RÉSUMÉ
Essai par l'ammoniaque 48,00
Analyse rigoureuse 36,23
Autre échantillon, — Essai commercial :
Matières volatiles au rouge 5,50
Sable ferrugineux 29,00
Précipité mixte fourni par l'ammoniaque 50,00
Complément 15,50
L'analyse a fourni :
Sable siliceux blanc 26,20
Acide phosphorique 20,78 correspondant à :
Phosphate tribasique de chaux 45,00
Complément 28,80
Différence pour le phosphate entre les deux essais :5 p. 100. Autre échantillon. — Essai par l'ammoniaque :
Précipité mixte 49,7
Sable 30,0
Matières volatiles au rouge 5,0
Complément 15,3
Dans les 49,7 de prétendu phosphate de chaux, on dose :
Acide phosphorique 19,51
im LEÇONS DE CHIMIE AGRICOLE.
L'acide représente 42,4 p. iOOde phosphate de chaux tribasique, et non : 49,7 que fournissait l'ammoniaque.
Le chiffre de la chaux est supérieur de 2,5 p. 100 à ce qui était nécessaire pour saturer l'acide phosphorique.
Autre échantillon. — Un phosphate fossile a fourni :
Précipité mixte obtenu par la précipitation ammoniacale -48,50
L'analyse rigoureuse a donné :
Acide phosphorique .* 19,21
Soit en phosphate tribasique de chaux, 4i,7 p. HO.
Autre échantillon.
Précipité mixte par l'ammoniaque 44,2
Acide phosphorique isolé 18,5
Soit 40 p. 100 de phosphate de chaux tribasique.
Il n'est pas inutile de mentionner, à l'appui de ces résultats, que les analyses de phosphates fossiles faites à l'École des Mines et communiquées par M. Rivot à la Commission d'enquête des engrais, mentionnaient de 16,30 à 24 p. 100 d'acide phosphorique.
La somme de l'alumine et de l'oxyde de fer variait de & à 26 p. 100.
J'ai à vous parler maintenant de l'essai des guanos azotés ou nitro-guanoSj ceux qui n'ont d'intérêt qu'en raison de leur richesse en acide phosphorique pouvant être analysés à l'aide des méthodes convenables pour les noirs d'os ou les phosphates fossiles.
Lorsque le guano des îles Chincha était vendu en sacs plombés par les agents du gouvernement péruvien, il avait une telle régularité de composition que par le simple dosage de son humidité et de ses matières volatiles au rouge on était à peu près assuré de sa richesse en azote; mais les choses ont bien changé, et les guanos péruviens dits de Guanape et de Macabi ont des richesses si variables qu'il est indispensable désormais d'en faire une analyse complète pour connaître leur valeur.
11 faut en pareille circonstance connaître l'humidité, les substances organiques et les sels ammoniacaux, le sable, l'acide
VINGT ET UNIÈME LEÇON. Soi
phosphorique et l'azote, contenus dans l'engrais soumis à l'analyse.
L'humidité peut être facilement obtenue par la dessiccation de 5 grammes de guano tamisé que Ton place dans une étuve chauffée à 100 degrés. La perte de poids étant accusée par la balance,
Étuve eu cuivre à double enveloppe. Ktuve à q.iinquet ou à lampe à pétrole.
on calcine le guano au rouge et on détruit la matière organique en même temps qu'on volatilise les sels ammoniacaux. Une seconde pesée établit le quantum de ces matières.
Le traitement des cendres par l'acide azotique ou chlorhydrique chaud est effectué dans un tube : on sépare le sable par fillration.
Le liquide filtré est additionné de quelques centimètres cubes de chlorure de calcium et précipité par l'ammoniaque (1). Il se dépose du phosphate de chaux des os ou tribasique facile à
(I) Cette addition de chlorure de calcium est destinée à fournir de la chaux à l'acide phosphorique qui existerait dans le guano à l'état de phosphate de potasse.
oo2 LEÇONS DE CHIMIE AGRICOLE.
séparer par une nouvelle filtration et que l'on devra calciner au rouge après lavage (1).
Une détermination très-importante pour l'appréciation d'un nitro-guano est celle de l'azote ; je vais vous indiquer, Messieurs, toutes les précautions à prendre à cet effet.
Il est tout d'abord important de doser l'azote sur le guano non desséché, car la température de 1001 nécessaire pour là dessiccation, suffit quelquefois et notamment lorsque le guano
a été avarié, pour en volatiliser une proportion assez sensible d'ammoniaque. En effet, prenez un guano riche, mettez-le dans un verre, et à proximité d'un vase renfermant de l'acide chlorhydrique concentré. Au bout de peu d'instants les vapeurs ammoniacales, se combinant auxvapeursacides,donneront naissance à un nuage abondant de chlorhydrate d'ammoniaque. Cette expérience vous démontre l'utilité de l'analyse effectuée sur l'engrais à l'état normal.
