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CORPS GRAS

le suif, sc présentant en petites lames blanches et nacrées, insipide, inodore et fusible à 28°. L’huile d’olive peut être considérée comme composée de margarine tenue en dissolution par l’oléine. Lorsqu’on refroidit l’huile d'olive, elle se congèle et cette congélation est due à la précipitation de la margaiine, qui n’est pas soluble dans l’oléine à une basse température.

2° Les corps gras d’origine animale, comme les graisses et les suifs, sont essentiellement formés d’oléine et de deux corps solides, la margarine et la stéarine. La consistance des corps gras est en raison directe de la quantité de substance solide (stéarine et margarine) qu’ils renferment.

3° Indépendamment de ces principes immédiats, on rencontre dans les corps gras des principes colorants ou odorants, qui varient d’une espèce à l’autre.

4° L’oléine, la margarine et la stéarine peuvent être considérées comme le résultat de la combinaison d’une même substance, la glycérine, avec des acides variant de l’une à l’autre, et qui sont l’acide oléique dans l’oléine, l’acide margarique dans la margarine, et l’acide stéarique dans la stéarine.

642. Les corps gras, quelle que soit leur origine, présentent de grandes analogies dans leurs propriétés.

Ils ont tous une densité inférieure à celle de l’eau, une saveur et une odeur peu prononcées, sont incolores quand ils sont purs. Ils ne sont pas volatils, bouillent à des températures élevées, mais différentes pour chacun d’eux. Ainsi l’huile d’olive bout à 320° et l’huile de ricin à 26o°. Chauffés au contact de l’air, à une température supérieure à leur point d’ébullition, ils se décomposent en acide carbonique, en gaz inflammable et en une huile volatile très-âcre et très-irritante, que l’on appelle acroléine; puis ils s’épaississent, se colorent et s’enflamment.

Lorsque les huiles et les graisses sont à l’abri de l’air, elles se conservent fort longtemps; mais à son contact elles acquièrent une saveur âcre et désagréable, deviennent acides et rances. En même temps qu’elles subissent ces phénomènes d’oxydation, plusieurs huiles végétales perdent peu à peu leur liquidité et finissent même par se solidifier. Les huiles qui éprouvent cette transformation sont appelées huiles siccatives : telles sont les huiles de lin, de noix, d’œillette, etc.

Lasiccalibilité des huiles peut être augmentée par l’ébullition

CHIMIE POIHÉ.

en présence de 7 à 8 pour 100 de litliargc en poudre fine; c’est ce que l’on lait avec l’huile de lin employée dans la confection des peintures et des vernis gras.

Les huiles non siccatives perdent aussi de leur fluidité au contact de l’air et deviennent moins combustibles.

C’est à l’absorption de l’oxygène par les huiles, au dégagement de chaleur dont elle est accompagnée que l’on doit attribuer les combustions spontanées et les incendies qui se produisent dans les magasins d’huiles et dans’les endroits où l’on accumule des chiffons ou des déchets de coton imbibés d’huile.

643. Extraction «les corps gras. — L industrie extrait les corps gras par des procédés qui varient avec leur nature et avec leur provenance. Ainsi les matières grasses d’origine animalesont enfermées dans une multitude de petites cellules, qui sont ellesmêmes enveloppées de membranes plus ou moins résistantes; l’extraction de ce genre de corps gras suppose donclaséparationde la matière grasse et du tissu membraneux. Cette séparation s’effectue par plusieurs moyens que nous allons exposer en étudiant la fabrication des chandelles. La fabrication des huiles nous fournira aussi l’occasion d’indiquer comment les corps gras d’origine végétale sont extraits par expression des graines ou des fruits qui les renferment.

FABRICATION DES CHANDELLES

644. La graisse employée à la fabrication des chandelles est presque exclusivement la graisse de bœuf, de mouton ou de porc. Celte graisse, détachée de la bête dans les abattoirs, est livrée au fabricant sous le nom de suif en branches.

646. La fabrication des chandelles se compose de deux opérations successives : la fonte des suifs et la fabrication même de la chandelle.

La fonte des suifs s’opère sous l’influence delà chaleur. Tantôt la chaleur agit seule, tantôt son action est facilitée par la présence d’agents chimiques acides ou alcalins. On distingue trois procédés de fonte : le procédé qui emploie la chaleur seule, dit fonte aux c retons; la fonte à l’acide; la fonte à 1 alcali.

646. 1° Foule «les suif». — Tonie aux cretons. Le suit en branches et préalablement coupé en morceaux est jeté dans une

FABRICATION DES CHANDELLES

chaudière en cuivre, hémisphérique, encastrée dans un massii en maçonnerie qui est disposé de manière à éviter toute chance d’incendie. La chaleur du foyer fait fondre le suif; les membranes se déchirent et laissent écouler la graisse, qui vient couvrir le fond de la chaudière. Un ouvrier, armé d’une spatule en bois, active la séparation en écrasant les membranes contre les bords. Quand la chaudière est, aux deux tiers, remplie de matière Tondue, mélangée de membranes racornies par le feu, on puise la graisse avec une large poche et on la verse dans des paniers d’osier ou de cuivre perforé, désignés sous le nom de banattcs et disposés au-dessus de poêles en cuivre ou de bacs en bois doublés de plomb. En passant à travers les trous, la graisse subit une espèce de filtration, et les membranes restent dans les banattes. Lorsque le produit ainsi filtré est sur le point de se figer, on le « coule, soit dans de petits baquets en bois, appelés terrines (c’est le suif dit suif de place), soit dans des fûts que l’on peut plus facilement expédier au loin.

