‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 51 sur 102 · FI · texte numérisé non relu

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PYROTECHNIE CÉRAMIQUE. m5

on la frotte sur un second tambour chargé de sable ou de silex pulvérisé grossièrement, suffisamment de quartz pour ne contracter aucune adhérence avec les rondeaux sur lesquels elle posera dans le four. On n'a d'autre soin à prendre dans cette opération que d'éviter un mélanged'argile et de sable qui devienne fusible ; on sait , en effet, que ces éléments, réfractaires lorsqu'on les prend isolément, peuvent se transformer en matières plus ou moins fusibles; l'expérience doit faire prononcer sur le choix des matières qu'il faut employer.

Lorsque l'usage du tour à polir n'était pas aussi connu qu'il l'est aujourd'hui , on préférait cuire les pièces que la rugosité des pieds rendait d'un usage incommode, telles que les assiettes , les plats, certaines pièces, etc., sur une cerce pénétrant un peu sous le pied, qui pouvait alors être mis en glaçure {fig, 346, 347, 348). On voit {fig, 349) la cerce isolée, et (^. 35o) l'assiette A placée sur sa cerce B.

Fly. 84T

Fis. S48.

Précautions a prendre dans l'encastage. — Quel que soit, en

général, le mode d'encastage que la forme de la pièce et la nature

Fig. 3S0. de la pâte aient fait choisir, il

est certaines précautions qui

sont générales et que l'enfour-

neur doit prendre , sous peine

de voir rebuter une grande partie de la fabrication , sous peine

2a6 DIX-HUITIÈME LEÇON.

d'augmenter les frais de cuisson, c'est-à-dire Tun des éléments

les plus importants du prix de revient.

Le nettoyage des étuis et des cazettes , exécuté généralement aussitôt après le défournemeut , évite une grande quantité de Fi^ S8I. grains. Â mesure que les étuis sont vides, on relie avec des cordes et des garots tous ceux qui peuvent encore servir, quoique séparés en trois ou quatre morceaux. On les chapote, c'est-à-dire qu'on détache avec la palette de fer nommée chapotin [fif^, 35 1) toutes les parties qui menacent de se détacher. On dresse les ron- / ^ deaux , on recouvre l'intérieur des étuis de la glaçure qui doit diminuer la porosité des cazettes , ou qui sert par volatilisation à lustrer la surface de la poterie. ^ ^ — ' L'habileté de l'enfourneur consiste encore, dans tous les cas , à placer dans une cazette de forme donnée le plus grand nombre de pièces, en les mettant soit les unes à côté des Fig. 852. autres , soit les unes sous les

Ti autres [fig, 35a), au moyen de

;^| supports particuliers, soit les unes sous les autres , au moyen du même rondeau [fig, 353).

On satisfait à cette dernière condition en se tenant assorti de cazettes de formes différentes, de supports variés, de cerces plus ou moins élevées et de rondeaux plus ou moins épais.

Occupons-nous actuellement de ces différents accessoires de toute fabrication céramique un peu soignée.

Étuis, gazettes, rondeaux, renversoirs. — Les différentes pièces qui sont en usage dans l'encastage doivent avant tout satisfaire à la condition d'être moins ramollissables que les objets qu'elles ont à supporter au feu ; elles doivent en outre résister, sans se briser ni gauchir, à l'action inégale et brusque de la flamme. On obtient ces résultats en les faisant en terre grossière.

Étuis. — n est d'une grande importance que les étuis soient solides et qu'ils ne se fendent pas ; car les fêlures sont accompa-

gnées d'éclats qui tombent sur les pièces et forment des grains désagréables pour le toucher et pour la vue, surtout sur les pièces à pâte incolore et fine. Il est donc très-difiBcile de trouver des terres propres à confectionner les étuis pour les fabriques de porcelaine dure. On a moins d'embarras pour se procurer les terres propres aux usages analogues dans les fabriques de faïences.

Les argiles plastiques seules sont convenables pour les cazettes de porcelaine dure. A ces conditions principales s'en ajoutent d'autres qui assurent le succès de la fabrication; il faut éviter les fragments de quartz, de pyrite et de calcaire. Les premiers se dilatent et font tomber des grains; les autres fondent en détachant des gouttes qui ternissent Téclat des poteries : il est important que ces cazettes puissent supporter un grand nombre de fois toutes les chances de la cuisson.