J'arrive à la pratique de celte opération. Lorsqu'une matière ammoniacale, ou susceptible de fournir de l'ammoniaque par la fermentation, est mise en contact avec de la chaux vive, il suffit de faire intervenir une forte chaleur ou l'action de l'eau pour qu'il se dégage l'odeur bien connue de l'alcali volatil. C'est sur ce principe que l'analyse des matières azotées est basée.
On pèsera 5 décig. de l'engrais (quelquefois 1 gramme ou plus s'il est peu azoté), et on le placera dans une petite capsule en porcelaine.
On se procurera de la chaux sodée en éteignant de la chaux vive à l'aide d'une lessive de soude caustique (2), puis calcinant le
(1) Il est évident que l'on pourra analyser ce phosphate en en séparant la chaux à l'état de sulfate et l'acide à l'état de phosphate ammoniaco- magnésien, mais cette opération est rarement nécessaire.
(2) Le poids de la soude doit représenter environ le quart de la chaux employée. Plus on augmente la proportion de soude et plus le mélange est fusible.
lout au rouge sombre et pulvérisant grossièrement. La chaux sodée introduite chaude et sèche dans un flacon à large ouverture bouché à l'émeri s'y conserve très-bien.
On prépare une liqueur sulfurique normale ^ en pesant trèsexactement dans une bonne balance 61gr,250 d'acide sulfurique ayant récemment subi iébullition: on verse l'acide pesé dans une capsule, et, à l'aide d'un agitateur en verre, dans un ballon con-
Préparation de la liqueur normale sulfurique.
tenant un demi-litre d'eau distillée ; la température s'élève beaucoup, on agite et on laisse le mélange se refroidir lentement : on prend une carafe dont un trait marqué sur le col indique fort exactement la contenance de i litre : on y verse le contenu du ballon, on rince exactement ce dernier avec de l'eau distillée jusqu'à ce que toute trace d'acidité ait disparu, et Carafe jauf5ée*
lorsque le liquide transvasé dans la carafe y occupe très-ri-
goureusement 1 litre, on l'agite de manière à en rendre lotîtes les parties parfaitement homogènes.
Une pipette mesurant 10 centimètres cubes et que l'on remplit jusqu'à son trait de jauge avec cette liqueur en contient
Mélange de l'acide avec l'eau. Emploi de la pipette jaugée.
assez pour neutraliser exactement 0gr2l2 d'ammoniaque. Cette quantité correspond à Ûgr,175 d'azote.
Il faut maintenant préparer la liqueur de saccl\arale de chaux. Pour cela on dissout 200 grammes environ de sucre blanc dans un litre d'eau. On introduit d'autre part dans un mortier de porcelaine 20 grammes de chaux éteinte, et on y ajoute un décilitre d'eau sucrée : on broie pendant cinq minutes, on vide le contenu du mortier dans une bouteille et on recommence ainsi jusqu'à ce que toute l'eau sucrée ait servi au broyage de la chaux. On abandonne le mélange à lui-môme pendant quelques heures; on décante et on filtre. On obtient ainsi une solution de sucrate ou saccharate de chaux que l'on conserve dans un flacon bouché .
Ces réactifs étant préparés, on peut procéder au dosage de l'azote.
La décomposition de la substance sera opérée dans un tube en fer étiré bien soudé à Tune de ses extrémités, et dont le
diamètre intérieur aura un centimètre et demi. J'ai réduit la longueur de ces tubes à 34 centimètres pour les analyses de guanos, de noirs de raffinerie et de poudrettes; mais elle devra être portée à 60 centimètres, s'il s'agit de décomposer des substances d'une difficile combustion, telles que déchets de laine, débris de poissons, cuirs, crins, etc. Un fourneau en tôle reçoit ce tube et permet de le chauffer très-également avec du charbon de bois, mais lorsqu'on pourra profiter du gaz de l'éclairage, l'opération sera fort simplifiée.
Lorsque la chaleur provoquera dans le tube la décomposition de la matière azotée et le dégagement de l'ammoniaque, ce gaz pourra être, au sortir de l'appareil, condensé dans un acide. On conseille généralement d'effectuer cette condensation à l'aide du tube de Liebig dans lequel sont introduits iO centimètres cubes de liqueur sulfurique normale; c'est un luxe parfaitement inutile et que vous pouvez Tube de Liebig. remplacer en utilisant un simple flacon.
Je mets sous vos yeux l'appareil que j'emploie à tout instant et à l'adoption duquel je suis arrivé après de nombreux tâtonnements.
Je vais désormais, Messieurs, faire l'opération sous vos yeux pour vous en rendre les détails familiers.
