‹ Leçons de chimie agricoleChapitre 71 sur 87 · DE CHAUX · texte numérisé non relu

DE CHAUX

el de magnésie.

AZOTB.

Je ne pense pas que ces chiffres aient subi de bien grandes modifications dans la période décennale qui vient de s'écouler.

Pour résumer la question des poudrettes dans le département de la Loire-Inférieure, je me bornerai à vous dire que, de 1850 à 1860, il en a été vendu à Nantes 80,000 hectolitres représentant une valeur de 220,000 fr., tandis que les poudrettes expédiées de Bordeaux dans l'arrondissement de Paimbœuf par Pornic représentaient 686,070 francs pour le môme laps de temps.

11 y a, certes, de grandes améliorations à réaliser dans la vidange comme dans l'utilisation de ses produits, et l'assainissement de cette opération est digne d'être poursuivi avec sollicitude par les hommes de progrès, les matières rendues inodores sont d'ailleurs d'un emploi peu répugnant.

Il serait également désirable que quelques cultivateurs des environs de nos grandes villes telles que : Nantes, Angers, etc., donnassent un bon exemple en installant dans leurs propriétés des citernesou caves analogues à celles des agriculteurs duNord, dont la capacité varie de 6 à 1,200 tonneaux et dans lesquelles les

matières achetées en ville sont soumises à la fermentation pour être ensuite répandues sur les terres.

Fosse à eugrais flamand.

Le tableau suivant (p. 4C0) donne quelques-uns des moyens auxquels on peut avoir recours pour la désinfection des matières fécales.

Parmi ces procédés, il en est qui comportent un mélange difficile à effectuer dans les fosses mêmes; mais, admettez l'emploi prépondérant soit de fosses mobiles, soit de fosses fixes avec appareils diviseurs qui retiennent seulement les excréments solides, vous reconnaîtrez de suite que des compagnies bien organisées pourront opérer sur des masses désormais réduites le mélange intime de la matière fermentescible, tantôt avec les poudres désinfectantes et absorbantes, tantôt avec la chaux vive, et produire rapidement un engrais, bien plus riche que la poudrette.

Beaucoup d'entre vous auraient le désir d'utiliser des matières de vidanges en les faisant absorber par des tourbes, des poudres charbonneuses, des composts divers, mais le dégoût les éloigne de cette fructueuse opération. C'est lecas ou jamais, Messieurs, d'employer le sulfate de fer dissous, mélangé d'une petite quantité de pyrolignite de fer. Vous convertirez ainsi une masse infecte en substance inodore et facile à incorporer dans des engrais quelconques. En opérant, à Rouen, avec des charbons de tourbe et des sels de fer, M. Rohart désinfectait les matières des fosses à raison de 1 fr. 60 par mètre cube; c'est un prix fort abordable, à coup sûr.

Nous le savons tous, Messieurs, il est difficile dans certaines

villes d'avoir des fosses étanches ; il faut donc en pareil cas abandonner le système des amas considérables de matières fécales dans les maisons. D'autre part, la vulgarisation des cuvettes dites anglaises augmente chaque jour les quantités d'eau mêlées aux excréments. Cela est si vrai qu'à Paris, en 1800, on n'extrayait que 38,000 mètres cubes de matières pour 547,000 habitants, tandis qu'en 1852, les extractions ont fourni .337,100 mètres cubes pour 1,053,000 habitants. C'est en voyant cette marée montante que l'on a eu l'idée d'écouler les liquides à l'égout.

Jusqu'à ce qu'on ait trouvé un moyen pratique de condenser dans des fosses mobiles les principes fécondants des urines, il est malheureusement vrai qu'il faudra permettre leur écoulement, et ce sera déjà un immense progrès réalisé que de retenir, de solidifier rapidement et de livrer à l'agriculture tous les excréments solides d'un grand centre; mais les préoccupations des économistes et des hommes de science ne doivent pas s'arrêter là.

C'est surtout dans l'urine que se trouve la matière précieuse excrétée par l'homme. Toute diluée qu'elle est par le mélange de l'eau, elle est encore tellement riche en principes utiles, qu'on doit regretter de la voir conduire aux fleuves dont elle contribue à corrompre les eaux .

M. Rohart a trouvé que les liquides urineux des fosses de Rouen marquaient 3 degrés aréométriques après fdtration et contenaient -2,58 p. 100 de matières dissoutes. MM. Chevalier, Labarraque et Parent-Duchàtelet avaient trouvé 1,60 p. 100 de substance sèche dans les eaux de cinq fosses mobiles de Paris ; enfin, M. Paulet, analysant l'urine étendue d'eau telle que la fournissent les fosses parisiennes, en a obtenu sous forme de sels ammoniacaux 2,5 à 3 p. 100 de matières sèches, représentant presque 0,5 p. 100 d'azote. Réduits à l'état sec, ces liquides donneraient un résidu plus riche en azote que le guano du Pérou, et c'est là ce qu'on perd !...

On a bien pensé à évaporer les urines à l'aide de la houille ou encore en les faisant couler au grand air sur des fagots disposés en bâtiments de graduations (I), mais les émanations qui

(1) Ce procédé a été longtemps employé dans les mines de l'Eat pour concentrer les eaux peu chargées de sel gemme.

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