles sont apiculées, mucronées, épineuses ( foliota apiculata , mucronata , spinosa), suivant que la pointe est plus ou moins longue, plus ou moins aiguë, plus ou moins piquante.

Dans un genre brésilien de la famille des Labiées ( Peltodon ), les pointes terminales du calice se replient sur ellesmêmes de dehors en dedans, puis s’étalent tout à fait au

CALICE

Aigrette.

sommet comme une sorte de disque. C’est là ce qui arrive dans beaucoup de styles, et cela nous aidera plus tard a expliquer la nature de cet organe.

La pointe terminale est produite par une absence partielle du parenchyme. Quelquefois celte absence est complète, et le calice, réduit alors aux nervures moyennes, ne présente, comme cela a lieu dans quelques Acanthées, que des espèces d’aréles ou d’épines.

Chez les Composées, où les fleurs, très-rapprochées, sont déguisées, dans tous leurs verticilles, par des soudures et des avortements, la partie supérieure et libre du calice, qui prend le nom d’aigrette (pappus), ne présente souvent que des espèces d’écailles ou de paillettes membraneuses ou scarieuses (pap. paleaccus , ex. Catananche cœrulea, f. 266); ailleurs se montrent de simples nervures, qui en portent de latérales, comme une plume garnie de scs barbes (pap. plumosus, ex. Carduus Monspcssulanus, f. 267); ailleurs encore les barbesdisparaissenl, et l’on ne voit plus quedes nervures droites qui ressemblent à des poils ( pap.piloms , ex. Eupatorium cannabinum, f. 268); dans d’autres espèces ce ne sont plus que deux ou trois soies plus ou moins roides et épineuses (pap. arislalus, ex. Iiidens bipinnala, f. 269); chez d’autres , on n'aperçoit que des membranes soudées en une étroite couronne (pap. membranaceus) ; enfin il arrive que la partie libre disparait entièrement, cl l’on dit que l’aigrette est nulle (pap. nullus). Tant que la corolle des Valérianes ou du Centranthus ruber(f. 270, 271 ) n’est pas tombée, la partie libre du calice reste roulée sur elle- même en manière de bourrelet , de dehors en dedans ; mais, pendant la maturation de l’ovaire, le bourrelet se déroule et s’étend en une aigrette plumeuse cl élégante. Dans le Scabiosa columbaria, plante voisine des Valérianes , la partie libre du calice est réduite à cinq arêtes.

CAI.ICE

Le plus souvent, on trouve un sinus aigu ou obtus, au point où s'arrête la soudure de deux folioles calicinales ;

■nais quelquefois la nervure marginale et intermédiaire se prolonge chez les calices soudés, comme la nervure moyen- P*,»’™1''"' ne, et alors on a ui\ dents dans un calice à cinq folioles.

C’est là ce qui arrive pour le calice à dix côtes des Hfarrubium ( f. 257 ).

comme moyenne.

§ IV. — Des divisions des folioles calicinales ; de la forme du calice, de ses dimensions et de sa direction.

Quelquefois les folioles d’un calice sont divisées , comme cela arrive si souvent aux feuilles caulinaircs, et alors, quand elles se soudent, il se trouve à la partie supérieure et libre plus de parties qu’il n’y a de folioles : on en voit un exemple dans le calice tubuleux du Phlomis luberosa, où deux dents se montrent entre chaque paire de pointes. Les cinq pointes sont la continuation des cinq nervures moyennes des folioles; et des deux dents intermédiaires entre deux pointes, l’une appartient à une des folioles, et l’autre à la foliole voisine. L’élégant calice du Chamelaucium plumosum parait être à vingt-cinq folioles étalées et plumeuses; mais il n'e't réellement qu’à cinq profondément quinquépartites. Si l’on ne faisait point attention aux divisions qui peuvent se manifester ainsi chez les folioles calicinales, on trouverait quelquefois, entre les parties du calice et celles de la corolle, un désaccord qui n’existe réellement pas.