J'introduis tout d'abord dans le tube chaud et sec, à l'aide d'une petite feuille de cuivre ployée, 5 décigrammes d'acide oxalique, puis 4 à 5 centimètres de chaux sodée pulvérulente et chaude. La matière à décomposer est mélangée dans un mortier de porcelaine sec et chaud avec de la chaux sodée, versée avec précaution dans la feuille de cuivre et introduite dans le tube, qui en ce moment offre encore un espace vide de 15 centimètres au moins. Je remplis cet espace avec de la chaux sodée en partie pulvérulente, et je recouvre le tout d'un tampon d'amiante peu comprimé. Il ne me reste plus qu'à fermer le tube avec son bouchon, à le placer sur le fourneau et à le frapper légèrement dans toute sa longueur pour tasser la matière et faciliter le passage des gaz.
Je chauffe le tube, en commençant par la partie antérieure ;
une petite plaque de tôle échancrée que Ton promène avec la pince permet de porter cette partie antérieure au rouge avant que ja matière azotée éprouve l'action décomposante de la chaleur. Bientôt j'arrive à la chauffer elle-même, et, comme vous le voyez,
B Fourneau renfermant le tube en fer où s'opère la décomposition de la substance.
d Chiffon entourant l'extrémité du tube.
A Flacon de Mariotte laissant tomber de l'eau froide, goutte à goutte, sur le chiffon.
C Flacon étroit renfermant 10 centimètres cubes de liqueur normale sulfurique étendus de 10 à 15 centimètres cubes d'eau. Ce flacon est disposé dans une assiette creuse.
Messieurs, il se volatilise très-peu de matières gazeuses brunes incomplètement brûlées. Cela s'explique facilement, parce que, dans leur passage et avant d'arriver à la liqueur normale sulfurique, ces matières ont été décomposées par la chaux sodée rougie. Un chauffage effectué rapidement et sans méthode, cause un dégagement de substances goudronneuses, lequel, souvent, ôte toute valeur à l'opération, comme vous allez bientôt le comprendre.
L'azote se dégage donc à l'état d'ammoniaque et est absorbé complètement par la liqueur normale; les dernières traces de ce gaz sont chassées par les produits non azotés de la décomposition de l'acide oxalique. Lorsque les bulles cessent de traverser
le liquide du flacon, on enlève rapidement le bouchon, ou encore on brise le tube coudé (1), et on verse la liqueur normale dans un vase à précipiter P placé
sur une feuille de papier blanc. Vous remarquerez, Messieurs, que je rince le flacon à deux reprises, et que je verse chaque fois le liquide dans le vase. De cette Vase à PréciPi,er-
façon, je suis sûr d'opérer sur toute la substance acide modifiée par le passage de l'ammoniaque.
11 s'agit maintenant de reconnaître la puissance acide des 10 centimètres cubes de cette liqueur normale que j'ai étendue et dans laquelle une portion de l'acide primitif a été neutralisée par l'ammoniaque. Vous pressentez déjà que la puissance acide déterminée avant la combustion, puis après le passage du gaz alcalin, correspond à une différence d'autant plus grande que le gaz ammoniacal — donc l'azote — aura été plus abondant. L'emploi du saccharate de chaux conduit facilement à ces résultats.
Voici comment il faut procéder :
On remplit de saccharate de chaux une bu- Burette graduée, rette ou un tube gradué à robinet; on verse d'autre part dans un vase à précipiter 10 centimètres cubes de liqueur normale sulfu-
(1) Le tube coudé est renflé dans sa partie verticale afin que les absorptions, c'est-à-dire les ascensions de la liqueur normale dans le tube en fer, soient moins à craindre. Souvent mon tube coudé est en deux parties, reliées dans la portion horizontale par un ajutage en caoutchouc. De cette manière
:éIi
tr-
Tube gradué.
5o8 LEÇONS DE CHIMIE AGRICOLE.
rique et on y ajoute quelques gouttes de teinture bleue de tournesol et 10 à 20 centimètres cubes d'eau : la liqueur devient rouge immédiatement. En laissant alors tomber goutte à goutte le saccharate de chaux et agitant le liquide rouge jusqu'à ce qu'il devienne bleu, puis lisant le nombre de divisions exprimant le saccharate de chaux employé pour neutraliser l'acide, on a un premier résultat; on connaît, en un mot, la puissance neutralisante des 10 centimètres cubes de liqueur sulfurique exprimée en fonction du saccharate de chaux employé.
Si l'on fait la même opération sur le liquide acide en partie neutralisé par le dégagement d'ammoniaque provenant de l'engrais, on a un résultat différent du premier; or, voici le calcul à faire à l'aide de ces documents numériques.
Un gramme de noir desséché provenant d'une raffinerie de Nantes a été décomposé par de la chaux sodée.
10 centimètres cubes de la liqueur normale sulfurique saturés avant Topération ont absorbé, en saccharate de chaux 81,5 divisions.
10 centimètres cubes de la même liqueur après l'opération ont absorbé pour atteindre leur point de saturation 64 —
Différence 1 7,5 divisions.
On peut donc établir la proportion :
8i,5 : iocc :: 17,5 : x.
x représente le nombre de centimètres cubes d'acide correspondant à l'ammoniaque absorbée.
