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Composés oxygénés basiques ou neutres. — Les COm

NOMENCLATURE CHIMIQUE

posés binaires oxygénés, basiques ou neutres, sont désignés par le mot oxyde uni par la préposition de au nom du corps combiné à l’oxygène :

Oxyde de zinc, oxyde d’azote.

Si l’oxygène forme, avec un même corps, plusieurs composés neutres ou basiques, on se sert pour les distinguer des préfixes p roto, bi , sesqui , etc., comme on l’a fait pour les composés binaires lQod oxygénés :

Protoxyde de manganèse.

Sesquioxyde de manganèse,

Bioxyde de manganèse.

Certains oxydes ont conservé des noms qui ne sont pas coni formes aux règles de la nomenclature. Ainsi les mots potasse, -soude, chaux, baryte, magnésie, alumine..., désignent des oxydes de potassium, sodium, calcium, baryum, magnésium, aluminium.

3o. Composés oxygénés acides. — Lorsqu’un corps simple i ne forme avec l’oxygène qu’un seul acide, le composé se désigne ; par le mot acide, suivi d’un mot formé par le nom du corps ? simple auquel on ajoute la terminaison ique. Acide carbonique désigne un acide formé de carbone et d’oxygène.

Lorsque le corps simple forme avec l’oxygène deux acides, le moins oxygéné prend la terminaison eux , l’autre gardant la terminaison ique:

Acide sulfureux (acide composé de 16 parties de soufre et de 16 parties d’oxygène);

Acide sulfurique (acide composé de 16 parties de soufre et de 24 parties d’oxygène).

Lorsque le corps simple forme plus de deux acides, on se sert des préfixes hypo pour désigner un degré inférieur d’oxygénation ; hyper ou per pour désigner un degré supérieur. Le 1 chlore forme avec l’oxygcne cinq acides que l’on désigne de la : manière suivante, en les rangeant par ordre décroissant d’oxyt génation :

Acide hyperchioriquc ou pcrchloriquc (33,5 parties de chlore unies à 56 d’oxygène).

— chiorique — — 40

— hypochlorique — — 32 —

— chloreux — — 24

— hypochloreux — — 8

36. Nomenclature des sels. — Les sels se désignent en prenant le nom de l’acide qu’ils renferment, en y remplaçant la terminaison ique par ate, la terminaison eux par ite, et unissant

par la préposition de le mot ainsi formé au nom de la base combinée avec l’acide.

Azotate de protoxyde de plomb désigne un sel formé d’acide azotique et de protoxyde de plomb.

Hypochlorite de soude désigne un sel formé d’acide hypochloreux et de soude.

Il arrive quelquefois qu’un acide peut se combiner en proportions différentes avec une même quantité de base ; dans ce cas,

on se sert des préfixes proto, sesqui , bi, ajoutés au nom de l’acide pour distinguer ces sels.

Ainsi on dira :

Carbonate neutre de soude (22 d’acide carbonique et 31 de soude) • Sesquicarbonate de soude 33 — 31 de soude) •

Bicarbonate de soude (44 - 3. de soude).’

Dans d autres cas, c’est la base qui, en se combinant en proportions différentes avec une même quantité d’acide, donne lieu à plusieurs sels. On se sert encore des mêmes préfixes.

Ainsi on dira :

Azotate neutre d’oxyde de mercure (54 d’acide azotique et 108 d’oxyde de mercure).

— bibasique (54 2 fois 108, ou 216 —

- tribasique (54 - 3 fois 108, ou 324 '

37. Sels douilles. — Deux sels qui contiennent le même acide, mais des bases différentes, peuvent quelquefois se combiner. Le résultat de cette combinaison est appelé sel double. On le désigne en prenant le nom générique du sel que l’on fait suivre du nom des deux bases :

Sulfate double d’alumine et de potasse.

notions sur les équivalents.