On ajoute aux qualités des terres à cazettes, en les épluchant avec soin , en les lavant même au besoin pour mettre de côté les fragments quartzeux, calcaires, pyriteux, etc., en les mélangeant avec du ciment de bonne terre. On les vernit aussi pour retenir les éclats qui pourraient diminuer le brillant de la poterie; on améliore encore les produits en opérant au moyen du mélange de plusieurs argiles.

Nous avons dit que les formes des cazettes différaient avec la forme de la pièce ; elles diffèrent encore avec la perfection du produit qu'on veut établir, c'est-à-dire avec son prix de vente. C'est dans la confection des cazettes de porcelaine dure qu'on rencontrera le plus de soin mis à l'établissement de l'encastage. On se sert dans ce genre de fabricafion des cazettes simi^Xes à fond plat, des cazettes en cul de lampe et des cazettes doubles ou Régnier, du nom de l'inventeur.

CazeUei à fond plat. — Les cazettes à fond plat sont les plus anciennement connues; elles servent à recevoir à côté les unes des autres les pièces qui cuisent encastées isolément, àboucheton ou en charge. Leur fond est souvent percé d'une ouverture qui laisse circuler l'air plus librement dans toute la pile, et qui arrête les fentes des étuis qui tendraient à s'étendre suivant un diamètre.

On donne le nom de cerces à des étuis sans fond servant à donner de la hauteur aux cazetles à fond plat qui ne sont pas assez profondes. On appelle encore hausses les étuis cylindriques; il en faut, pour le service des fours, de toute hauteur et de tout diamètre. Fig. 884. Gazettes à ou! de lampe. — Vers le com-

mencement de ce siècle, un figuriste du nom d'Allard, fabricant de terres cuites, termina ses cazettes pour gagner de la place au four, non pas par un fond plat, mais par une dépression qui pénétrait dans la cavité de la pièce portée par la cazette immédiatement placée dessous; ces cazettes [Jîg. 354 ) étaient à fond plein A ou troué B; dans ce dernier cas on ajoutait, pour porter la pièce, un rondeau nommé porte-pièce qu'il était facile de dresser régulièrement.

Ceroei à talon. — Dans ia fabrication des pâtes ramollissables, la transformation de la cazette à fond plat d'un seul morceau en un assemblage de cerces à talon et de rondeaux parfaitement dres- P,^ 3gg ses représente une amélioration

notable ; on a gagné la place , la matière et le façonnage du rondeau nécessaire entre la pièce et le fond de la cazette, qu'il était impossible de dresser parfaitement [fig. 355). Les rondeaux indépendants des cerces à talon ne se fendent pas autant que les cazettes d'une seule pièce , directement exposées aux coups de flamme.

Enoattaffe llé§iaîer. — Les cerces à talon ont certainement donné l'idée de ce mode d'encastage, qui réunit plusieurs des avantages des cerces à talon. Dans ce mode , qui s'applique avec un très-grand avantage aux pièces creuses et plates, comme les assiettes, les plats, etc., on économise de la jplace dans le four, eu évitant les grains ; car les assiettes sont isolées. Les cerces sont indépendantes des rondeaux , qui se fendent très-rarement , étant garantis du contact direct des flammes ; ces rondeaux peu-

vent avoir une composition plus convenable au but qu'ils doivent atteindre , que s'ils devaient en plus satisfaire à la condition de ne pas se casser par les coups de feu. On les fait en terre fine et sableuse. Les cerces à talon reçoivent directement l'action de la flamme ; on les fait en terre plus grossière et plus argileuse.

La hauteur des cerces à talon est en rapport avec celle des plateaux dressés qui supportent les pièces ; dans l'encastage pour les assiettes, on place deux assiettes pour chaque cerce, et les plateaux n'ont pas tout à fait la même forme [fig, 356); on a rendu les plateaux moins fragiles encore en les perçant au centre d'un trou de 4 à 5 centimètres.

Dans l'emplacement nécessaire par les anciens encastages à la cuisson de cinq saladiers, on en met sept avec l'encastage actuel KfiS' ^^7 )• ^^"^ l'espace qui contenait autrefois cinq compotiers,

Fig. 856.

Fig. ai7.

on en place sept ( fig. 358). Pour les tasses ordinaires, l'espace qui se trouvait occupé par deux tasses en contient trois avec le nouvel encastage [fig. 359).

Fig. 868.

i^Ig. 889.