Tirant la valeur de x, on a
iocc X n,5
Mais comme nous avons vu que 10 centimètres cubes d'acide normal représentent 0gr, 175 d'azote, nous pouvons poser la proportion :
iocc : o«',i7.s :: 2cc,u : x.
L'engrais renferme 37 millièmes d'azote.
j'arrête immédiatement l'opération sans avoir besoin de toucher au bouchon de liège.
VINGT ET UNIÈME LEÇON. 550 Dosage d'azote d'un guano.
I gramme de guano humide est traité par la chaux sodée.
10 centimètres cubes de liqueur sulfurique absorbaient à l'état normal, 81,5 de saccharate de chaux.
Après la décomposition, la liqueur sulfurique n'absorbe que 48 divisions.
La différence est donc exprimée par 33ec, 5.
Or 8i,5 : ioc« :: 33, s : x.
io : o«',i75 :: 4cc,n : x.
Le guano contenait 7,19 p. 100 d'azote.
J'ai tenté, Messieurs, de simplifier le dosage de l'azote des engrais facilement décomposables, tels que sels ammoniacaux, guanos, poudreltes, noirs de raffinerie, chairs et sang secs, et de le rendre d'une pratique abordable par tout agriculteur intelligent; j'y suis parvenu en construisant le petit appareil que je vous présente et auquel j'ai donné le nom d'ammonimètre.
C'est une lampe à alcool en cuivre DE dont les ouvertures «, a', a", am, sont munies de porte-mèches circulaires à ouvertures rectangulaires et d'obturateurs à vis fermant d'une manière hermétique. Un tube en verre vert A B de 0,01 de diamètre, et de 0,18 de longueur de la pointe à la courbure, reçoit la chaleur
Ammonimèlre.
fournie par la lampe. CC est une feuille contournée de cuivre gratté, dont on peut se passer lorsque le tube de verre offre une résistance suffisante à l'action de la chaleur, en raison de son épaisseur. M. Violette, très-habile expérimentateur, bien connu
par son traite de Manipulations chimiques simplifiées, remplace celle lame par un fil d'acier (1) placé longitudinalement sur le tube et maintenu adhérent à l'aide de quelques passes en spires d'un fil de fer très-fin. Enfin F est un flacon de 0m,075 de hauteur et de 0m,033 de diamètre, destiné à contenir la liqueur normale sulfurique.
Je poserai tout d'abord en principe que :
Deux décigrammes de guano ou d'engrais quelconque, renfermant au moins un centième d'azote, peuvent être parfaitement décomposés au moyen de 13 centimètres cubes de chaux sodée finement pulvérisée.
La décomposition est opérée en 15 minutes environ, à l'aide d'une lampe à alcool convenablement disposée.
L'absorption de l'ammoniaque peut être complètement effectuée sous l'intluence de la liqueur sulfurique contenue dans un flacon au fond duquel plonge l'extrémité coudée du tube à décomposition.
Enfin, si l'emploi de 2 décigrammes de matière est largement suffisant pour l'analyse d'un guano ordinaire, il convient, pour les engrais moins azotés, tels que poudrette, etc., de brûler 3 dé. cigrammes de la substance.
Procédé.
I. — La substance étant pesée et la chaux sodée bien pulvérisée, on coude un tube en verre vert de 0m,010 de diamètre, en l'étranglant sensiblement à l'endroit de la courbure. Les dimensions du tube ainsi façonné doivent être les suivantes : petite branche, Ûm,070; longue branche, 0m,22.
IL — On sèche et nettoie l'intérieur du tube, et, au moyen d'une tige métallique, on pousse, jusqu'à sa partie étranglée, un tampon d'amiante destiné à arrêter les substances solides, sans opposer cependant de résistance au passage des gaz.
III. — On introduit rapidement de la chaux sodée en poudre grossière, dans une longueur de 3 centimètres, à partir du tampon d'amiante.
IV. — - On verse ensuite de la chaux sodée très-fine, intime- (1) Une aiguille à tricoter est très-convenable pour cet objet.
VINGT ET UNIÈME LEÇON. 5«i
ment mélangée avec la matière à brûler, et de manière à former dans le tube une colonne de 9 à 10 centimètres environ. On termine par l'introduction de chaux sodée pure, à laquelle on ajoute quelques cristaux d'acide oxaliqne.
V. — Cela fait, on étire et on ferme l'extrémité de la longue branche du tube en la présentant à la flamme d'un éolipyle et la
Éolipyle à flamme horizontale. Éolipyle à flamme verticale.
tournant adroitement sous une inclinaison de 45 degrés environ. A cet instant, le tube ne doit plus mesurer que 0m,iH de la pointe à l'angle de courbure.
