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Suivons cette dernière fabrication que nous pouvons prendre pour type.
Poterie simple. — Les matériaux sont broyés, lavés et tamisés. Les silex qu'on emploie proviennent de la craie ; ils sont calcinés , puis broyés. On les amène dans la cuve de mélange à Tétat de bouillie claire , d'une consistance suffisante cependant pour que les matériaux ne se séparent pas, après leur mélange, par ordre de densité. Toutefois la pâte est cependant trop liquide pour pouvoir être maniée. Le raffermissement se fait dans de longues caisses chauffées ayant souvent 20 mètres de long, et dans lesquelles on la brasse avec des râteaux.
La pâte raffermie est pétrie et malaxée jusqu'à ce qu'elle ne contienne plus ni vent ni matton. Le pétrissage se fait à l'aide de tines à malaxer ou de cylindres compresseurs.
Façonnage. — La pâte est très-plastique ; elle se travaille aisément. L'ébauche se fait sur le tour^ tantôt à la housse, tantôt à la main, mais avec une rapidité telle, qu'un ébaucheur aidé d'un enfant porteur et d'un enfant tourneur fait 2,000 tasses de o"",io de diamètre dans une journée de dix heures. Un tournasseur peut avec un aide finir 600 à 700 tasses du même diamètre.
Les assiettes sont moulées à la croûte avec une grande célérité. Une assiette ordinaire peut être ébauchée en huit secondes, c'està-dire qu'on fait près de 3, 600 pièces par journée de dix heures.
La fabrication est assez soignée pour que le tournassage soit le complément nécessaire de l'ébauche; il s'exécute sur le tour en l'air, dont l'axe est horizontal. Les pièces moulées n'ont besoin pour être terminées que d'un réparage , dont le but est d'enlever les bavures de l'éponge et les coutures du moule, si ce moule était en plusieurs pièces.
Le garnissage n'offre aucune difficulté; lés garnitures se font à la filière ou dans des moules. Les pièces d'applicage sont collées et le tout encasté pour être cuit dans un four , qui généralement est de dimensions plus considérables que celles des fours à vernis.
Cuisson. — L'encastage n'offre aucune difficulté , car les pièces ne se ramollissent pas. Le four est généralement un four rond avec alandiers sur la base. Leurs dimensions sont en moyenne de 4 mètres de diamètre sur 4", 40 de hauteur ; ils peuvent contenir quatre-vingt-sept piles de cazettes. Les cazettes ont 24 centimètres
de hauteur ; elles.contiennent de quatorze à seize assiettes. Chaque pile peut être formée de dix-huit cazettes , vu la hauteur du four ; c'est donc environ la contenance de vingt mille assiettes , si Ton n^enfournait que cette seule espèce de produit.
Pour cuire le biscuit, on se sert comme pyroscope, pour juger de rétat de la cuisson, de petites boules creuses d'argile ou de pâte de faïence , dans laquelle on introduit une certaine quantité d'oxyde de fer ; ces boules, qui ont o™, 02 ào",o3 de diamètre , sont percées de part en part. On juge si le biscuit est suflBsamment cuit par la retraite qu'elles ont prise, qui leur permet de passer par un trou de diamètre invariable, et par les diverses nuances, rouges et brunâtres , qu'elles prennent sous l'influence d'une chaleur plus ou moins élevée. La cuisson dure environ quarante heures.
En France, on ne se sert pas de semblables pyroscopes, on juge du degré de cuisson d'après l'aspect que prennent des tasses en biscuit qui servent de montres, et qu'on retire par l'anse au moyen d'un long ringard.
Poteries composées. — Le biscuit de faïence fine , même des cailloutages ou des porcelaines opaques, n'a, jusqu'à ce jour, aucun usage. Il n'est pas cuit en grès , en sorte qu'il n'est pas complètement imperméable. On le couvre d'une glaçure plombifère, boracique ou slannifère , avant de le livrer dans le commerce ; nous avons donné des exemples de la composition de ces glaçures.
Lorsqu'on a terminé la cuisson du biscuit, qu'on a fixé la composition des glaçures et que le mélange est complet, on les fait fondre ou fritter, sauf le minium qui s'ajoute ensuite à la fritte broyée; c'est le minium qui donne le ton rosâtre que possèdent les glaçures déposéessur la marchandise avant la cuisson. On ajoute toujours dans ces glaçures un peu d'oxyde de cobalt, qui corrige la nuance jaune que prendraient la glaçure et le biscuit.
Le vernis est mêlé dans de l'eau jusqu'à consistance d'une bouillie claire; l'expérience détermine le rapport de vernis sec et d'eau qu'il convient d'employer pour obtenir une couche de glaçure suffisamment épaisse. L'immersion est suivie d'une retouche pour enlever les épaisseurs et recharger les maigreurs.
Enoastage — L'encastage des pièces en vernis demande plus de soin que celui des pièces en biscuit.
Il est indispensable d'enduire de vernis l'iptérieur des cazettes ,
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pour qu'elles n'absorbent pas celui qu'on dépose sur les pièces qu'elles renferment. Il faut ménager la place au four tout en faisant en sorte que les pièces ne se touchent que par des points très-peu nombreux et cachés. Les cazettes sont lutées et maintenues verticalement les unes sur les autres par des accots formés de débris d'étuis. Lorsque la pièce repose par son pied sur des supports, ce pied doit être garni d'esquilles de silex ou de quartz pour empêcher l'adhérence de la pièce avec le vernis dont on a recouvert le rondeau. On sait par expérience les places du four dans lesquelles la température est la plus élevée; on y place les pièces qui par leur forme exigent , pour que la glaçure prenne une belle étente, un coup de feu plus violent. On réserve dans certaines parties du four des étuis ouverts pour le placement des montres.
