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pilles et ordinairement humide, qui est destinée à recevoir la poussière fécondante.
On trouve le stigmate toujours placé sur le style , lorsque celui ci existe ; il naît immédiatement sur l'ovaire, .et on le dit sessile ( stigma sessile ) quand il n’y a pas de style, c’est-à-dire quand la nervure moyenne de la feuille carpellaire ne s’est point prolongée. II s’en faut qu’il existe toujours des limites bien tranchées entre lui et la partie de laquelle il émane, parce que les papilles ne deviennent que par degrés sensibles et nombreuses.
Tantôt le stigmate prolonge le style et présente des con- Dra, tours comme tous les corps solides ; tantôt il naît simplement à la surface d’une portion du style.
Dans le premier cas, on le dit complet ( stigma completum), L<-.iigm>i,con>. on peut déterminer sa forme, et il se montre à l’extrémité , M' du style ( stig. terminale , ex. Mirabilis Jalapa, f. 387).
Le plus souvent alors il est hémisphérique ou globuleux; il peut être aussi discoïde, oblong, en massue, cylindrique, conique, subulé, en hameçon ( stigma hemisphœricum, globosum , discoideum, oblongum, clavatum, cijHndricum, conicum, subulalum, hamatum ). Il est aigu ou obtus (stig. acutum, obtusum), plus court ou plus long que le style (stig. stylo brevius , longius ), continu avec celui-ci, plus large ou plus étroit que lui (stig. stylo continuum, stylo angustius, latius ). Un long stigmate subulé termine le style extrêmement courldcr//i/>pMm rulgaris. Dans le Rumcx scutatus, on trouve troisslyles, à peine soudés à leur base, qui se réfléchissent sur les angles de l’ovaire, et, passant entre les étamines, vont porter le stigmate qui les termine contre les pièces extérieures du calice ; chacun des trois stigmates forme un plateau triangulaire et frangé qui se soude ordinairement avec l’enveloppe calicinale, et de là résulte la prompte rupture des branches du style qui, retenues par leur extrémité,
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ne sauraient s’élever avec l’ovaire lorsqu’il prend de l’accroissement.
Un stigmate complet se rencontre également dans les pistils simples et les composés. On peut trouver un petit trou central dans celui des premiers, mais ce caractère est beaucoup plus frequent chez lesseconds. Souvent aussi on observe dans le stigmate complet du pistil composé un ou plusieurs sillons plus ou moins sensibles: c’est là le dernier signe de la distinction organique des carpelles; le sillon du stigmate des Crucifères (/". 373) contribue à montrer que chacune des deux branches du cordon pistillaire se compose de deux moitiés qui correspondent par paire à chacune des deux feuilles du jeune fruit. Quand les sillons disparaissent, une régularité parfaite et la pluralité des logos ou des placentas peuvent seules faire reconnaître celle des carpelles.
Le stigmate superficiel [stigma supcrficialè) , au lieu de ,'i prolonger plus ou moins le pistil comme le stigmate com-
plet, se montre seulement à la surface d’une partie quelconque du style ou de l’ovaire, et peut être caractérisé par la nature de ses papilles, sujettes, comme celles des stigma les complets, à présenter, suivant les genres et les espèces, des modifications de forme ou d’expansion ; d’ailleurs on sent qu’aucun des termes dont on se sert pour désigner les corps solides ne saurait convenir au stigmate superficiel. Quelquefois ils sont terminaux ( slig. mperficiale terminale ) sl;Sm,ir..,|OT- comme dans V Allium ursinum cl un grand nombre de Ua-
fifirl terminal. t
niées où on les découvre, non sans peine, à la surface étroite de l’extrémité tronquée des styles (ex. Lamium Garganicum , f. 488 ; a , seule surface sligmatique ) ; beaucoup plus souvent ils sont placés latéralement sur ces \ Stigmate ni per- derniers (stig. latérale supcrficialè, ex. .4nemone Hepatica, •Cci',W f. 389).
Excepté chez quelques Papilionacées, c’est toujours du
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côté du style qui regarde le centre de la fleur que naissent les stigmates latéraux.
