‹ Leçons de botaniqueChapitre 96 sur 148 · PHI 1T · texte numérisé non relu

PHI 1T

OTl

beaucoup à désirer; car elle supposerait que le [wricarpe dans lequel on trouve une ou plusieurs cloisons est un tout parfaitement simple, lorsqu’au contraire, comme la corolle monopétalc, il se compose d’un certain nombre de pièces adhérentes entre elles. Une lame qui rentre dans la cavité du péricarpe cl est formée par la partie soudée de deux feuilles carpcllaircs contiguës, voilà ce qu’est, dans le fruit comme dans l’ovaire, la cloison véritable.

Comme le péricarpe lui-méme, les cloisons varient pour la consistance, et peuvent ressembler à du papier ou à du parchemin, être membraneuses ou coriaces, cruslacées, osseuses, ligneuses ou charnues (dtssepimenta charlacea , pergamena , membranacea , coriacea , crus tac ea , ossca , lignosa , carnusa').

Ainsi que le péricarpe, elles peuvent aussi, dans leur rn>;i plurilocn -

, . - . laivi h pliinn

épaisseur, offrir des couches de nature tort differente, l’une ««?•«; iVmtàmi

1 * seul noyau pluri-

intermédiaire charnue et les deux latérales ligneuses. Da ns ce cas, deux couches ligneuses ou osseuses sont continues chacune avec une partie semblable du péricarpe; chaque loge du fruit se trouve formée immédiatement par une enveloppe osseuse ou ligneuse , ou, pour mieux dire, par un noyau, cl l’on a dans le fruit autant de noyaux que de loges.

Chaque noyau tout entier appartient évidemment alors à une même feuille carpellaire, et la couche charnue, intermédiaire entre deux noyaux , dépend des deux feuilles voisines. Dans une Cerise , le noyau est formé par toute la partie intérieure d’un carpelle unique; soudons ensemble cinq Cerises, nous aurons un fruit à cinq noyaux, résultant chacun d’une Cerise, et la partie charnue intermédiaire appartiendra en commun à deux Cerises voisines. Telle est l’image parfaite de tout fruit à plusieurs noyaux.

Supposons à présent que la partie charnue qui se trouverait entre les noyaux des cinq Cerises soudées s’ossifiât cl

FRL’IT .

sc confondit avec eux-mêmes, on aurait un noyau unique à cinq cloisons et autant de loges. C’est là ce qui a lieu réellement toutes les fois que les cloisons sont complètement ligneuses ou osseuses.

Comme le péricarpe est formé par des parties de feuilles carpellaires parfaitement simples, il semblerait qu’il doit être moins épais que les cloisons, résultat de l’union de c« rim.oo.pi... deux portions de feuilles soudées entre elles. Il n’en est cepi‘ pendant pas ainsi: les cloisons, quoique doubles, sont presque toujours plus minces que le péricarpe, ce qui tient certainement à ce que celui-ci tout extérieur peut se développer librement, tandis que les cloisons, privées d’air et de lumière, resserrées dans un espace très-étroit , restent, pour ainsi dire étiolées (V. p. 503). Non-seulement les cloisons sont ordinairement plus minces que le péricarpe; mais encore elles ont souvent une consistance moins solide; ainsi elles pourront ri’êtrc que coriaces quand le péricarpe sera ligneux, ou membraneuses lorsqu’il sera crustacé. Elles ont même quelquefois si peu de consistance, qu’elles disparaissen t dés le premier âge de la fleur ( dissep . fugacia , evanida ), ainsi que cela arrive chez les Caryopbyllées uniloculaires; ailleurs, comme dans la Châtaigne, elles ne peuvent résister à une graine qui, se développant toute seule, les repousse contre la paroi du fruit; ailleurs, comme chez les Planlaius, elles sc séparent du péricarpe avec la plus grande facilité, et restant attachées à la columcllc, elles se trouvent, pour ainsi dire, cachées entre les placentas axilcs, qui alors semblent n’en faire qu’un seul libre et central.

Je n’ai pas besoin de vous dire que tout ce qui précède s’applique non-seulement aux cloisons complètes, celles qui s’avancent jusqu’au centre du fruit, mais aussi en grande partie aux incomplètes qui n’arrivent pas à ce point.

FRL’IT.

Quaul aux fausses cloisons ( dissep . spuria , V. p. 472) , fjll.,ri

ou les retrouve dans le fruit telles qu'on les avait vues dans l'ovaire, à moins que des avortements ou des destructions ne les aient modifiées ou fait disparaître. D’un autre côté, il est aussi des cloisons fausses qui ncsc développent que pendant la maturation, et je suis fort tenté de croire que, dans ce nombre, il faut mettre toutes celles qui partagent le fruit transversalement ( dissepitnenla horizontalia, transversa, V. p. 472). L’ovaire simple des Cassia et des Coronilla offre une cavité unique et des parois parfaitement libres; tandis qu’il mûrit, du tissu cellulaire s’étend horizontalement entre les graines, et ainsi se forment des cloisons transversales.

Dans les fruits fort variables du Raphanus sativus nous trouvons souvent, avec des lacunes irrégulières, dcslogelles qui, superposées à intervalles inégaux, renferment une seule graine : l'ovaire, dans l’origine, avait présenté, comme celui de toutes les Crucifères, deux loges longitudinales séparées par un diaphragme ou fausse cloison (V. p. 494) et des ovules rangés dans chaque loge sur les deux bords du diaphragme; pendant la maturation, un grand nombre d’ovules ont avorté, et en même temps le parenchyme du péricarpe (sarcocarpe, Ricb.) s’est étendu en un tissu lâche et spongieux; les ovules fécondés se sont, pour ainsi dire, moulé, au milieu de ce tissu , des logcllcs arrondies ; dans les espaces oii ont avorté d’autres ovules, le même tissu a repoussé son propre épiderme intérieur ( endocarpe, Rich.) coutrc la cloison; des soudures se sont opérées entre celle-ci et les deux épidermes opposés, les logettes se sout trouvées fermées en dessus et en dessous ; et, d'un autre côté, dans le tissu lâche cl fugace se sout formées, par déchirement ou oblitération, des lacunes irrégulières.

FRUIT

Après vous avoir donné des exemples de cloisons transversales et par conséquent fausses , dont le développement ne s’opère qu’après la fécondation , je pourrais vous en citer quelques-uns de cloisons longitudinales , qui , dans l’origine , n’existaient pas davantage. Je vous ai déjà dit (p. *96) de quelle manière sc forment celles du Glaucium corniculalum ; je me bornerai à vous faire connaître ce qui se passe chez le Nigclla Damascena. On s’étonne de voir dans cette plante un double rang de loges , cinq intérieures où se trouvent les semences, et cinq autres vides qui circonscrivent les premières: les extérieures n’existaient point dans l’ovaire ; mais, pendanlla maturation , l’épiderme continu qui revêt, dans chaque loge, et le péricarpe et les deux cloisons (endocarpe, Rich.), ne prend pas, àbcaucoup près, le même accroissement que le parenchyme sous-jacent ; il sc sépare de ce dernier, et ne reste attaché qu’à la partie des cloisons la plus voisine de l’axe : sa séparation u’a pas toujours été aussi complète ; il a été quelque temps retenu par la nervure moyenne ou suture dorsale de la feuille carpcllairc, cl l’on a eu d’abord trois loges pour une seule; mais bientôt la suture l’a laissé aller à son tour , et c’est alors que l’on a vu paraître des loges simplement doubles dont les extérieures se trouvent pratiquées épiderme intérieur.

Vous ayant fait connaître avec détail le péricarpe et les cloisons, je dois revenir sur les sutures , dont je vous ai à peine dit quelques mots (p. *80), en vous entretenant des pistils, et sans lesquelles il n’y aurait ni ovaires ni fruits.

Vous savez déjà que, dans le carpelle ou pistil simple, on distingue deux sutures : la dorsale ou extérieure et la ventrale ou intérieure ( sutura dorsalis seu exterior , sutura rentrait* s. interior). La dorsale n’est autre chose que la nervure moyenne de la feuille carpcllaire ; la ventrale est formée

entre le péricarpe et son

FRL1T.

par la rencontre des bords de la mt'me feuille. Puisque, à moins d'une torsion dont on a quelques exemples, la partie moyenne de la feuille carpcllairc regarde le côté opposé à l’axe floral , c’est aussi vers le dehors que doit être tournée la suture dorsale ou extérieure , cl do là les noms qui lui ont été appliqués. Parla même raison , la suture résultant de la rencontre des bords de la feuille sera la plus voisine de l’axe, ce qui lui a valu les noms d’intérieure ou de ventrale. Celle-ci doit exister toujours, puisque la soudure des bords de la feuille carpcllairc lient à l’essence même du carpelle. Quant à la suture dorsale, il arrive souvent qu’on ne l’aperçoit pas, soit qu’elle n’existe réellement point, soit qu’elle se cache, pour ainsi dire, dans le tissu cellulaire du carpelle, comme les nervures de certaines feuilles grasses disparaissent au milieu d’un parenchyme succulent et charnu. Lorsque la nervure dorsale se laisse apercevoir , c’est, le plus souvent , sous la forme d’une côte plus ou moins proéminente ; mais aussi quelquefois elle est indiquée par une sorte de sillon, deux genres de caractères que nous offre également la nervure moyenne des feuilles véritables. Deux proéminences plus ou moins distinctes sont assez généralement l’indice de la suture ventrale : on la reconnaît chez la Prune, la Cerise, l’Abricot et la Pèche a ce sillon qui contribue à donner à ces fruits une forme si agréable.

