‹ Leçons de botaniqueChapitre 86 sur 148 · SOUDURE DES VEKTIC1LLKS LES UNS AVEC LES AUTRES J INSERTION · texte numérisé non relu

SOUDURE DES VEKTIC1LLKS LES UNS AVEC LES AUTRES J INSERTION

Je vous ai fail connaître isolement les différents verlicilles don tse compose la fleur; nous allons à présent étudier les rapports qu’ils ont entre eux.

§ I . — De la soudure des verlicillet.

Vous savez que les pièces d’un mémo verlicille peuvent se souder par leurs bords : chaque verlicille peut également se souder avec le plus voisin.

Souvent la corolle nous semble naître du calice , et les étamines de la corolle; mais nous savons que les organes appendiculaires émanent toujours de la tige ou des rameaux, et que jamais une feuille ne produit une autre feuille, ni une

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bradée uue autre bractée ; or les organes floraux ne sont que des feuilles modifiées ; donc ils doivent tirer leur origine du réceptacle , qui est la continuation du rameau ou de la tige. Dans une foule de cas, on voit ces organes partir bien 1 I.M organra de réellement du réceptacle ; et lorsque la corolle, par exemple, semble naître sur le calice, elle est nécessairement soudée w^nT^ùitFd* avec lui dans toute la partie qui s’étend depuis l’axe jusqu’au jSjJ» point d’attache : ce dernier se trouve être toutsimplcmcnt le &ulthl'ur poi"‘ point où ellcdevienl libre. Ccquc je dis ici de la corolle s’applique également aux étamines, quand elles semblent produites par les pétales, ou au disque, lorsqu’au premier abord on pourrait le prendre pour une production de l’ovaire.

Non-seulement un verlicillc peut être soudé avec le ver- l* ■»»<!..« i».-

• «H , . . • . . »iblc entre deux ou

ticille le plus voisin, comme les pétales avec les folioles cali- verlici|cinalcs, les étamines avec la corolle (ex. Vinca major, f. 407), le nectaire avec les étamines ou avec l’ovaire; mais encore on trouve plusieurs vcrticillcs soudés ensemble. Dans les Salicariées, par exemple, les pétales et les étamiues semblent naître egalement du calice : c’est dire assez que les trois verticilles inférieurs de ces plantes sont soudés entre eux. Chez l’Amandier, le Pêcher (/". 408), le Prunier, la corolle et les organes mâles sont ensemble portés par l’enveloppe calicinalc, et, en outre, un disque glanduleux revêt, comme une sorte d'enduit, le tube que forme celte enveloppe : ici quatre verticilles sont soudés ensemble. Enfin le tube calicinal d’une foule de plantes fait corps avec l’ovaire; celui-ci semble alors couronné par la partie supérieure et libre du calice, et, au point où celte partie se détache, la corolle, les étamines et le disque se détachent avec elle : dans ce dernier cas, il y a soudure entre tous les vcrticillcs floraux (ex. Gayhissacia Pscudovaccinium, f. 409).

Cependant, dira-t-on peut-être, lorsque l’on coupe trans- ri,,fl*“de“udî«!* versalemenl un ovaire couronné par le calice, on ne voit

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point sur l'aire de la coupe une suite de couches indiquant la succession des verlicilles soudés. Cela est très-vrai ; mais il en est de la soudure des verlicilles entre eux comme de celle des pièces du même vcrticillc, qui, tellement intime dans certaines plantes, qu’on n’en voit pas la trace, se montre ailleurs assez faible pour que les parties cèdent au moindre effort que l’on fait pour les désunir. Dans plusieurs Liliacées , les contours des étamines se dessinent sur les pièces de l’enveloppe florale, et semblent être simplement appliqués contre elles; ailleurs elles ne se relèvent point en bosse, mais, sans peine, on peut encore détacher le filet de l’enveloppe; chez une foule d’espèces, la séparation n’est plus aussi facile, et cependant le filet se distingue de la corolle à son opacité; dans d’autres plantes, la fusion devient presque entière, mais pour nos sens seulement, puisque, à peu de distance du point où elle a nécessairement commencé, nous voyons reparaître une séparation complète. Rien n’est plus aisé que de reconnaître dans les fleurs mâles d’un grand nombre de Cucurbi lacées, à l’extérieur le calice, et à l’intérieur la corolle adhérente à ce dernier. Entre les folioles calicinales de quelques Goodenia soudées avec l’ovaire, on voit la corolle colorée soudée plus immédiatement avec lui. A quelque hauteur que s’étende l’adhérence du calice à l'ovaire, elle ne va jamais jusqu'au style, et dans plusieurs Nandirobées, où la partie uon adhérente du calice se détache après la fécondation, on voit, sans aucune peine, qu’il y a une couche de plus au-dessous de la cicatrice. Le fruit charnu de diverses Rosacées nous montre assez clairement, dans sou épaisseur, les limites du calice adhérant à l’ovaire. Des plantes très-voisines ont les unes un ovaire soudé, les autres un ovaire libre; celui des Cyclamen est un peu soudé; celui des Samolus l’est bien davantage, et, certainement, ces différences ne décideront personne à séparer