VI. — Si le tube est mince, et qu'on craigne sa déformation sous l'influence de la chaleur, on introduit sa longue branche dans un fourreau en laiton très-mince, qu'on improvise en contournant simplement une petite feuille rectangulaire de cet alliage. Cette feuille a les dimensions suivantes : 0m, l7 sur 0m,04(j. J'ai fait 40 opérations avec la môme feuille, dont l'état est encore parfait.
VII. — J'emploie, pour l'application de la chaleur, la lampe cylindrique à 4 mèches, munie de deux petites tiges verticales et à fourches, destinées, à soutenir le tube à combustion. Lorsque ce tube est en place, sa petite branche pénètre dans le flacon renfermant la liqueur normale sulfurique, préalablement étendue d'eau.
o62 LEÇONS DE CHIMIE AGRICOLE.
VIII. — La combustion doit être conduite selon les règles ordinaires, c'est-à-dire en portant tout cT abord au rouge la partie antérieure du tube, ce à quoi on arrive facilement, en ne découvrant les porte-mèches de la lampe qu'au fur et à mesure de la marche de l'opération.
Il est commode de se servir d'une pince dite brucelles, pour exercer une traction sur les mèches pendant le cours de la combustion et leur donner leur maximum de sortie vers la fin de l'opération ; en môme temps qu'on li re avec la pince, onmaintient le porte-mèche mobile avec une grosse aiguille à tricoter dirigée par la main gauche. On ne saurait trop veiller, d'autre part, à ce que les courants d'air soient évités pendant qu'on fait rougir le tube de Yammonimètre.
IX. — La combustion terminée, on évite l'absorption en brisant l'extrémité effilée de l'appareil ; on laisse refroidir quelques instants, et, soulevant le tube avec précaution, on immerge, à plusieurs reprises, sa courte branche dans une petite quantité d'eau pure destinée au rinçage ultérieur du flacon à acide.
X. — Il ne reste plus qu'à faire la saturation, comme à l'ordinaire, au moyen de la liqueur de saccharate de chaux. J'emploie, dans ce but, une dissolution assez étendue et contenue dans une burette divisée en dixièmes de centimètre cube.
Gomme on le voit, ce mode opératoire exclut complètement l'emploi des bouchons, dont la nature poreuse et réchauffement pendant les analyses donnent si souvent lieu à des résultats entachés d'erreur. S'il a l'inconvénient de ne comporter que la combustion de faibles quantités de substance, il a, en revanche, l'avantage d'offrir des garanties contre la plus minime déperdition d'ammoniaque. Il ne faut pas oublier, d'ailleurs, qu'il est spécialement destiné aux analyses commerciales, et que la richesse en azote des guanos s'élève quelquefois jusqu'à J5 p. 100.
En résumé, l'expert ou le cultivateur peut, en quelques minutes, faire un dosage exact au moyen d'un appareil de 20 centimètres de longueur et de 10 centimètres de hauteur. L'emploi des grilles à tubes, du charbon, des pinces, des bouchons, des appareils à boules, est évité, et il devient possible de transporter, dans un petit nécessaire, l'instrument destiné à
vériiier la composition d'engrais trop souvent altérés par la fraude (1).
Je dois vous dire, Messieurs, que plusieurs personnes m'ont déclaré n'avoir pu se servir avec succès de l'ammonimètre, mais il m'a été facile de reconnaître promplement que ces personnes manquaient d'adresse manuelle ou avaient négligé de suivre de point en point les instructions que je viens de développer et qui toutes sont essentielles. Un dosage d'azolc est toujours une opération délicate et ce n'est qu'à la condition d'y consacrer une sérieuse attention qu'on peut la pratiquer exactement (2).
En ce qui concerne l'évaluation de l'azote contenu dans les engrais à l'état de nitrate ou d'azotate, je la passerai sous silence comme d'une nature trop scientifique et d'une pratique trop spéciale.
11 me reste enfin, Messieurs, à vous entretenir des phosphates acides ou superphosphates, qui prennent une place de plus
(l) Le prix de l'ammonimètre est de 25 fr.; on le trouve avec l'instruction chez M. Fontaine, fabricant de produits chimiques, à Pari?.
(21 J'extrais d'une lettre que M. Corenwinder m'a adressée de Haubourdin, le 23 avril 18GJ), les détails suivants sur l'emploi qu'il a fait de Ynmmonimètre.
« J'ai analysé récemment la betterave globe-jaune et j'ai trouvé les résultats suivants :
« 1 gramme de matière sèche brûlée dans l'appareil à charbon ordinairement employé a donné en azote 0«r,01V5
« 5 décigrammes de la mémo matière brûlée dans votre ammonimètre ont donné : azote 0«T,0061
n Soit pour 1 gramme 0«r,0122
■ J'ai analysé une graine de l'Amérique du Sud provenant de l'arbre nommé Jiertholetia exceisa. Ce fruit contient une quantité d'huile considérable (66 p. 100).
« Quatre déterminations d'azote ont donné les chiffres suivants :
* 1° Avec l'appareil à charbon (opéré sur 1 gramme), azote. 2,460 p. 100.
