IT
reçoit le mouvement d'une manivelle qu'un enfant fait tourner, l'ensemble du tour offre les dispositions suivantes , que nous re-
Flg. 1S8.
présenterons en élévation ^fig. i33), en plan {^g, i34), avec quelques détails (^g. i35).
rig. 1S4.
1 ne
tu
L'axe du tour A est une simple barre de fer qui passe entre les jambes de l'ouvrier assis sur une planchette B et qui a les pieds II. 8
posés sur les pièces de bois CC; le porte-mesure D est placé sur le fond du coffre E qui sert de table et que traverse Taxe du tour ; la girelle est, dans ce cas , à peu près à la hauteur des genoux du
tourneur ; cette disposition est ordinaire aux tourneurs de terre de pipe ou de poterie anglaise.
Une corde enroulée sur des poulies de diamètre différent G, F, fixées sur l'arbre, permet de faire tourner Taxe avec une rapidité plus ou moins grande; la corde se croise en G dans des gorges de poulies afin de changer le mouvement vertical de la roue en mouvement horizontal et s'enroule sur la roue motrice H tournant elle-même autour de son arbre dans des tourillons I, I, et recevant le mouvement d'une manivelle J.
La roue est maintenue sur un châssis K qui peut s'éloigner ou se rapprocher du tour et qu'on charge au moyen de pierres L. Une tablette M surmonte le coffre du tour et sert à soutenir la planche sur laquelle le tourneur place les pièces aussitôt qu'il les a détachées de la girelle de son tour.
On peut suivre (/)». 1 35) les détails du tour proprement dit. La girelle A repose sur l'arbre en fer qui pivote par le bas dans la crapaudine B, et par le haut dans les coussinets C , C. Dans la disposition particulière que nous avons choisie, l'un des Fig. 186. coussinets reçoit la pression d'une
A longue tige à oreille D [fig. i36) qJ TK^ ^^^^ ^^ ^*^ s'engage dans un écrou qui
"* fait partie des montants verticaux du bâti du tour, ou qui est boulonné sur ces montants. La tige D traverse alors l'épaisseur de la planche qui renferme le coffre du tourneur.
La crapaudine D [fg. 137) est solidement fixée sur les traverses du bâti du tour par quatre clous ou quatre
Fig. 187.
boulons; ces derniers valent mieux que les clous qu'il est souvent difScile d'arracher quand on veut remplacer la crapaudine.
Dans la fabrication des poteries communes , cette crapaudine est faite simplement avec un silex légèrement concave dans la cavité duquel repose l'extrémité de l'arbre du tour. On g&che , pour la sceller sur le carreau , deux poignées de bon plâtre ; on l'applique sur le carrelage , on pose dessus le caillou dont le centre doit être réglé de manière à correspondre à l'axe passant par le centre des coussinets ; on doit vérifier, au moyen d'un fil à plomb , si le silex est bien à sa place avant que le plâtre ait durci.
Souvent le tour est fixé , d'une manière très-solide , à la place que le tourneur occupe ; mais il y a quelques avantages à donner au tour assez de base pour qu'il soit solidement établi quoique mobile ; on peut adopter aussi toute autre disposition que celles que nous avons déjà mentionnées pour réunir l'arbre et la girolle ; cette dernière partie est quelquefois en bois légèrement arrondi sous forme de goutte de suif; d'autres fois elle est en plâtre et parfaitement plane.
On voit (fig. i38) un tour mobile à girolle en bois. Sur la tète
du tour A on a cloué l'armature en fer B qui réunit l'arbre et la
Fig.iss. girelle au moyen d'un pas de
vis et d'un écrou. L'arbre est
supporté par une crapaudine C,
soit à deux oreilles (fig, i^),
soit à quatre boulons [Jig. 137].
Cette crapaudine est fixée sur
les traverses qui consolident le
bâti triangulaire à trois pieds
formant l'ensemble du tour.
L'arbre est tourné; il s'engage
dans l'espace réservé par deux
coussinets D, qu'on rapproche
à volonté par l'intermédiaire d'un pas de vis.
L'armature de fer B qui réunit l'arbre et la girelle du tour est vue en dessous [fg, iSg).