Lorsque plusieurs carpelles se sont soudés pour produire un ovaire composé et plus tard un fruit qui l’est également, les sutures ventrales doivent nécessairement se irouver comprises dans la columelle et ne peuvent plus paraître à l’extérieur. Mais si chacuu des carpelles qui entrent dans la composition de l’ovaire ou du fruit a une suture dorsale, on comptera, à l’extérieur du péricarpe, autant de ces sutures que l’ovaire ou le fruit comprendra de carpelles,

FRUIT

ni une suture dorsale correspondra nécessairement au milieu de chaque loge.

Il ne faudrait pas s’imaginer, d’après ce qui précède, que, dans tous les cas, il existe, chez un fruit ou un ovaire composé, autant de sutures dorsales quede carpelles. \’ An- (irrhinum majus est une preuve du contraire, puisque l’un de ses carpelles offre une suture dorsale, tandis que l’autre en est entièrement dépourvu.

Ce ne sont pas seulement des sutures dorsales que nous pouvons voir à l’extérieur d’un ovaire ou d’un fruit composé; nous en trouvons encore d’autres que l’on a appelées, improprement peut-être , sutures pariétales ( sutura1 pariétales). Celles ci sont formées par la rencontre des carpelles ; c’est la ligne où , à l’extérieur, commence leur soudure. Les sutures pariétales sont d’autant plus faciles A reconnaître que les carpelles se montrent soudés dans une moindre étendue ; d’un autre côté, la soudure peut être assez complète pour que les carpelles ue laissent pas entre eux l’intervalle le plus léger, cl alors disparaîtront les sutures pariétales.

Nous pouvons ne voir, à l’extérieur d’un péricarpe , aucune suture ; jamais nous n’en verrons à la fois de plus de deux espèces. Si le péricarpe est formé par un carpelle unique , il peut offrir une suture dorsale et une ventrale ; mais il n’en offrira pas de pariétales , puisque celles-ci sont le résultat de la rencontre de deux carpelles. Si, au contraire, le péricarpe sc compose des portions extérieures de plusieurs carpelles soudes , nous y pourrions trouver des sutures dorsales et des pariétales , mais point de ventrales , car alors ces dernières occupent l’axe du fruit qui , au dehors, ne peut s’apercevoir.

Les sutures pariétales sont nécessairement en nombre égal à celui des carpelles, des cloisons et des placentas, cl

FBU1T.

par conséquent, lorsque avec elles les dorsales sout au complet, le péricarpe présente, dans son contour, un nombre de sutures double de celui des placentas, des cloisons et des carpelles.

Quand le placenta est central cl que les feuilles carpellaires étalées sont soudées bords à bords, comme les douves d’une cuve, il est bien clair qu'il ne peut y avoir de sutures ventrales, mais seulement des dorsales et des pariétales. Ainsi les deux bords d’une feuille carpellaire peuvent former une suture ventrale ou deux moitiés de pariétale. Ce sont les sutures peu visibles de l’ovaire à uue seule loge et à placenta central des sinagallis qui ont été prises autrefois pour des vaisseaux conducteurs.

Quand les feuilles carpcllaircs sont soudées bords à bords, on n’a plus de cloisons pour faire connaître le nombre de ces feuilles; dans ce cas, il peut, jusqu’à un certain point, être indiqué par celui des sutures. Mais il ne faut pas oublier que souvent elles disparaissent ou qu’il en disparait une partie, et par conséquent il est bon de s’aider ici de toutes les analogies que l’habitude de l’observation peut offrir.

Un calice soudé avec le fruit doit nécessairement cacher les sutures des feuilles carpcllaircs. On pourrait, à la vérité, prendre, au premier abord, pour des sutures les lignes que l’on voit sur certains fruits adhérents, tels que celui du Ribes Uva crispa (Groseille à maquereau) ; mais, dans ces fruits, ce ne sont point des sutures que nous apercevons, ce sont les nervures des folioles du calice.

On a proposé de désigner l’absence ou le nombre des sutures dans les fruits par les expressions latines à'esuturatus, uni-biîrx-muUisuluratus ; mais jusqu’ici ces termes ont été peu employés.

Après avoir parlé du péricarpe et des cloisons, je vous

FRLIT.

I'I.m enta*.

Puii*».

entretiendrais de la nature du placenta et des modifications qu’il peut offrir, si je ne l’avais déjà fait avec détail, en traitant du pistil. Je me bornerai à vous indiquer en peu de mots les changements qu’il éprouve pendant le cours de la maturation.

Chez les fruits entièrement secs ou ceux à noyau, il se dessèche peu à peu, se racornit, s’ossifie ou s’oblitère; au contraire, chez les fruits tout à fait charnus, il se tuméfie et se gorge de sucs. Dans ce dernier cas, sa substance est ordinairement plus molle, plus délicate que celle du péricarpe lui-méme, et très-souvent les semences y sont comme plongées ou même elles le sont entièrement ( semina nidulantia). Chez la Tomate ( Solanum Lycopersicum), le placenta offre une consistance gélatineuse ; les graines s’y trouvent, pour ainsi dire , enveloppées, et il est d’un rouge plus foncé que les cloisons. Le péricarpe de la Goyave ( Psidium Guaiata) est pâteux, et peu succulent; c’est au placenta qu’est duc toute la bonté de ce fruit.

On désigne sous le nom spécial de pulpe ( pulpa ) la substance des placentas charnus, et l’on a étendu ce nom à toutes les expansions ou sécrétions plus ou moins molles et succulentes qui peuvent se trouver dans les loges, et ne font point immédiatement partie du péricarpe ou des cloisons.

Si l’on s’accorde à prendre le mot pulpe dans un sens aussi large, il est bien clair qu’il faudra l’appliquer a la substance succulente de l’Orange et du Citron. Elle est due, en effet, à des glandes aljongées qui. nées de la surface interne du péricarpe, ont grandi peu à peu, se sont gorgées de sucs, se sont prolongées horizontalement vers l’axe et ont fini par ne plus laisser aucun espace entre elles, par occuper tout l’intérieur du fruit et envelopper les graines.

rut it.

§ IV. — Des dimensions, de la forme, de la surface et de la couleur des fruits.

Tout ce qui précède montre que les fruits diffèrent singulièrement entre eux par leur consistance et leur composition ; on ne remarque pas moins de différences dans leurs dimensions, leur forme, leur surface cl leur couleur.

Ils offrent à peu près toutes les dimensions, depuis une demi-ligne jusqu’à deux pieds de diamètre. On trouve quelques rapports entre la grandeur des fleurs cl la grosseur des fruits ; des corolles aussi larges que celles des Cucurbitacées, des Laplacea, des Lecythis n’ont jamais précédé des fruits aussi petits que ceux des Graminées, des stmaranthus ou des Alchemillaj mais, dans de certaines limites, res rapports cessent entièrement ; ainsi nous avons des GEnothera dont la fleur est aussi grande que celle du Cucurbita Pepo, et le fruit de ce dernier peut offrir bien des centaines de fois le volume de celui des Œnothera. Si nouschoisissions dans le règne végétal un certain nombre d’espèces, nous pourrions établir quelque proportion entre la grandeur de leurs liges cl le volume de leurs fruits : ce sont de grands arbres qui produisent le Coco des Maldives, le Boulet-decanon et la Marmite -de -singe ( Lodoicea Maldicica, Lecythis Ollaria, Couroupita Gujancnsis) ,- ce sont de bien petites plantes que VAlchcmilla Aphanes, le Brayera , le Chamagroslisminima, le Pelletiera cerna, dont les fruits sont à peine visibles à l’œil nu; mais, si nous prenons l’ensemble du règne végétal , ces rapports ne nous paraîtront, pour ainsi dire, plus qne des exceptions ; la comparaison du Gland fourni par le plus majestueux de nos arbres avec la Citrouille qu’a fait naître une herbe faible et rampante est

Otnii niioi.k «G* ruits.

