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ce serait une corolle irrégulière, parce que nous connaissons un grand nombre d’autres corolles qui remplissent bien pins exactement les conditions absolues de la régularité, égalité parfaite d’intervalles et similitude des parties.
Quant à la symétrie, quoique dérivant, comme je vous l’ai dit (p. 18), d'un principe infini et immuable, elle se modifie nécessairement de mille manières, parce que la nature si variée des êtres ne saurait admettre, dans leurs parties, un arrangement uniforme. Chaque art a sa symétrie ; chaque catégorie de corps organisés a la sienne.
La disposition spirale constitue la symétrie des organes de la végétation ; l’alternance, celle des organes de la fructification.
Par ce mot, on entend une disposition d'après laquelle chaque partie d’un verlicillc se trouve placée entre deux des parties du verlicille situé au-dessous de lui. La corolle alternera avec le calice, quand les pétales correspondront aux intervalles qui se trouvent entre les folioles calicinales-, les étamines alterneront avec la corolle , lorsque chacune d’elles sera insérée entre deux des pétales, et ainsi de suite. Une (leur où l’alternance n’offrira aucune perturbation, c’est-à-dire celle dont tous les vcrlicilles alterneront les uns avec les autres, sera parfaitement symétrique.
J’ai à peine besoin de vous dire que chaque verlicillc, alternant avec celui qui lui est inférieur, alternera nécessairement aussi avec celui qui lui est supérieur. Vous concevrez également que, quand au-dessous d’un verlicille il en existe au moins deux autres, les pièces du premier, en alternant avec celles du second , se trouveront nécessairement opposées à celles du troisième, et que si, par exemple, on retranche artificiellement une foliole calicinalc, on mettra une étamine à découvert. Aiusi, dans une fleur parfaitement complète et parfaitement symétrique, les étamines altcrnc-
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raient avec les pétales cl seraient opposées aux folioles calicinales; les pièces du premier disque alterneraient avec les étamines et les folioles calicinales, et seraient opposées aux pétales^ les parties du second disque, alternes avec celles du premier et avec les pétales, seraient opposées aux étamines et aux pièces du calice; les carpelles, enfin, alterneraient avec les pièces du second disque, les étamines et le calice, et se trouveraient opposés aux pièces du disque inférieur et aux pétales. Par conséquent, la projection de la fleur dicolylédone parfaitement complète et symétrique pourrait être exprimée de la manière suivante :
Calice , — — — — —
Corolle, — — — — —
Étamines, — — — — —
1" disque, — — — — —
2* disque, — — — — —
Carpelles, — — — — —
Dans celte image de la fleur, nous ne tenons compte ni l<a symétrie peut
.. exister dans 1rs
I UnC Cl verlicillcs Moraux . • « • . • • ■ sans la régula rite .
l’autre, comme je vous l’ai déjà dit d’une manière générale, peuvent également coïncider avec la symétrie. Les trois verlicillcs de la Pervenche ( Vinca major), savoir : le calice, la corolle et les étamines, sont à la fois réguliers et symétriques, parce que les parties de chacun d’eux, semblables et également éloignées les unes des autres, alternent avec celles du vcrticillc immédiatement inférieur. Chez le Verbascum Thapsus, la corolle, tout irrégulière qu’elle est, se trouve pourtant dans une symétrie parfaite avec le calice et le veriicillc slaminal , puisqu’elle alterne avec eux. La corolle et le verticille slaminal du Lilas ( Syringa vulgaris ) sont réguliers, mais leurs parties n’alternant point n’offrent absolument aucune symétrie.
La disposition symétrique comprend nécessairement deux
de la régularité, ni de l’irrégularité, parce que
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vcrticilles au moins, puisqu’elle est fondée sur l’alternance, et que celle-ci nécessite plus d’un verticille. La régularité, au contraire, peut se manifester dans un seul verticille, indépendamment de tous les autres. Il y a abus de mots et confusion, quand nous indiquons un verticille isolé comme étant symétrique; mais, si nous pouvons dire d’un seul verticillc qu’il est régulier, nous pouvons également dire de toute la fleur qu’elle est régulière, quand chacun de scs verlicilles présente une régularité parfaite (Jlos régulons).