Je vous ai dit qu’un grand nombre de styles se courbaient sur eux-mémes comme la feuille carpeilairc qu’ils terminent; mais, tandis que celle-ci ne se déploie qu’à la maturité des graines, le style s’ouvre déjà de très- bonne heure de dedans en dehors, et peut-être, en plusieurs cas, ne sc fcrme-t-il jamais. L’ouverture se Tait à la face du style, c’est à-dire du côté de l’axe; elle se montre en général comme une petite fente d’autant moins étroite qu'elle s’éloigne davantage de son origine, et il n’est pas rare qu’à leur extrémité les styles s’étalent entièrement ou presque entièrement. Quand le stigmate est latéral, tantôt il se montre aux lèvres ou sur les bords de la fente, comme dans beaucoup de Composées; tantôt il semble s’échapper entre les lèvres de la fente; tantôt encore il revêt toute la superficie intérieure de la partie ouverte des styles. Lorsque cette partie est courte, mince et entièrement étalée, comme cela arrive pour les styles soudés dans presque toute leur longueur, on dit que le stigmate est lamcllé (stxg. lamellalum, f. 385 ). Ainsi que je vous l’ai déjà indiqué en passant, il arrive ici à peu près la même chose que dans certaines Labiées brésiliennes (Peltodon),oii la nervure, garnie de parenchyme, qui prolonge les folioles calicinales, s’étale à son extrémité pour former une sorte de lame discoïde. Le stigmate terminal de Vsimygdalus communis présente une sorte de disque fendu d’un seul côté; cette fente, qui correspond à celle peu sensible du style, est l’indice de ce déploiement qui ailleurs poduit une lame.
L’élude des parties de la fleur dans le bouton prouve qu’ordinairement le stigmate latéral sc forme par degrés. C’est au sommet du style que se montrent les premières glandes stigmaliques, puis elles s’étendent de plus en plus
Comment »r forme le stigmate superficiel latéral .
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vers l’ovaire. De nombreux exemples de ce mode de formation nous sont fournis par les Caryophy liées. Les stigmates latéraux, épais et étalés, du Myriophyllum spieatum ne présentent d’abord qu’une petite touffe de glandes qui augmente peu à peu à mesure que les organes se développent.
En vous indiquant trois sortes de stigmates, le complet terminal, le superficiel terminal et le superficiel latéral, je n’ai point prétendu qu’ils fussent toujours parfaitement distincts. Ils sc nuancent entre eux , et il y a des cas où il est fort difficile de décider si un stigmate est complet ou superficiel terminal. Enfin certains stigmates superficiels latéraux sont tellement épais, qu’on pourrait facilement croire qu’ils sonteomplcts. Ainsi le style fort court de VHippophae rhamnoides semble terminé par un stigmate complet, cylindrique et vermiculaire, cinq à six fois plus long que lui ; mais l’examen des pistils encore jeunes prouve que ce stigmate est vraiment latéral, que l’épiderme fendu du style a laissé échapper une substance sligmalique qui, s’épanchant de dedans en dehors, a forcé ce même épiderme de se recourber, et l’a caché entièrement.
Comme les botanistes ne pouvaient préciser d’une manière rigoureuse la forme des stigmates latéraux, ils ont confondu avec eux la partie du style qui les supporte, et sont tombés dans une foule d’erreurs. Chaque style organique a naturellement son stigmate ; mais on sent que, quand plusieurs styles sont soudés dans une partie de leur longueur, et que la soudure amène la rencontre de leurs stigmates latéraux, il peut paraître n’y avoir qu’un stigmate; on a dit, en conséquence, que celte partie d’organe était parlitc, fendue, lobée (stig. partilum , fissura, lobalum), suivant que les styles étaient soudés plus ou moins; c’est seulement quand les branches d’un style composé n’étaient point sligniatiques dans toute leur longueur que la
pluralité des stigmates a été admise, et souvent même on a décrit au hasard , comme stigmates ou partics.de stigmate , ce qui sc présentait au delà du tronc simple d’un style composé, ou ce qui, dans un style, se montrait sous quelque forme insolite. Ce qu’il y a de mieux à faire ici, c’est, je t> ,.,,i r,.n crois, de dire jusqu’à quel point , dans un style composé , memctilnii* lr« s’est étendue la soudure des stylos organiques, de bien déterminer la forme des parties restées libres, et d’indiquer quelle portion de leur surface s’est couverte de papilles stigmatiques. Je crois aussi qu’il faudrait entièrement bannir l’expression vague de stigmate simple ( stig. simplex), qui, dans le siècle dernier, a été trop souvent la ressource des observateurs superficiels.