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ces piaules des autres Primulacées. Un trouve chez les Saxifragées, les Éricacées, les Ficoïdes, des ovaires soudés, d’autres parfaitement libres, et l’on ne pourrait morceler ces familles sans retomber dans tous les défauts des auteurs systématiques. Dans le Mespilus Germanicaj les ovaires sont entièrement soudés; ils ne le sont que par le dos dans le Mespilus Cotoneaster. Les enveloppes calicinalcs des Mélaslomées prennent tous les degrés possibles de soudure; j’ai même vu, dans celte famille, des calices qui ne sont soudés que par intervalles, à l’aide de faibles lames longitudinales; et si nous comparons ces divers calices, quand ils sont libres en tout ou en partie, à ce qui existe, lorsqu’au premier abord le calice entier semble couronner l’ovaire, nous ne pourrons nous empêcher de reconnaître qu’il y a toujours uue seule et même enveloppe depuis le pédoncule jusqu’au sommet du limbe. Enfin, dans certains cas de monstruosité, on a vu chez le Campanula per sici folia , le Daucus Carota, et autres plantes où le calice semble ordinairement naître du sommet du jeune fruit, on a vu, dis-je, ce même calice devenir libre et partir du pédoncule, ce qui évidemment n’aurait pu arriver s’il était produit par l’ovaire, et que toute sa longueur se fût bornée au limbe.

Comme on croyait autrefois que la partie libre d’uu calice soudé inférieurement avec le jeune fruit constituait l’enveloppe calicinalc entière, on considérait tout ce qui se trouve au-dessous de celte même partie comme appartenant au seul ovaire, et l’on appelait celui-ci supérieur ou supère, inférieur ou infère (ovarium superum , inferum) , selon qu’il était distinct du calice ou soudé avec lui. Aujourd’hui que Calice ou ovaiic l’on a des idées plus exactes, on dit, dans le premier orsiri' «(livrent, cas , que l’ovaire est adhérent , et , dans le second , qu’il est libre (ov. adhœren» , liberum) , expressions que l’on peut, à volonté, transporter au calice, en l’appelant libre

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ou adhérent, suivant les caractères qu’il présente ( calyjc liber, adhœrcns).

Il peut arriver que l’ovaire ne soit soude avec l’enveloppe calicinalc que jusqu’à moitié ou à peu près; alors on le dit

( semi-adhérent (ov. semiadhœrens, semiliberum), comme, en

pareil cas, on disait jadis ovaire semi-inférieur (ou. semiinferum ), et, si la base seule est soudée, on se sert, en latin , des expressions de basi adhœrens.

Le relire nlhé- Le calice adhèrent est toujours raonophylle. Quand ses

renl tou jour* rao- < #

nophjiie. folioles sont entièrement soudées entre elles, comme dans quelques Ombelliféres et le Vaccinium Myrtillus, on ne voit qu’un bord étroit autour de l’ovaire, et l’on dit que le calice est entier ( ealyx integer ) : il est à croire que, dans ce cas, le <> q..on a„ii limbe a avorté, et si un tel calice venait à se dessouder, ses

prnMT du calice

*ppcI* parties se présenteraient tronquées à leur extrémité supérieure. Lorsque les folioles restent, à leur sommet, distinctes I#r tube «lu calice les unes des autres, tantôt le tube, plus long que le jeune

tintfit plus loni, , , i J

tantôt piua court frUit ne saurait être tout entier soudé avec lui, et, tantôt

que I oraire ad- 7 '

plus court, il peut être soudé complètement ou seulement en partie.

Vous savez que, dans les calices inonophvlles et libres, on appelle limbe ( limbus ) la partie des folioles où elles ne sont point soudées entre elles. Chez les calices adhérents, on donne plus d’extension au mot limbe, et on l’applique à '* tou,cla partie non soudée de l’enveloppe calicinalc, que les folioles y soient entièrement libres ou qu’elles soient en partie soudées entre elles. Dans le premier cas, pour être rigoureusement exact, il faudrait dire que le limbe est parlile, et exprimer la longueur relative ou absolue de scs pièces; dans le second, le limbe est presque parlile, fendu ou denté, suivant le degré d’étendue qu’a pris la soudure marginale des folioles qui le composent (ealyx adhœrens, limbo subparti to, fisso, dental o ).