Les folioles calicinales libres offrent, suivant les espèces de plantes, toutes les formes qu’ou observe dans les feuilles caulinaires, si ce n’est peut-être celle d’un cœur. Mais, quand ces folioles sont soudées, il est bien clair que les

Foliole» caliriuilri qurlqurfoii diviser».

Forme des folioles ralicinsliH i»rtlrr s.

CAUCK.

mêmes formes ne peuvent se présenter dans leur intégrité ; aussi les calices monophylles n’ont ils, en général, que des découpures semi lanccolécs, scmi-ovécs, etc. ( divisurw semilanceolatœ, semi-ovatw, etc.).

Forme du calice La forme du calice pris dans son ensemble varie suivant les genres et les espèces ; elle est généralement bien plus prononcée lorsque les folioles sont adhérentes que quand elles sont distinctes. Le calice peut être cupuli forme ou en forme de coupe comme dans l’Oranger ( f. 226), globuleux comme dans le Geramium macrorrhizum , conique comme dans le Silene conica ( f. 254), urcéolé ou en forme de burette, tel que celui de YHyosciamus niger, turbiné ou en toupie, comme celui du Rhamnus Frangula, campanulé ou en cloche, comme dans le Phaseolus vulgaris ; le calice du Molucella spinosa est infundibuliforme ou en entonnoir, celui du$i7ene .4rmeria en massue ; celui des OEillels est cylindrique; on le dit lubulc ou tubuleux , quand on veut simplement exprimer qu’il imite la forme d’un tube sans indiquer les modifications de celle forme (cal. cupuli fortnis, globosus, urceolatus, turbinalus, campanulatus, infundibuli forints, clavatus, cylindricusj lubulo.tus.

On voitdes calices renflés (in/htlus), tels que ceux du Silene conica, des Physalis, de YAffonsea ; on en voit de comprimés (comprcssus), comme ceux des Rhinanthus et des Pedicularis .

Un calice d’une forme assez remarquable est celui des Smilhia. Sa partie supérieure est exactement formée comme le calice entier de toutes les Papi lionacées; mais au-dessous on trouve un corps cylindrique qui atteint quelquefois environ deux pouces, qu’il est impossible de ne pas prendre, au premier coup d’œil, pour un pédoncule, et qui n’est, en réalité, qucla partie infèrieureet tubuleuse du calice au fond de laquelle ou trouve le pistil.

u^mrnùo". j„ j<a longueur du calice change suivant les genres et les

CALICE

espèces; il peut être très-court, simplement court, de Ion gucur médiocre, long ou très-long (cal. brevissimus, brevis, mediocris, longus, longissimus). Ses dimensions sont susceptibles d’être considérées de deux manières; elles peuvent l’être soit par rapport aux autres organes de la fleur, soit relativement à l’ensemble des calices connus* On comprend sans peine que, dans une fleur de moins d’une ligne, telle que celle du Pelleliera verna, le calice sera extrêmement petit, si on le compare aux calices connus; mais ü sera très-grand, si on le considère uniquement dans la (leur à laquelle il appartient, puisqu’il dépasse tout à la fois les pétales, les étamines et l’ovaire. Ce que le botaniste descripteur a de mieux à faire pour donner une idée exacte d’une fleur, c’est d’indiquer en centimètres et en millimètres les dimensions des divers organes qui la composent.

