‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 49 sur 102 · FOURS ROKDS, AXE VERTICAL · texte numérisé non relu

FOURS ROKDS, AXE VERTICAL

Les dispositions que nous venons de présenter sont généralement abandonnées maintenant, même pour les poteries communes. On préfère les fours à section circulaire.

Les foyers, qui reçoivent le nom é'alandiers, sont en nombre plus ou moins considérable, suivant les dimensions du four; ils sont répartis uniformément sur la circonférence , et cette disposition a II. 18

ao6 DIX-SEPTIÈME LEÇON,

fait donner à cette sorte de four le nom de fours à aîandiers, dénomination sous laquelle ils sont actuellement et plus communément connus.

Fig. 80t.

Les foyers sont alimentés au bois ou à la houille. Nous prendrons comme premier exemple de four de cette espèce un four à grès cérame d'Angleterre [fig, 3o2). A est le laboratoire, qui ne reçoit pas directement la flamme produite dans les alandiers N ; cette flamme est épurée dans les cheminées C, traverse la voûte en s'échappant par une ouverture centrale I et des ouvreaux J, pour se rendre dans un cône D en communication avec Tatmosphère par les ouvertures H; ce cône, qui porte le nom ^enfer^ est terminé par une partie cylindrique E qu'on peut fermer à volonté par le registre F; le combustible est chargé par une ouverture K située au-dessus de la porte L. Les cendres sont reçues dans le cendrier M. Le four a cinq alandiers.

L'ensemble de ces dispositions est à peu près général ; il n'y a de variable que les détails, mais ils varient en quelque sorte à l'infini. Lorsque les dimensions du laboratoire sont considérables, on augmente le nombre des alandiers; et souvent on ajoute à l'intensité de la chaleur centrale {fig, 3o3) au moyen d'un alandier spécial dont la chaleur se rend au centre; ces fours servent ordinairement à cuire la faïence fine. Dans le laboratoire A se rendent les produits de la combustion , qui s'épurent dans les cheminées B , passent par une cheminée centrale C pour se rendre dans la cheminée D. Les alandiers ordinaires sont en E ; l'alandier

central est en F ; il communique au centre par un canal G et dé- Fig. 803. bouche en I : les alandiers E com-

muniquent de même avec l'intérieur du four par un conduit H percé de trous, qui ne pénètre pas jusqu'au centre du four. On voit [fis- 3o4 ) une coupe par un plan passant au-dessus des cheminées B, et [fig, 3o5) une seconde coupe par un plan parallèle au premier, mais mené perpendiculairement à l'axe à la hauteur des grilles.

Le premier four dans lequel on ait cuit à Lille de la porcelaine dure à la houille, en 1785, présente l'ensemble de ceux que nous venons de décrire; seulement [fig, 3o6, 307, 3o8) les foyers ne sont pas en saillie, et les grilles sont courbées, faisant une espèce de poche. La fig. 3o6 représente une vue extérieure du four ; la

Fly. M».

Flg. 805.

fig, 3o7 une coupe par un plan vertical passant par l'axe, et la fig, 3o8 une coupe par un plan horizontal passant au-dessus des grilles.

Dans les fours à faïence , les alandiers , dont la forme peut être

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très-variée, sont extérieurs, et les grilles sont à barreaux droits [fi^, 3o9 et 3io). Une ouverture H traversant les parois du four

Flp. 806.

Fljf. 807.

et de la cheminée intérieure permet de voir la couleur du feu et

d'introduire les pyroscopes.

Fiff. 808. Les ^^. 3ii et 3i2 repré-

sentent un four à cuire la porcelaine au bois, en vue {fi^. 3 1 1 ) et coupe {fig. 3i2). Le plan (/g^. 3i4) indique lesalandiers H, au nombre de quatre, coupés par une section aa-dessus de la porte du laboratoire A. Cette porte est entre deux alandiers.

Les alandiers n'ont plus de

PYROTECHNIE CÉRAMIQUE. * aog

grilles ; le combustible se place sur des portées parfaitement indiquées sur la coupe de détail {fig, 3i4).

FIg. 809.

Fig. 3tO

Les fours que nous venons de décrire sont à cuissons intermittentes, c'est-à-dire qu'il faut, avant de retirer les pièces du four, laisser la température descendre jusqu'à la température ambiante.

Fig. 811.

Fig. 81Î.

î33aD

On aurait évidemment intérêt pour économiser le combustible à ne pas interrompre le feu ; mais il y a quelques difficultés, à cause

aïo DIX-SEPTIÈME LEÇON.

des précautions à prendre pour porter au rouge et laisser refroidir Fi?- 313. les produits céramiques, qui doi-

vent recevoir lentement Taction du calorique, et qui ne peuvent se refroidir rapidement. On n'a pu jusqu'à ce jour cuire d'une manière continue que les objets d'une très-petite dimension; M. Bapterosses cuit ainsi les boutons en pâte feldspathique , qu'il fabrique avec une grande perfection. Les boutons à cuire sont placés dans le laboratoire A {fig. 3i5). La grille B, placée sur une voûte qui permet de surveiller la combustion et d'enlever le mâchefer, est alimentée de combustible par le conduit C. Les produits de la combustion , après s'être élevés au Fi? 81*. centre du laboratoire sur le fond

. des caisses F qui contiennent les boutons, descendent dans les intervalles angulaires que ces caisses laissent entre elles pour remonter dans des conduits G, qui débou- J ■ " chent dans un cône commun D,

puis dans une cheminée générale E qui détermine le tirage.

