VI. PRÉPARATIOir
. Ceat en traitant successivement la cochenille par l'éther hydratique, l'alcool et l'eau, dans l'appareil que j'ai décrit sous le nom de digestettf distillatoire, que MM. Pelletier et Gaventou ont obtenu la carminé. Voici leur procédé : La raison pour laquelle on fait usage de cet appa* reil, est qu'il permet de faire réagir l'éther et l'alcool à une température plus élevée que celle où ils réagiraient sous la simple pression de l'atmosphère, et que dès lors leur action devient plus énergique.
APPLIQUÉE k LA. TEINTURE. 67
A. Traitement par Véther hydratique rectifié.
Ce liquide, bouilli sur la cochenille, se colore en jaune d*or; il dissout la matière grasse, c'est* à-dire la stéarine ^ Xoléiiw et Vacick odorant j et , en outre , un peu de carminé.
En traitant l'extrait éthéré par l'alcool absolu bouillant, on obtient, par le refirpidissement, la stéarine cristallisée ; on la purifie en la traitant plusieurs fois par l'alcool.
L'alcool , d'où la stéarine s'est précipitée , retient de Yoléine en dissolution , de l'acide odorant libre et de la carminé. En le distillant , ou obtient Facide libre dans le récipient, et un résidu formé d^oléine et de carminé retenant un peu de stéarine. En exposant Yoléine au froid , on en sépare la stéarine à l'état solide ; et , en^ dissolvant Yoléine dans l'éther pur, agitant la solution avec l'eau , la carminé est dissoute.
Messieurs Pelletier et Caventou ont observé que la carminé peut se combiner à la matière grasse et la rendre soluble dans l'eau , et que cette combinaison est orangée, ce qui^ suivant eux, a induit en erreur les chimistes qui ont parlé de l'existence d'une matière jaune dans
la cochenille.
1G8 '29* LEÇOW DE CHlIflE
Il est vraisemblable .qu'une porlion de Tacidâ odorant est engagée dans une combinaison d'aspect huileux , qui se trouve dissoute dans l'oléùiCy ainsi que cela a lieu / d'après mes obser^ valions, potir tes acides biUirijue ttphocémque^ qui sont à l'état de butirine et dephocénine dans les vléines du beurre et de l'huile de dauphin.
B. Traitement, par Valcool à t\o% de la cochenille épuisée par Véther hydratique.
Il faut faire trente décoctions dans le digesteur distîllatoire , pour épuiser la cochenille de ce qu'elle peut céder à l'alcool.
(a) Les premiers lavages alcooliques sont d'un rouge foncé, tirant sur le jaune; par le refroidissement et l'évaporàtion spontanée, ils déposent des cristauK entièrement solubles dans l'eau Ces cristaux sont formés de cocciney de carminé et de stéarine. En les traitant par l'alcool concentré à froid , la coccine n'est pas dissoute. L'alcool évaporé laisse un composé cristallisable de carminé et de stéarine dont on paWient à isoler la carminé: premièrement, en éfMiisant par Téther qui dissout la plus grande partie de la stéarine avec un peu de carminé ; deuxièmement, en reprenant le résidu par Taicool très-
APM.IQUÉe A 1*JL TEINTURE. 64)
fort, et ajoutant à cette aolution un volume égal cTéther; celui-ci , en s'unissant à l'alcool-, forme un liquide , duquel se précipite la plus grande partie del« carminé à F^t db. pureté : le reste tflt retenu en dissolution avec la stj^arine.
i^a carminé pfUre se reconnaît à ca qu'elle n'abandonne iden à l'éther; qu'elle ne précipite par aucun acide ^ ni. par le cUlore,.nî |far le nitrate d'argent.
(b) Les seconds lavages alcooliques ont la même composition que les premiers; ils son!; seulement moins chargés de matières.
(c) Les derniers lavages ne cotitiennent plus
de carminé.
C. Traitement par Veau bouillante^ dans le digeêteur distillatoirè , de la cochenille épuisée par réther et UalcooL
Premiet lavage»
Ils sont colorés en rouge cramoisi ; ils con^ tiennent de la carminé y de la coccine et de la matière grasse.
Deuxiqfne lavage.
Ils sont incolores, et ne contiennent que de la coccine. .
D. Propriétés de la coccine qui ri a pas été dis-
soute dans Veau,
Elle est blanche , ou brunâtre, trandiidde : sèche, elle se conserve ; humide, die se pourrit.
Au feu elle se ramollit sans se fondre , donne les produits des matières azotées, ^et notamment beaucoup de sous-carbonate d'ammoniaque.
La coccine est fort peu soluble dans Teau bouillante. Cette solution est jaune; évaporée, elle donne des pellicules qui se redissolvent facilement dans l'eau.
Ce qui la distingue de la gélatine, c'est que l'alcool , mêlé à sa dissolution , ne la trouble qu'au bout d'une heure, tandis que la solution de gélatine est troublée sur-le-champ; c'est en outre que tous les acides précipitent la coccine en flocons blancs , qui sont peu solubies dans un excès du précipitant.
Le chlore la précipite abondamment, ainsi que le perchlorure de mercure et la noix de galle.
La potasse et la soude la dissolvent aisément, sans dégagement d'ammoniaque ; en neutrali^ sant Talcali, la coct^e se précipite.
Tous les sels avec excès d'acides la précipitent et deviennent neutres.
APPLIQUEE A. LA TEUITUItE. 71
La coccine,- mise avec de» solutions de euivre, de plomb, d'étain, d« nitrate d'argent, se précipite , en entraînant avec elle de i'oxide et de l'acide.