Les calices varient aussi dans leur direction. Ils sont plus s., généralement droits dans les fleurs régulières, et plus souvent courbés dans les irrégulières, lin calice est conuivent (cal. connivens), lorsque ses folioles s’inclinent dans la fleur les unes vers les autres, comme dans le Ceanothus Americanus. On ledit fermé quand ses folioles, étant distinctes, se touchent par leurs bords, ainsi que cela a lieu chez un grand nombre de Crucifères, entre autres les Cheiranlhus ; on le dit étalé ( païens ) quand les folioles dévient de la ligne droite, par exemple dans les Sinapis ; très-élalé ( patentxs sitnus), si elles forment avec l’axe un angle de 45 degrés, par exemple chez la plupart des Renoncules ( f. 252), les Camellia , les Fraisiers; réfléchi ( re fl exus) , s’il se rejette en arrière, et qu’il montre en dehors sa surface supérieure, comme celui du Ranuncuhts bulbosus.

Le calice, se composant de plusieurs feuilles modifiées, ne saurait être une continuation terminale du pédoncule; il n po», u en est une production latérale ou appendiculaire. Il n’en est pédoncule.

CALICE

pas moins vrai, cependant, qu’ordinaircment il semble, au premier coup d’œil, rontinuer le pédoncule (cal. pedunculo continuas), et Jussieu avait même cru que la continuité du calice avec le pédoncule était un des caractères distinctifs du premier. Mais celte trompeuse apparence lient, je crois, à ce que les folioles calicinalcs doivent être, comme la plupart des feuilles plus étroites à la base qu’au milieu, à ce qu’elles sont généralement ascendantes, et surtout à ce que l’on ne v oit point la continuation réelle du pédoncule, c’està-dire le réceptacle de la fleur, lorsqu’on regarde celle-ci à l’extérieur. Au reste, il serait inexact de dire, même en ayant égard uniquement aux apparences, que le calice est toujours continu avec le pédoncule ; il ne l’est évidemment point, quand ses folioles, étant libres, sont étalées, comme dans les Papaver, les Renoncules, les Camellia, un grand nombre de Crucifères, et lorsque, étant soudées, elles sont !>.,Ur <«.i ut aussj étalées, au moins à leur base, comme dans l 'Aff'onsea, t.o'ujur. les Physalis, le Primula Sine nsi s , le Robinia Pseudacacia.

Dans ce dernier cas , on dit que le calice est tronqué à la base (cal. basi truncatus), expression très-inexacte, qui indique une simple apparence.

§ V. — Des expansions calicinales.

Souvent les calices présentent des bosses, des éperons, des appendices de diverses formes (cahjx hast gibbus, appendiculalus, calcaralus ; calycinum foliolum seu calycina foliota basi n,,'™ torit, gibba , saccata , calcarata ). Le calice monophyllc du Teucrium “lu Botrys est bossu â la base. Les sinus de celui de plusieurs Campanules, du C. medium , par exemple, qui est également monopliylle, sont garnis d’un appendice descendant. Deux des folioles parfaitement libres du Bisculella auri-

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eulata forment une bosse à leur naissance. Une des folioles du calice poljphvlle du Delphinium sc prolonge en éperon.

On voit également un éperon au calice de la Capucine, et la foliole supérieure de celui ÙQsslconiium se creuse en manière de casque. Enfin le calice du Scutellaria présente , audessous de sa lèvre supérieure, une protubérance semi-orbiculairc, creuse en dedans, en forme de bouclier, qui a fait donner à ce genre le nom sous lequel il est connu des botanistes.

Toutes ces expansions n’ont point la même origine. L’é- owg„, ,i«. a;-

. . vmn eipiiuuiQi

peron du calice des Velpnintum est un prolongement qui appartient uniquement à sa foliole supérieure ; celui de la Capucine, au contraire, est formé par les prolongements soudés de trois folioles. Dans les Pélargonium , genre voisin des Capucines, c’est la foliole supérieure qui seule se prolonge; mais elle ne se produit point à l’extérieur; elle se soude avec le pédoncule, et elle forme un tube appliqué contre cet organe. L’appendice de chaque sinus du Campanula Medium est dû à la soudure de deux lobes qui appartiennent aux deux folioles voisines ; la foliole, libre et isolée, serait lancéolée et présenterait de droite et de gauche un lobe descendant de son milieu, à peu près analogue à ceux d’une feuille sagillée : supposons que cinq feuilles sagiltées se soudent inférieurement parleurs bords, nous aurons à peu près un calice de C. Medium.