La symétrie suppose nécessairement une parfaite égalité de nombre , puisque sans cette égalité l’alternance n’existerait pas; une fleur régulière peut, au contraire, se composer de vcrticilles dont les uns présentent un certain nombre de parties et les autres un nombre différent. Chacun des quatre vcrticilles du Lilas ( Syringa vulgaris) est régulier; donc la fleur tout entière se trouve être régulière ; mais le calice et la corolle offrent chacun quatre pièces; le verticille staminal et l’ovaire n’en présentent que deux : ainsi point de symétrie.
Nous avons léché de remonter à l’origine de la régularité (p. 41 2) ; nous allons rechercher celle de la symétrie, ou, si l’on veut, de l’alternance, qui est la base de toute disposition symétrique.
Lorsqu’on jette un coup d’œil superficiel sur la fleur, dont les verticilles sont symétriques et ont chacun cinq parties, on est d’abord tenté de croire que l’alternance n’est autre chose que le résultat de la disposition quinconcialc; mais un instant de réflexion suffit pour détromper l’observateur. Dans cette disposition, en effet, la sixième feuille se trouve placée au-dessus de la première (p. 259), ou, si l’on veut, lui est opposée ; tandis que, chez la fleur symétrique et à cinq parties, il y a alternance entre la première et la sixième. Pour trouver une pièce qui corresponde exactement à une foliole quelconque du calice, il faut que nous parcourions
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ce verlicille tout entier, que uous parcourions la corolle, et que nous arrivions à la première étamine; ce serait donc la onzième pièce qui correspondrait à la première ; mais, dans le nombre des fractions qui représentent les dispositions les plus ordinaires aux feuilles (p. 26 2), nous n’en trouvons point qui aient dix pour dénominateur : c’est déjà là un motif pour nous faire croire que le calice et la corolle ne forment pas un cycle, tandis que les étamines et les pièces du premier disque en composeraient un second, et enfin le second disque et les carpelles un troisième. Cependant d’autres raisons bien plus fortes s’opposent encore à ce que nous considérions la fleur comme une spirale continue comprenant plusieurs cycles. Si les organes de la végétation s’altèrent, c’est ordinairement par des dégradations insensibles-, dans la fleur, au contraire, au-dessus d’un verlicille de parties souvent parfaitement semblables, nous trouvons un autre verlicille formé aussi de pièces semblables entre elles, mais d'une nature tout à fait différente de celle des premières , et le changement de forme et même de fonctions se répète autant de fois qu’il y a de verticilles. Une foule d’analogies nous montrent sans doute des feuilles dans le calice, la corolle, les étamines; cependant, à chaque vcrticille, nous voyons presque toujours une transformation brusque s’opérer, et, par conséquent, rien ici n’indique la continuité que semblerait exiger une seule spirale formée de plusieurs cycles. Il y a plus : si, à partir d’une des folioles calicinales, il existait dans la fleur une spirale continue, les étamines et la corolle se trouveraient en deux cycles différents, et ce sont précisément les deux verticilles qui ont entre eux le plus de rapports, puisque la corolle ne peut être insérée sur le calice, sans que les étamines présentent la même insertion ; et, comme nous le savons, les étamines se montrent toujours soudées avec la corolle monopétale. Toutes les rai-
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sons de convenance nous forcent donc à repousser ici l’idée d’une spirale unique, mais à croire plutôt qu’il existe dans la fleur autant de portions de spirale qu'il existe de verticilles. L’observation vient encore appuyer une conjecture qui semble si bien fondée; car, dans Y Helleborus niger et autres plantes analogues, immédiatement au-dessus du verticille des pétales, on voit les étamines commencer brusquement un grand nombre de portions de spirale, qui s’arrêtent d’une manière également brusque au-dessous du verticille des carpelles, simulant les spirales secondaires d’un cône de Pin coupé par la moitié. Avec des organes nouveaux commencerait une portion nouvelle de spirale. Mais quelle est, demanderez-vous, la cause de cette métamorphose, qui se répète subitement et avec tant de constance après un môme nombre d’organes? Ici nous ne pouvons pas même former de conjectures raisonnables : c’est une de ces merveilles dont la nature, qui nous a dévoilé tant de choses, a voulu jusqu’ici se réserver le secret.
