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Noir unimal seul, 60 °/0 de phosphate.
Nodules traités par l'acide sulfurique.
Le mauvais effet du phosphate acidifié ne proviendrait-il pas de l'absence de bases énergiques dans le sol factice où se faisaient mes expériences? Je suis très-porté à le croire.
Au surplus, Messieurs, et toule réserve faite pour les phosphates acidifiés, les résultats de ces essais, qui pouvaient avoir un certain intérêt à l'époque où je les commençai, sontaujourd'hui confirmés par des expériences nombreuses et convaincantes effectuées sur une grande échelle. La pratique a établi la réalité des propositions que je formulais en 1857, et à l'expression desquelles je n'ai pas un mot à changer. Voici leur expression textuelle :
1° Les nodules de phosphate de chaux, réduits en poudre fine et exposés quelques mois ù l'air, sont assimilables par les végétaux ;
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2° Leuraction, favorable dans les sols granitiques et schisteux, dans les défrichements des landes et bruyères, peut être variable, selon qu'on les emploie seuls ou associés à des substances organiques ;
3° Ainsi que cela se remarque dans l'emploi des phosphates du noir animal, il y a convenance, tantôt à associer des substances organiques aux nodules, pour fertiliser les terres pauvres en agents dissolvants ; tantôt, au contraire, à les employer seuls, dans les défrichements où abondent les détritus végétaux;
4° L'addition du sang aux nodules en poudre fine donne des résultats excellents, au triple point de vue du rendement en grain, de la vigueur de la paille et de la précocité ;
5° 11 n'y aura probablement lieu d'employer l'action des acides pour favoriser l'assimilation des nodules que dans les terres ou les cultures où le superphosphate est actuellement reconnu utile par les agriculteurs. Dans tous les cas, au contraire, où le noir d'os en grains est rapidement dissous, les nodules en poudre fine seront eux-mêmes assimilés.
La seule réserve qu'une assez longue série d'observations me conduirait à formuler aujourd'hui serait la suivante : il n'est plus douteux qu'il y n'ait avantage à employer les phosphates fossiles seuls dans les défrichements des terrains primitifs et de transition. Mais, dans des terres en rapport depuis longtemps et lorsque le prix de revient de l'acide sulfurique ne sera pas trop élevé — circonstance rare en France — les cultivateurs feront bien d'aciduler les engrais. A défaut d'acides industriels, ils devront avoir recours à l'action dissolvante des matières organiques du sol ou des engrais.
Les documents propres h établir l'eflicacité des phosphates fossiles n'ont plus aujourd'hui le môme intérêt qu'en 1857, puisque les engrais se vendent sans qu'il soit nécessaire de solliciter
(1) M. Corenvinder a constaté, Annales de chimie et de physique, vol. XLVIII, qu'une couche de bouse de vache ayant un mètre carre de surface et 8 centimètres de profondeur, fournil en 24 heures 20 litres d'acide carbonique, soit, 2,000 hectolitres par hectare. Le fumier de ferme, dans le même temps, donne 1,200 hectolitres de ce gaz par hectare; le crottin de cheval récent, 600 hectolitres ; le même au bout de huit jours, 8,800 hectolitres.
l'acheteur; aussi serai-je sobre de chiffres et de comptes rendus. Je citerai toutefois quelques faits dont l'importance n'a pas diminué.
M. Lecouteux, dont les travaux agronomiques sont justement appréciés, m'a fait connaître qu'il a adopté l'emploi des nodules pulvérisés aux environs de Lamotte-Beuvron. Trois hectares ensemencés de seigle (1860) ont été placés par cet expérimentateur dans le môme état que vingt autres hectares fumés à l'aide du noir animal azoté.
Sur les phosphates fossiles comme sur le noir animal, M. Lecouteux a obtenu 530 gerbes à l'hectare, soit 25 hectolitres de seigle ; la quantité d'engrais employée était d'une part 500 kilog. de phosphate fossile coûtant 30 fr., et d'autre part 5 hectolitres de noir à 13 fr., soit 65 fr. Lorsqu'on opère sur des terres de bruyères récemment défrichées, on peut donc obtenir des avantages sérieux par l'emploi des phosphates fossiles en poudre One; aussi M. Lecouteux utilise-t-il cet engrais sur une vaste échelle et comparativement avec les guanos naturels et artificiels, le noir animal, etc.
Enfin, M. Pichelin aîné, fabricant d'engrais bien connu, et que le Jury de l'Exposition nationale de 4860 a jugé digne de la médaille d'or, a fait, de son côté, des essais dont il m'a communiqué les résultats dans les termes suivants : « Avec 500 kilog. de phosphate fossile, j'ai obtenu 26 hectolitres de seigle par hectare ; le noir animal, employé à la dose de 5 hectolitres, m'a fourni 25 hectolitres de seigle, le sol étant à peu de chose près identique dans les deux cas ; la dépense en noir excédait de 30 fr. celle représentée par l'achat du phosphate. Ce dernier engrais était calculé à raison de 7 fr. 35 les 100 kilog. et le noir à raison de 13 fr. 65 l'hectolitre. »
Sur des défrichements de deuxième année, ajoute M. Pichelin, mes résultats ont été moins brillants; ils sont représentés par les chiffres qui suivent :
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