‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 90 sur 102 · GRÈS FINS · texte numérisé non relu

GRÈS FINS

Nous avons vu que la pâte des grès fins différait beaucoup comme composition de celle des grès communs. Les grès fins comme poterie simple ne sont guère employés que comme objets d'ornementation ; ils se rapprochent alors des biscuits de porcelaine. Mais en général ils sont plus colorés.

Poteries simples. — Les matériaux dont nous avons donné les proportions, sont réduits par le broyage au degré de finesse voulue ; les pâtes' sont tamisées , ce qui équivaut au lavage des argiles ; elles sont malaxées et battues , ordinairement laminées par le passage d'un lourd rouleau de fonte.

La plupart des pièces sont ébauchées sur le tour et tournassées avec beaucoup de soin; les pièces de garniture sont moulées, souvent dans des moules de terre cuite ; le démoulage et le collage s'opèrent facilement à cause de la plasticité de la pâte , et la réunion des parties présente toute la solidité voulue par suite du commencement de vitrification qui rassemble les molécules en contact.

Four. ~ Les grès fins se cuisent souvent dans des fours cylindriques droits dont les alandiers ressemblent à ceux des fours dans lesquels on cuit la faïence fine : ils sont cependant de plus petite dimension , à cause de la plus haute température qu'ils doivent

SYNTHÈSE CÉRAMIQUE. 4ï5

fournir. Le pyromètre de Wedgwood indique, en effet, de loo à 120 degrés. On cuit au bois ou à la houille. Quand on veut vernir au sel marin, il faut toujours finir au bois. L'encastage se fait dans des étuis, et les pièces sont supportées par des rondeaux parfaitement dressés.

Poteries composées. — C'est à ces grès qu'on applique les glaçures par volatilisation , en recouvrant à l'intérieur des étuis les composés alcalins et plombeux dont nous avons parlé.

Lorsque les glaçures sont de nature feldspathique ou formées par des mélanges de frittes et d'autres matériaux arides, on les applique par immersion après avoir rendu, par une cuisson préalable, la pâte, dès lors indélayable dans l'eau, convenablement absorbante. L'encastage se fait avec soin, les poteries sont isolées les unes des autres pour qu'elles ne se collent pas ; on les sépare par les points les plus isolés et les moins nombreux.

PORCELAINE HVKE.

Nous avons vu la composition de ce genre de poterie. Le commerce présente en assez grande quantité comme objets de décorations des poteries simples , c'est-à-dire sans glaçure ; on connaît ces produits sous le nom de biscuit de porcelaine. Comme service de table, on cherche le brillant et l'éclat qui résultent de l'application de la glaçure.

Poteries simples. — La pâte est, comme nous l'avons dit, essentiellement composée de deux éléments principaux , l'un argileux , infusible ; nous avons vu que c'était le kaolin , ou seul ou mélangé , soit avec l'argile plastique , soit avec la magnésie ; l'autre aride , fusible , donné par le feldspath pur ou mélangé d'autres minéraux pierreux, tels que le sable siliceux, la craie, le gypse, ou pris eux-mêmes, isolément ou mêlés sous diverses formes.

Les matériaux de cette pâte dont la plasticité n'est que faible , demandent des lavages et des broyages plus soignés que ceux des poteries que nous venons d'étudier; la pâte elle-même exige un malaxage, un pétrissage , un battage très-complet, et surtout les plus minutieuses précautions pour éloigner tout mélange accidentel qui ferait perdre aux produits fabriqués les qualités qu'ils doivent tenir de leur blancheur. Malgré toutes ces préparations , la pâte est courte et beaucoup plus susceptible que toute autre pâte de

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manifester , tant à la dessiccation qu'à la cuisson , les plus légères

différences de pression qu'on lui a fait subir en la façonnant.

Les pâtes doivent être aussi plastiques qu'il est possible ; on leur donne cette qualité par diverses méthodes, en les faisant vieillir, en les marchant , pétrissant , malaxant et battant ; enfin en ajoutant à la pâte nouvelle la moitié de son poids de tournassures relavées.

Nous avons insisté , en traitant de la technologie céramique , sur les procédés qu'on emploie pour le façonnage des porcelaines ; c'est cette poterie qui nous a fourni les divers exemples de pièces que nous avons indiqués. Nous avons dit quelles étaient les* conditions dans lesquelles on peut faire usage des procédés de tournage, moulage et coulage.

Le moulage se fait à la balle, à la croûte, à la housse. La température de la cuisson est très-élevée entre i ,5oo et i ,600 degrés du thermomètre centigrade.

On se sert aujourd'hui pour cuire la porcelaine de Sèvres, de houille et de bois. Le bois doit être du bois à lon^e flamme; les

Fig. 449.

essences qu'on préfère sont le tremble , le bouleau , le sai)in. Lors-

qu'on fait usage de houille , on recherche de préférence les houilles grasses. Les charbons de terre de Mons sont réputés de bonne qualité; les charbons anglais donnent également de très-bons résultats.

La quantité considérable de calorique perdu pendant la cuisson à la houille , à l'état de fumée noire et compacte surtout pendant le petit feu , doit faire tenter Tapplication des appareils fumiyores aux différents systèmes d'alandiers. Je donne , ci-dessus , le dessin de la grille de M. Duméry, d'après un décalque qu'il a bien voulu me communiquer. Cet appareil était appliqué d'une manière satisfaisante à l'alimentation d'un four à réverbère dans la fabrication du fer. La vue extérieure et la coupe représentées (Ji^. 449) donnent une îdée suffisamment exacte de la disposition qu'on pourrait adopter pour les fours à porcelaine dure.

Il ne serait pas nécessaire, ce me semble, d'établir autant de grilles qu'on aurait d'alandiers et de fours, car il serait très-possible de combiner tout le système pour qu'au moyen de chariots à rou-

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lettes , ces foyers devenant mobiles , puissent être transportés d'un

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four au four voisin ; il faudrait seulement un nombre d'appareils

égal à celui des alandiers.

L'économie probable qui résultera d'un meilleur emploi du combustible , comme d'une combustion très-régulière , ne tarderaient pas à compenser la dépense d'installation. La fig. 45o est une coupe par un plan perpendiculaire à celui qui, dans la fig. 449? a déterminé la coupe du côté gauche.

Poteries composées. — C'est principalement aux poteries composées de ce genre qu'on donne le nom de porcelaine dure.

L'application de la glaçure sur la porcelaine dure qui cuit en même temps pâte et glaçure , conduit dans l'encastage à de nombreuses précautions pour maintenir dans leur forme des pièces ramoUisables.

La glaçure est généralement feldspathique. Elle cuit en même temps que la pâte , et comme cette dernière est ramollissable , on éprouve les plus grandes difficultés dans Tenfournement et dans l'encastage. Les étuis doivent être de très-bonne qualité , bien réfractaires; il faut les luter avec soin. A cette fabrication se rapporte principalement tout ce que nous avons dit de l'encastage des pâtes ramollissables , page aaS.

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