Une même famille , celle des Renonculacces , présente, dans plusieurs des genres qui la composent, des nuances

• 14 • 1**1 T/* 1* Il 1*1 famille tir» Ketmn-

successives d expansions calicinales. Les folioles du calice de oUce». la Ficaire (FtcariaRanunculoides) sont épaissies à leurbasc; celles des Adonides et de la Katoncule ( Adonis , Myosurus ) descendent un peu au-dessous de leur point d’attache; je vois un éperon très-prononcc dans les Pieds-d’alouette (Delphinium).

CALICE

KamiorU *lc» Les bosses ou appendices des folioles calicinalcs ne parais-

ai'penuKei , . n • • •

i« i». sent avoir aucun rapport avec les organes floraux intérieurs

lies Il liai. » in|c- f

dans Y Impatiens et le Tropcrolum. Mais il est bien évident qu’en certains cas il existe une parfaite coïncidence de structure entre ces expansions et les verlicilles plus élevés. Inférieurement, les deux pélales des Delphinium se prolongent chacun en un appendice qui va se cacher dans l’éperon cal ici nal. Chez les Aconitum. la foliole du calice, en forme de casque, reçoit, dans sa concavité, les deux pi-talcs supérieurs tout entiers Deux petites écailles, qui appartiennent nu disque, descendent dans la bosse de chacune des deux folioles appcndiculées du Biscutella auriculala. L’es pèce de bouclier creux qui émane de la lèvre supérieure du calice des Scutellaria semble inutile dans la jeunesse de la fleur ; mais il linit par recevoir une portion des deux divisions supérieures du fruit qui, à l’époque de la maturité, n’auraient pu tenir dans le calice réduit à un tube régulier.

■> nu,.., ,i„,i II faut bien se donner de garde de confondre avec les expansions dont je viens de parler les très petites folioles i.Vi«Va’*Pîvô- qui, dans les Potenlillcs (f. 238), les Fraisiers, les Tonnentilles, alternent avec d’autres folioles plus grandes Comme j’aurai occasion de vous le dire plus lard , la position des grandes folioles relativement à la corolle démontre évidemment qu’elles seules sont les véritables folioles calicinales. L’analogie des feuilles du calice avec celles de la lige va nous faire connaître ce que doivent être les petites folioles. On sait que les feuilles caulinaires des plantes dont il s’agit sont accompagnées de stipules; il m’est impossible de ne pas voir également des stipules dans les petites folioles calicinalcs alternes avec les grandes. Cependant , dirat-on, chaque feuille est garnie de deux stipules, placées l’une à droite, l’autre à gauche; donc il devrait s’en trou-

CALICE

ver deux entre deux folioles calicinalcs, tandis que nous n’en voyons qu’une , cl qui plus est, elle a une nervation impaire, comme toutes les feuilles possibles, et n’indiquant qu’on organe simple; mais souvent, chez, les Fraisiers, les petites folioles sont bifides à leur sommet , et elles présentent deux nervations impaires accolées ; par conséquent, nous avons bien, dans ce cas, deux folioles, ou plutrtl deux stipules, et, lorsqu’il ne s’en développe qu’une , c’est sans doute à cause de l’affaiblissement de la plante et de l’extrême rapprochement des parties. L’analogie doit me montrer aussi des stipules dans les très petites dents du Geum urbanum, plante du même groupe que les Fraisiers et les Potenlilles , et également stipulée.