Nous 'indiquerons, pour terminer, l'encastage des tubes de por-

23o DIX-HUITIÈME LEÇON,

celaine {fi^, 36o) que nous avons appris à façonner, page 109. On les place dans un support A formant un angle droit rentrant, puis on les recouvre d*une feuille de papier buvard C , trempé dans une eau tenant en suspension du sable broyé. La fg, 36 1 donne une vue latérale du support A et des tubes B qu'il contient; la Jlg, 362 est une vue par le bout du même encastage.

FIg. 860.

Fig. 861.

Maintenant que nous connaissons les cazettes et les supports , prenons comme exemples d'encastage celui de quelques pièces empruntées à la fabrication de Sèvres : les objets choisis par M. Brongniart réunissent les exemples des principales difficultés qu'il faut surmonter. La fig, 363 indique comment de petites colonnettes ou des tubes mis en glaçure extérieurement sont sus-

Fig.86i.

Pîg. 365.

pendus au four par une petite saillie D qui porte sur des trous pratiqués dans le rondeau B.

Fig. 868.

PYROTECHNIE CÉRAMIQUE. a3i

La fig. 364 représente, un vase à long col qui cuit renversé dans un support, le col étant simplement et librement suspendu. La fig. 365 donne le moyen de cuire un vase A couvert entièrement de glaçure , mais dont le culot n'offre pas assez d'embase pour qu'on ne soit obligé de le maintenir par un support B dans une position verticale. A cet effet, la gorge E se trouve maintenue par une pièce de forme particulière D dans laquelle pénètre le support B suspendu par une saillie G.

Si l'on avait à cuire une coupe A recouverte d'ornements délicats, après l'avoir placée sur son support C à boucheton , il faudrait, pour éviter les grains , la garantir au moyen d'une sorte de capsule B portant sur le talon de la cerce.

Lorsqu'on doit cuire des théières dans la forme de celle représentée fi^. 367, on en place plusieurs sur un même porte-pièce; on se contente de les maintenir dans leur forme par

le fond A supporté sur une cerce B, et par la bouche F au moyen d'un support G disposé comme celui dont nous avons donné le détail fig, 341 et 34a.

Façonnage des étuis, gazettes, ETC. -- Les procédés de façonnage mis en pratique pour les pièces de poterie, quelle que soit leur forme, s'appliquent à la confection des étuis et des supports; seulement on les fait généralement beaucoup plus grossièrement. Les argiles et le ciment qui leur doit être mêlé sont marchés , et la pâte ébauchée sur le tour ou moulée; on ne tournasse jamais les cazettes. Quant aux renversoirs ou supports pour la pâte de porcelaine, ils sont ébauchés et tournasses avec le même soin que si c'étaient les pièces elles-mêmes.

La question qui domine en dehors des qualités des terres , dans

Fiff 868.

la fabrication des cazettes , est Téconomie ; le procédé de Tébauchage sur le tour est peu mis en usage , parce qu'il est plus coûteux; c'est ainsi que, pour établir les cazettes de faïence commune, on opère par moulage à la croûte; nous donnerons ici quelques détails sur cette opération.

La terre préparée sous forme de ballons est mise sur une table A {fig, 368 ) au milieu de quatre planches assemblées par leurs extrémités et limitant un parallélogramme plus ou moins long B, suivant que les cazettes doivent être plus ou moins hautes ou larges. Leur diamètre varie évidemment avec le diamètre des pièces. L'épaisseur du cadre limite celle que doivent avoir les cazettes; cette épaisseur doit être calculée de telle sorte qu'il n'y ait de perdue dans le four que la place nécessaire pour assurer aux étuis la force capable de résister à l'écrasement. L'expérience a fixé l'épaisseur du cadre à 25 millimètres pour les assiettes et les petits plats, à 3o ou 82 millimètres pour les plats ronds et ovales. Après avoir sablé la table sur l'espace compris dans le cadre , on étend avec les pieds le ballon qui doit faire la croûte. Lorsque toute la capacité que contient le cadre se trouve remplie de pâte bien malaxée, bien compacte , on passe une règle sur la partie supérieure du cadre pour enlever l'excédant et régulariser la surface , en repassant la règle deux ou trois fois , jusqu'à ce que la surface de la croûte soit parfaitement unie. On nettoie la règle après chaque passage , on enlève le cadre et Fiff 369. l'on saupoudre la croûte avec du sable ou du ciment. On prend alors par les deux mains un tambour fait de deux disques B {fig, 869) réunis par des planches clouées sur chaque disque; on le pose sur la croûte dans sa largeur {fig. 870) et par l'extrémité qui se trouve à la droite de Touvrier; celui-ci fait passer sa main droite sous la croûte , tandis qu'il a la main gauche appuyée sur le tambour. En cet état, il soulève la croûte avec adresse et lui fait faire un huitième de circonférence, puis il pousse le tambqur de la droite à la gauche, jusqu'à ce que les deux extrémités de la pâte se réu-

¥ig. S70.

