CM
même degré d’expansion , qu’il en est qui restent réduits à des espèces de moignons ou mémo h des glandes ; de là il n’y a plus qu’un pas à faire pour arriver à la suppression totale. s-.prrr»;on j un
1 * * ' 1 1 ou plusieurs vrrti*
Elle peut aller jusqu’à fa ire d ispa ra i t rc u n , deux , trois, quatre ..un<
verticilles ou davantage, et même à réduire In fleur à la plus simple expression possible, c’est-à-dire à un seul organe.
Quand un verticille tout entier manque de se développer, il est bien clair qu’il n’y a plus d’alternance, que l’opposition en prend la place, et que, par conséquent, la symétrie disparait. En effet, les pétales alternent avec les folioles du calice, et les étamines alternent avec les pétales; supprimons ceux-ci , nous aurons des étamines opposées aux folioles calicinales.
Si, au contraire, deux verticilles ont manqué de se développer, nous aurons une fleur incomplète, mais elle restera symétrique. Que je retranche le second verticille , par exemple, le troisième , qui se présentera après le second, se trouvera , comme je viens de vous le dire, nécessairement opposé au premier; mais que je supprime aussi le troisième qui , alterne avec le second , était opposé au premier, je retrouverai l’alternance entre ce premier et le quatrième.
Les deux projections suivantes vous donneront une idée de ces deux cas :
Suppression d’un verticille ;
Etamines , — — — — —
Corolle , 0 0 0 0 0
Calice , — — — — —
Suppression de deux verticilles;
Pièces du premier disque, — — — — —
Étamines, 0 0 0 0 0
Corolle, 0 0 0 0 0
Calice, — — — — —
Souvent ce n’est ni un ni deux verticilles qui ont manqué
SYMfcTMt:.
«I Ula
Jr%
mêla
de se développer, mais seulement une ou plusieurs des
Mîon pièces d’un même vcrlicille. Alors deux choses peuvent
• ou jiliisa or* 1 # i • •
»rMn arrivcr : ou *os pièces restantes conservent leur position , ou , preuan t celle des pièces supprimées , elles se partagent , par portions égales, la place destinée au verlicillc entier. Dans le premier cas, nous avons un reste de symétrie, mais nous n'avons plus de régularité , puisqu’il n’y a pas une égale distance entre toutes les pièces du verlicillc ; dans le second cas, il n’y a plus vestige de symétrie, mais il y a une parfaite régularité , si, comme cela arrive le plus souvent , à l’égalité des intervalles se joint encore la similitude des formes.
Les deux cas peuvent également se présenter dans le verlicillc des pétales, ceux des étamines cl des pièces du disque. Avec un calice à cinq folioles, nous voyous , dans le Pellettera, trois pétales qui rayonnent de la manière la plus régulière ; les cinq folioles calicinalcs et les cinq [létales des Hifpericum accompagnent souvent trois faisceaux d’étamines placés à distance égale les uns des autres ; enfin , dans le genre Vinca , où le calice et la corolle sont à cinq parties, le disque n’offre que deux glandes qui se font face. D’un autre côté, chez les Polyyala , nous n’avons que trois pétales, qui alternent symétriquement avec les folioles calicinalcs voisines; mais ensuite l'alternance et la symétrie restent interrompues.
Pour peu qu’il y ait , daus un verlicillc incomplet , quelque reste de symétrie, n’existâl-elle que pour une seule pièce, il est clair que, continuant l’alternance par la pensée, nous pouvons facilement déterminer la place qu’auraient occupée les pièces qui manquent, si elles s’étaient développées. Des cinq folioles calicinalcs des Polyyala , deux sont inférieures ; deux, appelées ailes, sont intermédiaires, et la cinquième est supérieure: ayant reconnu, M. Moquin et
SYMCTIIIK.
moi , que la carène ou le grand pétale inférieur alternait avec les deux folioles inferieures du calice, et que les deux autres pétales alternaient avec la supérieure et les ailes, nous avons dit que, si les deux pétales absents venaient à se développer, ils se trouveraient nécessairement entre les ailes et les folioles inférieures : M. Roeper a remarqué que quelques espèces avaient deux pétales de plus que les autres ; ces pétales se sont trouvés à la place que nous leur avions assignée d’avance.