FRUIT

Foimf.

Surfait P .

devenue proverbiale ; sur des Bambous de soixante pieds de haut se montrent des fruits bien moins gros que ceux du Maïs ou du Coix iMcryma, et le Saule donne des capsules beaucoup plus petites que celles de la Clandestine ( Ixithrœa Clandestina), qui végète humblement sur ses racines.

Le fruit peut être globuleux, ovoïde, en forme de poire, turbiné ou en toupie, oblong, cylindrique, linéaire, subulé (fruclus globosus , ovatus , pyriformis, turbinatus, oblongus , cylindricus, linearis , subulatus), il peut être comprimé, c’està-dire aplati sur les côtés, déprimé ou aplati de haut en bas, réniforme ou eu rein (fr. compressât, depressus, reniformis). Certains fruits sont arrondis dans leurs contours; d’autres offrent trois, quatre, cinq et six angles; d’autres présentent des rendements de distance en distance; quelquesuns sont moniliformes, c’est-à-dire rétrécis par intervalles à la manière d’un chapelet; d’autres enfin donnent l’image d’une vessie plus ou moins distendue (fr. teres, tri-quadriquinque-sexangularis , lorulosus, moniliformis , vesiculosus). Il existe des fruits parfaitement droits; d’autres sont arqués; quelques-uns imitent la faucille, d’autres un vermisseau qui rampe; il en est qui se tordent en spirale et d'autres qui, dans leur courbure plusieurs fois répétée , prennent la forme d’un limaçon (fr. reclus , arcuatus, falcatus, vermiculan's, spiralis, cochlealus ).

Un fruit peut être, soit à sa base , soit à son sommet, échancré, tronqué, arrondi, obtus, aigu, acuminé; enfin il peut offrir une dépression plus ou moins sensible, c’est-àdire être ombiliqué (fr. basi scu apice emarginatus , truncatus , rutundus , obtusus , acutus , acuminalus , umbilicalus ).

La surface du fruit est tantôt lisse, tantôt ponctuée, c’est-à-dire marquée de petits points, soit enfoncés, soit proéminents ; elle est tuberculeuse ou relevée de lubcr-

FBCIT.

eulcs, ridce, en réseau ou, comme disent les botanistes, réticulée; quelquefois on la trouve striée , c’est-à-dire mar quéede lignes très -fines alternativement enfoncées et proé minentes , et quelquefois aussi elle est sillonnée ou creusée de sillons parallèles; elle peut être seulement rude au toucher , ou bien enfin elle se montre garnie de pointes molles ou roides (fr. teres, punctalus , tubcrculosus , verrucosus, rugosus , reticulatus , slrialus , sulcatus, scaber, muricatus, echinatus ).

Quelquefois, pendant la maturation, des crêtes (V. p. 584) Ctiu, . coraci . entières, dentées ou déchiquetées , se développent sur la”1” surface du fruit ( cristœ ; fr. cristalus). Dans quelques cas, on y voit paraître des pointes dures et épaisses , et l’on dit, suivant le nombre de ces pointes , que le fruit est à deux , trois ou quatre cornes (comua; fr. bi-tri-quadricomis). Beaucoup plus souvent enfin il naît à l’extérieur du péricarpe une ou plusieurs membranes assez larges qui ressemblent à des ailes, et auxquelles on donne effectivement ce nom (alœ ; fr. alalus). Dans ce dernier cas, le botaniste descripteur doit indiquer si ces expansions n’occupent que le sommet ou les côtés du fruit , ou si elles en font le tour, si enfin il n’y en a qu’une, ou bien s’il s’en trouve un plus grand nombre {fr. apice , lateribus alalus, unialalus , bialatus seu dipterus , trialatus s. tripterus , quadrialalus s. tetrapterus ).

Avec les expansions dont je viens de vous entretenir et qui émanent, sans aucun doute, du péricarpe ou du calice *"Wibre,',l‘'Mr soudé avec lui, il ne faut pas confondre certaines parties que le fruit supporte , mais qui ne lui appartiennent réellement pas, et souvent modifient son aspect, savoir, les couronnes, les aigrettes, les becs et les queues ( corona , pappus , rostrum, cauda). La couronne (corono) ne se trouve que chez les fruits adhérents ; c’est le limbe du calice qui persiste

tm

FRUIT

• nuleui fruit*.

et contribue quelquefois d’une manière remarquable à l’ornement du fruit, comme le montrent la Nèfle et surtout la Grenade (Mespilus germanica, Punica Granatum ). Quand le limbe persistant d’un calice se trouve réduit à de simples nervures, ainsi que cela arrive chez les Composées, les Valérianes et les Scabieuses , il ressemble souvent à une sorte de plumet, et il prend, comme vous savez (V. p. 364), le nom d’aigrette ( pappus ). Quant aux becs et aux queues, ce n’est plus au calice qu’ils sont dus , mais au style qui , pendant la maturation, s’est allongé et qui persiste. Lorsque cette portion d’organe a seulement acquis uue longueur médiocre, qu’elle est roidc, dure et ne porte pas de poils, du moins fort sensibles, ou a un bec (rostrum) ; lorsqu’au contraire le style a atteint, pendant la maturation, une longueur très grande, qu’il est resté sans roideur, et offre sur sa surface des poils soyeux, à peu près disposés comme les barbes d’une plume; il prend le nom de queue ( cauda ). Le fruit de la Rave ( Raphams sativus ) a un bec ; celui de la Clématite (Clemnlis Vitalba ) a une queue. Les mots couronne, queue et bec, sont, au reste, peu usités; mais souvent on emploie en latin les adjectifs qui les représentent , coronalus , rostratus , cauda tus.

Jr> Je vous ai parlé des formes que le fruit est susceptible de prendre et des caractères divers que sa surface peut offrir; à présent je vous dirai quelques mots des couleurs dont il se peint. La feuille uous présente une image assez sensible de ce qui se [tasse chez lui , sous ce rapport. Desséchée , elle est roussâlrc; mais quelle tombe mûre, pour ainsi dire, sans pourtant être sèche, nous la verrons jaune et souvent d’un beau pourpre , sans parler d’une foule de nuances intermédiaires. De même les fruits secs ont généralement des couleurs ternes ; ils sont grisâtres , pâles, bruns, noirs ou roussâtres; les charnus , au contraire, prennent souvent les

FBI 1T.

teintes lesplusbrillanles : les uns sont d’un beau jaune doré, . d’autres sont rouges ; il y en a de blancs, de bleus, de verts, de violets, de pourpre noir , etc. C’est le blanc et le bleu qui paraissent être , chez les fruits, les couleurs les plus rares. Souvent des teintes différentes embellissent le même péricarpe , ordinairement entremêlées sans aucun ordre , mais quelquefois disposées avec une agréable symétrie , comme une certaine variété de Poire (la Culotlc-dc-Suissc) et plusieurs Cucurbilacées en offrent des exemples. Sans que ses qualités éprouvent le moindre changement , la même sorte de fruit peut présenter diverses couleurs; le blanc jaunâtre et le rouge , comme la Groseille ( Ribes rubrum ) ; le vert et le pourpre noir, comme le Raisin (Vitis vinifera)-, le vert, le pourpreet lejauno, comme la Prune ( Prunus domeslica), etc.

Ce qu’il y a d’assez remarquable, c’est que les parties voisines du fruit qui se remplissent de sucs pendant la maturation peuvent aussi se colorer, soit que le fruit reste sec , comme dansl’.4nacardtum occidentale, le Fraisier ou la Rose sauvage ( Fragaria vesca , Rosa canina ) , soit que lui-même devienne charnu comme celui de la Mitre ( Morus migra').

La plupart des fruits sont inodores ; chez ceux qui ont quelque odeur, elle est l’annonce de leurs qualités. Un fruit comestible a une odeur agréable; un fruit à odeur vircuse n’est point comestible.

§ V. — Desinduvies.

Je vous ai dit que , dans une foule de plantes , les parties Pjllir, de la fleur, sans adhérer à l’ovaire, persistaient autour de lui et le protégeaient pendant la maturation. Ces parties ne sont pas les seules qui jouent un rôle aussi important. Il a souvent été coufié à diverses sortes d’involucres chez certaines plantes dont le calice est adhérent , et l'on

Finir.

prouve même des involucres autour de plusieurs fruits libres.

Durer Je co La duree des parties persistantes n’est pas toujours la même : tantôt le fruit s'en sépare à l’époque de la maturité, et tantôt elles l’accompagnent jusqu’au moment de la destruction.