Tous les fours, surtout ceux qui supportent des températures élevées, sont sujets, par suite des variations considérables auxquelles ils sont soumis , à des dislocations incessantes auxquelles il faut remédier ; on les maintient à l'aide d'armatures et de cercles en fer dont la vue des fours de Sèvres et de Lille donne une idée bien exacte. On voit en outre [fig. 3o6) comment on peut, au moyen d'une trappe , augmenter ou diminuer le tirage de la cheminée.

Dans le four de Sèvres [fig, 3ii) les alandiers K sont en saillie sur la tour du four; il faut une armature pour résister à la poussée des alandiers eux-mêmes. ,

Nous avons dit qu'une cause considérable du prix élevé des poteries était la grande quantité de chaleur perdue dans la pratique des cuissons ; au-dessus du laboratoire , dont la température est très-élevée, les produits de la combustion ont encore une chaleur

sensible très-élevée, qui se dégagerait en pure perte si Ton n'avait

FIg. 815.

pas possibilité d'en utiliser une partie, soit pour les besoins directs de la fabrication, comme dans les manufactures de porcelaine, où Ton met à dégourdir les pièces façonnées avant leur mise en couverte, soit pour rendre fragmentables les matières qu'il faut amener par le pilage et le broyage à l'état de poudres plus ou moins impalpables.

On a cherché , dans la disposition des fours , à faire à la chaleur perdue la part la moins large, en se servant du même four, soit pour cuire des poteries à températures de moins en moins élevées, dans des compartiments ou laboratoires superposés avec ou sans addition de foyers ; soit pour cuire des poteries de même sorte au moyen de foyers superposés qu'on met en feu , lorsque la cuisson

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du laboratoire inférieur est complètement terminée. Le premier four de ce dernier genre qui ait fonctionné régulièrement semble avoir été celui de M. de Ginori, à Doccia près Florence (Jig. 3i6), A, B, C, D sont quatre laboratoires superposés à quatre alandiers à chaque étage ; les produits de la combustion s'élèvent dans une cheminée E, puis dans Tatmosphère par l'orifice F ; G, H , I , J sont les foyers superposés correspondants à chaque étage. Les^g^. 817 et 3i8 représentent une coupe au niveau du sol et par les alan-

Flg. 317. Fig. 818.

diers du premier laboratoire. Lesjig. 820 et 821 sont des coupes par des plans pris à diverses hauteurs sur les alandiers des différents étages. La 7%. 819 donne l'élévation des alandiers du premier et du second laboratoire.

FlR. 881.

Ce système a réussi , même pour la cuisson de la porcelaine. La %, 822 représente, sur une échelle assez grande pour qu'on puisse voir les détails d'exécution , un four à deux étages dans lequel on cuit, avec succès à Sèvres, même la porcelaine dure. A et B sont les deux laboratoires.

Fig, 3SS.

2i4 DIX-SEPTIÈME LEÇON.

Que les fours soient simples ou composés, c'est-à-dire à plusieurs laboratoires superposés ayant leurs foyers distincts, on les établit sous de grands hanc^ars, isolés à la façon anglaise sous une

pir. sfs.

hotte G (fig, 323) ou sous un comble ordinairement en fer qui, comme en France , en contient plusieurs [fig, 324 )•

AYAHTAGEft ET IHCOUTÉHIEHTS DES DI¥|»S SYSTÈMES DE FOURS.

Quels sont maintenant les divers avantages reconnus à chacun des trois systèmes que nous venons de décrire?

Dans les fours carrés, la chaleur est généralement répartie d'une manière inégale; on est souvent obligé, pour ne pas perdre de place au four, de mettre dans les diverses places des poteries exigeant pour leur cuisson des températures inégales. Les parois présentant, comparativement aux fours ronds, une plus grande masse à chauffer, consomment inutilement une grande quantité de combustible ; et ce défaut est encore augmenté lorsqu'on est obligé d'établir des voûtes à claire-voie pour égaliser la chaleur dans toute la capacité du laboratoire. La conduite du feu présente des difficultés f il y a perte considérable de calorique dans Tarrière-foyer qui sépare le foyer du laboratoire et dans lequel s'épure la flamme.

Dans les fours ronds, la chaleur se répartit plus également; la

Fig;. 3S4.

cuisson est plus rapide et moins coûteuse. La température peut dépasser la température de fusion du fer.

Les fours de deuxième sorte , dont Taxe de tirage est oblique , peuvent fournir les températures les plus élevées dont le fabricant de poteries puisse avoir besoin ; mais l'inégale répartition de la chaleur les fera disparaître. Cet inconvénient est tel,, que les parties antérieures ayant trop de feu, celles qui sont les plus éloignées du foyer ne sont pas cuites. Les fours les plus avantageux sont les fours ronds, qui n'ont d'autre inconvénient que d'exiger une grande habitude dans la conduite du feu ; il n'est pas en effet aussi facile qu'on pourrait le croire de déterminer dans dix foyers qui ont une cheminée commune un tirage égal , c'est-à-dire une combustion régulière.

On réalise une économie notable de combustible au moyen des fours composés. Je dois dire toutefois que cet avantage n'est pas aussi considérable que la théorie porterait à l'admettre,

ai6 DIX-HUITIÈME LEÇON.

PTROTSCBXriS CËRAMZQUS.

Enfournement. — Encastage , poteries simples et composées à pâtes non ramollissables , poteries simples et composées à pâtes ramoUissables. — Pernettes. — Gazettes, renyersoirs. — Conduite du feu. — Cuisson des poteries communes, des faïences communes, des faïences Bnes, des grès cérames, des porcelaines ; influences qui modifient le tirage des fours à poteries. — Jugement du feu. — Pyroscopes; pyromètres.

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