Nous venons de voir que, quand le défaut de développement avait lieu, soit dans la corolle, soit dans le verlicille staminal , il pouvait y avoir symétrie , ou, si l’on veut , alternance pour les parties restantes, ou bien qu’elles pouvaient s’arranger régulièrement entre elles, abstraction faite de toute symétrie; c’est ce dernier cas qui, seul, se présente dans le verlicille des carpelles. Si ce verlicille , pour être symétrique, doit être composé de cinq pièces, et qu’il se trouve réduit à deux , elles seront toujours opposées face h face ; qu'il soit réduit à trois ou à quatre, elles rayonneront toujours avec régularité.
Il est à remarquer que , lorsque le verlicille des carpelles se trouve réduit à deux pièces, et que, par conséquent, on a, comme je viens de vous le dire , deux carpelles opposés l’un à l’autre, une nouvelle symétrie se manifeste. Alors, en effet, si la corolle se compose de quatre pièces, les deux carpelles seront opposés à deux d’entre elles ; si elle se com|)osc de cinq pétales , un des carpelles sera opposé à l’un de ces derniers et le second sera alterne avec deux autres pétales, ou, ce qui revient au môme, puisque les verlicilles alternent , un des carpelles sera opposé à l’un des pétales, et le second le sera à l’une des folioles calicinales ; enfin , dans une corolle pcnlapétale irrégulière où quatre des pétales sont semblables par paire et le cinquième dis-
6YM&TMK.
Terminologie Utile à la nm<irie.
semblable, un des deux carpelles se trouvera opposé à ce dernier.
Dans tout ce qui précède, je me suis servi de circonlocutions pour indiquer le nombre des pièces de chaque vcrlicille, aussi bien que l’égalité ou l’inégalité du nombre dans les différents verlicilles considérés les uns par rapport aux autres; mais, comme toutes les parties de la scicuce, celle qui traite de la symétrie emploie quelques expressions qui lui sont propres , et qui dispensent celui qui décrit de répéter sans cesse les mêmes périphrases. On dit qu’une fleur est dimère, trimère, létramère , pentamère (/ Jos dimerus , trimerus , telramerus , dccapentamerus , icosimerus , Iriacontamerus , etc.), suivant que, dans son ensemble, elle comprend deux, trois, quatre, cinq, quinze, vingt ou trente pièces , etc. Les mêmes expressions s'appliquent à chaque verticille isolé, qui peut être dimère, trimère, tétramère, pentamère, hexamère, etc. ( verticillus dimerus , trimerus, telramerus , etc.). Un vcrlicille est complet ( completus ) quand il comprend le nombre de parties exigé par la symétrie; il est incomplet (incompletus) lorsqu’il ne présente pas ce nombre. On appelle fermé ou clos ( vertic . clausus ) celui dont les pièces rayonnent avec une régularité parfaite, et ouvert (apertus) celui qui n’embrasse pas la circonférence tout entière du réceptacle, Quand deux, trois ou un plus grand nombre de verlicilles sont composés d’un nombre égal de parties, on dit qu’ils sont isarithmes ( vertic . isarithmi)-, lorsqu’ils ne présentent pas un nombre semblable de pièces, on les dit anisarilhmes ( vertic . anisarithmi).