38. Lorsqu’on prend une dissolution d’un sel appelé azotate d’oxyde d’argent (composé d’acide azotique et d’oxyde d’argent), et qu’on y plonge une lame de cuivre rouge, on voit bientôt la

NOMENCLATURE CHIMIQUE

liqueur, qui était incolore, devenir bleue, une poudre grisâtre se former au contact de la lame de cuivre, et se déposer au fond du vase. Voici ce qui s’est produit: le cuivre a décomposé l’azotate d’oxyde d’argent, a chassé l’argent de la combinaison et a pris sa place. Il s’est donc formé de l’azotate d’oxyde de cuivre, et, comme ce sel est bleu, il communique sa couleur à la liqueur; quanta l’argent chassé parle cuivre, il s’est déposé sous forme de poudre grisâtre.

Nous avons là l’exemple d’un corps, le cuivre, qui se substitue à un autre pour donner lieu à un composé analogue à celui que formait le corps éliminé, l’argent. Il y a plus; celle substitution ne se fait pas en proportions quelconques, et si l’on pèse la lame de cuivre à différents moments de l’expérience, pour savoir ce qu’elle a perdu, si l’on pèse la quantité d’argent qui s’est déposée pendant le môme temps, on trouvera que, pendant que 31 parties de cuivre se dissolvent, 108 parties d’argent se déposent, et cela à tous les instants de l’expérience, c’est-à-dire, par exemple, que :

31 milligr. de cuivre auront remplacé 108milligr. d’argent.

31 centigr. — — 108 cenligr. —

3f décigr. — — 108 décigr. —

31 grammes — — 108gramm. —

etc. etc.

On pourrait maintenant reprendre la dissolution d’azotate d’oxyde de cuivre et y plonger une lame de fer. Le fer décomposant le sel se substituerait au cuivre qui se déposerait sous forme de poudre rouge, et l’on constaterait que, pour 31 parties de cuivre déposées, il se dissout 28 parties de fer. Ces 28 parties de fer sont donc capables de former avec l’oxygène et l’acide sulfurique un composé, le sulfate de fer, tout à fait analogue par l’ensemble de ses propriétés à celui que le cuivre formait avec les mômes poids de ces corps. La chimie nous offre des exemples nombreux de ces substitutions.

On appelle équivalents les nombres qui représentent les poids des corps pouvant se substituer les uns aux autres dans les réactions chimiques et y jouer le môme rôle chimique.

Ce sont les recherches de Wenzel1 et de Richter* qui ont introduit dans la science cette notion des équivalents. Nous allons les exposer rapidement.

39. 5t<iui valcnts des acides et «les bases. — Lorsqu’on combine une base avec un acide, on peut, en choisissant convenablement les quantités relatives de l’un et de l’autre, produire un sel neutre, dans lequel les propriétés caractéristiques de l’acide et de la base se neutralisent mutuellement, le sel n’ayant d’action sur la teinture de tournesol, ni pour la rougir lorsqu’elle est bleue, ni pour la bleuir lorsqu’elle est rouge.

C’est ainsi que :

47 p. de potasse, comb. à 40 d’acide sulfurique, donnent un sulfateneutre de potasse ; 31 p. de soude, — — * — de soude;

28 p. de chaux, — — de chaux ;

76,5 de baryte — — — de baryte;

20 p. de magnésie, — — de magnésie

Le tableau précédent montre que : 47 parties de potasse, 31 de soude, 28 de chaux, 76,5 de baryte, 20 de magnésie, %' équivalent devant 40 parties d’acide sulfurique, puisqu’elles les neutralisent et sont neutralisées par elles.

On arrive arrive ainsi à l’idée d’équivalence des bases, et les nombres précédents sont dits les équivalents des bases auxquelles ils se rapportent.

On arrive d’une manière analogue à l’équivalence des acides.

40 p. d’acide sulfurique, comb. à 47 de potasse, donuent un sulfate neutre de potasse. 54 — azotique, — — azotate —

75,6 — chlorique, — — chlorate —

91,5 — perchlorique, — — perchlorate —

Donc 40 d’acide sulfurique, 54 d’acide azotique, 75,5 d’acide chlorique, 91,5 d’acide perchlorique s’équivalent devant 47 parties de potasse, puisqu’elles les neutralisent et sont neutralisées par elles. Ces nombres sont dits les équivalents de ces acides.

40. Équivalents «les métaux. — En analysant les quantités équivalentes de bases indiquées plus haut, on a trouvé que :

* Wenzel, chimiste allemand, de la fin du siècle dernier.

* llich'er, chimiste, qui vivait à Berlin à la fin du siècle dernier.

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