En Chine , la disposition des tours est différente ;' l'axe du tour est vertical et fixé sur une roue dentée qu'un enfant fait tourner à la main en chassant les dents dans un même sens. Quelquefois,
Tenfant debout fait tourner la roue avec les pieds, en se tenant suspendu par une corde qui pend du plafond ; souvent enfin c'est au moyen d'un bâton que le tourneur fait mouvoir son tour. Dans quelques circonstances , enfin , la roue du tour entraîne Taxe dans un mouvement de rotation circulaire alternatif qu'elle reçoit d'une corde enroulée sur son épaisseur, et qu'un enfant tire tantôt dans un sens , tantôt dans Tautre.
Tournage proprement dit. — Nous supposerons que le tourneur reçoit sa pâte bien broyée , bien malaxée et dans l'état convenable pour une bonne fabrication ; la pâte est livrée sous forme de ballons de grosseurs variables pesant environ 20 à 25 kilogrammes.
Ballons. — Les ballons sont des masses de terre que le marcheur façonne à la main sous forme de gros cylindres ou de carrés longs : après avoir bien battu, divisé, soudé ces ballons, après les avoir coupés et recoupés avec le y?/ de laiton pour s'assurer qu'il n*y a plus ni bulles , ni corps solides étrangers qui souillent la pâte, il prépare les balles.
Fil de laiton. — Le fil de laiton (fig, i4o) est un fil A enroulé Fig.iM. P^r S6S deux extrémités sur deux petits bouts de bois B, et dont le potier se sert comme d'un couteau pour séparer la pâle avec une grande netteté.
Baiief . — Les balles sont des masses de pâte provenant de la division des ballons, d'un volume convenable pour le façonnage de chacune des pièces que le tourneur doit produire. Avant de fixer la grosseur des balles , le tourneur doit ébaucher une pièce afin d'en mieux préciser le volume. A cet effet, il forme une balle comme il lui semble convenable ; il en ébauche une pièce semblable au modèle qu'on lui donne; il en prend la hauteur et la largeur avec un compas , en donnant à la pièce qu'il fait des dimensions ^* augmentées du retrait que la terre doit avoir étant cuite. Ce retrait est variable avec la nature de la pâte ; il varie généralement entre les limites de seizième à dix-neuvième.
Trait. -- Dans les fabriques bien établies , on évite cette recherche en donnant au tourneur le trait exact , augmenté de la retraite, suivant lequel il doit ébaucher la pièce. Dans les fabriques
de porcelaine ce trait indique non-seulement le profil de la pièce,
Fig.ui. mais encore l'épaisseur rendue visible
rr — ' \ au moyen d'une coupe (fig, 141). A est
^^^^ T le trait d'une tasse tournée , B celui de
sa soucoupe : la partie faite à l'encre de
Chine indique exactement l'épaisseur de
la pièce.
L'ébauche de la soucoupe est représentée [fig. 1 42) en coupe B.
Vorte-meture. — Pour h&ter son travail , le tourneur dispose sur la table de son tour, à portée de sa main , vis-à-vis de la girelle , le porte-mesure ou chandelier de jauge, qui lui permettra de façonner toutes ses pièces sous le même volume, avec les mêmes dimensions.
Ce chandelier de jauge est variable dans sa forme avec chaque fabrication , avec les habitudes du tourneur. Pour le façonnage des poteries communes, il consiste en deux petits morceaux de baleine horizontaux appliqués avec de la pâte molle contre une petite colonne de bois. De ces deux morceaux de baleine, rendus flexibles par les extrémités qui touchent à la pièce, l'un est placé vers le bas, il désigne la largeur; l'autre vers la partie supérieure, il marque la hauteur.
Fif . 141.
Fif. lU.
Quelquefois, le porte-mesure est formé [fig. 143 et 144) d'un socle A, soit carré, soit elliptique , servant de support à la tringle B, présentant une rainure dans laquelle peut glisser une tringlette de bois C qu'on fixe à la hauteur voulue par une petite virole D.
La hauteur à laquelle la tringlette est fixée (fig. 144) donne la hauteur de la pièce.
Le chandelier de jauge se présente quelquefois encore sous forme d'un socle A métallique [fig. 14^)) au centre duquel est fixée la colonnette sur laquelle agit par pression une virole B qui maintient à la hauteur voulue la tige C glissant sur la colonnette D.
Mais le socle A , qui doit avoir une certaine embase , gène Tap-
Fif . 145
proche de la pièce; il est indispensable alors de placer un ou deux supports E sur lesquels on fait glisser les pièces pour vérifier leur hauteur.