Dans les Helianthemum, on trouve au calice trois grandes folioles intérieures tordues dans la prélloraison, et deux pc- Cc ,oB In.( tites extérieures appliquées avant l’épanouissement sur les j£îu?. m'Ôim'” intérieures et qui émanent de leurs bords. Nous savons que les Helianthemum sont stipulés, et je vous ai déjà montré que chacune de leurs bractées n’est que la stipule d’une feuille qui ne s’est pas développée; or les deux folioles extérieures du calice sont absolument semblables aux bractées; donc ce ne sont aussi que des stipules, comme d’ailleurs le prouve suffisamment leur position.

Ici se présente une considération que je ne dois pas omettre. Les stipules caulinaircs naissent à la base du pétiole, ou se soudent avec lui ; mais on ne les voit pas soudées avec la feuille elle même; par conséquent, on pourrait considérer comme étant analogue à un pétiole la partie pourtant dilatée et soudée des folioles calicinales qui , dans les Geum et les Helianthemum , par exemple , est inférieure aux stipules calicinales.

Comme il est impossible de ne pas reconnaître pour des stipules les folioles calicinales les plus petites des Fraisiers,

CALICE

Calic* eilfrieiir .• rrrUiae» Malurée».

des Helianthemum, des Potcnlillcs, on pourrait croire que, dans les Mal vacécs, famille où les feuilles son (stipulées comme celles de ces plantes, ce qu’on a appelé, un calice extérieur ( calyx extcrior,f 238), est également formé par des stipules; mais il n’en est réellement pas ainsi. On conçoit que, quand plusieurs feuilles stipulées sont placées l'une à côté de l'autre dans un même cercle, la stipule d’une feuille se soude avec celle de la feuille voisine; mais les deux stipules d’une même feuille ne sauraient se souder ensemble, puisque celle-ci se trouve entre elles ; par la même raison, il se peut encore moins que toutes les stipules se soudent ensemble extérieurement, tandis que toutes les feuilles se rejetteraient sur un rang intérieur; or nous avons deux rangs bien distincts dans les Malvacées à double calice. Au milieu des avortements et des adhérences que l’affaiblissement amène chez la fleur, il n’est pas étonnant qu’il se trouve dans un calice à folioles stipulées moins de stipules qu’il n'y en aurait à l’étal normal; mais il ne saurait y en avoir plus du double, puisque la feuille la plus développée est uniquement accompagnée de deux stipules; cependant on voit des Hibiscus dont le calice intérieur est à cinq folioles, et l’extérieur à douze; donc celles-ci ne sont point des stipules.

Il semblerait naturel qu’aprés vous avoir montré que le calice extérieur des Malva, des Pavonia, dès Hibiscus, etc., ne doit point être assimilé aux folioles calicinales les plus petites des Potentilles, etc. , je vous fisse connaître sa véritable nature; mais je ne le pourrais sans vous entretenir de la position respective des organes floraux en général, cl il est bon qu’auparavant nous les ayons tous passés en revue. Alors je vous dirai aussi ce qu’on doit penser du calice extérieur des Dipsacus et des Scabicuses.

|l est cependant une question qui se présente assez natu-

UUCF.

rcllcmcnt , et à laquelle je puis déjà répondre. On demandera peut-être si le calice extérieur des Malvacécs est une production de plus, et, par conséquent, un signe de plus grand développement, ou si , au contraire, il doit être considéré comme le résultat de la métamorphose anlicipéc(v.p. 35)des feuilles qui se trouvent immédiatement au dessous du calice véritable. A ne consulter que le raisonnement , l’on serait tenté d’adopter celle dernière opinion ; cependant , quand nous voyons un calice simple chez les Sida, plantes trèsvoisines des Malva à double calice, mais généralement moins vigoureuses, du moins dans leurs lleurs; quand nous voyons le Malva rotundifulia , espèce plus faible que le Malva sylvestris, avoir un calice extérieur beaucoup moins prononcé que le sien ; lorsque nous voyons enfin que les Hibiscus, où le calice extérieur se compose d’un grand nombre de folioles libres, sont généralement des arbrisseaux vigoureux et à très-grandes fleurs, il nous est impossible de ne pas regarder le calice extérieur comme un développement de plus.