Vous me comprendrez à présent, si je vous dis , 1" que la symétrie existe nécessairement entre des verlicilles complets et superposés, et qu’ils sont toujours clos (ex. le calice cl la corolle de la Rose) ; 2" que les verlicilles incomplets dérangent inévitablement la symétrie, mais qu’ils
SYMÉTRIE
peuvent Ctro fermés ou ouverts : fermés, lorsque les parties développées se sont arrangées régulièrement aux dépens de la place de celles qui ne se sont pas montrées (ex. : les étamines de plusieurs Hjpéricinées); ouverts, quand chacune des parties existantes a conservé sa place , et que celle des parties absentes est restée vide (ex. : les pétales du Polygala, et de plusieurs Yocbysiées (1), les étamines des PriD<ipM ^ Labiées, etc.) ; 3° que des verlicillcs isarilhmes sont symé- "**' triques , puisqu’ils alternent nécessairement entre eux (ex. : le calice, la corolle et le verticillc staminal de la Violette, également composés de cinq pièces); 4° que des vcrlicilles anisarilhmes sont asymétriques, puisqu’ils ne peuveut offrir une complète alternance ; 5° qu’il peut y
(i) Que l’on attribue la formation de la famille des Vocbysiccs à ceux qui ont substitué à ce nom celui de Vochysiacées ou celui de Vochyées, cela est parfaitement indifférent : mais je me dois h moi-mème de faire quelques observations sur la synonymie de cette famille, telle qu’on la trouve établie dans le Prodromusregni vegelabilis. Comme, après avoir cité le mémoire où j’ai exposé les caractères des Vochysiées , M. de Candolle ajoute ces mots : Fochysianœ Juss. herb. , on pourrait s’imaginer que M. de Jussieu avait établi celte famille dans son herbier, avant que j’en eusse publié les caractères; mais, s’il en avait été ainsi , je n’aurais certainement pas manqué de le faire connaître. La vérité est que ni M.dc Jussieu, ni moi , n’avions aucune idée de ce groupe avant que je partisse pour l’Amérique. Au commencement de 1 8 1 D, j’envoyai de Rio-Janeiro , h MM. les professeurs du jardin des plantes de Paris, mon travail intitulé Mémoire sur la nouvelle famille des Vochysiées, eli\ fut impriméen 1S20, dans le vol. vi des Mémoires dit muséum d' histoire naturelle. A mon retour en France, Jussieu m’annonça qu’il avait entièrement adopté la famille dont il s'agit; et, si, contrairement aux lois que M.de Candolle avait établies, avec tant de logique, dans sa belle Théorie élémentaire, ce dernier savant a cité un nom manuscrit perdu dans un herbier, ce n’est incontestablement que par respect pour la mémoire de Jussieu, respect partagé par tous ceux qui ont connu ce botaniste illustre, et qui peut leur rendre précieux jusqu’aux mots les plus insignifiants échappés à sa plume.
642 SYMÉTRIE
avoir un reste de symétrie entre deux vcrlicilles anisarilhmes , niais qu’alors il faudra nécessairement que celui qui sera incomplet soit ouvert, ou que tous les deux le soient, si tous deux sont incomplets (ex. : la corolle et les étamines des Labiées, la corolle et les étamines du Polyÿa/a); 6" qu’il n’y aura aucun vestige de symétrie entre deux vcrlicilles auisarithmes , s’ils sont également fermés.
Comme le nombre cinq est le plus commun dans les vcrlicilles floraux des dicotylédones, on pourrait s’imaginer qu’ils sont restés incomplets, lorsqu’ils n’offrent que rirurs «les dl- quatre, trois ou deux parties; mais, quand nous voyons dans VOEnolhcra, par exemple, un caliceetunc corolleégalement
nient «vntrtriqur* m
composés de quatre pièces , que ces vcrlicilles sont fermés , el fl110 r*cn n’a troublé l’alternance ; quand nous voyons la même chose pour tous les verticillcs dimères des Circœa , etc., tout nous autorise il affirmer qu’il n’y a , dans les fleurs de ces plantes, aucune suppression. Ces fleurs ont, sans doute, une ou plusieurs parties de moins à leurs vcrlicilles que celles où se montre le nombre cinq ; mais les verticilles des unes et des autres sont également complets, cl nous devons conclure que, si le plus souvent, les vcrlicilles des dicotylédones sont pentamères, il peut y en avoir, dans la même classe, d’également complets, d’également symétriques, à deux, trois et à quatre parties.