PYROTECHNIE CÉRAMIQUE. a33

nissent, La soudure doit être bien faite : on la consolide avec les mains en comprimant fortement le tambour contre le sol en contact suivant la ligne de soudure; on enlève le tambour par la partie supérieure , et la cazette est moulée.

On consolide ordinairement la cazette en -] ajoutant un talon; on le rapporte au moyen d'un colombin assez long pour faire toute la circonférence intérieure de l'étui, et d'un diamètre de 3o millimètres environ; on le colle sur la cazette au moyen de l'eau, de l'éponge et de la barbotine.

Pour finir les cazettes, on les transporte sur une tournette (^g. 871) lorsqu'elles ont ^acquis une résistance telle, qu'on peut les manier sans les déformer. On prend d'une main le répondant (fig, 372) et de l'autre la batte [fg. 373 ) ; on introduit le premier dans l'intérieur de la cazette , pour l'appuyer contre les pa-

Flr 871.

Fis 873

ois , tandis qu'avec la batte qu'on tient de la main droite , on rappe assez rudement, quoique avec modération , sur toutes les parties accotées contre le répondant.

Le répondant est un morceau de bois de chêne de 35 centimètres de longueur sur 16 de large et 9 d'épaisseur; une des faces est convexe de manière à toucher en tous points la paroi inté-

a34 DiX-HUITIÈMK LEÇON.

rieure de la cazette; sur la face concave est fixée, pour tenir rou-

ti], un petit manche incliné.

La batte est de même en bois ; on la fait avec un morceau de grosse planche dans lequel on débite d'abord une petite palette A de lo centimètres de longueur sur 8 centimètres de largeur, puis un manche B. Cette batte est épaisse d*au moins 5 centimètres.

Lorsque la cazette est suffisamment rebattue , on la mesure sur une longueur fixe afin de voir si sa hauteur n'est pas trop considérable ; on coupe l'excédant avec le couteau ; puis on indique sur la circonférence trois lignes équidistantes qui servent de repère pour placer la planchette. On donne ce nom à la petite planche qui porte en creux les traces des trous qu'il convient de réserver sur la cazette pour le placement des pemettes. On présente cette planchette en long sur le corps de Tétui , puis avec la pointe de Fig. 874 l'aiguille triangulaire [fig. 874) on

marque les trous sur les trois côtés.

On pousse l'aiguille triangulaire sur chaque point marqué en ayant soin de mettre en haut le sommet de l'angle. Lorsque le trou ne doit pas être percé de part en part, on refoule la pâte du dedans au dehors avec une lame triangulaire analogue à celle figurée [fig, 874), mais dont la pointe aurait été coupée vers le milieu de la longueur de la lame.

Nous avons dit que, dans certains modes d'enfournement, on se servait de planchers pour éviter l'écrasement. Ces planchers se Fig. 876. font avec des plaques qu'on nomme

V^ tuiles y et qui sont supportées par des pilets; ces pilets, auxquels on donne laformey%. 376, se font par ébauche sur le tour. Les planchers, ou tuilesy [fie- 376) sont moulés à la croûte.

Les angles échancrés forment, étant réunis quatre par quatre , un espace circulaire qui permet à la flamme de circuler autour des pièces à cuire.

Les cazettes pour porcelaine dure se font avec un grand avantage au moyen du calibrage : le moule donne lextérieur, et le calibre l'intérieur. C'est ainsi qu'on fabriqua à Sèvres les étuis pour l'encastage Régnier.

Fijf. ST7.

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Pour les étuis ovales, on les moule sur des appuis A [fg, 377),

l'intérieur porte une saillie en fer B ovale servant à guider le calibre C, qui porte une petite encoche D : le calibre donne la forme intérieure du moule.

Smpilagre des oazetlet. — La mise en place dans Tintérieur du four, qui constitue Tenfournement proprement dit, consiste à réunir les étuis, quelle que soit leur forme , chargés de pièces de poterie simple ou composée qu'il s'agit de cuire, pour les placer en colonnes ou files les unes sur les autres ; l'enfourneur doit connaître son four, c'est-à-dire savoir les points où la température est la plus élevée, de même que ceux qui sont moins chauds.