§ VI. — De la durée du calice et de son utilité.

Les folioles calicinalcs, ainsi que celles de la lige, tantôt se détachent de leur axe avant d’étre flétries, et tantôt y restent attachées, quoiqu’elles ne végètent plus. Quand le calice tombe avant l’épanouissement de la fleur , comme dans les Pavots (Papaver), on l’appelle caduc (caducus)} on ledit tombant ou passager (décida us), comme dans la plupart des Crucifères et les Renoncules (Jlanunculus), lorsqu’il se détache en même temps que la corolle, ou du moins après la fécondation ; enfin il est persistant (persistens), lorsqu’il

Cal ce caduc ; tombant ,

|ifiti>Unt-

CALICE

Calice |>ei >i»tant à la biie seulement.

Calice ciuiaaaot;

>ÔiculfUt.

reste fixé à son axe, [tendant la maturation du Trait, ainsi que cela arrive dans une foule d’espèces, de genres et même de familles, telles que les Plantaginées, les Primulacécs, les Labiées, les Borraginées, les Canophyllées , les Violacées , les Légumineuses.

On sent qu’il ne saurait exister de limites bien précises entre un calice caduc cl un calice tombant, et, au contraire, il semblerait qu’il ne peut y avoir d’intermédiaire entre le calice qui tombe et celui qui persiste. Cependant il est des calices qui tout à la fois persistent et tombent ; leur partie supérieure se sépare horizontalement de la base, comme si on l’avait retranchée artificiellement, et la base reste fixée au pédoncule jusqu'à la maturité du fruit; c’est ce qui arrive chez le Datura Stramonium.

Lorsque le calice persiste, il prend toujours plus ou moins d’accroissement depuis l’instant oùil s’épanouit avec le reste de la fleur jusqu’à celui où il se dessèche. Cette augmentation de grandeur est quelquefois très-sensible , comme dans la Belladone (Airopa BeUadona ) et les Physalis, et alors on dit que le calice est croissant (calyx accrescens}- ou bien, si on veut comparer ce qu’il est autour du fruit, avec ce qu’il était dans la fleur, on se sert en latin des expressions de calyx fructifer auclus. Dans quelques plantes, l’enveloppe calicinalc, en grandissant d’une manière notable , devient membraneuse, elle dépasse en tous sens le fruit qu’elle enveloppe , et forme autour de lui une sorte de vessie (cal. cesiculusus). C’est ce que l’on voit dans un assez grand nombre «le Trèfles, entre autres le Trifolium fragiferum, dont les calices renflés, pressés les uns contre les autres , rappellent , par leur réunion, la forme d’une fraise. C’est ce qu’on voit encore chez les Physalis où l’enveloppe calicinale devient , après la floraison , huit ou dix fois plus grande qu’elle n’était dans la fleur, et

< m.icc.

se leinl de la même couleur que le fruit lui-même, en jaune, par exemple , dans le Physalis Peruviana, et en rouge dans V Alkekengi .

NoussaVonsquc les feuilles tombent ou persistent, suh Uni Aiiicttlt- rt I,nl4l qu’elles sont articulées sur la lige ou qu’elles ne le sont pas.

De même, le calice est caduc, quand il est articulé sur le pédoncule; il est persistant, si l’articulation manque; enlin il se partage horizontalement au-dessus «le sa base, lorsque l’articulation s’est formée dans la substance des folioles ell«*smêmes. Ce qu’il y a d’assez remarquable, c’est que les feuilles caulinaires composées sont les seules qui se désarti culent à d’autres endroits qu’au jioint d’attache de leur pétiole, et qu’on ne trouve point de feuilles composées parmi les plantes dont le calice se désarticule entre son sommet et son point d’attache.