En terminant ce paragraphe, je crois devoir vous faire connaître les raisons qui m’ont décidé à choisir les expressions dont je me suis servi, quand j’ai voulu vous indiquer qu’un vcrticillc était resté incomplet. Lorsque nous voyons l’étamine, qui, dans les F'erbascum , se trouve placée entre
Dans quels cas 1 # r
•• deux pétales supérieurs, réduite, chez les Chelone, à un
simple filet, nous devons dire qu’elle a avorté; nous nous servirons avec raison des mêmes termes, quand nous trouverons, toujours à la même place, une sorte de moignon,
SYMETRIE
comme dnns les Scrofulaires : ne semblerait-il pas que nous sommes autorisés il admettre qu’il y a encore avortement chez les espèces où, entre les deux pétales supérieurs, nous avons un espace vide? L’analogie peut, sans doute, nous faire soupçonner que , dans le boulon très-jeune de ces mêmes especes, il existait un rudiment de l’étamine qui manque, cl qu’avec des verres plus forts nous l’eussions découvert ; mais il n’en est pas moins vrai que ce rudiment dont nous supposons l’existence nous ne le voyons pas, et que nous apercevons sans peine celui de l’étamine du Chelone ou du Scrofularia nodosa . voilà donc deux faits essentiellement différents, et , par conséquent, il est clair que nous ne devons pas nous servir du même mot pour les rendre. Dans notre langue , celui d’avortement est consacré par un long usage pour indiquer un commencement de développement accessible à nos sens; donc il ne faut pas l’employer, quand nous ne voyons aucune apparence de production. Le double sens que nous attribuerions au mol avortement , si nous nous en servions pour désigner tout à la fois un développement imparfait et la supposition purement théorique d’un développement qui ne s’est manifesté en aucune manière, pourrait évidemment nous conduire aux plus graves erreurs.
VI. — Combinaison des causes qui déguisent ou intervertissent la symétrie.
Il ne faut pas croire que les quatre phénomènes qui cachent ou détruisent la symétrie, savoir la multiplication, le dédoublement, la soudure et le défaut de développement, se rencontrent toujours isoles ; il est beaucoup plus ordinaire de les trouver combinés deux à deux , trois à trois.
044 SYMÉTRIE
et l’on peut même les voir réunis tous les quatre dans une seule fleur. Sans tenir compte du double disque qu’il est e«<™piw d« permis de considérer comme étant peu essentiel , nous ",v.b'p‘ir“°A dî- trouverons que, dans les Rcnonculacées , la multiplication , presque constante chez les étamines, peut encore se com- . «vrac ne. avec un défaut de dé veloppcmcu t dans le vcrticille
des pétales et celui des carpelles ; que les Salicariccs offrent tout à la fois multiplication et soudure chez le calice , dédoublement dans les étamines, suppression dans le gynécée ; les Polygalées , suppression dans la corolle et le gynécée, et tout à la fois suppression et dédoublement dans les étamines; les Asclepias, multiplication dans leur corolle et dédoublement dans le second rang de pétales, etc. Sans l'élude des combinaisons, souvent trés-compliquées, qui déguisent la symétrie, les fleurs les plus communes seraient souvent pour nous de véritables énigmes.
Je vais vous en donner deux exemples.
Aucune fleur ne semble, au premier abord , moins symétrique que celle des Fumclerres (Fumaria), qui nous offre un calice à deux folioles, quatre pétales cl six étamines réunies en deux faisceaux triangulaires. Mais nous savons déjà (V. p. 612) que la corolle de ces plantes est formée de deux verlicilles dipé talcs, dont le supérieur alterne avec l’inférieur, comme celui-ci avec le calice; et par conséquent, Ftpiiratton jusqu’ici , nous avons évidemment une symétrie parfaite, i^ur dru Fu- Quant aux organcs milles, ils forment aussi deux verlicilles: l’un de deux étamines biloculaircs, alternes avec les pétales du vcrticille supérieur cl opposées à ceux du verlicillc inférieur; l’autre dequatre étamines qui, produites par un dédoublement collateral cl toutes à une loge, alternent deux par deux avec les étamines à anthères biloculaircs : de l’extréme rapprochement des deux verlicilles slaminaux, il résulte une soudure plus ou moins prononcée entre chacune
SYMETRIE
des deux étamines du vcrticille inférieur et les deux plus voisines du vcrticille supérieur, et conséquemment tout l’ensemble de la lleur, jusqu’à l’ovaire exclusivement, n’est pas moins symétrique que ses vcrlicilles supérieurs, ainsi que vous le fera sentir la projection suivante :
2e rang d’étamines à anthères t-Iocul.
