‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 27 sur 102 · ÉBAVCHAGE SUR LE TOUR. ~ TOURNAGE · texte numérisé non relu

ÉBAVCHAGE SUR LE TOUR. ~ TOURNAGE

Dans les pays où les arts céramiques sont avancés, dans ceux où le tour est connu , pour les pièces dont la dimension n'est pas très^onsidérable et dont les surfaces intérieures sont, de même que les surfaces extérieures, des surfaces de révolution , l'ébauchage sur le tour est employé de préférence à l'ébauchage à la main ; on appelle surfaces de révolution celles qui sont engendrées par une ligne droite ou courbe, plane ou à double courbure tournant autour d'un axe fixe. Le tour permet d'obtenir ces formes avec une grande célérité , un succès à peu près certain , une économie notable.

Tour. — Le tour des potiers offre, dans sa simplicité primitive, un des instruments les plus anciens de l'industrie humaine; connu de toute antiquité des Chinois, il l'était des Égyptiens près de deux mille ans avant Jésus-Christ. On attribue à Talus, qui vivait vers laoo avant l'ère chrétienne, l'introduction du tour en Europe par la Grèce. On croit que le Scythe Ânacharsis perfectionna cet instrument, que quelques auteurs regardent comme importé par les Pélasges et les Scythes de la Bactriane. Les poteries grecques

d'Ëgine, de Samos, de la Grande Grèce , de l'Italie méridionale, de l'Espagne et du nord de l'Afrique , celles de l'empire romain , quelque anciennes qu'elles soient , montrent des traces évidentes du tour au moyen duquel elles ont été façonnées. Dans le nord et l'ouest de l'Europe , on ne trouve de traces de cet instrument que sur les pièces de petite dimension; car les jattes, les cuviers, les amphores n'ont été faites que par le procédé des colombins, sur lequel nous venons d'insister. Il est à présumer que le tour était inconnu dans les deux Amériques , car aucune des pièces provenant des indigènes de ces pays, Caraïbes, Mexicains, Chiliens, Péruviens, n'indique l'usage du tour à potier.

Le tour simple , en prenant pour exemple le tour du potier de terre commune , se compose d'un axe vertical surmonté d'un plateau sur lequel on ébauche la pièce, et d'une roue mise en mouvement tantôt avec le pied , tantôt au moyen d'un bâton que l'ouvrier tient à la main , tantôt avec une manivelle que des enfants ou des femmes mettent en mouvement. Dans la fabrication de la porcelaine, le tour qu'on peut regarder comme bien perfectionné se met en mouvement par le pied de l'ouvrier; le plateau qu'il fait tourner remplit en même temps l'office de volant.

Dans quelques fabrications grossières où la roue du tour est une vieille roue de voiture, c'est à l'aide d'un bâton que le mouvement est imprimé. Lorsque la fabrication a pour objet des pièces ou plus parfaites ou plus grandes , il convient d'ajouter au tour une plus grande force, quoiqu'il conserve le caractère des roues à jantes et à rayons.

Lorsque l'ouvrier doit exécuter de grandes pièces, et qu'il n'a plus la force de mettre en mouvement, simplement avec son pied , la roue massive de son tour, on fait tourner tout le système par un autre ouvrier à l'aide d'une manivelle ou de tout autre moyen mécanique.

Dans plusieurs manufactures de porcelaine , un moteur puissant (machine à vapeur, cours d'eau, manège) fait mouvoir simultanément tous les tours d'un même atelier; il faut, toutefois, ménager à chaque tourneur la possibilité de ralentir ou d'accélérer, d'arrêter même le mouvement de son tour sans gêner en rien le travail de ceux qui façonnent à ses côtés. On y arrive au moyen de freins qui sont placés à proximité de chaque tour et qui permet-

tent de régler le mouvement des arbres indépendamment les uns

des autres.

Dans le tour à porcelaine [fg, 128), Tarbre en fer A est engagé dans une fusée de bois qui reçoit le plateau inférieur qui sert de roue. Une traverse B fixe cet axe dans une position verticale au moyen d'un collier C; la tète du tour D, qu'on appelle ^• relie y reçoit les ballons à façonner ou le rondeau sur lequel les pâtes sont ébauchées. Uaxe est vissé sur une armature de fer sur laquelle on a coulé du plâtre pour former la girelle.

On se fait une idée bien exacte du collier {fig, 129), qu'on peut enlever à volonté : une vis E , engagée dans un écrou fixé par les boulons F, serre à volonté les coussinets G qui maintiennent Tarbre Â. La fusée de bois est con- Fig. «9. solidée par des frottes de fer H, H {fig, 1 28) ..

La partie inférieure de l'arbre tourne dans une crapaudine en bronze {fig. i3o) clouée par deux pattes C.

Dans le tour du fabricant de grès cérame [fig, i3i), la girelle A se trouve fixée solidement sur un moyeu B en chêne, consolidé jpar des frottes en fer; le moyeu en chêne sert d'attache à des rayons C, C qui soutiennent une roue D faisant fonction de volant.

Le moyeu est creux (y%. i32); il reçoit dans sa cavité l'arbre du tour E dont l'extrémité supérieure se termine par une crapaudine en bronze dans laquelle tourne un pivot solidement engagé dans la tête du moyeu ; l'épaulement E résiste au frottement de la partie inférieure de l'axe. La planche F {fig. i3i) est le siège du tourneur.

Quelles que soient la disposition du tour et la manière dont on le met en mouvement, la girelle est ordinairement entourée de planches, sur lesquelles le tourneur dépose les pièces qu'il a fabriquées, ainsi que les outils dont il a besoin «

Flg. 190.

cIô

S'il De met pas lui-même son tour en mouvement , si son tour

Flg. 181.

Fl«. 18Î.

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