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Chez 1rs Cucurbitacécs , les Combrétacécs, les Dipsacées, où le calice est adhérent, il se rétrécit au-dessus de l’ovaire en un col extrêmement étroit, pour se dilater ensuite de diverses manières (ex. Combrehtm Bugt, f. 411). C’est aussi là ce qui arrive chez un grand nombre de Composées : le col y est d'abord extrêmement court; mais, par une sorte d’étiolement qu’amène sans doute la pression réciproque des fleurs, il s’allonge bientôt en un filet très-grêle, qui éloigne de l’ovaire le limbe calicinal réduit à ses nervures, ou, si l’on veut, l’aigrelle(po/)/?us, p. 364). On donne à ces étroits prolongements du calice des Composées le nom de pédicelle (slipes, pedicellus) ■, et l’on dit que l’aigrette est pédicelléc. stipilée ( pappus stipitatus, pedicellalus) , ou bien qu’elle est sessile (pappus sessilis) , selon qu’un col étroit et grêle s’est prolongé entre l’ovaire et l’aigrette, comme dans les Taraxacum (ex. T. officinale, f. 412), les Barckhausia, les Urospermum , ou qu’elle repose immédiatement sur le jeune fruit, comme dans les Centaurea, les Vemonia et les Bidens.

Ici je ne puis m’empêcher de vous faire observer encore une fois combien est défectueuse la terminologie consacrée par nos livres. Vous savez déjà que l’on applique le mot de stipes à la tige du Palmier; on l’applique aussi au pétiole des Fougères ou au pédicule du Champignon, et enfin nous venons de voir que l’on s’en sert pour indiquer le sommet rétréci d’un tube calicinal. Mais nous connaissons aujourd’hui la véritable nature de ces diverses parties ; les dénominations les plus défectueuses ne sauraient nous tromper; aussi ne demanderai-je point une réforme dans la terminologie botanique. Nous ne sommes plus au temps où les hommes qui cultivaient l’histoire naturelle , tous à une grande distance de celui qui sut en changer entièrement la face, se courbèrent sans peine sous l’autorité de son puissant génie. Aujourd’hui une foule de botanistes distingués

RélrcrÎM^mcnt

<Tm litnbr ralirioal.

aigrette un

»U|>itre.

Réflexions tm lé terminologie.

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ont des droits à peu près égaux à devenir réformateurs, et la réforme ne serait qu’une anarchie. Des modernes ont cru bien faire en désignant le rétrécissement du calice des Composées par l’expression de rostrurn ; mais il me semble que la figure qui attribue un pédicule ou un petit pied (pediceUus , stipes) à l’aigrette de ces plantes n’est pas plus défectueuse que celle qui donne un bec à leur calice.

Au reste, notre esprit est tellement porté à distinguer, qu’il y a encore moins d’inconvénients, peut-être, à se ser- ('«lier ilr* Scn y | [* du même nom pour désigner des choses différentes qu’à employer des mots différents pour peindre les mômes choses. Si nous trouvions dans une Composée un limbe calicinal d’abord rétréci à sa base en un col assez court, et ensuite étendu au sommet en cinq arêtes à peu près semblables à celles des Bidens, il ne nous viendrait certainement pas à l’esprit de lui donner un autre nom que celui d’aigrette stipilée ( pappus stipitatus) -, mais comme, c’est dans les Scabieuses ( Scabiosa) que nous observons l’aigrette que je viens de décrire, elle n’est plus pour nous qu’un calice ( calyx interior) , et cela parce que ces plantes , toutes voisines qu’elles sont des Composées, n’appartiennent cependant point à cette famille, comme si une ressemblance parfaite entre deux organes pouvait être détruite par les différences qui sc montrent chez d’autres organes. De notre manière de nous exprimer, il résulte que celui qui ne connaîtrait les Scabieuses que par les courtes phrases de la plupart de nos Flores, ne se douterait certainement pas qu’elles ont une aigrette slipitéc , semblable à celle des Composées. On a cru parer à tous les inconvénients et se rapprocher, autant que possible, de la vérité, lorsqu’on a dit que les Scabieuses avaient un calice en forme d’aigrette (cahjx pappi forints) ; mais, en réalité, ces expressions sont

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