PAILLES
«le t ruinent . de seigle.
d'orge.
Ligneux, substances non azotées. 78,6
KiO,o
(1) lu- 18. Paris, Victor Maison et Fils, place de ï'tëcole-de-\lédeeine.
(2) L'albumine contient 15,0 p. 100 d'azote.
DIX-SEPTIÈME LEÇON. 40f»
C'est là, sans contredit, une excellente litière, bien que, dans certains cas cependant, il y ait avantage à lui adjoindre et à lui substituer même des débris végétaux divers ou des terres, marnes, tourbes, etc.
La propriété absorbante des litières pour l'eau a été déterminée par M. Boussingault. Cet agronome a trouvé que pour vingt-quatre heures d'imbibition :
100 kilog. de paille de froment ont retenu 220 kil. d'eau.
de paille d'orge 285
de paille d'avoine 228
de paille de colza 200
de feuilles de chêne tombées 162
de bruyère 100
de sable quartzeux 25
de marne 40
— déterre végétale séchée à l'air.. ..50 —
Ces chiffres démontrent la grande aptitude des pailles à l'imbibition, et permettent de s'expliquer qu'une proportion minime de litière réalise l'absorption d'une assez grande masse de déjections.
La facullé d'absorption de la litière pour les gaz n'est pas moins remarquable, et si on veut neutraliser immédiatement le dégagement des principes ammoniacaux (sulfhydrale, carbonate), que l'odorat perçoit sur une couche de fumier en fermentation, il suffit d'y répartir une faible couche de paille. Plus la paille est sèche, mieux l'expérience réussit. Pour constater le dégagement de l'ammoniaque des fumiers et l'absence d'émanations obtenue par l'addition de paille sèche, M. le docteur Brame emploie un petit flacon à large ouverture, rempli d'amiante et de pierre ponce imprégnés d'acide acétique cristallisable. Cet ammonoscope accuse par des vapeurs blanches fort intenses la déperdition d'ammoniaque la plus légère.
Dans les casernes de cavalerie, on a toujours remarqué que l'odeur disparait dès qu'on répand de la litière fraîche sur le sol ; le môme fait se produit dans les étables de certaines contrées où on laisse le fumier s'accumuler à ce point, que la tête des animaux arrive à toucher les solives du bâtiment. Au concours national d'agriculture de Paris, en 1860, M. le docteur Brame avait exposé une caisse renfermant 100 kilog. de fumier: ce
ilO LEÇONS DE CHIMIE AGHICOLE.
fumier était recouvert d'une couche de paille sèche de quelques centimètres d'épaisseur, qui suffisait pour empêcher toute émanation, malgré l'élévation de la température.
Les chiffres que je vous ai donnés tout à l'heure, et qui établissent la puissance d'absorption des différentes litières, conduisent à cette conséquence que, pour remplacer 100 kilog. de paille de froment, il faudrait employer :
77 kilog. <lo paille d'orge,
96* — de paille d'avoine,
1 10 — de paille de colza,
136 — de feuilles de chêne,
220 — de bruyère,
880 — de sable,
550 — de marne,
440 — de terre végétale sèche .
La tourbe, les ajoncs, les genêts, sont des matières absorbantes dont il y a quelquefois avantage à utiliser les propriétés, et, à l'époque où les animaux recevant une nourriture verte abondante fournissent des déjections très-liquides, M. Liazard a souvent eu occasion d'absorber les purins avec facilité, au moyen de tourbe répartie dans les étables ou à la surface des fumiers qu'il arrosait.
Les déjections doivent désormais fixer notre attention. Elles . sont formées de bile, de sécrétions intestinales, de matières organiques non digestibles, d'aliments non digérés, le tout étendu d'une assez forte quantité d'eau.
Une vache consommant 7k,500 de foin et 16 kilogrammes de pommes.de terre, fournit 28k,400 d'excréments, ainsi composés :
Pour 100 parties.
Bile (I), albumine, raucu* (.k,575 2,00
Phosphates et substances minérales
diverses 0 ,480 1,09
Ligneux, aliments non digérés 2,945 10,37
Eau 28 ,400 85,91
Et comme la bile, l'albumine et plusieurs principes salins sont à 1 état de dissolution, la portion liquide que l'eau peut
(1) La bile contient 14,7 p. 100 d'azote
entraîner forme en résumé près de 9G centièmes de la bouse de vache.
Enfin, il nous faut rechercher la proportion et la richesse des urines qui doivent, avec la litière et les excréments, constituer le fumier complet. La vache, que j'ai prise pour exemple, en fournit 7l,93 par vingt-quatre heures, soit 8k,200 dont voici la composition chimique pour 100 parties :
Urée il î 1,85
Bicarbonate de potasse 1,61
Sels alcalins et terreux i,4I
Eau 92,13
Comme la bile, l'albumine, l'urée, sont des matières très-facilement décomposables, comme leur azote se transforme en ammoniaque sous les influences diverses que la fermentation du fumier met en jeu, on s'explique que réchauffement de la niasse d'engrais doive donner naissance aux produits principaux dont voici la nomenclature:
Carbonate d'ammoniaque. — Résultant de la décomposition de l'albumine, de la bile, du mucus et de l'urée.
Phosphates.
Sels alcalins.
Bicarbonate de potasse.
Acides bruns. -- Résultant de l'altération de la cellulose.
Examinons si les faits corroborent ces conclusions à priori.
Voici toul d'abord les proportions relatives de l'eau de la malière organique et des principes minéraux contenus dans lOOkilog. de divers fumiers.
(I) L'urée renferme 17,5 p. 100 d'azote.