VI. 1ÉTAT NATUREL
L'acide acétique libre existe en dissolution dans la sève de la plupart des arbres , par exemple dans les sucs du cicer parieiinwn et du sont* bucus nigra*
* VU. PRÉPARATIOir.
On se procure Tacidé acétique hydraté par diffiérens procédés.
Premier procédé. — La décomposition de l'acétate de soude pur par l'acide sulfurique donne Facide acétique hydraté le plus pur; mais comme l'acétate de soude qu'on décompose en
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grand provient en gépéral de Tadde acétique qoi se forme dans la distillation du bois , nous n'en parlerons pas maintenant.
Deuxième procédé. — On soumet à la distillation dans une cornue de grès de Tacétate de cuivre cristallisé; la cornue communique, par Vintermède d'une alonge, à un ballon tubulé muni d'un tube à gaz.
On obtient d'abord de l'eau de cristallisation ; ensuite de l'acide acétique hydraté; une sub-t $tance qu'on appelle esprit pyroacétique; du gaz hydrogène carburé; de l'acide carbonique, surtout à la fin de l'opération; de l'acétate de cuivre anhydre qui se volatilise. Il reste dans la cornue un mélange de charbon et de cuivre. Il y a environ un sixième de l'acide acétique de décomposé par l'action simultanée de la chaleur et de l'oxigène de l'oxide de cuivre; c'est cette décomposition qui donne lieu à la formation de l'acide carbonique, de l'hydrogène carburé, de l'esprit pyroacétique, d'Une * matière empyreumatique qui parait huileuse, et d'une certaine quantité d'eau.
L'acide acétique obtenu par ce procédé est très-fort, mais il est mélangé d'une matière era-
pyreumati({ue , d^esprit pyroacétique, et près*
APPLIQUÉE A LA TEUTTHAE. 'ig
que toujours d'acétate de cuivre qui le colore en vert.
On rectifie le produit en le distillant dans une cornue de verre. L'acide qui passe dans le récipient est exempt de cuivre ^ mais il retient toujours de l'esprit pyroacétique et de la ma* tière empyreumatique.
On constate que Tacide acétique ne contient pas d'oxide de cuivre en le neutralisant en grande partie par la potasse , et en y versant ensmte de lliydroçyanoferrate ou de Fhydro* sul&te de potasse. Ces réactifs ne doivent point colorer la liqueur, comme ils le feraient si celleci contenait du cuivre. Dans ce cas ^ Thydrocya* noferrate produirait une couleur rouge marron, et Vhydrosulfate une couleur brune.
Troisième procédé. — Lorsque des liqueurs sucrées ou vineuses, ou alcooliques Ëdbles^ sont abandonnées à elles*mémes dans un lieu où la température est au moins de i8 à ao^, et qu'elles ont le contact de Tair, le sucre ou l'ai- Gool qu'elles contiennent' disparsut, et est remplacé par de l'acide acétique ; mais , par la raison qu^il s'y trouve une fotrte proportion d eau et des substances fixes telles que des acides, des sels, des matières colorantes, l'acide acéti*
que qu'elles donnent est toujours^plus ou moins faible et plus ou moins impur. Ces liqueurs aigres portent le nom générique de vinaigres. Les vinaigres de vin sont les plus estimés. Ils contiennent en général , outre l'acide acétique, du bitartrate de potasse, une matière colorante jaune , une -matière azotée ; les vinaigres de vin rouge contiennent de plus une matière qui ne doit sa couleur rouge qu'à la présence d'un acide. On trouve dans les vinaigres obtenus avec des graines de céréales une matière azotée, une matière provenant de l'amidon , des phosphates de chaux et de magnésie, et une matière huileuse.
On soumet les vinaigres à la distillation dans des alambics de cuivre étamés; on reçoit les produits dans des récipiens de grès. C'est de cette manière qu'on obtient le vinaigre distillé. Le liquide qui passe le premier à la distillation est plus faible que celui qui vient ensuite.
Le vinaigre distillé de vin, outre l'acide acétique et l'eau, peut contenir une matière azotée colorée, une matière huileuse empyreumatique , de l'éther acétique.
Le vinaigre de graines céréales, outre l'acide acétique et l'eau, contient une matière azotée
APPUQUÉE.^ LA TEurronE. 4^
colorée, une matière huileuse empyreumati-
que plus fétide que celle qui se trouve dans le
vinaigre de vin.
Quelle que soit Forigine du vinaigre distillé,
il est toujours trop faible pour qu'on puisse le
comparer au waaigre racUcal.
En parlant du charbon (9^ leçon, page 29), î*ai dit qu'il y a un procédé de carboniser le bois dans des cylindres de tôle , qui permet de recueillir le produit liquide de l'opération dans des récipiens qui communiquent aux cylindres; y ai ajouté que ce produit est en grande partie formé d'une matière noire, huileuse, épaisse comme du goudron , et d'eau tenant en dissolution de l'acide acétique et une huile empyreumatique. La première se sépare de la se- , conde par la différence de densité. Quand le liquide aqueux est bien clair, on lé décante, et on le sature avec de la craie; il se forme de l'acétate de chaux soluble, tandis que la matière huileuse qui n'était dissoute dans l'eau que par l'intermède de Tacide acétique se sépare en grande partie à la surface de la liqueur, d'où on Teolève avec une écumoire. En mêlant l'acétate de chaux avec du sulfate de soude, il se précipite du sulfate de chaux, et il reste de l'a-»
cétate de soude en dissolution qu'on fait cristalliser. Les cristaux de ce sel étant colorés par un reste d'huile , doivent être légèrement torréfies et redissotis dans l'eau. La. nouvelle solution donne des cristaux assez purs.
.Lorsqu'on veut s'en servir pour préparer un acide acétique concentré, on les dessèche, puis on les introduit dans un» cornue de verre ou une tourille de grès ; on verse dessus de l'acide sulfurique concentré ; et en chauffant légèrement, l'acide acétique se distille.
Lorsqu'on veut obtenir do l'acide acétique étendu, on dissout l'acétate dans une quantité d'eau plus ou moins grande, puis on y ajoute assez d'acide sulfurique à 66<> pour neutraliser la soude ; une grande partie de sulfate de soude se cristallise, tandis que l'acide acétique reste dans là liqueur; on décante celle-ci, et on la distille ; le résidu est du sulfate de soude.
Si l'on tenait à avoir un acide acétique aussi concentré que possible, il faudrait le faire, digérer avec de l'acétate de potasse desséché, puis le distiller de nouveau.
L'acide acétique obtenu par la distillation du bois est appelé pyroligneux, parce que long-temps on a cru que c'était un acide par-
hPPUqVÈE A LA TEINTURE, 4^
ticuHer à la distillation de la matière ligneuse. Fourcroy et Vauqiielîn ont prouvé l'identité de Tacide pyroligneux et de l'acide acétique; et c'est d'après leur travail qu'on a préparé en grand l'acide acétique en distillant du bois.
yiIL USA^S.
L'acide acétique est employé en teinture à l'état d'acétate de fer, d'acétate dexleutoxide de cuivre 9 d'acétate de plomb et d'acétate d'alumine,