Lorsque la pièce d'essai qui sert à déterminer le volume de la balle se trouve terminée, le tourneur la détache de la girelle par le moyen du fil de laiton ; il la détruit et la roule dans ses mains pour en former une sphère plus ou moins régulière et d- un volume convenable , puisqu'elle provient de la pièce ébauchée : c'est cette halle qui sert de modèle pour diviser le ballon ; les balles sont mises les unes à côté des autres en tas sur la table du tour.
Pour obtenir une plus grande régularité dans la fabrication, tout en ne perdant rien de la rapidité , on fait peser les balles par un enfant qui les ramène , au moyen d'une petite balance , au poids de la première balle provenant de la pièce d'essai. Toutes les pièces ont une épaisseur voulue; car les poids sont proportionnels aux volumes , et les volumes sont réglés , quant à la largeur et la hauteur, par le p'orte-mesure.
Lorsque l'ouvrier trouve sur sa table les balles du volume convenable pour la pièce qu'on lui demande, il en presnd une^u'il jette avec assez de force sur la girolle de son tour et dans l'axe , il la fixe de la main gauche , tandis que de la main droite il trempe ses doigts dans le mélange de pâte et d'eau que l'on nomme barbotine; c'est de la pâte réduite en consistance de bouillie épaisse. Il presse la bille (fig. i46) avec les deux mains de manière à lui faire prendre la forme [Jlg, 1 47 ) ; il l'aplatit ensuite avant de la percer, et répète ce mouvement plusieurs fois en tenant ses mains constamment mouillées avec de la barbotine. En enfonçant le pouce dans le milieu de la balle , il la perce pour faire une pièce creuse , et pinçant la pâte molle entre les doigts et la main , il élargit en
élevant la masse pour la rapprocher plus ou moins de la forme
Flg. 147.
Fig. 146.
qu'elle c'oit conserver. Souvent la pièce est ébauchée directement sur la girelle qui est en bois. Souvent aussi Tébauche se fait sur un rondeau de plâtre que le tourneur scelle sur la girelle au moyen d'un peu de barbotine.
Fig. 148. Les petites pièces sont ébauchées simplement
avec les doigts , soit d'une main , soit des deux mains. Pour les grandes pièces, on oppose les mains et les poignets ; on se sert d'une éponge qui n'a d'autre but que d'étendre en quelque sorte la surface des doigts. Les pièces fermées, comme les vases (fig, i4B), sont ébauchées en deux ou I plusieurs parties, puis réunies par un collage convenable; le vase que nous prenons comme exemple se composerait d'un culot F et d'un collet G.
On peut suivre (Jrg, 149 et i5o) les diverses formes par lesquelles passe l'ébauche du culot du vase qu'on établit en deux parties F et G. B représente la girelle du tour, sur laquelle on a placé le rondeau. On voit de même en G (Jrg. i5i ) l'ébauche du collet terminée.
Lorsqu'on ébauche de la porcelaine , ou lorsqu'on désire obtenir des formes délicates , à contours bien vifs et réguliers , on ébauche sous une épaisseur considérable qui souvent ne donne qu'une idée bien imparfaite delà forme que le tourneur a voulu faire, et qu'il
92 QUINZIÈMELEÇON.
saura retrouver en enlevant toutes les parties superflues qu'il a
laissées par nécessité. Mais lorsque la poterie qu'on façonne par
Fis. 150.
Fig.i49,
FIff. ISl.
tournage n'a pas une grande valeur, que les contours ne doivent pas être très-nets, l'ébauche approche autant que possible de la forme véritable, et le tourneur la finit en s'aidant d'une sorte d'ébauchoir en bois qu'il nomme vstègue, et dont il se sert pour unir les surfaces en les amenant aux profils donnés. Fig 15Î. La forme des estèques diffère donc , suivant le type des pièces que l'on ébauche ; il y en a de carrées , d'ovales, de triangulaires (Jig. 162); d'autres (Jfg, i53) sont taillées suivant la ligne génératrice de la surface extérieure ou intérieure de l'objet qu'on façonne. On les fait en métal (fer, acier, cuivre), quelquefois en biscuit de poterie, quelquefois enfin en ardoise. L'estèque présente toujours un trou pratiqué dans l'endroit le plus convenable pour celui qui s'en sert; l'ébaucheur y passe le doigt, en acquérant par là la force nécessaire pour maintenir dans la Fig. 18a. position voulue l'estèque que la terre grasse dont elle est chargée lubrifie toujours, et qui glisserait dans les mains. Ce trou sert encore à suspendre l'estèque lorsque l'ébaucheur ne s'en sert plus et qu'elle est nettoyée.