On adonne le nom d’induvies ( induviœ ) aux parties qui , étrangères au fruit, se trouvent autour de lui au temps de la maturité ; le fruit , accompagné d’organes qui ne lui Fruil indu* ir. appartiennent réellement pas , a été appelé induvié (fr. induvialus), et, par opposition, on a dit d’un fruil qu’il était nu (f. nudus), quand, par la chute de l’involucrc et des parties de la fleur, il reste entièrement découvert; enfin, pour préciser si ses induvies, quand il en a , sont formées par l’involucrc ou les parties de la fleur, on a proposé les expressions d’in volucré et de couvert (fr. involuci-atus, lectus). Cette terminologie est loin, sans doute, d’étre défectueuse, cependant elle a été peu suivie jusqu’à présent; les botanistes ont coutume de dire simplement, dans leurs descriptions, si les involucres et les parties de la fleur sont tombantes, caduques ou persistantes (deciduus , caducus , persistera ).

Quand c’est un involucre qui persiste; tantôt il enveloppe un seul fruit, comme le calicule chez la Scabieusc, la pa0f , (11 cupule chez le Gland , les glumcs chez un grand nombre de Graminées ; tantôt il en enveloppe plusieurs, comme le fourreau épineux des Châtaignes et le pèriclinc à deux fruits des Xanthium, qui imite si bien un simple péricarpe. y«.i. Le calice sert d’induvies beaucoup plus souvent que

.ouvrai d'indu- l’involucre. Ordinairement il persiste seul ; maison le voit aussi persister avec la corolle et les étamines, ou bien la corolle tombe, et les organes mâles rastent autour du fruil avec l’enveloppe calicinale.

t'BtIT.

Ce n’esl pas toujours dans leur intégrité que le calice et la corolle persistent autour du fruit. Chez la Rose sauvage ( Rosa caninà), le limbe du calice se dessèche et se détruit, tandis que son tube persiste ; dans le Mirabilis Jalapa la base de la corolle est seule persistante.

La partie qui persiste, soit involucre, soit calice, peut ne pas s’élever au-dessus de la base du fruit ; elle peut atteindre le quart , la moitié , les deux tiers de ce dernier; elle peut l’égaler et le cacher entièrement, ou même le dépasser d’une manière très-sensible, comme cela arrive chez les Physalis.

Quelquefois les organes qui servent d’induvies changent, pendant la maturation, de consistance et de couleur, et finissent par imiter un véritable péricarpe ou môme une semence. Le calice du Blitum virgatum devient rouge et charnu; chez VHippophae rhamnoides , un péricarpe mince et membraneux est recouvert par l’enveloppe calicinale succulente et d’un rouge safrané; la base endurcie de la corolle du Mirabilis Jalapa, soudée avec le fruit , ressemble à une graine.

§ VI. — De la déhiscence.

La semence a mûri et n’a plus besoin de protection; tantôt le péricarpe s’ouvre pour qu’elle s’échappe ; tantôt il la laisse libre par sa propre destruction, ou bien encore, persistant autour d’elle en tout ou en partie, il n’est plus qu’une enveloppe analogue aux téguments de la graine et qui cède aux efforts dcl’cmbrvon germant.

Il est clair, d’après ceci, que nous pourrons distinguer les fruits en déhiscents et indéhiscents (fructus dehiscens , indehiscens ), ceux qui s’ouvrent et ceux qui ne s’ouvrent pas. L’acte par lequel s’opère dans les premiers la sépa-

Dimension» mpoctivw de cm partira rt du péricarpe.

Coloration des tnduvica.

Ce qu’est la déhiscence; fruit" déhiscent» . fruit»

indéhiscents.

FRUIT

A qm ll^ èjjoques de U ru- du (mit #\i|*rrr ta de* fuser ne r .

Qui I» TiuiU rnttnt inürlm-

ceot*.

La tlrliiacenctdr* fruit» Mniplcn,

ration des parties a été désigné sous le nutn de déhiscence ( dehtscentia).

L’ouverture des fruits coïncide ordinairementavec la maturité des semences et la parfaite sécheresse des péricarpes. Cependant il est à celle règle des exceptions. Chez les Résédas, les feuilles carpellai res sont , dans le jeune âge de la fleur, simplement rapprochées à leur partie supérieure; un [ieu plus tard , mais toujours dans la corolle , l’ovaire s’ouvre à son sommet et laisse voir les ovules rangés le long de leurs placentas. D’un autre côté, les péricarpes du Pourpier, de la Balsamine, de VOrnïthogalum nulans laissent échapper des graines mûres, lorsqu’ils sont encore fort loin d’étre secs.

Les fruits destinés à s’ouvrir se contractent en se desséchant, et par conséquent leurs parties doivent nécessairement se séparer aux endroits où il y ale moins d'adhérence. Dans les fruits charnus, où tou le la périphérie du péricarpeest également gorgée de sucs, une telle contraction ne saurait avoir lieu, et ils restent indéhiscents. Les péricarpes secs, d’un tissu très-serré, que ce tissu soit ligneux, osseux ou membraneux, se montrent aussi indéhiscents, et ce sont surtout ceux à une seule loge et à une seule graine qni présentent celte coïncidence de la nature de tissu dont il s’agit avec l’indéhiscence.

Quand le fruit est adhérent au calice, il faut, pour que la déhiscence s’opère, qu’il y ait ouverture non-seulement dans le péricarpe, mais encore dans l’enveloppe calicinale. Malgré cette double difficulté , il n’y a, proportion gardée, guère moins de fruits déhiscents parmi ceux qui adhèrent au calice que parmi ceux qui sont libres.

L’ouverture des fruits est loin de s’opérer d’une manière uniforme. Pour vous faire mieux comprendre la déhiscence dans les fruits composés, je commencerai par vous montrer

FRUIT

comment elle s’effectue chez les fruits simples, ou, ce qui revient au même, dans chacun des carpelles isolés des fruits multiples.

Le raisonnement porte naturellement à croire que, lorsqu'un fruit simple vient «à s’ouvrir, c’est dans le milieu de la soudure ventrale; car, formée par la soudure des deux bords de la feuille carpcllaire, cette suture semble devoir offrir moins d’adhérence que tous les autres points du péricarpe. Ici l’observation est souvent d’accord avec la théorie, puisque la déhiscence partage bien réellement par le milieu la suture ventrale et les placentas du fruit simple du Delphinium Ajacis ( f. 416), du D. Consolida et d’une foule de carpelles qui, chez les fruits multiples, répètent le frnit simple du Delphinium Ajacis.

Cependant il n en est pas toujours ainsi. Quelques circonstances peuvent rendre l’adhérence des bords de la feuille carpcllaire tellement forte que la séparation soit impossible.

Dans ce cas, c’est naturellement par le milieu de la suture dorsale ou la nervure moyenne de la feuille que s’opérera la déhiscence ; car là seulement se trouvent des fibres longitudinales qui peuvent se disjoindre facilement, tandis que le tissu cellulaire voisin n'admettrait qu’un déchirement.

Une partie des carpelles du Magnolia grandiflora (J . 417) nous offrent un exemple de ce mode de déhiscence.

Mais, pour prendre une idée des deux modes, il n’est pas môme nécessaire de recourir à des plantes différentes : nous les trouvons réunis dans une foule de Légumineuses (ex.

C'y listes auslriacus , f. f 18) chez lesquelles la feuille earpellaire unique, partagée longitudinalement par le milieu de scs deux sutures, présente deux panneaux plus ou moins distincts.

Soit dans le fruit simple, soit dans le fruit composé, on y.i»«.

FRUIT

ilonnc le nom de valves ( valvw , valvulœ) aux panneaux qui, séparés ainsi par la déhiscence, reformeraient le péricarpe par un rapprochement nouveau. Les Légumineuses dont je viens de vous entretenir ont deux valves (f. H 8 ), le Delphinium AjacisiJ. 416) n’en a qu’une. On dit qu’un fruit est bivalve, trivalvc, etc., multivalvef/r. bi tri-multivalvis), suivant que, par la déhiscence, il se sépare en deux, trois, quatre, cinq, ou un plus grand nombre de panneaux. Quand la déhiscence est incomplète ( dehisc . incomplète i), et que les valves ne s’étendent que jusqu’à la moitié, au tiers, au quart de la longueur du fruit, on se sert, dans le langage technique, des expressions latines de fructus semi-bi-triquadri-quinquevalvis , usque ad medium, ad terliam, quarlam partem bi tri-quadri-quinquevalvis. Si enfin la séparation est peu sensible, on n’emploie plus le mot valve, on lui subslituc celui de dénis ( denlet ) , qui peint parfaitement ce que l’on voit alors (ex. Cerastium, Lychnis).

DéhiKpnre ries Formé de plusieurs fruits simples, le composé à plusieurs

™.t. compoR. loges, celui dont je vous entretiendrai à présent, doit nécessairement avoir des rapports, pour la déhiscence, avec le fruit simple isolé. Cependant on conçoit sans peine que, dans le composé multiloculaire, les sutures ventrales étant soudées ensemble au ceutrc du fruit, la déhiscence ne puisse commencer par elles uniquement.

