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EXTRACTION ET RAFFINAGE DU SOUFRE

compose de sables qui sont imprégnés de soufre et que l’on distille. Ces sables sont introduits dans des pots en terre cuite  (fig. 70), qui sont rangés sur deux banquettes parallèles, dans des fourneaux en brique appelés gaières. Chaque galère renferme

Fig. 70. — Distillation du soufre à Pouz/olcs.

12 pots. Les pots A communiquent à l’extérieur avec des pots B, où vient se condenser le soufre vaporisé par l’action de la chaleur que produit la combustion du bois brûlé dans la galère.

Dans certains cas, pour la fabrication de l’acide sulfurique, par exemple, le soufre est employé à l’état brut ; mais, pour un grand nombre d’industries, il a besoin d’étre purifié. On le soumet alors au raffinage.

12t. Raffinage «tu soufre brnt. — Ce raffinage se fait par distillation dans un appareil, qui permet d’avoir le soufre soit à l’état de masses cylinclriques solides qu’on appelle canons , soit à l’état de soufre pulvérulent dit soufre en fleurs. Cet appareil se compose de deux chaudières ou cornues T (fig. 71), chauffées dans un fourneau F et communiquant par un conduit courbe avec une chambre en maçonnerie. Le soufre brut est fondu dans la chaudière A par la chaleur perdue du foyer ; cette chaudière communique avec les cornues par un tube il robinet r qui se voit sur la gauche de la figure. 11 suffit d’ouvrir le robinet pour faire rendre le soufre liquide dans les cornues. Là il est vaporisé et la vapeur se rend dans la chambre. Au contact de ses parois d’abord froides, le soufre passe à l’état de poussière ■ solide excessivement fine. C’est le soufre en fleurs. Mais peu à peu la chaleur latente, qui se dégage au moment de la solidi-

ficalion, échauffe les murs de la chambre et le soufre peut y rester liquide. Il coule alors sur le sol incliné et, en enlevant une tige t qui ferme un trou pratiqué a la partie inférieure de

Fig. 71. — Raffinage du soufre.

a chambre, on le fait passer dans une chaudière B chauffée à part. On le puise dans celle chaudière avec une cuiller et on le verse dans des moules de bois légèrement coniques et refroidis dans des baquets d’eau froide.

Quand on ne veut obtenir que de la tleur de soufre, il faut empêcher les parois de la chambre de s’échauffer. Il suffit pour

ACIDE SULFUREUX. 1(J<j

cela d’employer une chambre très-grande, ou de ne faire servir qu’une seule des cornues.

122. Usag-es du soufre. — Le soufre sert à la fabrication de 1 acide sulfurique, entre dans la composition de la poudre à canon et de la plupart des poudres d’artifice. Sa fluidité, lorsqu il est liquide, et sa facile solidification, le font employer pour prendre des empreintes de médailles. On commence par couler sur la médaille légèrement huilée du plâtre gâché en bouillie claire ; on a ainsi un moule creux dans lequel on verse du soufre liquide. Ces médailles sont colorées soit en rouge par du minium, soit en noir par de la plombagine. 11 sert aussi à sceller le fer dans la pierre. Mais ce mode de scellement n’est pas sans inconvénient. La fabrication des allumettes et la vulcanisation du caoutchouc en emploient des quantités considérables. En médecine, il sert au traitement des maladies de peau. Depuis quelques années, on en fait un grand usage dans le soufrage ■ des \ignes pour détruire l’oïdium. On se sert, pour insuffler le

l'ig. 72. — Soufflet pour le soufflage des vlgucs.

oufre, du soufflet représenté par la figure 72. La consommation annuelle du soufre en France est d’environ 40 millions e kilogrammes.

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