« 2° Avec l'ammonimètre ( — 5 décig ), — 2,360 —
« 3° — ( — 3 — ), - 2,5in —
« A la suite de ces essais, dont je pourrais multiplier les exemples, je pense qu'on peut se servir sans appréhension de votre petit appareil et obtenir de bons résultats. »
CoitKN'WINDER.
M. Corenwinder a mis un flacon de Mariotte rempli d'alcool en communication avec le corps de l'ammonimètre pour pouvoir l'alimenter facilement. Je crois qu'il est plus simple d'augmenter un peu le diamètre de l'appareil si on veut pratiquer une combustion exceptionnellement longue. A. B.
en plus grande dans le commerce des engrais. Leur analyse doit comporter les quantités relatives de phosphate des os ou tribasique qui est insoluble dans l'eau, puis de phosphate acide ou soluble. Voici la marche que j'ai adoptée pour cette opération.
On prend cinq grammes de l'engrais tamisé, on les dessèche, soit à l'étuve, soit au bain-marie à la température de iOO degrés, en ne prolongeant pas la dessiccation plus de trois heures, car le sulfate de chaux pourrait perdre une portion de son eau. On pèse et on note Y humidité.
On pèse deux grammes d'engrais desséché, on les broie dans
un mortier de verre ou de porcelaine avec de l'eau tiède, on laisse déposer 5 minutes et on décante en jetant sur un filtre, on remet de l'eau sur le dépôt, on broie de nouveau et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on ait bien dissous dans l'eau distillée tout ce qu'elle pouvait enlever.
On lave du reste le filtre avec une pipette, on met de côté les liquides réunis A, et lorsque le filtre est bien égoutté, on le calcine au rouge dans la moufle.
Son poids représente le phosphate insoluble, le résidu siliceux et un peu de sulfate de chaux qui a échappé à l'action dissolvante de l'eau.
On met celte matière mixte dans un tube bouché, on y ajoute de l'acide azotique, on fait bouillir et on étend de quatre ou cinq volumes d'eau, on filtre. Le filtre relient le sable, et on pourra après lavage et calcinalion en connaître la proportion.
Le liquide B, précipité par l'ammoniaque, fournira du phosphate tribasique — qu'on laveraet calcineia pour le peser — c'esl le phosphate insoluble.
Dessiccation au bain-marie.
Reprenant le liquide A, on y ajoutera un peu de chlorure de calcium et on précipitera par l'ammoniaque, on aura en phosphate tribasique ou des os tout l'acide phosphorique que l'engrais renfermait à l'état de phosphate soluble.
On aura donc dosé successivement :
L'humidité volatile à 100°.
Le sable.
Le phosphate des os insoluble.
Le phosphate soluble.
Ce dernier pourra être exprimé soit en acide phosphorique, soit en phosphate des os, soit enfin en phosphate acide (i).
Un contrôle de l'analyse sera facile : on reprendra 2 grammes d'engrais sec, on les calcinera pour éliminer Veau volatile au rouge et les substances organiques; on traitera dans un tube par l'acide nitrique à l'ébullition, on étendra d'eau et on filtrera pour séparer le sable : on ajoutera quelques centimètres cubes de solution de chlorure de calcium à la liqueur filtrée et on versera un excès d'ammoniaque ; tout l'acide phosphorique sera alors précipité à l'état de phosphate tribasique qu'on recueillera sur un filtre et qu'on calcinera au rouge après lavage.
Il est très-vrai, Messieurs, que le phosphate précipité par l'ammoniaque ne contient pas toujours une proportion rigoureusement constante d'acide phosphorique, mais, pour les besoins agricoles, ce mode de procéder sera suffisant et on pourra admettre que le phosphate ainsi obtenu renferme sensiblement 45,81 d'acide. Au reste il est bien entendu que l'on pourrait sur le phosphate supposé tribasique faire séparément, si on y tenait, le dosage de la chaux par l'acide sulfurique et de l'acide phosphorique par la liqueur magnésienne comme je vous l'ai enseigné précédemment; mais, encore une fois, cela n'est pas indispensable dans le plus grand nombre des cas.
J'ai à peine besoin d'ajouter que le phosphate insoluble dans l'eau que l'on a dosé dans cette analyse peut être plus ou moins réfraclaire aux influences dissolvantes du sol et que, soit qu'il pro-
(1) 100 de phosphate des os ou tribasique représentent 64,1 de phosphate soluble anhvdre, et 75,7 de phosphate soluble hydraté, c'est-à-dire Ph 0\ Ca 0, >H0.
vienne d'une phosphorite ou d'un os, il sera représenté de la môme manière dans la formule de l'analyse. C'est vous dire, Messieurs, qu'il pourra être avantageux de rechercher quelle est La texture physique, l'aptitude à l'assimilation, la valeur agricole, en un mot, de ce corps non immédiatement soluble dans l'eau, mais peut-être soluble à la longue dans le terrain cultivé.