Fourff. — Les fours à vernis sont de la même forme que ceux qui servent à cuire le biscuit, seulement ils sont de moindres dimensions ; ils ne doivent être ni trop grands ni trop petits. Dans un cas, il y aurait difficulté pour répartir uniformément la chaleur dans l'intérieur du laboratoire; dans l'autre cas, il y aurait mauvais emploi de combustible. On cuit à la houille comme pour le biscuit.
Quatre heures après avoir commencé le feu , les alandiers sont à peu près pleins. On charge la houille régulièrement d'heure en heure; après douze heures de feu, le vernis commence à fondre; deux heures après , la cuisson est très-avancée : il faut alors être sur ses gardes ; la cuisson ne dure pas au delà de quinze heures.
Le défournement a lieu peu d'heures après la cuisson complète, mais on ouvre le four progressivement. On quitte le feu du four à vernir sur les pyroscopes dont nous avons parlé; on les recouvre quand ils ont été cuits en biscuit d'un vernis plombifère très-fusible ; ce vernis parait d'abord rouge clair , puis rougeâtre , enfin brun , quand la température est au point voulu. Pour éviter que ces pyruscopes n'induisent en erreur, on les doit retirer très-rapidement; sans cette précaution, ils s'enfumeraient et prendraient des. teintes différentes de celles correspondantes au feu qu'ils ont subi ; ils accuseraient alors un degré de chaleur de beaucoup inexact.
Quoiqu'il y ait toujours avantage à ne défourner les pièces que lorsqu'elles sont- froides , c'est à cette fabrication qu'on applique généralement une célérité telle , que les ouvriers ont peine à ne pas se brûler.
SYNTHÈSE CÉRAMIQUE. 4i3
GRÈS GOMHCIIS.
Les poteries dont l'étude précède ne s'emploient guère, en raison même de la perméabilité de leur pâte, qu'à l'état de poteries composées. Au contraire, la poterie dont nous allons nous occuper n'entre dans les usages doraeatiques sur la plus grande échelle qu'à Tétat de poterie simple. On sait, en effet, que les terres cuites en grès possèdent une imperméabilité teVIe, qu'ils peuvent contenir des liquides.
Ces poteries ont pour qualité de donner en outre des pièces solides d'une assez grande dimension ; mais elles ont l'inconvénient de ne pouvoir aller sur le feu , d'être fragiles par le choc et les changements brusques de chaleur ; elles sont d'un prix assez élevé, basé sur la température élevée qu'exige leur cuisson.
Poteries simples. — Nous avons indiqué quelques compositions de ces sortes de poteries; nous rappellerons que leur pâte est généralement composée de l'argile plastique qui recouvre la craie. Nous constaterons ici, pour n'y plus revenir, que l'expérience a démontré que le moyen le plus sûr d'avoir des pâtes dans les meilleures conditions sous le rapport de la couleur , de la résis- " tance au choc , à la fente , à la déformation , consiste à mélanger ensemble plusieurs argiles plastiques. Les essais peuvent seuls faire apprécier les mélanges qui conviennent.
Les argiles plastiques ne sont pas lavées; on se contente de les éplucher pour enlever les cailloux , le silex, les pyrites, les nodules de craie ou les dépôts ferrugineux , qui remplissent les crevasses dont sont fendillés les amas argileux. Le lavage serait trop difficile et trop coûteux; on coupe à la plane, et les copeaux humectés, pétris et malaxés sont mélangés dans des tines.
La plupart des pièces de grès communs ont une forme de révolution ; on les fait sur le tour.
Four. — Le four employé dans le Beauvoisis a la forme d'un demi-cylindre couché; l'axe de tirage est oblique; nous en avons donné la forme page 2o3 et les dimensions page %ii. l\ & i^ k 1 4 mètres de long. On chauffe d'abord avec du bois de bouleau de I mètre de long. Le petit feu, qu'on nomme trempe, dure cinq jours. On brûle pour celte trempe environ 72 stères de bois. Le grand feu se fait avec des fagots de bourrées ; il dure cinq jours ; on consomme environ cinq cents fagots.
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On présume que le grès est cuit lorsque le mur de pots qui ferme le four est rouge ; on se guide pour quitter le feu sur Fétat dans lequel se trouvent quelques pots de grès qu'on enlève au moyen d'un ringard par des ouvertures réservées dans la cloison.
Poteries composées. — Lorsqu'on veut empêcher les grès communs de laisser suinter les liquides , on les re<;ouvre de glaçure ; cette perméabilité apparente ne résulte pas d'une cuisson incomplète , mais souvent d'alvéoles ou de fentes que les pâtes préparées très-rapidement présentent en quantité trop considérable.
Ces glaçures sont vitreuses alcalines ou calcaires. Les premières proviennent de la décomposition du sel marin par la pâte ellemême ; les secondes sont appliquées extérieurement et quelquefois intérieurement comme extérieurement. On les pulvérise , puis on les met sur la poterie crue par arrosément ; la pâte étant trèsplastique , est fort résistante , quoique très-humide.