I rang d’étamines \
à anthères 2-locul. \
2e rang de pétales. — —
1er rang de pétales.
Calice. (1)
II n’est personne qui, à la simple inspection de la Ficaire (F. ranunculotdes), ne fût tenté de regarder comme entièrement asymétrique la fleur de cette plante où, avec un calice à trois folioles, on voit le plus communément sept, huit ou neuf pétales -, et ccpcuda ut il n’existe pas d'espèces où la symétrie se soit conservée d'une manière plus parfaite. Les pétales, si nous nous bornons à les examiner quand ils sont étalés, semblent tous placés dans le même cercle; mais, pour peu que nous jetions un coup d’œil sur la fleur lorsqu’elle n’est pas ouverte , ce qui arrive constamment à certaines heures du jour, nous reconnaîtrons que trois pétales un peu plus grands que les autres, parfaitement
(1) I,a vérité de la plupart des faits que j’indiipie ici a etc démontrée avec détail par M. Moquin et par moi dans notre Deuxième mémoire sur la famille des Pohjgalées (Mëm. mus., vol. xtx)el notre Mémoire sur la symétrie des Capparidées {Ann. sc. nat., tr0 série, vol. xx, 324). Nous faisons voir de plus , dans le dernier de ces écrits , qu’il est indispensable de réunir lesFumariées aux Papavéracées ; opinion qui a été adoptée depuis, d’abord par M. Bernbardi, ensuite par MM. Endlicber elLindley. Ce dernier savant a aussi reconnu tout récemment que les quatre étamines à anthères uniloculaires des Fumariées ne peuvent, comme nous l’avions dit, être comptées que pour deux.
Explication tir la fleur de la Ficaire.
S \ MK T Hit.
alternes avec les folioles du calice, forment un rang extérieur, et que, par conséquent, la corolle est formée de deux verlicillcs par multiplication. Le second vcrlicillc est , à la vérité, presque toujours composé de plus de trois pétales ; mais, dans les intervalles où entre deux des pétales du rang inférieur nous devrions naturellement n’en trouver qu’un au rang supérieur, nous en avons souvent deux ; par conséquent, il y a ici un dédoublement collatéral, et , comme nous le savons (p. 623), ce genre de phénomène ne détruit nullement la symétrie. Que nous ayons en tout sept, huit ou neuf pétales, le premier rang sera toujours de trois; donc, avec un ensemble de sept , par exemple, il y en aura quatre au rang intérieur, et, dans ce cas, voici ce qui arrivera : deux de ces quatre pétales alterneront un par un avec les extérieurs, tandis qu’au troisième intervalle il en correspondra deux; si nous avons huit pétales, deux alterneront par paire avec les extérieurs , et le cinquième alternera tout seul. I.a projection suivante vous donnera une idée de celte dernière combinaison, qui est la plus ordinaire.
Corolle. | 2 ,an^
) 1" rang — — —
Calice. — — —
Non-seulement ce genre de recherches est un des plus satisfaisants pour notre esprit ; mais il peut contribuer puissamment à rectifier nos idées sur les affinités des plantes. Ainsi nous devons reconnaître qu'après avoir fait sortir la Ficaire du genre llanunculuSj on aurait dû encore la placer auprès des Anémones , puisqu’elle a , comme ces dernières, le nombre trois pour type et une corolle double, dont le second vcrlicillc offre , de même que les Anémone Hepalica, palmala , ilecapetala , des dédoublements collatéraux.