Il m'est quelquefois arrivé de ne trouver qu'une faible quantité de phosphate acide, et par suite soluble, dans des engrais où le fabricant croyait qu'il en existait beaucoup. Ce fait est facile à expliquer. Il suffit d'ajouter des cendres, du calcaire et en général des matières neutralisantes* dans un phosphate soluble pour le transformer en phosphate basique. En pareil cas, le fabricant aura livré un excellent engrais, mais par cela seul qu'il aura déterminé, avant la livraison, des réactions qui ne devaient se produire que postérieurement et dans le sein de La terre, il ne devra pas se montrer surpris que la valeur commerciale attribuée à ses produits ait subi une modification à son désavantage.
J'ai tenté de vous mettre en garde à diverses reprises contre une interprétation vicieuse de l'analyse chimique. On ne saurait en effet apprécier les chiffres exprimant la proportion pondérale de tel ou tel principe, sans connaître sous quel état physique il est offert à la consommation.
Bien souvent les agriculteurs en recevant un certificat d'analyse demandent au chimiste si le phosphate dosé provient des os ou encore s'il est assimilable. Dans d'autres circonstances, ils lui demanderont si un engrais azoté sera d'une rapide action sur les plantes. A ces questions, il n'est pas toujours facile de répondre, voici cependant des indications applicables à certains cas déterminés.
L'usage du microscope ou d'une forte loupe peut révéler la différence qui existe entre un phosphate minéral et un phosphate qui, provenant des os, présente des cellules très-facilement appréciables.
Un phosphate d'os se dissout facilement dans l'acide acétique faible, tandis que le phosphate fossile ou les apatites ne s'y dissolvent qu'en très-minine proportion.
Un phosphate d'os introduit dans un flacon à eau de Sellz que l'on fait ultérieurement remplir de liquide gazeux, s'y dissout
assez abondamment, et si au bout de 24 heures on détermine l'écoulement du liquide, en pressant sur la poignée L, on obtient une dissolution précipitable par l'ammoniaque bien différente de celle que fournirait un phosphate minéral. J'ai souvent recours à ce procédé et j'emploie, pour le' mettre en pratique, un vase syphoïde dont j'ai fait boucher le tube métallique T à sa partie inférieure. L'écoulement a lieu au-dessus du dépôt qui occupe le fond du flacon, et, à cet effet, j'ai pratiqué deux ou trois trous dans le tube à 5 cent, environ au-dessus de son extrémité inférieure.
La couleur ferrugineuse du précipité de phosphate basique fournit souvent une présomption de son origine minérale.
L'addition de la phosphorite dans un mélange de tourbe animalisée, en vue de remplacer les phosphates d'os, se reconnaît de la manière suivante : on délaye dans un grand verre à pied, on imprime un fort mouvement giratoire à la masse, et on décante; on ajoute de nouvelle eau et on répète l'opération jusqu'à ce que le dépôt minéral dense soit bien rassemblé. On dessèche ce dépôt. S'il renferme de la phosphorite, il suflira de la faire tomber sur une pelle chaude dans l'obscurité, et immédiatement, une lueur verdàtre fournira la solution du problème cherché.
S'agit-il enfin de savoir si un engrais azoté sera d'une décomposition plus ou moins facile, voici comment on peut faire cette investigation.
L'engrais sera introduit, tantôt seul, tantôt mélangé de chaux, tantôt humecté d'une solution alcaline — selon les circonstances — dans une capsule d disposée à l'aide d'un triangle métallique sur un vase c dans lequel on versera un volume bien mesuré de liqueur normale sulfurique. Le tout placé sur une glace dépolie a sera recouvert d'une cloche h
5fi8 LEÇONS DE CHIMIE AGRICOLE.
dont le bord aura été enduit de suif. Au bout d'un certain temps, qui variera selon la nature du problème à résoudre, on versera quelques gouttes de teinture de tournesol dans l'acide sulfurique, et on évaluera à l'aide du saccharate de chaux la quantité d'ammoniaque émanée de l'engrais. Cette méthode pourra quelquefois fournir des résultats comparatifs d'un grand intérêt.
11 est presque inutile, Messieurs, de vous dire que ces méthodes générales demandent une certaine habitude de l'observation et du raisonnement, et qu'on ne saurait, sans en faire des applications un peu nombreuses, leur demander ce qu'elles donnent à des opérateurs exercés.
En ce qui concerne l'expression de l'analyse, il est fâcheux que tous les chimistes ne s'entendent pas pour formuler leurs résultats ensuivant une méthode unique subordonnée au but pratique que poursuit l'agriculteur.
