X-3-3 Bi
es v
7,fi
Provenance inconnue..
Sous le nom de noirs de lavage, on envoie également du nord de la France des matières d'un noir sale, peu homogènes, contenant de 40 à 50 p. 100 de phosphate, et provenant du lavage des noirs grains révivifiés.
Vous voyez, Messieurs, à l'inspection des doses de carbonate de chaux de ces engrais que dans le travail des jus de betterave, le noir sert tout autant en absorbant l'alcali du saccharate de chaux qu'en réagissant par sa porosité sur la matière colorante. On s'explique parfaitement dès lors qu'un ingénieux expérimentateur, M. Corenwinder, ait proposé d'essayer commercialement le noir animal en examinant, au moyen de solu-
tions sulfuriques titrées, ce qu'un volume fixe de saceharate de chaux liquide peut céder d'alcali à une quantité pondérable également fixe de noir animal.
Les résidus de raffinerie de Marseille sont très-appréciés. Voici la composition moyenne des échantillons analysés dans mon laboratoire en 1862.
Charbon et matières organiques 20,00
Késitiu siliceux (î,00
Sels soluldes 1,10
Phosphates de chaux et de magnésie 64,00
Carbonate de chaux et perte 8,9'>
Azote, 18 pour 1000.
En 1809 et i870, les noirs de la raffinerie Saint-Louis de Marseille m'ont offert de 64 à 68 de phosphate de chaux, pour 100 parties de matière à l'état sec.
11 y a vingt et quelques années, on a beaucoup fraudé les noirs de Marseille avec des lignite» pulvérisés. (Jette falsification n'a plus lie;; aujourd'hui.
Les noirs.de Hambourg sont très-odorants, riches en matière organique, chargés de silice, et se recouvrent rapidement de moisissures. Ils sont fort souvent mélangés au sortir des raffineries avec des résidus de distillerie ou des substances végétales analogues. 11 y a eu pendant longtemps à Hambourg des industriels qui s'occupaient spécialement de ce mélange, et qui, après avoir traité avec les raffineurs, livraient ultérieurement les noirs aux négociants de Nantes. Toutefois, ces parasites sont de plus en plu- gênés dans leur rôle intermédiaire par la préférence très-naturelle des acheteurs pour la transaction directe avec les raffineries (1).
Le> noirs de Hambourg contiennent de 45 à 55 pour 100 de phosphate de chaux, de 22 à 20 pour 100 de matière organique. Le saine y varie de 8 à 22 pour 100, et cette haute dose de matière inerte tient d'une part a la nature des sucres bruts, eu
(l) En général les fraudes deviennent difficiles dons les transactions entre producteurs et négociants, elles sont'très-multipliées au contraire entre marchands de détail et consommateurs. Voir à cet égard mon petit suide intitulé : Simples notions sur l'Achat et l'Emploi des engrais commerciaux. Paris, Victor Masson.
égard à la petite dose de noir employée, de l'autre à la falsification fréquente de l'engrais par des substances étrangères à l'industrie du raffinage.
Les noirs d'Amsterdam et de Rotterdam sont caractérisés par une forte odeur putride et une teinte grise qui ne peut être dissimulée que sous l'influence du mouillage.
Ici encore nous retrouvons l'action intense et persévérante de la fraude qui constitue l'industrie de ce que les négociants de Nantes appellent les repasseurs. Un repasseur est un industriel d'Amsterdam ou de Rotterdam qui achète le noir en raffinerie, le lave de manière à en retirer quelques traces de sucre (à l'état d'alcool probablement), puis le livre au marchand d'engrais après y avoir incorporé adroitement et à chaud des substances étrangères, telles que résidus de fromageries (1), de distilleries, tourteaux, etc. Ces ?*epasmirs offrent quelquefois au raffineur de lui rendre poids pour poids de la substance en lui payant une prime qui s'élève jusqu'à 1 fr. pour 100 kilog.On comprend facilement que de telles conditions ne seraient point compensées par la simple extraction du sucre laissé dans le noir. Ce repassage, n'eût-il que l'inconvénient d'enlever au résidu des matières fermenteseibles, devrait déjà être évité. Au surplus, certains importateurs de Nantes prennent aujourd'hui leurs précautions pour échapper à ses conséquences, et l'un d'eux, négociant honorable, s'il en fut, me communiquait une lettre d'un vendeur d'Amsterdam où se trouvait le passage suivant : « Lorsqu'on achète de deuxième main, il faut s'attendre à ce qu'il y ait addition d'argile et d'autres substances dans le noir; » et plus loin : « Nous ne faisons pour notre part aucun mélange avec d'autres matières comme le font généralement ici les marchands qui s'occu- .pent spécialement de cet engrais. »
Si je vous cite ces lignes, Messieurs, c'est pour démontrer que souvent la proportion de résidu siliceux provenant naturellement de certains sucres ne peut être invoquée comme source
(1) Le capitaine M..., de la Vilaine, me fut adressé par un courtier de commerce de Nantes en mai 1851. 11 venait de Kotlerdam, dont il avait dû quitter précipitamment le port pour affaires de famille. Pour ne pas perdre son voyage, il avait demandé un chargement de résidu pur de raffinerie, et on lui avilit livré un mélange ;ï odeur de fromage sur lequel il dut perdre 3,000 fr. environ.
unique des matières inertes contenues à haute dose dans les résidus expédiés d'Amsterdam et de Rotterdam. Toutefois, comme le fait inverse peut se présenter, il en résulte une véritable confusion qui nuit à l'élévation de prix des engrais de cette provenance. Ici surtout l'origine ne dit absolument rien, et l'analvse seule est signiûcative pour l'agriculteur.
Et pour vous prouver, Messieurs, que certains sucres sont de nature à apporter des quantités considérables de sable dans les noirs, je vous signalerai un fait que j'ai pu constater moi-môme ; le voici :
J'ai prié une personne digne de toute confiance de relever à Amsterdam les données d'une clarification. Cette opération comportait les chiffres suivants :
2,000 à 2,500 k. de sucre dissous.
50 à 100 k. de noir animal provenant du blutage de la revivification.
2^,500 à 3 k. de sang de bœuf.
30 œufs.
Analysé à Nantes, le résidu de cette opération m'a fourni 2<J pour 100 de matière organique (représentant 24 millièmes d'azote), 36,7 pour 100 de phosphate de chaux, et 27,5 de résidu siliceux. Le sucre raffiné provenait de Bahia.
Un sucre de la Havane, soumis à la clariûcation par le môme procédé, a fourni un résidu contenant 13 pour 100 de sable, et 50 pour 100 de phosphate.
Pour épuiser ce sujet, je vous citerai l'analyse exécutée en 1852 dans mon laboratoire sur deux échantillons parfaitement authentiques, l'un de noir vierge d'Amsterdam, — ce noir était un son de révification, — l'autre du môme noir après la clarification.
DÉSIGNATION
De LA SUBSTANCE.