‹ Lecoņs de chimie appliquée à l'industrieChapitre 9 sur 295 · NOMENCLATURE DES CORPS SIMPLES · texte numérisé non relu

NOMENCLATURE DES CORPS SIMPLES

29 . Les corps simples ont en général conservé les noms par lesquels ils étaient primitivement désignés ; d’autres, au moment de leur découverte, ont tiré leur nom de celui que portait déjà leur composé le plus important. Tels sont le potassium et le sodium extraits de la potasse et de la soude.

30. Métalloïdes. Métaux. — Les corps simples sont au nombre de 64 et se divisent en métalloïdes et en métaux. Les métalloïdes, sont au nombre de 15 et les métaux au nombre de 49.

Les métaux possèdent, quand ils sont en masse suffisante, un éclat particulier appelé éclat métallique ; ils conduisent bien la chaleur et 1 électricité; ils ont pour caractère essentiel de former avec l’oxygène au moins une base.

Les métalloïdes n’ont pas l’éclat des métaux, sont mauvais conducteurs de la chaleur et de l’électricité, et ne forment jamais de base en se combinant avec l’oxygène; leurs composés oxygénés sont des acides ou des corps neutres.

Les deux tableaux de la page 33 offrent la liste des métalloïdes et des métaux groupés par familles, dans lesquelles on a réuni ceux de ces corps qui présentaient des propriétés chimiques analogues.

31. Composés binaires J non oxygénés. — Un Composé binaire se désigne par le nom de l’un des éléments que l’on fait suivre de la terminaison ure et que l’on unit au nom du second élément par la préposition de. C’est ainsi que l’on dira : chlorure de plomb, bromure de fer, iodure d’argent, pour désigner les

1 Nous admettrons provisoirement cette définition du sel neutre, sauf à revenir plus tard sur ce sujet, et à faire voir qu’elle doit être modifiée dans certains cas.

2 On désigne sous ie nom do composé binaire un corps formé par la combinaison de deux corps simples.

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combinaisons du chlore et du plomb, du brôme et du fer, de l’iode et de l’argent.

La règle que nous venons d’énoncer semble permettre de dire plombure de chlore, ferrure de brôme, argenture d’iode ; mais pour fixer l’incertitude qu’elle pourrait laisser, on est convenu d’énoncer d’abord le corps qui, dans la décomposition du composé par le courant électrique, se rendrait au pôle positif de la pile. Ce corps est appelé ordinairement l’élément électro-négatif, parce qu’on supposait autrefois que, puisqu’il se rendait au pôle positif, il devait être chargé d’électricité négative.

Dans un composé formé par l’union d’un métalloïde et d’un métal, c’est toujours le métalloïde qui est électro-négatif; ce sera donc toujours le nom du métalloïde que l’on devra énoncer le premier.

Il arrive souvent qu’un élément électro-négatif forme avec un même corps électro-positif plusieurs composés qui diffèrent entre eux par la quantité de l’élément électro-négatif entrant dans la composition de chacun d’eux. C’est ainsi que le soufre et le potassium forment ensemble cinq composés, dans lesquels il entre pour une même quantité 39 de potassium :

16 parties de soufre dans le premier,

2 fois 1 6 ou 32 de soufre dans le second,

3 fois 16 ou 48 — dans le troisième,

4 fois 16 ou 64 — dans le quatrième,

5 fois 16 ou 80 — dans le cinquième.

On exprime ces différences en faisant précéder les mots sulfure de potassium des préfixes, proto pour le premier, M pour le second, tri pour le troisième, quadri ou tétra pour le quatrième, quinti ou penta pour le cinquième. C’est ainsi que l’on dira :

protosulfure de potassium,

bisulfure de potassium,

trisulfure de potassium,

quadrisulfure ou tétrasulfure de potassium,

quinlisulfure ou pcntasulfure de potassium.

Le chlore et le fer forment deux composés, et le composé le plus chloruré contient 1 fois et 1/2 autant de chlore que l’autre ;

le plus chloruré s’appelle sescruichlorure do fer, et l’autre protochlorure de fer.

On appliquera ces règles dans tous les cas analogues.

11 arrive assez souvent que, par des considérations d’euphonie ou autres, on déroge un peu aux règles précédentes. Ainsi, on ne dit pas du phosphorure d’hydrogène pour désigner la combinaison du phosphore et de 1 hydrogène, mais du phosphure d'hydrogène; on ne dit pas du soufrure de fer, mais du sulfure de fer.

L’usage apprendra ces dérogations à la règle générale.

32. fifiydraeides. — Parmi les exceptions au principe de la nomenclature des composés binaires non oxygénés, nous citerons spécialement celle qui est relative aux composés acides que certains métalloïdes, comme le chlore, le brôme, l’iode, le soufre, le sélénium et le tellure, forment avec l’hydrogène. Ces composés, que Ion appelle hydracides d’une manière générale, se désignent par le mot acide suivi d’un mot formé par le nom du corps électro-négatif et la terminaison hydrique (la particule hydi indiquant que 1 hydrogène entre dans la composition du corps). Ainsi l’on dira:

Acide chlorhydrique (chlore et hydrogène),

— bromhydrique (brome et hydrogène), sulfhydrique (soufre et hydrogène).

33 Alliages. — Les combinaisons des métaux entre eux ont reçu le nom d 'alliages. On les désigne en mettant à la suite du mot alliage les noms des métaux qui y entrent :

Alliage d’or et de cuivre,

— d’or et d’argent.

, Lorsque le mercure est l’un des métaux, l’alliage prend le nom d 'amalgame.

Amalgame d’or (alliage de mercure et d’or),

— de cuivre (alliage de mercure et de cuivre).

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