S'agit-il d'un noir animal, substance vendue au volume et dont l'humidité est d'autant plus variable que la marchandise est toujours exposée à l'air? il convient de rapporter l'analyse à la matière sèche et de la formuler en indiquant successivement la dose du charbon et de la matière organique, du résidu siliceux, des phosphates terreux (1), du carbonate de chaux et quelquefois des sels alcalins. J'en dirai autant des mélanges dont le uoir d'os est la base ; toutefois, si ces mélanges sont vendus au poids, ou si leur hydratation est telle qu'elle influe notablement sur leur volume, il sera utile de comprendre l'humidité dans la formule analytique. Je crois cependant qu'il est avantageux, en pareil cas, de mettre l'humidité en dehors des chiffres à additionner, car elle peut grandement varier entre deux analyses et, tous les chiffres sont alors affectés par sa variation. On conserve au contraire une base d'appréciation à peu près fixe si l'on exprime la composition de la matière sèche en notant à part la proportion d'eau contenue dans l'engrais. En ce cas, la dessiccation de la substance ne fait varier qu'un seul chiffre, et l'œil aperçoit de suite l'identité de deux analyses faites à des époques distinctes.
(I) On désigne ainsi les phosphates de chaux et de magnésie.
VINGT ET UNIÈME LEÇON. or»9
Enfin, il est évident qu'on peut mieux faire encore, en formulant en regard l'une de l'autre la composition de l'engrais sec et celle de l'engrais humide, comme je l'effectue dans cet exemple :
Humidité, 14,5 %.
La substance sèche renferme :
Matières organiques 44,50
Sels alcalins 2,00
Résidu siliceux 2.1,50
Phosphate de chaux 27,38
Carbonate de chaux et perte... 2,62
A l'état marchand^ la substance renferme :
Humidité 14,50
Matières organiques 38,04
Sels alcalins 1,71
Résidu siliceux 20,09
Phosphate de chaux 23,40
Carbonate de chaux et perte.. 2.20
En regard de l'analyse, certains chimistes mentionnent la valeur agricole des éléments dosés. Je vous ait dit, Messieurs, à quelles erreurs économiques une telle évaluation peut conduire si elle s'applique à des substances dont l'identité chimique correspond à de notables différences (Tordre physique (I). Je vous engage donc à ne jamais vous prononcer sur des valeurs agricoles sans vous rappeler que l'aptitude à la dissolution ou la faculté de décomposition sont des éléments sérieux des mômes valeurs (2).
(1) Voici les prix généralement admis comme expression de la valeur des principes trouvés dans les engrais, je ne les reproduis qu'à titre de renseignements i : (.^ approximatifs.
Le kil<>gr.
Azote sous forme d'ammoniaque 2,15 à 2,50
Azote sous forme de matière organique 1,00
Nitrate de soude 0,55
Phosphate de chaux tribasique 0, 2 I à 0,25
Acide phosphorique 0,55
Phosphate de chaux soluble 1,20
Sels de potasse (chiffre moyen) 0,33
Potasse seule 0,55
Plâtre 0,025
Chaux 0,022
Magnéaie 0,025
Matières végétales vhumus) , 0,013
Sel marin 0,025
(2) On trouve chex M. Salleron, rue Pavée, au Marais, les instruments et les reactifs nécessaires pour les analyses d'engrais.
Double origine de la fraude des engrais. — Statistique des analyses d'engrais à Nantes. — La vente au volume. — Les promesses et les réalités. — Véritable prix des éléments de fertilisation livrés à l'acheteur. — L'analyse et son application. — La fraude et la loi. — Les arrêtés préfectoraux. — La loi nouvelle. — Ses lacunes. — Les laboratoires publics de chimie agricole. — L'initiative particulière.
Messieurs,
Tout est dans tout, a dit un penseur : aussi ne serez-vous pas surpris qu'avant de terminer ces leçons, je vous entretienne de quelques questions qui touchent tout à la fois à. l'agronomie et à la répression légale des fraudes sur les engrais. Telle est la nature mixte de ces problèmes qu'on ne saurait les envisager en restant sur l'étroit terrain de la technologie, et c'est assez dire leur importance que de poser un tel principe.
La fraude des engrais industriels pouvant offrir de gros bénéfices a dù nécessairement se développer sur une large échelle ; mais il faut attribuer une partie de sa fatale influence à cet amour du bon marché qui caractérise le petit cultivateur. Au désordre des sentiments chez certains vendeurs s'est joint le désordre des idées chez la majorité des acheteurs pour amener l'effrayant gaspillage de forces vives dont l'agriculture bretonne et vendéenne a été plus particulièrement victime. La tourbe divisée ou carbonisée, les schistes, les charbons divers, la chaux noircie, les argiles calcinées, tout a été mis en
œuvre pour simuler les aspects extérieurs du noir animal. On a mélangé la tnngue et le sable de rivière aux phosphates fossiles, les guanos non azotés ou les terres jaunes aux guanos riches : tout ce qu'une industrie tristement ingénieuse pouvait réaliser, on l'a mis en œuvre, et Dieu sait ce que la terre a englouti d'engrais de valeur presque nulle. Le crédit illimité (i), rechange contre les produits du sol ont complété le
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