Nous devons naturellement penser que, cher ces fruits, la déhiscence amènera la disjonction des carpelles qui les ont formés, et c’est réellement ce qui arrive dans une foule de cas. Souvent, en effet, la séparation s’opère longitudinalement dans le milieu de l’épaisseur des cloisons; mais tM.ucencc wp- ce milieu est, comme vous le savez, la limite des deux

tiridr.

carpelles voisins; donc, par la disjonction, les carpelles doivent devenir distincts de soudés qu’ils étaient auparavant (ex. une foule de Scrofularinées, le Hhododendrum ponli-

FRUIT

rum, l’ Hypericum h u mi fusion , le Colchicum aulumnale , f. 419, etc.).

Il est évident qu’ici chaque carpelle sera une valve, ou, si, pour être plus exacts, nous entendons seulement par valves les parties qui paraissent en dehors dans le péricarpe avant la déhiscence, chaque valve sera le milieu d’une feuille carpellaire.

La déhiscence dont il s’agita été désignée sous le nom de septicide ( dehisc . seplicida ), parce qu’il en résulte un partage dans l’épaisseur de chaque cloison.

Ce n’est pas exactement de la même manière que s'effectue toujours la déhiscence septicide; ellceslsusccptiblc dédiverses modifications. Quelquefois les carpelles se séparent tout à fait, emportant chacun scs cordons pistillaires ; d’autres fois, se séparant encore entièrement, les feuilles carpellaircs laissent au centre du fruit leurs cordons soudés en forme de colonne; d'autres fois enfin elles abandonnent, en se détachant, une portion d'elles-inémcs plus ou moins considérable. Ailleurs les carpelles ne se séparent plus entièrement ; ils restent encore unis tantôt à la base seulement, tantôt jusqu’à moitié, jusqu’aux deux tiers, jusqu’aux trois quarts; et, dans ces cas divers, la columelle chargée des placentas ne se sépare des portions rentrantes des feuilles carpellaires que dans la partie où la disjonction s’effectue.

Nous avons vu que chez les carpelles du fruit multiple, na, i„ qui ne sont autre chose quo des répétitions du fruit simple, la déhiscence ne s’opérait pas toujours de la manière la plus naturelle, c’est-à-dire par la suture ventrale : la déhiscence qui semble la plus naturelle dans le fruit composé est certainement celle qui disjoint les carpelles, et il s’en faut aussi qu’elle soit parfaitement constante. Souvent les carpelles voisins se sont tellement soudés entre eux pour former les cloisons, qu’ils ne peuvent se désunir; alors il arrive ce que

(>yo

mi.iT.

nous avons vu dans le fruit multiple du MagnoKa grandi flora (f. il"), où souvent la suture ventrale ne s’ouvre point Ct OÙ la déhiscence s’opère par la suture dorsale. Comme chaque feuille carpcllairc est en ce cas divisée dans son milieu, et que les cloisons qui unissent les feuilles ne se divisent point , il est bien clair que chaque moitié de feuille doit se trouver jointe par une cloison à la moitié de la feuille voisine; par conséquent, si le fruit s’ouvre en cinq valves, par exemple, chacune se trouvera formée de deux demi-feuilles, et la cloison qui les unit répondra nécessairement au milieu de la valve. Si nous remontons à l'origine, nous ne verrons ici, comme je viens de vous le dire, que deux moitiés de feuilles collées deux à deux par leur partie rentrante; si nous nous bornons aux apparences, nous dirons que les valves portent la cloison dans leur milieu, ou, si l’on veut, quelescloisous tombent perpendiculairement sur le milieu des valves, comme le pivot du T sur la barre transversale (ex. le Syringa culgaris, le Monolropa hypopithys, le Pyrola minor, le Pamassia palustris, le Lilium Martagon, f. 420, de.).

Cette déhiscence a été appelée loculicide(deAiscen/ia/octt/icida), parce qu’elle s’opère dans le milieu des loges et qu’elle les divise pour ainsi dire en deux. Par les mots septicidc et loculicidc ou ne peint réellement que des apparences -, et, il faut le dire, elles ont été au moins aussi bien peintes lorsque, sans s’occuper de l’acte même de la déhiscence, on n’a cherché qu’à en indiquer les résultats, en disant que tantôt les valves rentraient en dedans, ct que tantôt clics portaient les cloisons dans leur milieu ( valvulœ marginibus itUro/lexœ; valu, medio septiferœ ).

La déhiscence loculicidecsl susccptibled’uncfouledemodiiicalions diverses, cl ces modifications correspondent à peu près à celles qu’éprouve la septicidc. Tantôt, en effet, dans la

VRCIT.

première de ccs dch isccnccs, le fruilse désuni! entièrement, et tantôt il ne sc sépare que dans une partiedesa longueur. Quelquefois les valves se forment, et cependant les cloisons restent unicsà la columellc ; quelquefois, au contraire, elles entraînent, en seséparant, non-seulement lescloisons, mais encore, avec elles, les cordons pistillaircs, et il ne reste plus rien au centre du fruit (f. 420); plus souvent les cloisons se détachent des cordons qui restent soudés entre eux et présentent la forme d’une colonne; souvent aussi une partie plus ou moins considérable de la cloison reste attachée à la colonne ou columellc qui alors semble ailée; celle-ci enfin peut retenir la cloison tout entière, et la valve ne porter rien dans son milieu. Ces diverses séparations s’opèrent dans toute la longueur du fruit, lorsque les valves se désunissent entièrement; elles s’effectuent seulement dans une partie de cette longueur, si la déhiscence n’est que partielle.

On a dit que la déhiscence était septifrage (dehisc. septifragà), quand les cloisons se détachent du milieu des valves pour rester fixées au placenta; mais cette expression a été peu employée jusqu'à présent, et ne devait pas l’étre; car. ainsi que je viens de vous le montrer , la déhiscence septifrage n’est qu’une modification de la loculicidc, et clic *> s»’®" <'■»* se lie par des nuances insensibles à toutes les autres mo- ,l"<‘ difications de celte même déhiscence.

Je vous ai fait voir que, dans la déhiscence scpticide, les carpelles du fruit composé pouvaient sc séparer entièrement les uns des autres sans rien laisser au centre du fruit de ce qui les constitue. Il est bien évident qu’alors chacun d’eux représente exactement le carpelle simple, et par conséquent il peut, comme celui-ci, s’ouvrir ou rester indéhiscent. U y a plus : lors même que les carpelles qui forment le fruit composé abandonneraient, par la déhiscence, leurs cordons soudés alors en forme de colonne, et

FRUIT

que par conséquent ils sont ouverts du côté du centre, ils peuvent s’ouvrir encore à la circonférence par la suture dorsale. Ainsi nous pouvons dans le même fruit avoir tout

t.a ilrliiuenre «1 la fois les deux modes de déhiscence, la scplicidc et la

M'I'tintlf el la «le- .. . -

li ••retire lorulict lOCUllCIOC •le «lait» un même

'",i1 nécessairement un nombre de valves double de celui des

, ex. Digilalis pur pur ea. Dans ce cas, il y aura

carpelles, des cloisons et des placentas, tandis que, dans la déhiscence simplement septicide ou la loculicide, le nombre sera toujours égal.

Vous savez qu’un fruit composé (V. p. 477, 655) a deux, i . iiriiiircnrc trois, quatre ou cinq coques (fr. di-tri-quadri-quinquecoccus) , pluiiruri roqnet. quand les carpelles dont il est formé, soit deux, soit trois, soit quatre ou un plus grand nombre, ne sont soudés que par une étroite portion de leur partie ventrale, cl que par conséquent les cloisons sont extrêmement étroites. Dans ces fruits, chaque coque, lors de la maturité, se sépare de sa voisine, et tantôt il ne reste rien au centre du fruit, tantôt il y reste une columolle. On a hésité quelquefois pour savoir quel était ce mode de déhiscence, surtout lorsqu’il n’existe que deux coques. Mais puisque, en se séparant, les coques deviennent distinctes, et qu’elles ne portent, dans leur milieu, ni cloisons ni vestige de cloisons, il est bien clair que la déhiscence est ici septicide. Je vais passer à quelques exemples. Chez les Ombelliféres dont le fruit est comprimé latéralement (fr. a latere comprcssus ) (V. p. 497) et où l’on trouve deux carpelles soudés dans une faible largeur, de manière à former une cloison très-étroite, on a bien réellement deux coques ; lors de la déhiscence, la cloison se sépare dans le milieu de son épaisseur, et les deux cordons pistillaires formant une columellc divisée au sommet deviennent libres : c’est bien là une déhiscence septicide. Si nous éludions l’ovaire de nos Rubiacées indigènes, les Galium et les Asperula, par exemple, nous y trouvons deux carpelles

FHiir. fiOS

soudés do manière à former une cloison extrêmement droite, et par conséquent deux coques et deux loges; nous voyons dans chacune de ces dernières un placenta large et globuleux, et nous remarquons qu’un ovule en forme décalotte est attaché à ce placenta par tous les points de sa surface concave ; pendant la maturation les deux ovules contractent adhérence avec le péricarpe et avec la cloison , le placenta tinit par s’oblitérer en laissant un large trou au milieu de chaque graine adhérente, la cloison se sépare dans son épaisseur, chacune de ses moitiés n’offre qu’une membrane faible et fugace qui bouche l’ouverture que le placenta a laissée dans la graine, et bientôt la membrane elle-même se détruit plus ou moins à son tour : ici nous avons évidemment encore une déhiscence septicidc. Cette déhiscence serait à peu prés celle des Labiées et des Jtoraginées, puisque la séparation, chez ces plantes, se fait entre les loges.