Quoi qu’il en soit, il ne faut pas nous imaginer que la symétrie se montre sans altération et sans déguisement dans toutes les fleurs. Des multiplications, des dédoublements et des soudures ne font que la voiler; des défauts de développement l’altèrent. Je passerai successivement en revue les trois causes qui peuvent nous la faire méconnaître et celle qui la trouble réellement.
§ II. — De la symétrie déguisée par les multiplications.
Chez les plantes très élevées dans l’ordre des développements, telles que les Renonculacécs , les Magnoliées, les Anonées, il arrive fréquemment qu'après la formation d’un verticille il existe encore trop d’énergie pour qu’il
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sc forme immédiatement après une métamorphose nouvelle : la même chose sc répète plusieurs fois. Dans les Anémones, nous trouvons deux vcrlicillcs de pétales; nous en trouvons bien plus évidemment deux dans les Anones; nous en comptons jusqu'à sept chez les Magnoliées; enfin, au lieu (>qn ,„i»m,.i de cinq étamines et de cinq carpelles que nous devrions avoir, d’après l’ordre symétrique, chez les Renoncules et tant d’autres plantes analogues , nous en voyons un nombre indéterminé : c’est ce genre de phénomène que l’on doit désigner sous le nom de multiplication ( mulliplicatio ).
Quand ce sont les carpelles qui sc multiplient, et que leur multiplication se fait en nombre indéterminé, comme cela arrive le plus souvent, nous ne trouvons plus chez eux aucune trace d’alternance; mais à la disposition symétrique qui caractérise les organes floraux vient se substituer celle qui appartient aux organes de la végétation, et nous avons alors une spirale parfaitement continue. Les ovaires, et Celle «le» carsurtout les fruits d’une foule d’Anonées cl de Magnoliées , imli-u-rminc ; représentent parfaitement un cône de Pin -, et ceux d’un grand nombre de Rcnonculacées, ainsi que de plusieurs Rosacées, nous offrent en miniature une image d’autant plus fidèle du cône, qu’ils sont plus nombreux. Ici nous avous une induction de plus en faveur de ce que je vous ai dit sur la disposition des verticillcs floraux. Si, quand les ovaires sc montrent en grand nombre, nous les trouvons clairement disposés en spirale, il est vraisemblable que cet arrangement existe encore lorsqu’ils sont peu nombreux; et puisque nous devons voir dans les parties de la fleur autres que les ovaires, comme dans les ovaires eux-mémes, des feuilles déguisées, il est difficile de croire qu’elles ne soient pas rangées de la même manière qu’eux.
Examinons à présent de quelle façon se multiplient les organes mâles. Si, après la floraison, nous jetons les yeux
ilt* rUmiiKi e nombre indéfini ;
flrt éUmiiirt iln rarwllw uonibri1 uonli'f .
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sur la partie cylindrique et allongée qui portail les nombreuses élatnines du Magnolia yrandi/lora, nous reconnal .. irons, aux cicalriccs laissées par elles, qu’elles formaient une nombreuse série de lignes spirales toutes parallèles; nous reconnaîtrons que ces lignes, commençant brusquement au-dessus des pétales, s’arrêtent brusquement au dessous des ovaires ; nous reconnaîtrons enlin qu elles imitent exactement les spirales secondaires d un cène de 1 in que l’on aurait coupé. Quoique avec moins de clarté, nous retrouvons le même arrangement chez une foule d Anonécs, où la partie du réceptacle qui porte les étamines est moins longue que dans le Magnolia grandiflora. L’analogie nous aide à apercevoir une disposition semblable sur le réceptacle fort court de VEranthis hyemalis; et, puisque cette disposition devient de moins en moins visible, à mesure que le réceptacle a moins de hauteur, nous devons croire que, lorsqu’elle disparaît à nos jeux, cela lient à une perturbation causée par la dépression du réceptacle. Ici donc uous avons encore, comme pour les ovaires multiples, une disposition spirale, mais une disposition brusquement interrompue, ainsi que Pesl(p.606 clsuiv.)chacunc des portions de spirale corn mencécs par les différents verticilles de la fleur symétrique.
