‹ Lecoņs de chimie appliquée à l'industrieChapitre 244 sur 295 · EAUX-DE-VIE · texte numérisé non relu

EAUX-DE-VIE

rairc économiquement l’alcool du vin; son appareil a été successivement perfectionné pair Cellier-Blumenthal, par Derosne et edail, par Laugier, par Dubrun faut, etc.

625. Nous n’entrerons pas dans la description détaillée de ces d différents appareils, dont le but commun est l'économie du ■combustible. Nous insisterons seulement sur celui de M. Laugier, qui n’est peut-être pas le plus employé, mais qui, par sa simplicité, se recommande à notre étude.

Le vin est placé dans des .chaudières A et B (fig. 266) qui communiquent entre elles par les tubes a et c.La première est cliauf- ; fée directement par le foyer, la seconde l’est par la chaleur perdue et par la vapeur alcoolique qui, s’élevant de la chaudière A, vient se répandre par le tube ci dans le liquide de B, au midieu duquel elle barbote en lui abandonnant sa chaleur latente. La vapeur qui se produit en B se rend, par le tube 6, dans le / ectificatcur R, où se trouve plongée au milieu du vin une espèce ( dg serpentin formé par des tronçons d hélice /i, /i, ù, communiquant entre eux, mais ayant chacun une voie de retour indépendante o, o, o j ces voies de retour aboutissent toutes dans un tube O, qui revient à la chaudière B; le serpentin du recLificateur communique avec un serpentin M. Voyons maintenant comment fonctionne cet appareil. La vapeur alcoolique plus ou moins aqueuse qui se produit dans la chaudière B se rend dans lie rectificateur, où elle se refroidit à mesure qu’elle s’y élève; le refroidissement fait condenser une grande partie de la vapeur d’eau qui l’accompagne; l’eau que produit cette condensation se rend par les voies de retour dans le tube commun O, dn traînant avec elle une certaine quantité d’alcool ; ce mélange alcoolique retourne à la chaudière B. Quant à la A'apcur d alcool qui a résisté à l’action réfrigérante du rectificateur, elle se rend dans le serpentin M, où elle se condense, et d’où le liquide coule goutte à goutte dans un vase disposé latéralement.

Pour réduire autant que possible la dépense de combustible, on se sert du vin que l’on veut distiller pour refroidir le serpentin et le rectificateur. Pour cela, il est amené par le robinet r dans le vase où plonge le serpentin M; la vapeur d’alcool l’échauffe par la chaleur latente qu’elle lui abandonne en se condensant; de là il passe dans le récipient où se trouve le rectificaleur et où il s’échauffe encore davantage; enfin il s’écoule par

le tube t dans la chaudière B. Quant au liquide, de B il se rend par le tube c dans la chaudière A, où il est épuisé et d’où il s’éencoule par le robinet l à l’état de vinasses. Ces vinasses sont suite évaporées à sec, incinérées, et deviennent une source abondante d’alcalis.

On voit donc que le vin suit une marche justement inverse de celle que suit la vapeur d’alcool, et que l’appareil a pour but de lui faire recueillir, à la rencontre, la plus grande partie de la chaleur latente que la vapeur abandonne en se condensant.

626. Dans d’autres appareils, on arrive encore à un résultat supérieur, en enrichissant la vapeur d’alcool qui s’élève de la chaudière B. Pour cela, on interpose entre elle et le rectifîcateur une colonne dite colonne de distillation , dans laquelle elle marche de bas en haut, se croisant avec un courant de vin qui tombe goutte à goutte et en cascade. Elle lui prend de la vapeur d’alcool et lui cède, en l’échauffant, de la vapeur d’eau moins volatile.

627. L’eau-de-vie doit être bien claire, très-blanche, lorsqu’elle est nouvelle, un peu ambrée si elle est de trois ou quatre ans, très-jaune si elle est vieille. Les eaux-de-vie les plus estimées sont celles de la Charente , qui, avec celles de quelques cantons de la Charente-Inférieure, figurent dans le commerce

ous le nom d ’eaux-cle vie de Cognac, que l’on divise en fine champagne et en eaux-de-vie des bois. La fine chaihpagne est la plus estimée.

La supériorité que les eaux-de-vie de Cognac ont sur toutes les autres tient à ce qu’on les fabrique avec des vins blancs, qui, ayant fermenté sans la peau du raisin, n’ont pu se charger du principe âcre qu’elle renferme.

Les eaux-de-vie des Deux-Charentes marquent 49° à 50° à l’alcoomètre de Gay-Lussac.

Parmi les eaux-de-vie communes, celles d’ Armagnac tiennent le premier rang; elles sont expédiées à 50°; celles de Montpellier sont les plus communes; elles marquent de o0°à 60°.

628. Trois-six. — On désigne dans le commerce, sous le nom d'esprit-de-vin ou trois-six, de l’alcool de vin marquant 83°, parce que 3 parties mélangées à poids égal avec de l’eau produisent 6 parties d’eau-de-vie potable, appelée preuve de Hollande et marquant 50°. Le trois-cinq serait de l’alcool qui, mélangé dans

Page 1