PUTRÉFACTION DES SUBSTANCES ORGANIQUES
nique. L’absorption de l’oxygène est due au développement des infusoires qui, par leur respiration, transforment ce gaz en acide carbonique. Dès que l’oxygène a disparu, si la liqueur renferme des germes de vibrions, ces vibrions se développent, et la putréfaction se déclare aussitôt. Elle s’accélère peu à peu, en suivant la marche progressive du développement des vibrions, qui transforment le liquide en produits plus simples que ceux qui entrent dans sa composition. La liqueur laisse dégager des gaz dont la Xélidité dépend surtout de la proportion de soufre qui se trouve dans la matière en putréfaction. I. 'odeur est peu sensible si la substance n’est pas sulfurée. 11 résulte de ce qui précède que non-seulement le contact de l’air n’est pas nécessaire au développement de la fermentation, mais que, bien au contraire, si l’oxygène dissous dans un liquide putrescide n’était pas d’abord soustrait par l’action des infusoires, la putréfaction n’aurait pas lieu, parce que les vibrions ne pourraient y prendre naissance : l’oxygène ferait périr ceux qui tenteraient de s’y développer.
714. Examinant ensuite le cas delà putréfaction libre au contact de l’air, M. Pasteur démontre que, lorsque les infusoires ont absorbé l’oxygène intérieur, ils se portent à la surface du liquide, qu’ils y provoquent la formation d’une pellicule mince, qui va s’épaississant peu à peu, puis tombe en lambeaux au fond du vase, pour se reformer, tomber encore, et ainsi de suite. Cette pellicule empêche d’une manière absolue la dissolution de l’oxygène dans le liquide, et permet, par conséquent, le développement des vibrions. Le liquide putrescible se trouve alors le siège de deux genres d’actions chimiques distinctes. D’une part, les vibrions, vivant sans oxygène, transforment les matières azotées en produits plus simples, mais encore complexes; d’autre part, les infusoires ramènent ces mêmes produits à l’état des plus simples combinaisons binaires : l’eau, l’ammoniaque et l’acide carbonique.
Passant enfin à la putréfaction des matières solides, M. Pasleur s’exprime ainsi : << J’ai prouvé que le corps des animaux est fermé, dans les cas ordinaires, à Pintroduction des germes des êtres inférieurs. Par conséquent, la putréfaction s’établira d’abord à la surface, puis elle gagnera peu à peu l’intérieur de la masse solide. En ce qui concerne un animal entier abandonné
après la mort soit au contact, soit à l’abri de l’air, toute la surface de son corps est couverte de poussière que l’air charrie, c’est-à-dire des germes d’organismes inférieurs. Son canal intestinal, là surtout où se forment les matières fécales, est rempli non-seulement de gei’mes, mais de vibrions tout développés que Leuwenlioeclc avait déjà aperçus. Les vibrions ont une grande avance sur les germes de la surface des corps. Ils sont à l’état d’individus adultes privés d’air, en voie de multiplication et de fonctionnement. C’est par eux que commencera la putréfaction des corps. »