Qudque bien construit que soit un four, même un four rond , la chaleur est plus intense devant les foyers que près des cheminées. On profite de ces différences de température pour cuire convenablement des pièces qui seraient sensibles à ces différences ; on a remarqué que généralement la platerie exigeait un coup de feu plus violent que les pièces creuses de petite dimension qu'on nomme petit creux ; les pièces dites de repassage, c'est-à-dire celles qui , cuites une première fois , ne repassent que pour M glaçure mise après coup sur les points par lesquels la pièce était soutenue lors de la ptemière cuisson , demandent aussi moins de chaleur. On place ces objets dans les parties du four où la combustion des gaz développe une moindre température.

Lorsqu'on place les piles dans le four, on les élève verticalement sur le sol qui est maintenu bien horizontal et garni de sable pour q[ue les Gazettes posent très-solidement. Le sable doit être très-r^ractaire et ne pas fondre au contact des piles argileuses. On élève sur ce sol les piles verticales qu'on assure dans une position invariable au moyen d'acrots, c'est-à-dire de pièces en terre cuite qui butent non-seulement entre les piles sur divers points de leur hauteur , mais encore entre les piles de circonférence extérieure et les parois du four. Ces accots sont généralement des fragm^ts de cerces hors de service. On vérifie la posi-

rT\

tion verticale des files au moyen d'un niveau particulier ^fig, 878} : Fig. 878. "ï^e règle A , d'un mètre environ de hauteur, percée d'une ouverture carrée B, reçoit un fil C dont le plomb D se loge dans la cavité B. On applique le côté de la règle sur une longue série de cazettes qu'on avance ou recule jusqu'à ce que le fil coïncide avec la verticale tracée sur la règle.

On a soin de placer dans les parties inférieures des cazettes épaisses, et des cazettes légères, au contraire, dans les parties supérieures; on évite de la sorte un écrasement dont les conséquences seraient la perte de toutes les pièces contenues dans la file.

Quoique l'enfournement par piles verticales soit général, il est cependant quelques cas dans lesquels on préfère les incliner légèrement vers le haut ; le sol du laboratoire s'infléchit légèrement vers le centre , et les piles convergent alors quelque peu vers Paxe du four ; on a quelquefois même l'habitude de diminuer un peu le diamètre des O cazettes à mesure qu'on s'élève en hauteur ; cette dispo- I— ^1 sition a l'inconvénient d'augmenter la variété des étuis ^ dont il faut se tenir assorti , comme aussi l'emplacement nécessaire à leur emmagasiuement.

Nous avons insisté sur les accidents auxquels pouvait conduire la présence des cendres. On lute, suivant la nature du combustible employé, tantôt toutes les cazettes, tantôt, seulement, celles de la partie inférieure. Le lut doit satisfaire à la double condition de ne pas coller les étuis les uns aux autres et de ne prendre que très-peu de retraite ; on le compose d'un mélange de beaucoup de sable lié par de l'argile plastique ; on le façonne en colambins, soit avec la presse (^g'. 8719), soit en roulant sur une table de petits ballons. On pose ces colombins sur le bord de chaque cazette; on les aplatit avec la cazette supérieure, lorsqu'elle est mise en place, de manière à rendre la jointure complète et solide.

La presse à colombin se compose d'une vis A forçant un piston B dans une boite C chargée de pâte qui se moule dans un fond percé de trous D. Un bâti EF maintient la vis dans une position verticale. Un trou G peut recevoir un levier au moyen duqiiel on

PYROTECHNIE CÉRAMIQUE. aS;

fait tourner la vis ; les colombins I moulés sur le fond glissent sur un plan incliné , puis on les coupe de longueur soit avec un fil , soit au moyen d'un couteau.

Lorsque l'enfournement est complet et qu'on a pris toutes les précautions pour que la flamme circule également dans toutes les parties du laboratoire, on procède au muraillement de la porte.

La porte est fermée par des briques ordinairement sur deux rangs laissant un vide qu'on remplit avec du sable. Comme cette porte est plus humide que le reste des parois du four, et qu'il s'établit entre les joints des courants d'air froid , les parties correspondantes du four sont ordinairement moins cuites, il convient donc de faire la porte aussi petite que possible; elle doit être proportionnée, dans le cas contraire, à la dimension des pièces que Ton veut cuire. Pour éviter de faire à chaque fois de larges muraillements, on donne à cette ouverture qu'on fait très-étroite un évasement vers le haut pour que les bras et les coudes des enfourneurs puissent aisément passer [fig. 3o2 et 822). On procède à la cuisson , lorsque la porte est murée.

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