Jusqu’ici nous avons uniquement considéré la déhiscence dans les fruits composés multiloculaires ; nous allons voir La Jcllitcenre

«1.11»» l<*« finit»

à présent ce qu’elle est dans ceux qui, également composés, ‘""llHU ne présentent qu’une loge. Il est bien clair que, chez ces derniers, la déhiscence s’opère seulement à la périphérie du fruit, puisque c’est là qu’est le péricarpe tout entier. Tantôt celui-ci se divise plus ou moins profondément outre les feuilles carpcllaires ; tantôt il se partage par le milieu des sutures dorsales ; tantôt, enlin, il y a tout à la fois disjonction entre les feuilles cl les sutures.

Dans les ovaires composés uniloculaires à placentas pariétaux, c’est généralement, comme vous le savez (V. p. 481 ,i.„. etsuiv.), sur le bord des feuilles carpellaircs que se trouvent les graines; donc, chez lesfruits qui succèdent à ces ovaires, lorsque la déhisccucc se fait par le milieu des placentas de manière à laisser les graines sur le bord des valves, ellcs’o pcrc réellement entre les feuilles, et alors chaque valve com-

khi ir.

prend une feuille toul entière (ex. Swertiapermnis,f.\2\). Par la même raison, quand nous trouvons les placentas sur le milieu des valves, il est évident que la déhiscence s’est effectuée par le milieu des sutures dorsales, que les feuilles sontreslécs unies par leurs bords, que chaque valveest formée de deux moitiés de feuilles carpcllaires, et chaque placenta par conséquent de deux moitiés de placentas marginaux (ex. Viola Rolhomagensis, f. 422). Lorsque la séparation s’effectue chez les fruits uniloculaires à placentas pariétaux par le milieu de ces derniers, ou, si l’on veut, entre les feuilles carpcllaires , elle doit nécessairement être l’analogue de la déhiscence septicidc des fruits multiloculaires, car celte dehisccncc sépare aussi les feuilles carpcllaires les unes des autres. D’un autre côté, par la déhiscence loculicidcdcs fruits à plusieurs loges, chaque feuille, comme vous savez, se partage en deux dans le milieu de la suture dorsale ; or c’est là ce qui arrive également chez les fruits uniloculaires, quand 1rs valves portent les placentas dans leur milieu; donc ici nous avons l’analogue de la déhiscence loculicidc. Nous dirons en deux mots, pour nous résumer, que les deux déhiscences, la seplicide et la loculicidc, sc trouvent représentées dans les fruits uniloculaires à placentas pariétaux, la première par ceux de ces fruits chez lesquels on voit les graines sur le bord des valves , la seconde par ceux qui nous montrent les semences sur le milieu de leurs valves.

>Un> feux a | la Dans les fruits uniloculaires à placenta central , nous

u»U ccuUmI. . . « . ,1 * 1*

n avons plus de graines sur les valves pour uous indiquer li nature de ces dernières; mais, si nous voulons la connaître , nous pourrons avoir recours à la position des valves et des folioles calicinalcs : en effet , nous savons que les carpelles, opposés aux pétales, alternent avec les pièces du calice ; si la déhiscence est l’analogue de la seplicide, c’està-dire si la valve comprend une feuille carpcllairc tout

FRUIT

entière, elle alternera avec les pièces du calice , et , dans le ras contraire , elle sera opposée. Que les valves du fruit uniloculaire à placenta central libre se trouvent égales en nombre aux folioles du calice, la déhiscence sera l'analogue, soit de la seplicidc, soit de la loculiridc; qu'il existe un nombre double de valves, il y aura séparation entre les feuilles carpcllaircs et aussi entre leurs sutures , et alors lu déhiscence sera l'analogue tout à la fois de la loculicidc et de la scpticide.

Le plus ou moins de profondeur des valves s'indique- dans les fruits uniloculaires de la même manière que chez ceux à plusieurs loges j mais, quand le placenta est central, le péricarpe offre, beaucoup plus souvent que celui des fruits multiloculaires, au lieu de valves, des dents qui forment une sorte de couronne autour d’un trou terminal ; ex. plusieurs Primulacécs, plusieurs Caryophyiiées.

Que la déhiscence s’opère par le milieu des loges ou dans l’épaisseur des cloisons, les valvesse séparent le plus souvent de haulenbas. Le contraire, cependant, arrive chez un assez bon nombre de fruits, comme le prouvent les Crucifères (/". 373) , les Chelidonium ( f . 372) , les Géra niées , le beau genre Lavoisiera et d’autres Melastomées , etc.

La déhiscence loculicide et la déhiscence scpticide, que quelques auteurs comprennent sous le nom générique de valvaire ( dehisc . valvaris), sont celles qui se montrent le plus ordinairement ; tous les fruits, néanmoins, ne sont pas soumis à l’une ou h l’autre; quelques-uns obéissent à des mécanismes qui ne diffèrent pas moins entre eux qu’ils ne diffèrent de ceux que je vous ai fait connaître jusqu’à présent.

Je vous ai montré que certains calices articulés dans leur propre substance se séparaient horizontalement en deux pièces ; je vous ai fait voir la même singularité dans quelques

Le plutàu moins de profondeur de»

valve» dans Ici fruits composé* uuilociilairr».

Valvr» ve s, pavant «le |<a» eu

liant .

Drliivfenrt

vrrsalr .

Fttl'IT.

corolles: nous la relrouvonsdans plusieurs péricarpes, telsquc ceux des Mourons, des Plantai nsel de la plupart des Amarantes (A na^a/Zis, ex. A. artensis , f. 123, Plantago, Amaran thus). On dit des fruits chez lesquels s’observe celte déhiscence, qu’ils s’ouvrent transversalement ou en boite àsavonnctle ( fructus circumscissus) , et la déhiscence elle-même prend le nom de transversale {dehisc. transver salis). Lorsque le calice est soudé avec le fruit, que ce dernier reste libre à sa partie supérieure, et que la déhiscence s’opère transversalement au-dessus du point où l’envclope calicinalc cesse d’adhérer, la portion libre et supérieure du péricarpe forme sur l’inférieure une sorte de couvercle, et alors ou dit que le fruit est operculé (fr. operculatus , ex. Couratari, Lecythis).

A la déhiscence transversale doit être rapportée celle de certains fruits simples qui se séparent en autant de pièces qu’ils contiennent de semences ( Legumina in articulas dehiscentia), tels que ceux des Coronilla et des Hedgsarum. Chaque pièce ou article semblerait représenter ici deux des folioles d’une feuille composée.