Je ne vous citerai point cette foule de parties qui, n’étant pas dépourvues d’épiderme et ne pouvant recevoir le pollen , doivent être rendues au style; je me bornerai à vous dire deux mots du prétendu stigmate pclté des Pavots. Sur l’espèce de bouclier qui termine l’ovaire de ces plantes (ex. u Bi|ii Papaver orientale, f. 392), il n’y a de stigmatiques que les ’p^V' prl1' rayons de glandes qui s'étendent du centre à la circonférence, et qui sont en nombre égal à celui des placentas; par conséquent , tout le bouclier lui-même n’est point un stigmate, et, puisqu’il supporte les stigmates véritables, ce doit être nécessairement un style.
Il faut aussi se donucr de garde de confondre avec les .
il rtc tant p.i *
stigmates des poils qui , souvent , les accompagnent et sont portés par le style. Tels sont ceux qui sc trouvent sur les d” MT'"' deux bords du long style aplati du Plantago et du Littorella, plantes chez lesquelles le véritable stigmate est tout à fait terminal. Tels sont encore ces poils que l’on voit dans les Composées, et qui ont été nommés, par M. Henri de Cassini , poils balayeurs (pili roüeetores), à cause des fonctions qu’ils remplissent dans l’acte delà fécondation.
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En général, on a peu de peine à distinguer les stigmates; cependant il en est quelques-uns que l’on ne reconnaîtrait pas sans un examen attentif. Ainsi, lorsqu’on jette les jeux stîçmMf sur les (leurs des fris (ex. /. Sustana, f. 393), on y voit trois styles qui, soudés à leur base, sont pétaloïdcs et bifides dans leur partie libre: au premier aspect, on n’aperçoit, chez ces styles, rien de sligmalique ; mais en les observant avec attention, on découvre à leur dos ou, si l’on veut, à leur surface postérieure, celle qui regarde l’extérieur de la fleur, une petite duplicalurc; et c’est à la face, c’est-à-dire au côté intérieur de celle-ci , que, dans les Iris fetidissima et Sustana {f. 393, a), j’ai trouvé le stigmate que d’autres ont cru voir au point de rencontre du style et de la duplicalurc. Cette dernière ne commence pas au point où elle devient libre; on peut la suivre facilement jusqu’à la base soudée des styles, et elle s’explique aisément par cette sorte de pliure que je vous ai montrée, si fréquente dans les styles : celui des 7ns est à trois divisions, dont l’intermédiaire est plus courte que les deux autres latérales; ces dernières, pour se rejoindre, se plient en avantdcla troisième, la recouvrent, se soudent avec elle et laissent encore entre elles deux une sorte de petit sillon que l’on voit à l’œil nu.
,!»«•. Non-seulement il existe des plantes où le stigmate ne fô’^InV^T. s’aperçoit pas au premier abord ; mais on en cite quelqucsq..c. jiianir*. unes i0SqUP||cs on nc |’a pas encore découvert. Dans
le nombre prodigieux d’espèces que j’ai analysées depuis le commencement de mes études botaniques, je n’en ai trouvé que deux où je n’ai pu apercevoir celle partie de l’organe femelle. Tirer de là des conséquences contre la réalité de la fécondation, ce serait raisonucr d’une manière peu logique ; je me bornerai à dire que je n’ai pas observé, sans doute, avec assez de persévérance.
