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RAFFINAGE DU SUCRE

59o. Les sucres bruts ou cassonades, de canne ou de betterave, se présentent sous forme de poudre sableuse plus ou moins colorée ; ils contiennent encore de la mélasse et 3 à 4 pour 100 de matières étrangères (eau, sable, terre, débris organiques, sels de chaux, de potasse, de soude, de magnésie et d’ammoniaque). Aussi ont-ils un goût plus ou moins désagréable et la propriété de fermenter facilement. Les cassonades de canne sont un peu acides; celles qui proviennent de la betterave sont ordinairement alcalines, parce qu’elles contiennent delà chaux.

Pour amener les unes et les autres à l’état de sucre blanc et en

pain ,son les soumet au raffinage. Dans celle opération on mélange ordinairement les sucres bruis de canne et de betterave, afin de corriger l’acidité des uns par l’alcalinité des autres ; puis on les dissout, dans 30 pour 1 00 de leur poids d’eau, dans des chaudières chauffées à la vapeur. La chaux que contient le sucre de betterave précipite les matières albuminoïdes du sucre de canne. Pour éclaircir la dissolution, qui renferme des matières terreuses, des débris de plantes, etc., on y verse du sang de bœuf et du noir fin (3 à 5 kilogrammes de noir fin etl à 2 litres de sang de bœuf pour 100 kilogrammes de sirop). Le noir et le sang sont mélangés au sirop dans la chaudière à fondre, puis envoyés dans une chaudière à clarifier au moyen d’un montejus. Celte chaudière est chauffée par un serpentin où circule la vapeur; l’albumine du sang se coagule par la chaleur et emprisonne, en se solidifiant, tout ce que le liquide tient en suspension ; le noir animal absorbe de son côté les matières colorantes, aromatiques ou salines. 11 se forme bientôt à la surface une couche de noir qui s’épaissit et se gonfle.

Le liquide clarifié est ensuite soutiré, puis filtré sur du noir en grains ; et, après avoir concentré le sirop dans des appareils identiques à ceux que nous avons décrits plus haut, on le verse dans des formes coniques en tôle peinte ou émaillée, trouées à leur sommet; il y cristallise. Au bout de huit à dix heures, le sucre est monté dans des greniers dont la température doit être de 28 à 30° jour et nuit; les pains s’égouttent dans ces greniers, et, pour les débarrasser de la mélasse qu’ils peuvent encore contenir, on les soumet à l’opération suivante, appelée clairçage.

Le pain étant placé, la base en haut, on verse sur cette base un sirop de plus en plus pur appelé clairce. Ce sirop coule à travers le pain et déplace les mélasses qui sortent avec la clairce par le sommet de la forme. Après trois ou quatre clairces, on finit par une clairce faite avec des sucres purs ; puis on laisse égoutter.

L’égouttage des dernières parties de clairce durait autrefois cinq ou six jours : on lë remplace aujourd’hui par l’emploi delà sucette , qui opère plus complètement en une heure au plus.

Cet appareil se compose d’un tuyau TT (fig. 264) qui porte des tubulures munies de robinets. Les tubulures se terminent par des entonnoirs garnis d’une rondelle en caoutchouc ; on place la pointe des pains sur celte tubulure, et une pompe à air, dont

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