DrlmrriuVi <li- Outre la déhiscence transversale, on a encore distingué Inalr, basilaire* celle qui s’opère par des trous ou des pores ( dehisc. a paris , a foraminibus) , et l’on a dit qu’elle pouvait être apicilaire , latérale, basilaire (apicilaris , lateralis , basilaris) , suivant que les ouvertures se formaient au sommet , sur les côtés ou à la base du fruit. Mais , ainsi que vous allez le voir, on a confondu ici des choses fort différentes, comme on en a distingué d'autres qui ont entre elles la plus grande analogie. Dans les Saxifrages (Saxifraga , ex. 5. umbrosa, f. 423), les deux carpelles soudés inférieuremeul sont libresà la partie supérieure, ou, si l’on veut, le fruit est à deux têtes (capsula dicephalà) ; lors de la maturité, la suture ventrale se partage dans l'une et dans l’autre tête, s’arrèlan tau point où la cloison commence -, et, comme les deux têtes sc sont étalées , les

im ir.

doux ouverlurcs sc confondent pour en former une seule , qui est allongée et semble terminale : ici la déhiscence s’est opérée dans la partie libre de chaque carpelle de la même façon qu’elle s’effectue chez les carpelles des fruits multiples, et si les deux télés étaient restées droites, au lieu de s’étaler, on n’aurait pas eu un trou unique et terminal. Comme dans les fruits des Saxifrages, nous trouvons au sommet de ceux d’une foule de Caryopliyllèes une ouverture que l’on a également rapportée à la déhiscence apicilaire ; mais, ainsique nous l’avons déjà vu (V. p. 688), elle n’est réellement que le résultat d’une déhiscence valvaire qui a très peu de profondeur. Les fruits du Jasionc montana et du Campanula hederacea présentent aussi une ouverture terminale; cependant il s’en faut bien qu’elle ait la même origine que le trou apicilaire des Caryophyllées ; daus la première de ces plantes, le Jasionc montana , l’axe central ou columelle sc compose de deux faisceaux vasculaires, et, dans la seconde, il se compose de trois ; lors de la maturité, ces faisceaux endurcis s’écartent à leur sommet du centre vers la circonférence ; ils repoussent vers le limbe du calice adhérent toute la partie du péricarpe qui se trouve entre eux et ce môme limbe, cl donnent ainsi naissance au trou apicilaire par lequel les semences s’échappent. Dans les Phyteumaspicata et orbicularis , les Campanula glomerala , rotundi folia, et Trachelium , nous ne voyons plus de trou terminal, mais le fruit nous offre des ouvertures latérales rapprochées de sa base et toujours en nombre égal à celui des cloisons ; ces dernières sont formées, en tout ou en partie , d’une nervure très-forte; quand les graines ont atteint la maturité , les deux ou trois nervures s’éloignent avec élasticité de l’axe central , sc courbant de bas en haut, elles emportent avec elles la partie du péricarpe qu’elles rencontrent, et, de cette manière, elles produisent un nombre de déchirures égal au leur. Ce n’est

FRUIT

plus à la bascdufruil, c’est immédiatement au-dessous de son sommet que sc trouvent les trois ouvertures du Prismalocarpus Spéculum , et cependant elles sont dues au même mécanisme que les trous formés à la base du péricarpe des autres Campanulacécs dont je vous ai entretenus tout à l’heure-, la seule différence consiste en ce que les nervures auxquelles est duc la déhiscence, ne descendant guère au-dessous de la sixième partie du péricarpe, ne sauraient former de déchirure que dans le voisinage de son sommet. Nous avons doue, dans le Primai ocarpus, des trous dits latéraux produits parla même cause que les trous basWaiTL'sduCampanulaglomerata; a présent je vais vous montrer des ouvertures ialéralesqui ont une tout autre origine que celles du Prismalocarpm Specu- Imn. Dans les Antirrhinum la déhiscence n’est ni loculicideni seplicide(ex. A. ma jus, f. 425)$ elle s’opère par deux ou trois petits trous ou pores dont l’un sc forme un peu au-dessous du sommet de la feuille carpellairc supérieure , et l’autre ou les deux autres dans la feuille inférieure} il est à observer que ces pores ne sont point, comme on pourrait le croire, le résultat d’une déchirure irrégulière ; une ligne circulaire les indiquait déjà, avant la maluritédes carpelles, dans le tissu ccllulairedeces derniers, et par conséquent ils sont le résultatd’une organisation essentiellement providentielle dont le seul but est la déhiscence. On désigne aussi les Papaver comme ayant des Irons latéraux ( f . 392) ; mais ces trous ne paraissent tels que parce qu’ils sc forment au-dessous d’un style persistant, pcllé, et par conséquent d’une forme insolite. Si le style se détachait, nous ne verrions plus ici qu’une déhiscence valvaire très-peu profonde , qui , s’opérant entre les placentas d'un fruit uniloculaire, est analogue à la scplicidc. Dans tous les exemples que je viens de vous citer, uous avons, cela est incontestable, une ou plusieurs ouvertures de peu de largeur ; mais si , ne tenant aucun compte des circonslan-

FRUIT

ces si differentes qui ont amené ce caractère , nous voulions sérieusement grouper, d’après lui seul , les fruits qui nous l’offrent , nous retournerions véritablement à l’enfance de l’histoire naturelle ; nous nous ôterions le droit de blâmer ceux qui prennent pour un péricarpe le calice de la Rose ou le pédoncule de YAnacardium, et prétendent que le Figuier donne des fruits sans avoir eu des fleurs.

Nous venons de voir tout à l’heure, dans les fruits du Prismatocarpus Spéculum, des Phyteuma spicata et orbicularis,ctc., de véritables déhiscences; mais, dues chacuneà une cause uniforme, elles s’opèrent avec une régularité constante.

Dans d’autres fruits qui ont été appelés ruplilcs(/r. rupliles), Kruiu ltl|,lil la déhiscence sc fait par un déchirement tout à fait irrégulier (dehisc. a ruptura), par exemple celui des Talauma, dont le péricarpe sc sépare en plaques épaisses et sans forme arrêtée. Chez les Linaria, où les cloisons sont soudées intimement et où le péricarpe fort mince est également ruptile, il conserve pourtant quelque régularité, car c’est du haut en bas qu’il sc fend en lanières, et du moins, dansccrtaines espèces, le nombre de ces lanières parait être constant.

§ VII. — Classification des fruits.

D’après tout ce qui précède, il est clair qu’il existe entre les fruits un nombre prodigieux de différences, cl pourtant je suis loin de vous les avoir signalées toutes. Néanmoins, au milieu de tant de modifications diverses, un certain nombre de formes sc reproduisent assez souvent pour pouvoir fixer d’une manière plus spéciale l’attention de ceux qui ont l’habitude d’observer. Les anciens avaient même appliqué à plusieurs d’entre elles des expressions qui faisaient partie du langage vulgaire, tcllcsquc bacca, si tiqua, legumen

FRUIT

el pomum. Ou retrouve ces expressions et d’autres encore dans les écritsdes botanistes quionlprècédél’inlroductiondu système sexuel, et si, en réalité, les fruits auxquels elles étaient appliquées différent souvent beaucoup les uns des autres, il n’en est pas moins vrai que quelque caractère commun, tout léger qu’il peut être, tend à les rapprocher. „"',r,ciU’° d' Linnæus fut le premier qui groupa les fruits avec art et méthode^ et, quoique sa classification laisse beaucoup à désirer, elle porte cependant l’empreinte des qualités qui distinguaient si éminemment le génie immortel de sou auteur, la précision et la clarté. Je vais vous les citer ici textuellement :

Capsule ( capsula ) : fruit creux s’ouvrant d’une manière déterminée.

Siliquc ( siliqua ) : deux valves; des semences attachées aux deux sutures.

Légume ( legumen ) ; deux valves ; semences attachées à une seule des deux sutures.

Follicule ( folliculus ) (l) ; péricarpe h une valve, s’ouvrant longitudinalement d’un seul côté cl se détachant des semences.

Drupe ( drupa ) ; fruit charnu, sans valves, contenant un noyau.

Pomme ( jtomum ) ; charnue, sans valves, conlcnaut une capsule.

Baie ( bacca ) ; charnue, sans valves, contenant des semences nues.

Strohile ( strobilus ) ; chaton changé en péricarpe, hile ctt adopter Jussieu respecta la terminologie de Linné avec le mémo

ur JuMÎrH . . .

scrupule qu’il respecta scs genres, et pourtaul son livre pro-

(l) Linné avait d’abord indiqué ee fruit sous le nom de concrptaculum auquel il a ensuite renoncé.

FRUIT

duisit une révolution non-seulement dans la botanique, mais encore dans les autres branches de l'histoire naturelle; tant il est vrai que la science n’est point dans les mots, ni dans les divisions mille fois subdivisées.

A l’époque où Jussieu publiait son Généra plant arum (1789), Gaertner s’occupait d’une manière spéciale de l’élude des fruits et faisait paraître sur la carpologie (1788-91) un ouvrage que l’on doit regarder comme un chef-d’œuvre d’observation et surtout de patience. Gaertner, dans cet ouvrage, développe la plupart des*détinilions de Linné, et ajoute quelques fruits à ceux qu’avait admis l’immortel Suédois. Voici ceux que l’on trouve indiqués dans son livre:

1 . Capsule ( capsula ) : péricarpe membraneux ou ligneux, quelquefois indéhiscent, mais s’ouvrant le plus souvent en plusieurs valves. Ses variétés sont :

a. Ulricule (utriculus) : capsule mince, transparente, uniloculaire indéhiscente cl à une seule semence; ex. Chenopodium, Alriplex, Adonis.

b. Samare ( samara ) : capsule indéhiscente, ailée, à une ou deux loges; ex. Ulmus , Acer, Banistcria.

c. Follicule (folliculus ) : capsule double, membraneuse ou coriace, dont chaque moitié, à une loge et à une valve, s’ouvre du côté intérieur, présentant ses semences ou sur les deux bords de sa suture ou sur un réceptacle commun aux deux bords; ex. Asclepias, Vinca.