Je vous ai fait connaître précédemment les rapports des
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stigmates avec les cloisons ; je vous indiquerai à présent ceux qu’ils ont avec les placentas. Toutes les fois b*piw««» •!<••
1 r # stigmate* avec le*
que le stigmate prolonge la nervure moyenne de la feuille carpellaire cl que les placentas sont placés sur les bords de cette feuille, il est bien clair qu’il doit y avoir alternance entre le premier et les seconds (ex. Passi/lora gralissima, f. 369), puisque les bords de toute feuille alternent avec son milieu. Cependant, si ceux de la feuille carpellaire se replient l’un contre l’autre, ils doivent nécessairement alors faire face à la nervure moyenne, cl, en ce cas, les placentas seront, en apparence, opposés aux stigmates ( f . 361 ). Ainsi lorsque, je le répète, les ovules se trouvent placés le long des bords des feuilles carpcllaires, soit dans le carpelle simple, soit dans l’ovaire multiloculaire, les stigmates et les placentas sembleront opposés, quoique réellement alternes , et, dans l’ovaire à plusieurs feuilles carpcllaires plus ou moins étalées et à placentas pariétaux, il y aura alternance entre ceux-ci et les premiers, ou , pour mieux dire, les uns et les autres montreront sans déguisement leur position naturelle. J’ai à peine besoin do. vous dire qu’une combinaison toute différente doit se présenter lorsque le placenta occupe le milieu de la feuille carpellaire, comme cela a lieu dans le Vasconcellea , VAslrocorpus et le Henalea ( V. p. 515) : alors c’est nécessairement au-dessous du style et du stigmate que doivent se trouver les ovules. Les différentes lois que je viens de vous signaler peuvent, dans des cas douteux, nous faire reconnaître la véritable position des placentas et des ovules. L’ovaire fort comprimé de l’Orme (Jülmus campestris, f. 41 1) est à deux styles qui continuent ses bords, et par conséquent ceux-ci formeul le milieu de chacune des deux feuilles dont le pistil se compose ; mais c’est dans le bord même qu’est attaché l’ovule, donc il l’est au milieu de la feuille oarpcl-
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laire. La mémo chose peut être dite du Mûrier ( Morue ni- <jra, alba).
Les Pavots (ex. Papa ver orientale > f. 392) forment une exception aux lois que je viens de vousfaire connaître, puisque leurs stigmates rayonnants sont placés immédiatement au-dessus des placentas pariétaux, et que, cependant, chacun de ceux-ci naît entre les deux bords voisins de deux feuilles carpcllaires. Mais il est à remarquer qu’ici, comme dans les Crucifères, les stigmates appartenant entièrement au système axile ne prolongent point la feuille carpellaire, qu’ils sont indépendants d’elle, qu'ils couronnent immédiatement le cordon pistillaire et les placentas, enfin que ceux-ci ne suivent point le contour tout entier de la feuille carpellaire et restent à côté d’elle. Si les cordons pistillaircs se fussent allongés davantage, on aurait eu un style comme dans VArgemone ( f . 371) et le Meconopsis.
Les stigmates dépendent trop des styles pour que leurs caractères ne rentrent pas souvent dans ceux de ces derniers. Le stigmate complet et terminal et le terminal superficiel se rencontrent à la fois dans les familles les plus naturelles. Le terminal complet et le latéral superficiel nous sont aussi offerts par les mêmes groupes, ceux où les six les sont soudés dans une grande partie de leur longueur. La seule famille des Labiées présente des stigmates superficiels terminaux, et d’autres latéraux et superficiels, soit qu’ils garnissent les lé v res des deux branches fendues du style composé, soit qu’ils couvrent la surface intérieure tout entière de ces mêmes branches étalées. D’un autre côté, des stigmates latéraux se rencontrent, sans exception, dans toute la famille des Cary ophy liées, cl l’absence de ce caractère m’a servi autrefois à en séparer les Linutn et à jeter les fondements de la petite tribu distinguée depuis sous le nom d'Elaliuccs. La disposition des poils qui accompagnent quelquefois les slig-
pistils.
males coïncide, chez les Composées, avec des caractères fort importants ; la présence des mômes organes est presque générale chez les Campauulacécs, et une touffe de poils qui s’étendent en voiïte au-dessus du stigmate sert à faire distinguer le genre Fïcta. Une sorte de collerette cartilagineuse qui entoure et dépasse le stigmate caractérise la famille des Goodenoviécs (1).
(i) Comme on retrouve, dans quelques écrits trés-récenis , entre autres, un beau mémoire de l’illustre Brown , des observations sur le genre Mesembryanlhemum qui sont indiquées ici (p. SI 5, 533), je crois devoir rappeler, pour me metlreà l’abri de tout reproche, que ces observations sont dues originairement à feu M. Dutourde Salvert; qu’elles ont été signalées, en 1816, dans mou Mémoire sur les plantes auxquelles on attribue un placenta central libre (p. So, 83), et que je les ai reproduites avec beaucoup de détails dans mon Deuxième mémoire sur les ftésédacécs imprimé dans les Mémoires de l’Académie des sciences (vol, \v, p. 313), cl dont une seconde édition, purgée de fautes typographiques, a été publiée à Montpellier en 1837. Dans la similitude des observations de M. Brown avec celles de M. de Salvert et les miennes, je doisvoir,au reste, la garantie la plus flatteuse de notre exactitude.