La persistance du calice étant constante dans certaines fa- i.. mw»

... I . . . du >f*l*C* •®|,o«

milles, telles que les Labiins», paraîtrait v coïncider noces- L“"“

1 ’ 1 * groupes; peu im -

sairemenl avec d’autres caractères, et, par conséquent, elle J*"*a'*M y aurait une grande importance. Mais il ne saurait eu être ainsi chez d’autres groupes, les Renonculacées , par exemple ; car de deux genres excessivement voisins qui leur appartiennent, VEranthis et VHelleborus , le premier a le calice caduc et l’autre l’a persistant. Il y a plus encore ; la famille des Crucifères nous offre deux espèces du même genre qui ne se distinguent guère que par la caducité et la persistance du calice, YAlyssum campeslre et le ralyrinum.

Je ne dirai point que la présence du calice est toujours indispensable à la conservation du fruit, puisque dans un assez grand nombre d’espèces il tombe après la fécondation ; que, tout en persistant chez V Androsœmum, il se réfléchit pendant la maturation du péricarpe et des graines, et qu’enfîn ce qui reste de l’enveloppe «'alici-

CALICE

Le fruit touvent

i-rolcgr parle caico prmUnl la maturation.

La dissémina • lion de* graine* quelquefois favoris c par le relue.

nalc du Dalura Stramonium , au lieu de se presser contre la capsule, se renverse en arrière. Cependant il y a une foule de cas où il est impossible de ne pas reconnaître que le calice est en rapport avec l’ovaire, et que, lui servant d’enveloppe, il leprotége, tandis que celui-ci passe à l’état de fruit. Durant la fécondation, lecalicedc la plupart des Alsinées (1) et de beaucoup d’autres plantes est étalé horizontalement; mais bientôt ses folioles se rapprochent et forment une voûte audessus de l’ovaire qui mûrit caché par elles. Chez un grand nombre de Labiées des poils naissent au sommet du tube ralicina^/-. 2iii); tant que la corolle ne tombe point, ils ont une direction forcée, retenus entre elle et la paroi du tube; mais aussitôt que la corolle se détache , ils prennent leur position naturelle, s’étendent horizontalement de tous les points de la surfaceà laquelle ils sont attachés, se rencontrent, s’entremêlent et rendent impénétrable aux plus petits insectes l’entrée du tube au fond duquel reposent les portions de fruit. Les deux folioles supérieures du calice du Davilla rugosa, ouvertes comme les trois autres, pendant la floraison, sc rapprochent peu à peu après l’émission du pollen, s’appliquent l’une contre l’autre et recouvrent l’ovaire; elles croissent avec lui , sc creusent, prennent une consistance crustacée, et ont bientôt l’apparence d’une capsule bivalve; l’ovaire grossit, protégé par elles; à l’époque de la maturité, elles s’ouvrent, le fruit tombe et ensuite elles se referment.

Les calices ne sont pas toujours étrangers non plus à la dissémination des graines 11 en est qui, couverts de p: lits crochets, contribuent à répandre les semences, après les avoir garanties. Une Urlicéc du Brésil, que je nomme Elasticaria , présente un calice à trois parties charnues etcvlin-

(i) l.es Alsinées sont une simple tribu îles Caryopfayllées.

CALICE

driques <|ui restent infléchies, à peu près comme les doigts de notre main lorsque nous les plions; le jeune fruit grossit au milieu d’elles ; lorsqu’il est mûr, elles se redressent avec élasticité, elles le rencontrent et le lancent au loin.

Je pourrais vous montrer le calice devenant, après la floraison , ligneux dans le Trapa notons, et charnu chez d’autres plantes ; mais je me réserve de vous entretenir de ces métamorphoses, lorsque j’aurai à vous parler du fruit auquel elles rattachent , d’une manière si intime, l’enveloppe calicinale.

Ofliitilion «U* I* t orolte.

(.(• qui la ilistm- ^ucducalkt't'tdt'S eu «mort.

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