Quand, au lieu de se multiplier en nombre indéterminé, les élamiues et les carpelles se multiplient seulement en nombre double, ce qui est infiniment plus rare, leurs verli- ,« cilles se répètent avec alternance, et, par conséquent, la symétrie florale n’est nullement interrompue ; mais, dans ce cas, les deux verticilles, soit d’étamines, soit de carpelles, sont souvent tellement rapprochés, qu’ils semblent n’en former qu’un , et l’analogie seule peut nous conduire à la connaissance de la vérité ; c’est ainsi que les folioles du calice des Œillets, quoique bien certainement disposées en spirale, puisque leur prèfloraison est le quiuconce, sont
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pourtant, comme vous le savez, soudées dans une grande partie de leur longueur, et peuvent paraître placées sur le même plan.
Celle alternance que nous découvrons dans les verticilles doubles des étamines et des carpelles, nous la voyons bien plus clairement chez les pétales qui, quand ils se multiplient en nombre défini, ce qui arrive le plus ordinairement, sont toujours disposés en verticilles. Ainsi, avec un- calice à deux ou trois folioles, nous pouvons avoir deux, trois, quatre verticilles de deux ou trois pétales chacun, et les pièces du vcrticille inférieur alterneront avec les folioles calicinales, le second vcrticille alternera avec le premier , le troisième avec le second, et ainsi de suite. Mais, comme nous l’avons dit, on a trop souvent méconnu la véritable disposition des pédales multiples, et, en lisant un grand nombre de descriptions , on pourrait croire qu’il n’v a qu’asymélric lii où règne réellement la symétrie la plus parfaite.
On a souvent répété, et j’ai dit moi-méme, que la première enveloppe florale des Anémones était à trois folioles, et leur corolle à six" pétales; que les Anones avaient également six pétales et un calice composé de trois pièces; enfin qu’avec quatre pétales les Papaver et les Fumarvt offraient un calice formé de deux pièces. Ces divers énoncés sont , sans doute , parfaitement exacts; mais il n’est pas moins vrai que, laissés sans aucune explication , ils peuvent aisément conduire aux plus graves erreurs. Si, avec un calice à deux ou trois folioles, nous avions un seul vcrticille de quatre ou six pétales, il n’existerait plus d’alternance cl, par conséquent, plus de symétrie. Mais il n’en est pas ainsi : les six pétales des Anona et des Anémone ne forment point un vcrticille unique, ils forment deux verticilles superposés , dont l’inférieur alterne avec le
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iln foliole* licinalr*
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ralicc cl le supérieur avec l’inférieur; chez les Pupaier et les Fumaria , la corolle esl également double, et les deux vorlicilles, composés chacun de deux pétales, offrent entre eux et avec le calice une alternance parfaite.
En disant simplement que, chez les Papaver, les Anonct et autres plantes d’une structure analogue, il existe, avec deux ou trois folioles au calice, quatre ou six pétales, on fait une omission dont les conséquences peuvent conduire à des idées Irés-fausscs ; mais pourtant on énonce un fait rigoureusement exact. Dans d’autres cas, faute d’avoir reconnu la multiplication dans un ou plusieurs vcrlicilles, on a directement commis des erreurs fort graves. Les Epimedium, par exemple, ont clé décrits comme ayant quatre folioles calicinales disposées eu croix , quatre pétales opposés à ces quatre folioles, et quatre étamines opposées aux pétales : une (elle disposition contrarierait tout ce que nous savons de la fleur, mais elle n’est pas réelle : les quatre folioles ducaliceformcnt deux vcrlicilles, dont le supérieur alterne avec l’inférieur; deux vcrlicilles, chacun de deux pétales, alternent entre eux et avec le verticillecalicinal supérieur; les étamines présentent deux vcrlicilles qui continuent l’alternance ; et, au lieu d’une fleur étrange par la disposition de ses parties, on eu a une qui confirme, de la manière la plus parfaite, les lois de la symétrie. Comme tant d’autres botanistes, j’ai indiqué, dans les Bcrberis, six pétales et autant d’étamines opposées ; mais, en réalité, la corolle de ces plantes se compose de deux verlieillcs alternes, chacun de trois pétales, et les étamines sont également réparties en deux vcrlicilles où se conserve l’alternance.
Quant aux folioles calicinalcs multiples, tantôt elles sont rangées en vcrlicilles alternes, comme nous venons d’en voir un exemple dans les Epimcdium, et tantôt elles continuent avec plus ou moins d’évidence l’arrangement spiral