Enfin, dans les fabrications grossières , on ne fait pas usage d'estèques ; on termine l'ébauche avec les doigts seuls : c'est ainsi, par exemple, qu'on fabrique ces bouteilles destinées à mettre l'encre en résen'^e.
Fig. m.
Après avoir placé sur la girelle du tour A un rondeau B sur lequel on façonne un cylindre C [fig. i54), on étrangle en serrant avec les doigts pour former le pied D [fig. i55) ; en élevant la main, on resserre le ventre C, on forme une petite moulure E en préparant le col F [fig, i56). On trouve dans la partie supérieure de ce col la pâte suflBsante pour former le goulot F avec ses deux moulures [fig. 1 67); on pèse enfin légèrement sur l'épaule de la bouteille pour terminer la forme [fig. i58).
Menuet. — Indépendamment de Testèque , le tourneur se sert encore pour ébaucher ses pièces de quelques outils dont nous devons indiquer l'emploi : ce sont des mesures pour établir les profondeurs, et des compas pour fixer
Flj.lSe. Fi(r.l87. Flf.158.
ng.iss.
les largeurs; on se sert de compas ordinaire, de compas d'épaisseur et de compas d'intérieur; quoique les compas soient d'un usage plus général dans le tournassage , nous les décrirons ici. Pour mesurer la profondeur des pièces creuses à l'ébauche, on se sert de baguettes de bois assemblées perpendiculairement [fig. i59 ). AB est une tringlette de bois à plat percée d'un trou dans lequel on engage une tige CD. La même mesure sert pour deux pro- 11 fondeurs, ordinairement pour le creux d'une tasse
par exemple , et pour l'évidement du pied de cette même tasse. Lorsqu'on veut vérifier si le creux d'une ébauche est
Fif. 169.
Fljr. 160.
convenablement profond , on dispose sur le trait la barre AB de manière à reposer sur les bords de la tasse ; on fait glisser G) dans le trou jusqu'à ce que Textrémité D coïncide avec la partie la plus creuse de la tasse. L'ébauche sera convenable si la partie D touchant le fond de la cavité, les bords ne touchent pas à la tringlette. La différence de profondeur correspond à ce qu'il faut enlever de Tébauche pour faire disparaître l'excès d'épaisseur du fond, en supposant le faux bord coupé.
Compas. — Le compas ordinaire se compose [fig, i6o) de deux branches A et B, légèrement courbes, assemblées sur une charnière C; l'écartement des points A et B mesure le diamètre des pièces; en plaçant chacune Fiir. 161. des pointes du compas entre les deux extrémités du diamètre de l'ébauche , il ne doit y avoir qu'un léger contact si l'ébauche est à sa largeur convenable.
Compas d'épaisseur. — Le compas d'épaisseuF est formé de deux branches A et B, courbées en S [fig, i6i), mobiles autour d'une charnière C. L'écartement A est répété en B lorsqu'on met chaque branche en contact avec les surfaces extérieure et intérieure d'une même paroi.
Compas d'intérieur. — Le compas d'intérieur [fig, 162) est de même à deux branches A et B, mobiles autour d'une charnière C ; sur l'une des branches B se trouve ajustée la tige courbe E au point D, sur laquelle se meut le curseur F.
On voit en vue [fig, i63), dégagé de la tige, le curseur représenté [fig, 164) en coupe.
On comprend qu'il est facile de déterminer si la pièce possède en dedans la largeur voulue. On présente sur le dessin [fig, i65) le compas d'intérieur ; on écarte les deux branches A et B jusqu'à ce que les petites sphères qui les terminent soient en contact avec les parois de la pièce dans sa plus grande largeur.
Fig. 16*.
Fig. 168.
On fixe le curseur F en tournant la virole; pour faire pénétrer le
Ffg. 163. Fig. 164. compas dans le vase, on le ferme en rappro-
I. Il wwirr«rrm|| chant les deux branches mobiles autour de la
1' • Jj ^|J charnière ; on les ouvre de nouveau quand le
A-/^ jH^ compas est dans Tintérieur : la charnière doit
être bien placéedans Taxe de la pièce ébauchée.
L'opération de Tébauche sur le tour est Tune des opérations les
plus délicates de la fabrication de la porcelaine ; une mauvaise
ébauche ne se déclare souvent qu'après la
cuisson, non-seulement alors qu'il n'y a plus
moyen d'y remédier, mais lorsque la pièce
est terminée, c'est-à-dire lorsqu'elle a subi
toutes les opérations coûteuses par lesquelles
elle doit passer.
