IMPRESSION SUR ÉTOFFES. 4B
rient avec la nature du mordant, de telle solde que, si l’on a .imprimé plusieurs mordants, on peut avoir sur la même étoffe ;et avec le même bain de teinture des dessins différemment coilorés. Quant aux parties qui n’ont pas été mordancées, elles ne retiennent la matière colorante que très-faiblement, et un simple lavage suffit pour les en débarrasser.
2° On peut aussi teindre l’étoffe comme à l’ordinaire, apres avoir eu soin d’imprimer aux endroits que l’on veut conserver blancs des matières qui les préservent de l’action du bain colorant. C’est ainsi qu’en imprimant du sulfate de cuivre ou de l’acétate de cuivre sur une toile que l’on passe ensuite dansune cuve d’indigo, le bleu ne prend pas sur les parties où les sels ont •.été imprimés, parce qu’ils fournissent à l’indigo blanc dissous dans la cuve i’oxvgène nécessaire pour le rendre insoluble, et 11’ empêchent ainsi de se fixer sur l’étoffe. On a alors une étoffe i bleue avec des dessins blancs. C'est le procédé dit par réserve. ."Souvent on introduit dans la réserve des sels qui, devant se trouver plus tard en présence de certains acides, produisent ;sur le fond bleu des dessins colorés. Ainsi, si l’on ajoute des ;sels de plomb à la réserve et qu’au sortir de la cuve au bleu on passe l’étoffe dans un bain de chromale de potasse, on aura des dessins jaunes produits par le chromate de plomb 1 formé.
3° Dans d’autres cas, après avoir mordancé ou teint l’étoffe i d’une manière uniforme, on imprime en certains points des substances appelées rongeants. Tantôt, les rongeants détruisent le mordant et empêchent ensuile la matière colorante de prendre en ces endroits; tantôt, ils détruisent la couleur même déjà produite sur l’étoffe. Supposons, par exemple, qu’on ait appliqué sur du calicot un mordant d’acétate de fer pour le teindre ensuite en noir par le passage en garance. Si, lorsque le mordant est bien sec, on imprime à la surface de l’étoffe un mélange épaissi d’acides tartrique, oxalique el sulfurique, ces acides vont former avec le fer des sels solubles; si l’on fait sécher et qu’on lave ensuite, l’eau dissoudra les sels de fer solubles, et le passage en garance ne produira de noir que sur les endroits non rongés les parties rongées resteront blanches. C’est ainsi que se font les .indiennes pour deuil.
On pourrait aussi, après avoir teint une toile en solitaire a
1 aide du peroxyde de manganèse, imprimer à sa surface des dessins en dissolution épaissie de sel d’élain; celui-ci transformerait 1 oxyde en chlorure soluble que le lavage enlèverait facilement.
Si 1 on voulait que les dessins, au lieu de rester blancs, eussent une couleur différente, on mêlerait au rongeant la couleur à produire; si l’on voulait produire des dessins jaunes, on mêlerait au sel d’étain du chromate de plomb.
4° Couleur vapeur. On appelle couleur vapeur celle qu’on fixe sur les étoffes non par teinture, mais par l’action de la vapeur. Pour cela, on forme une laque colorée, que l’on tient en dissolution par un acide volatil, on épaissit la couleur, et on 1 imprime. Puis on soumet l’étoffe à l’action d’un courant de vapeur : l’acide volatil est chassé, la laque s’oxyde et se fixe sur la fibre.
5° Couleurs d’application. On donne le nom de couleurs d’application à celles qui sont disposées sur le tissu sans être fixées ni par la teinture, ni par la vapeur.
6° Enfin, on appelle couleurs de conversion des couleurs obtenues par l’action oxydante du bichromate de potasse sur des couleurs d’application déjà formées à la surface du tissu.