SïMLTIUL.
I*ar une combinaison fort singulières quelques-uns des phénomènes que je vous ai fait connaître peuvent, en agissant chacun d’une manière différente, substituer à la symétrie véritable une symétrie apparente et trompeuse : le Heseda luteola nous en fournira un exemple. Avec un calice il quatre folioles , la fleur de cette [liante présente quatre pétales, et semble , par conséquent, tout à fait symétrique; mais, comme nous savons que les nombres cinq et six caractérisent généralement les verticillcs floraux des Résédas , nous avons déjà quelque raison pour regarder avec attention les deux verticillcs simplement tétrainères l"***u,4r“*ku de l’espèce exceptionnelle dont il s’agit. Un intervalle plus large nous indique bientôt la suppression d’une foliole calicinale entre les deux folioles actuellement supérieures, cl le nombre pair de nervures du grand pétale également supérieur nous montre qu’il est formé de deux pétales soudés : par conséquent, il y a ici tout à la fois défaut de développement cl adhérence ; le défaut de développement a détruit la symétrie véritable , l’adhérence l’a rétablie en apparence en formant, des deux pétales qui deviennent alternes avec la foliole supprimée, un pétale unique correspondant à tout l’intervalle que l’on voit entre les deux folioles actuellement supérieures. Inorganisation de la fleur du Réséda luteola peut être représentée par la projection suivante :
Cor. — f — — — —
Cal. — 0 — — — (I).
(Ij J'admets ici le signe t comme indiquant l'adhérence , o la suppression.
SYMETRIK.
Symétrie gane» fie 1, irrégulière
r»*f kt U b
§ VU. — Symétrie des organes de la fleur avec les parties les plus voisines.
Puisque les organes de la végétation sont disposés avec une parfaite symétrie, que la fleur uaît entre ces organes cl l’axe qui les porte, enfin qu’cllc-mémc a ses parties symétriquement rangées, il est bien évident que ecs dernières observeront un ordre fixe relativement à la bractée dont l'aisselle les a protégées et à l’axe qui fait face à cotte bractée.
Ce genre de symétrie n’est pas facile à reconnaître dans les plantes à fleurs régulières , parce que celles ci ne nous offrent pas des termes bien fixes de comparaison. 11 u’cnesl pas de même des fleurs irrégulières, surtout quand elles forment des grappes ou autres inflorescences analogues. Pour ne pas m’étendre au delà des bornes que je me suis prescrites, je n’examinerai la symétrie relative que dans ces inflorescences et chez les fleurs irrégulières.
Lorsque ces dernières, dans la grappe ou l’épi, ont cinq pétales, c’est-à-dire quatre égaux par paire et un cinquième plus grand ou plus petit, la bractée, sauf les torsions qui peuvent avoir lieu dans le pédicclle ou l’ovaire, est toujours opposée au pétale dissemblable, quelle quepuissc être sa place, qu’il soit le plus grand ou le plus petit; qu’il soit supérieur ou le plus voisin de l’axe, comme dans les Papilionacées; qu’il soit inférieur, comme dans la Digitale ou le tîcseda alba. j„„. D’un autre côté, puisque l’axe fait face à la bractée, il est ‘ üv“' bien évident qu’il aura la mémo position qu'elle, par rapport au pétale dissemblable, qu’il lui fera également face, ou, si l’on veut, qu’il lui sera opposé. Le pétale dissemblable ne peut se trouver qu’à la partie inférieure ou à la partie
SYMÉTRIE
supérieure de la fleur (V. p. 415); s’il est à la partie inférieure , deux pétales semblables et collateraux se trouveront à la partie supérieure, comme dans la Digitale; si, au contraire , il est à la partie supérieure , deux pétales égaux se verront à la partie inférieure, comme dans les Papilionacées; et, dans les deux cas, il fera toujours face à l’intervalle qui existera soit entre les deux pétales supérieurs, soit entre les deux inférieurs; mais, puisque l’axe est opposé au pétale dissemblable, il estbien clair qu’il sera également opposéàl’intcrvallc qui sépare les pétales collatéraux , supérieurs ou inférieurs. Quand le pétale dissemblable est inférieur, il existe, comme nous venons de le voir, deux pétales égaux et supérieurs, et, d’après tout ce que je viens de vous dire, l’axe alternera avec eux ; si le même pétale est supérieur , l’axe lui sera opposéJ)e tout ceci, il faut conclure qu’une ligne qui traverserait le milieu de la bractée passerait cusuite entre deux folioles calicinalcs si le pétale dissemblable est inférieur, qu’elle traverserait ce pétale, passerait entre les deux pétales supérieurs et traverserait la foliole calicinalc supérieure, puis le milieu de l’axe; cl que si, au contraire, le pétale dissemblable est supérieur, la même ligne, après avoir traversé la bractée et une foliole calicinale, passerait entre deux pétales , traverserait le pétale dissemblable et passerait entre les deux folioles calicinalcs supérieures. Nous savons que, dans la fleur pentapétale à ovaire biloculairc, un des carpelles est opposé à une foliole calicinale et l’autre à un pétale; or, quand cette fleur est irrégulière, le pétale auquel est opposé le carpelle est le dissemblable; par conséquent, la ligne qui traverserait ce dernier traverserait aussi les deux carpelles, puisqu’ils se font face. Pour faire mieux comprendre ce qui précède, j’indique ici, par des lignes, la position respeclivc des parties de la fleur, par rapport à la bractée, dans le cas où le pétale disscin-
650 SYMÉTRIE
blable est le supérieur, el dans celui où il est l’inférieur
Axe.
Fol. cal. sup.
Les 2 pétales sup.
Carpelles. |
Pétale dissenib.
Les 2 fol. cal. iufér.
Bradée.
Axe.
Les 2 fol. calic. sup.
Le pét. dissemb.
Les 2 pét. iaf.
Fol. cal. infér.
Bractée.
Quand la fleur irrégulière est létrapétale, la bractée est opposée aux deux pétales, l’un supérieur, l’autre inférieur ; quand elle est hexapétalc, il y a, au contr^jre, une double alternance.
^ VIII. — Symétrie des familles.
Jusqu’ici je vous ai entretenus de la symétrie commune à toutes les plantes ; mais souvent les botanistes ont pris le mot symétrie dans un sens beaucoup plus limité, et l’ont , en quelque sorte , spécialisé. Accoutumés à voir, chez les familles naturelles , une disposition respective à peu près toujours la même, des suppressions toujours semblables, des multiplications qui se reproduisent dans chaque genre et dans chaque espèce, ils ont indiqué, pour chaque groupe, <> ,» 00 enimd une symétrie particulière. Cette symétrie no comprend pas i?m.îi‘ï"elc“ précisément tous les caractères de la famille, mais ceux qui ont rapport au nombre et à l’arrangement des parties combinées avec la régularité ou l’irrégularité, l’absence ou la présence dessoudures. Ainsi un calice monophylle et une corolle monopétale à quatre ou cinq parties semblables ,
SYMÉTRIE. 6.*>1
quaire ou cinq étamines opposées aux pièces de la corolle , quatre ou cinq carpelles constilucnl la symétrie des Primulacces; nous trouvonscellc des Lcntibulariéesdans un calice à cinq folioles, une corolle irrégulière à cinq pétales, deux étamines opposées au pétale dissemblable et deux carpelles ; celle des Jasminées nous présente, avec deux étamines, quatre ou quelquefois cinq parties chez des enveloppes régulières; celle des Labiées nous offre deux enveloppes florales irrégulières à cinq parties soudées , quatre étamines , la place de la cinquième entièrement vide, et enfin un ovaire gynobasique à quatre parties, etc.
D’après ce qui précède, on voit que la symétrie des familles peut être basée sur l’absence même de la symétrie véritable. Le développement incomplet du vcrticillc staminal des Jasminées et des Labiées détruit , chez ces plantes , la symétrie fondamentale, et c’est ce défaut de développement qui constitue surtout leur symétrie particulière. L’ordre primitif ne se voit point dans ces mêmes plantes ; mais l’espèce de désordre qui le remplace devient ordre , à nos yeux, par la fréquence avec laquelle il se répète.