2. Noix (nux) : péricarpe dur, indéhiscent, ou n’étant point divisé en plus de deux valves; ex. Nelumbium , Tiorago, Anacardium.

3. Coque (coccum) : péricarpe compose de pièces sèches et élastiques ( cocculi ); ex. Diosma, Diclamnus, Euphorbia.

i. Drupe ( drupn ) : péricarpe indéhiscent, avant une écorce variable, mais d’une substance fort différente de

FRUIT

celle d’un noyau intérieur et osseux ; ex. Lantana, Prunus, Coccos.

5. Baie ( bacca ) : tout péricarpe plus ou moins mou, qui ne s’ouvre point en valves régulières et ne contient pas un noyau unique Vjui lui soit adhérent.

La baie comprend les variétés suivantes :

a. Grain (acinus) : baie molle, succulente, un peu transparente, uniloculaire, contenant une ou deux semences dures, telles que les grains de Raisins, de Groseilles, etc.

b. Pomme (jmmutrfJ : baie succulente ou charnue, à deux ou plusieurs loges dont les cloisons cartacécs ou osseuses adhèrent à l’axe ; ex. la Poire, le Coing, etc.

c. Pepon ( pepo ) : baie charnue, dont les semences sont éloignées de l’axe et attachées à la paroi du péricarpe; ex. Concombre, Passiflore.

6. Légume (Jcgumeri) \ péricarpe membraneux ou coriace, le plus souvent oblong, bordé d’une suture longitudinale, et dans lequel les semences sont attachées d’un seul côté aux bords des valves ; ex. les fruits des Légumineuses.

7. Siliquc, siliculc ( siliqua , silicula ) : péricarpe sec, le plus souvent bivalve, qui des deux côtés contient des semences attachées à un réceptacle filiforme interposé entre les valves; les fruits des Crucifères.

La terminologie de Gacrtncr a été consacrée non-seuicment par son propre ouvrage, mais encore par ceux de plusieurs autres auteurs; cependant il faut convenir que scs définitions n’ont pas toute la clarté désirable, et que ne remontant point à la composition primitive des fruits , il a souvent confondu les choses les plus différentes, comme aussi il en a distingué qui ont entre elles les plus grands rapports.

Pendant longtemps on avait cru , comme vous savez (p. 670), qu’il existait un grand nombre de semences sans

fruit.

péricarpe; mais jusqu’alors on avait fait peu d'attention à la structure intérieure de l’ovaire; on s’en occupa enfin, et l’on reconnut qu’aucune semence n’était nue. Alors on se crut obligé de don lier des noms aux péricarpes que l’on avait pris pour des graines sans enveloppe, et l’illustre Louis-Claude Kichard proposa ( 1 808) ceux d’akéne (akenium) et de caryopse ( caryopsis ). Pour lui l'akène est un fruit sec ou sans chair notable, indéhiscent, monosperme , dont la graine n’adlière pas au péricarpe le caryopse est un fruit également sec, indéhiscent et monosperme , -mais dont la semence est adhérente.

A cette époque , les botanistes portaient généralement leur attention sur le fruit et la semence, que, pendant de très-longues années, on n’avait pas étudiés avec assez de soin. A peu près dans le même moment (1813), MM. Mirbel et Devaux s’occupaient «à grouper les fruits en classes , en ordres et en genres ; mais ils n’adoptèrent point des principes semblables, et l’on eut deux classifications comme deux nomenclatures entièrement différentes. Linné avait admis 7 espèces de fruits; Gaertner en avait porté le nombre à 13, en y comprenant les variétés; M. Mirbel proposa 21 genres de fruits, et M. Desvaux 45 ; beaucoup plus récemment (1833), M. Dumorticr en a compte 33 , cl enfin M. Lindiey 36.

Sans se livrer, comme ces savants botanistes, à une étude approfondie des péricarpes et des semences , tous ceux qui ont écrit des livres élémentaires se sont pourtant vus dans la nécessité de dire quelque chose des fruits. Il en est peu qui aient exactement suivi leurs prédécesseurs , et une foule de combinaisons différentes ont été proposées et rejetées tour à tour. Quelques auteurs ont eu l’heureuse idée de remonter il l’organisation primitive ; mais, fort souvent , dans les exemples qu’ils ont cités . ils

li’llrnr rt le rirvopn- Je |< -L Milliard .

('.Iiuifiraliont

ritèrifMiTi à celde Gantner

l-a confusion • introduit dans In

rLmilicntion Je»

frint*.

FRCIT.

ont confondu cc qu’en principe ils avaient distingué d’abord ; d’autres, voyant que la maturation amenait les ovaires les moins analogues à devenir des fruits presque semblables, n’ont eu égard qu’à la structure du fruit parfaitement mrtr; tel observateur a attaché une grande importance à l’adhérence du calice, tel autre a fait peu de cas de ce caractère; les choses les plus différentes ont été rapprochées , et aux mêmes choses on a donné des noms entièrement différents. La noix a été tour à tour un noyau , une partie de fruit , un fruit simple cl monosperme , adhérent ou non adhérent à la graine, un fruit composé uniloculaire et à une seule semence, un fruit composé pluriloculairc polysperme adhérent ou non adhèrent au calice. Ce qui, pour Louis-Claude Richard , distinguait le caryopse de l’akène , c’était l’adhérence du péricarpe à la semence.; d’autres auteurs , voyant que l’on trouve tous les intermédiaires possibles entre l’adhérence la plus intime et l’absence de toute soudure, n’ont tenu aucun compte de ce caractère, et conservant néanmoins les noms de caryopse et d’akène , ils ont donné le premier à tout fruit indéhiscent et monosperme qui n’est point soudé avec le calice , et celui d'akène aux fruits qui présentent les mêmes caractères, mais n’adhèrent point à l’enveloppe calicinalc ; de simples portions de fruits ont été tantôt des akènes et tantôt des caryopses ; enfin, quoique Richard eût défini l’akène comme un fruit monosperme et par conséquent uniloculaire , quelques savants ont admis des akènes à deux loges. On pourrait multiplier presque à l’infini les exemples de ce genre ; je me contenterai de dire , en deux mots, que la classification des fruits est arrivée à un degré de confusion que n’a encore atteint aucune des parties de la science. Gardons-nous bien cependant de blâmer les auteurs qui se sont livrés à cc genre de travail; il est résulté de leurs recherches une foule d’observations impor-

khi. i r.

7 or»

tantes, et leurs essais cusscnt-ils servi uniquement à démontrer que les caractères des fruits sc nuancent si bien entre eux , que celle partie de la plante échappe à une classification rigoureuse , ce serait encore un service qui aurait été rendu à la science, car toute vérité, de quelque nature qu’elle soit , contribue à l’épurer et à l’agrandir.

M. Link a lait observer autrefois que, puisqu’on ne donne des noms particuliers qu’aux parties bien distinctes ou, tout au plus , à des verlicilles d’organes de même nature , il est peu rationnel de désigner, par des termes spéciaux, les diverses modifications que présentent les fruits. Cette remarque est de la plus parfaite justesse; cependant on a attaché à certaines formes des expressions si généralement admises qu’on ne peut plus les rejeter aujourd’hui. Il faut convenir d’ailleurs que res expressions , capsule, légume, silique, drupe et baie, étant destinées à rappeler les caractères les plus communs, ont l’avantage extrême d’empêcher le retour fastidieux des mêmes périphrases.

On peut définir le Légume ( leyumen ) uu fruit simple et sec qui s’ouvre en deux valves par le milieu des deux suturcs.

Le Diilpe ( drupa ) est un fruit simple ou composé qui , charnu à l’extérieur, présente intérieurement un ou plusieurs noyaux uniloculaires ou à plusieurs loges.

La Baie ( bacca ) est un fruit succulent, simple ou composé, dans lequel il n’existe pas de noyau.

La Capsule ( capsula ) un fruit compose sec , à une ou plusieurs loges, cl déhiscent.

La Silique (siliyua) un fruit sec et biloculairc où les semences sont attachées, dans chaque loge , sur les deux bords d’une fausse cloison , et qui s’ouvre en deux valves.

Comme l’a très-bien montré Louis-Claude Richard , le fruit doit être étudié dans l’ovaire ; là on parvient à décou-

Di-finitiou al «-« in» » voilfv 1 fruit*.

rauiv.

iirPir, p.- vrir sa véritable structure. Le botaniste qui décrit doit donc

.'i i . «ni vint ibM nous faire connaître, avec le plus grand soin, le fruit nais-

Page 1