‹ Leçons de chimie agricoleChapitre 9 sur 87 · DÉSIGNATION DE L'EAU · texte numérisé non relu

DÉSIGNATION DE L'EAU

Avril 1853. Eau de la Seine, au ponl

d'Austerlilz

Id Eau de la Seine, au ponl

de la Concorde

Eau du puits artésien de

Grenelle

Janv. 1859. Eau de la Loire, près du

château

Id Eau de la Loire, en face

Trentemoult

Avril 1833. Eau de la Bièvre. prise au

Pont aux tripes

Nov. 1858. Eau de l'Entre, près l'égout de l'abattoir et à la

surface

Id Eau de l'Erdre, près l'é-

goutde l'abattoir, puisée à lm,62 de profondeur.

Puits d'un jardin de Clignancourt, près Paris. . .

Puits d'une maison, près de PHôtel-de-ville de Paris

En consultant ces chiffres, il faut se souvenir que la Bièvre, près Paris, et l'Erdre, à Nantes, sont, à l'époque des basses eaux, de véritables cloaques. Si, parmi les analyses assez nombreuses que j'ai effectuées (1) sur l'eau de l'Erdre, prise à la surface et à

(1) Etudes chimiques sur la composition des eaux du canal de Bretagne, dans la traverse de Nantes (Annales du Conseil d'hygiène de la Loire-Inférieure, 1859).

une certaine profondeur, j'ai choisi celle qui caractérise la plus grande richesse en ammoniaque, c'est que j'ai voulu vous faire saisir rapidement l'énorme influence des détritus organiques sur la composition des eaux. A l'époque où je trouvais cette énorme dose d'ammoniaque dans les eaux presque stagnantes du fond del'Erdre, je constatais, par évaporation, qu'à la surface et dans les régions inférieures de ce cours d'eau, la quantité de matière solide abandonnée par un litre de liquide soumis à Tévaporation était ainsi représentée :

et ce dernier résidu avait la richesse, en azote, d'une poudrette de bonne qualité !...

Revenons, Messieurs, aux matières dissoutes par les pluies. Elles renferment, disons-nous, de l'ammoniaque, c'est un point bien établi ; mais les études de chimie générale nous conduisent à reconnaître que, selon qu'il va excès d'hydrogène ou d'oxygène, l'azote, une fois combiné, passe avec la plus grande facilité à l'état d'ammoniaque — hydrogène azoté — ou à l'état d'acide azotique — oxygène azoté. — Rien d'étonnant dès lors, si, dans les eaux météoriques ou stagnantes à la surface du sol, on trouve tantôt de l'ammoniaque, tantôt de l'acide azotique, souvent de l'azotate d'ammoniaque. Nous arrivons, vous le pressentez déjà, à entrevoir sous quelle forme l'azote atmosphérique sera ofTert à la végétation.

Lorsqu'une étincelle électrique sillonne l'atmosphère, il y à combinaison chimique entre l'oxygène et l'azote dont le mélange constituait l'air respirable. La présence de l'acide azotique ou nitrique dans l'eau des pluies, s'explique donc facilement. Elle s'explique également dans l'eau des puits où pénètrent des substances animales. Celles-ci, en effet, produisent de l'ammoniaque en se décomposant, et les influences oxydantes, agissant sur l'azote combiné, font le reste. Ici encore il faut spécifier l'intensité des phénomènes par le relevé numérique des analyses.

J'extrais de mon mémoire sur les eaux pluviales quelques chiffres propres à fixer vos idées sur la richesse de ces liquides

Eau prise à la surface

Eau puisée à ln,G% de proTomieur

Page 1