Il ne faut pas croire nue la symétrie de chaque famille se o do.i
* 1 J 1 penwr d»*« dévia-
retrouve sans déviation aucune dans toutes les plantes qui J""‘ddre, en font partie ; ce n’est point ainsi que procède la nature.
Les organes des végétaux se nuancent entre eux : souvent aussi les familles se nuancent entre elles par des dégradations insensibles. Tel genre s’écartera un peu du type ; tel autre s’en éloignera davantage, et nous arriverons ainsi par degrés à un type tout à fait différent. Nous avons vu que la symétrie fondamentale pouvait, sans être détruite, se montrer déguisée de diverses manières; il en est de môme de celle des familles, et la découvrir au milieu des métamorphoses et des déviations qui la cachent est un des exercices les plus séduisants pour l’organographe , comme de re-
SYMÉTRIE
trouver la symétrie fondamentale au milieu des multiplications, des dédoublements et des soudures.
Si les familles étaient des arrangements systématiques, nous serions obligés d’en former une nouvelle, toutes les fois que les caractères d’aucune de celles que nous connaissons ne sc retrouvent bien exactement dans une planto quelconque ; mais ces groupes existent indépendamment de nos classifications arbitraires, et, quand nous ne verrons que des déviations légères , des dégradations insensibles, nous n’irons pas indiquer des lacunes. Sans peine nous retrouverons les Papavéracécs dans les Fumaria et les Corydalis, et nous ne séparerons point ces diverses plantes. Nous saurons également rattacher le Krameria aux Polygalécs, le Lecythis aux Myrtes, VUlmus aux Orties, l’Olivier au Frêne et au Jasmin , et la Cuscute aux Convolvulacées. Nous ne formerons pas une famille distincte des genres Teucrium et Ajuga, qui, pourtant, n’ont point l'ovaire gynobasique des autres Labiées, et, par la même raison, nous laisserons parmi les Borraginées le genre Heliotropium. Nous laisserons aussi le Samolus parmi les Primulacées et le Vaccinium chez les Éricacécs , quoique ces deux genres aient l’ovaire adhérent, et que les Primula et les Erica présentent un ovaire libre. Nous sentirons que diviser sans cesse, c’est ne montrer que des différences, que c’est les exagérer et faire disparaître les rapports dont l’étude constitue principalement la science. Avec Antoine- Laurent de Jussieu, nous donnerons le nom de généra affinia aux genres qui différent trop d’une famille pour pouvoir y entrer, et qui ne s’en écartent cependant point suffisamment pour qu’on doive en former des groupes entièrement distincts; quand un genre nous paraîtra participer à peu près également de deux familles voisines, nous l’indiquerons., à l’exemple de Brown, sous le litrede genus inter -
SYMÉTRIE
medium ; enfin, si nous avons à Iraccr les caractères d’une famille naturelle, nous pourrons, comme Lindlcy, noter, à la suite de ses caractères, les plantesquc nous rangerons dans la famille elle-même, mais qui nous auront offert quelques anomalies. Si, lorsque Antoine-Laurent de Jussieu vit dans le Lopezia cinq pétales avec quatre folioles calicinales et une seule étamine , il se fût contenté d’élever ce genre au rang des familles, qu’il n’eût point, par de savantes recherches , démontré qu’un des pélales était une étamine métamorphosée , et que le Lopezia se rattache essentiellement à la symétrie des Onagraires , nous aurions un nom déplus, mais nous ne posséderions pas un travail digne d’être offert aux botanistes comme un modèle. Au lieu de faire toujours des coupes nouvelles, toujours de nouveaux noms, reconnaissons plutôt , avec MM. Achille Richard et Adolphe Brongniart, que plus les découvertes se multiplient, moins il reste de lacunes et moins, par conséquent, nous avons de raisons pour désunir.