Les membranes restées dans labanatte renferment encore de la graisse ; la matière est de nouveau fondue, filtrée, et le deuxième résidu ainsi obtenu est soumis à une pression qui en extrait une nouvelle quantité de graisse. Le résidu, désigné sous le nom de pain de cretons, est formé par les membranes racornies et en partie brûlées : il sert à la nourriture des chiens et des porcs.

Le procédé de fonte que nous venons de décrire présente plusieurs inconvénients : l’action directe du feu communique au suif une coloration fâcheuse; le pain de cretons retient environ 20 pour 100 de graisse; enfin, le suif dégage pendant l’opération une odeur infecte qui est nuisible au point de vue hygiénique. Darcet a le premier proposé, pour remédier à ces inconvénients, un procédé qui repose sur ce fait, qu'au contact de l’acide sulfurique étendu et chaud, les membranes animales sont détruites et en grande partie dissoutes, tandis que la graisse résiste à .son action.

647. Fonte à l’acide. Voici comment on opère : dans une chaudière en cuivre, on projette 1000 kilogrammes de suif eu branches, que Ton arrose avec de l’eau acidulée d’acide sulfurique (pour 1000 kilogrammes de suif, 500 litres environ contenant 10 kilogrammes d’acide). La chaudière étant hermétiquement

fermée, on fait arriver la vapeur dans un serpentin qui circule dans son intérieur; la masse fond, entre en ébullition, et, au bout de plusieurs heures, on a, à la partie supérieure du liquide aqueux, une couche de suif fondu; au fond s’est déposée une faible quantité de membranes plus ou moins altérées.

Le suif décanté et coulé est toujours blanc, peu odorant, et le rendement du procédé est environ de 85 pour 100, tandis que celui de la fonte aux cretons n’est que de 80 pour 100. Le seul reproche qu’on puisse faire au suif ainsi obtenu, c’est que l’action de l’acide l’a rendu un peu mou.

648. Fonte à l’alcali. M. Evrard, ingénieur civil, a imaginé, en 1830, de soumettre le suif en branches à l’action d’un alcali étendu, qui gonfle ou dissout les membranes sans agir sur la matière grasse. On introduit dans une chaudière cylindrique en tôle 1 50 kilogrammes de suif, 400 à 500 grammes de sel de soude préalablement caustifié par la chaux, et 100 litres d’eau. On chauffe à l’ébullition au moyen de la vapeur, et la séparation se fait. On obtient ainsi de très-beaux produits; mais ce procédé, étant d’un rendement assez faible, est peu employé.

649. 2° {Fabrication <Ie la chandelle. — Pour fabriquer la chandelle avec le suifpréparé par l’une des méthodes précédentes, on peut suivre deux procédés : soit le procédé de fabrication à la baguette , soit le moulage.

650. Fabrication à la baguette. Cette méthode consiste à plonger à plusieurs reprises, dans le suif fondu, la mèche de coton qui doit faire l’axe de la chandelle. Après chaque immersion, on laisse égoutter; le suif se solidifie, et on répète l’opération jusqu’à ce que la chandelle, par la superposition des couches successives, ait atteint la grosseur voulue. Afin d’économiser la main-d’œuvre, l’ouvrier plonge ordinairement un certain nombre de mèches à la fois, et pour cela il prépare des baguettes en bois, de 80 centimètres de longueur environ, sur lesquelles il attache et laisse pendre des mèches espacées de i 0 centimètres. Il plonge ses baguettes deux par deux ou trois par trois; les mèches s’étalent dans le bain en gardant leurs positions respectives et se recouvrent de suif.

Pour faire l’extrémité effilée de la chandelle, l’ouvrier procède à une dernière immersion et cette foi,? enfonce la mèche un peu plus loin que lors des immersions précédentes. Quant a

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la base, elle se fait en passant la chandelle sur une plaque . chauffée.

Ce mode de fabrication peut être rendu plus rapide encore en ■ substituant l’immersion mécanique à l’immersion à la main.

631. Moulage des chandelles. Le moulage consiste cà couler le suif fondu dans un moule en étain, formé de deux parties : la première, offrant la forme du corps de la chandelle, est pointue à son extrémité, c’est la tige: la seconde, appelée culot , est évasée, sous forme d’entonnoir; le culot est muni d’un petit crochet horizontal qui s’avance jusqu’au milieu ; c’est à ce crochet que l’on suspend la mèche, qui va passer dans l’extrémité de la tige et la bouche. Lorsque le suif est solidifié dans le moule, on sépare le culot de la tige ; celui-ci entraîne hors du moule la chandelle, dont il ne reste plus qu’à couper l’extrémité, de manière à séparer la matière en excès qui remplit le culot.

Pour rendre le moulage plus rapide, MM. Leroy et Durand, à Paris, emploient le système suivant, qui permet de remplir six moules d’un coup. Les moules G, C, C (fig. 272) sont disposés par rangées de six sur de fortes tables de chêne O; sur les bords de la table peut rouler, au moyen de galets R, une caisse remplie de suif fondu. Cettecaisse porte des trous correspondant à chacun des six moules d’une rangée. Ces trous sont fermés par des bouchons en métal et peuvent être ouverts en soulevant les bouchons à l’aide de la lige T, que fait manœuvrer une manivelle M. En faisant rouler la caisse, on amène les trous successivement au-dessus de chaque rangée de moules, et en soulevant la manivelle, à chaque station, on laisse écouler le suif dans six moules qui se remplissent simultanément.

Go2. Blanchiment «le# chandelles. — Les chandelles fabriquées par l’un des procédés précédents doivent être blanchies.

Le procédé le plus simple et le plus sûr consiste à les exposer à la lumière et en plein air pendant quelques jours.

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