On a remarqué que les défauts qui résultent de l'ébauchage au tour sont d'autant plus fréquents, que la pâte est plus molle, plus plastique et plus argileuse ; que la main du tourneur est moins sûre; qu'il est moins habile à mettre d'accord la vitesse de son tour avec celle de ses mains, lorsqu'il élève la pâte en la pinçant afin de gagner la hauteur dont il a besoin pour déterminer son ébauche.
BéfomatioiM. — La pâte de porcelaine doit être façonnée constamment avec la plus grande précaution, car elle conserve avec une grande exactitude les pressions inégales auxquelles elle est soumise; c'est ainsi par exemple qu'un disque, sur lequel on a fait une empreinte en creux à l'aide d'un cachet , et sur lequel on a détruit toute apparence de compression, donne après la cuisson le relief du dessin imprimé sur le cru. Cette sorte de sensibilité de la pâte de porcelaine conduit à des déformations qui font mettre au rebut les pièces qui n'ont pas été façonnées par des mains habiles , car il est important que toutes les parties de l'ébauche reçoivent la même pression et présentent la même densité.
La retraite que prend la pâte contribue beaucoup encore au gauchissement; cette retraite se fait, sur un plan, concentriquement , comme le fait voir une circonférence tracée sur une plaque crue.
Après la cuisson , tous les points sont encore également éloignés du point central : le diamètre du cercle a seul changé. La retraite d'une sphère se fera sur le centre de figure; pour les autres volumes, le volume cuit reste semblable au volume primitif, sauf les cas de déformation résultant du tirage de certaines parties plus lourdes agissant sur une pâte ramollissable.
Viisaçe. — Au défaut que nous venons d'indiquer nous ajouterons celui que Ton appelle vissage. Il consiste en lignes ou sillons plus ou moins apparents qui forment spirale le long de la pièce en s'élevant du bas au sommet ; ils portent évidemment l'empreinte des pressions inégales exercées par le tourneur' soit avec les doigts, soit avec l'éponge. Ce vissage nuit à la pureté du trait; il occasionne du gauche et quelquefois des fissures qui suivent la direction des lignes de vissage.
Nous avons dit que toute pâte céramique doit , pour pouvoir entrer dans une fabrication régulière, présenter une homogénéité convenable des parties et des masses. Les considérations suivantes nous permettront d'expliquer la pratique dont les tourneurs ne s'écartent jamais. On est surpris , en effet , de les voir tout d'abord ^ élever, puis abaisser, relever encore pour élever de nouveau la masse informe qui doit devenir une tasse , une coupe , un vase. Je pense que pour conduire à des produits fabriqués dans des conditions normales, chaque ballon de pâte doit joindre à ces deux sortes d'homogénéité une troisième homogénéité que je nommerai de tendance. Il est évident que la pièce ébauchée peut être considérée comme formée par une lame de pâte contournée en hélice qui suivrait une surface de révolution occupant le milieu de l'épaisseur de la pièce. C'est en sens inverse du mouvement qui a développé cette bande de pâte , c'est-à-dire en sens inverse du mouvement rotatoire du tour, que la retraite a lieu pendant la cuisson. Or il faut, pour qu'il n'y ait ni déchirures, ni fentes, que toutes les particules qui composent la pièce, celles du haut, celles du bas, celles de l'intérieur de la pâte, aient lors de la retraite la même direction avec la même vitesse. Elles ne suivront cette direction que lorsqu'elles auront toutes et tour à tour reçu l'impression de la main du tourneur élevant et aplatissant la masse lenticulaire sous laquelle se présente tout d'abord le ballon qui doit fournir l'ébauche. Cet usage, qui ne souffre pas d'exception, n'aurait ainsi
TECHNOLOGIE CÉHAMiyUE. 97
d'aulre but que d'entraîner toutes les molécules d'une pièce dan^ une direction unique.
La pâte de porcelaine, plus que toute autre pâte, en raison de sa fusibilité propre , est ébauchée sous une épaisseur considérable ; cette pratique a moins pour effet de s'opposer à la fente ou à la déformation que d'éloigner le plus possible la pièce réelle des surfaces interne et externe de l'ébauche terminée. Ces surfaces ont reçu toutes les pressions successives qui ont amené la transformation de la masse lenticulaire , et dont l'influence n'est plus sensible à une certaine distance. On a donc d'autant plus de chances d'éviter les vissages, qu'on ira chercher plus au loin dans le bloc de l'ébauche la pièce qu'on veut fabriquer.