‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 2)Chapitre 476 sur 544 · AU PAYS · texte numérisé non relu

AU PAYS

i^ Garante du Let^ant (^azalis, rizariy izari, aU'zari).

Cette garance et la nôtre paraissent appartenir & une seule espèce.

La garance du Levant est ipise dans le commerce après avoir été simplement nettoyée de sa terre et séchée.

Elle est sous la forme de brins plus ou moins longs, de o'^opS de diamètre au plus ; elle est brune à Textérieur, et d'un rouge orangé pale dans Tintérieur.

SUe nous vient de Smyrne , de Chypre , etc.

a^ Garance d'^i^ignon.

La culture de la garance n'a été bien connue en France que depuis qu'un Persan, nommé Altken, la pratiqua dans les environs d'Avignon.

3* Garance de Hollande.

C'est surtout dans le seizième siècle que la Hollande se distingua des autres contrées de l'Europe, par les soins qu'elle apporta à la culture de la garance. Aussi la garance de Zélande e$t*elle une des plus renommées qu'on connaisse.

APPLIQUÉE A LA TEINTURE. l'il

4* Garance d'j^lsace.

Enfin, dans la dernière moitiédu dix-huitième siècle y les Alsaciens s'attachèrent beaucoup à * cultiver la garance.

B. DISTIircriONS BBS GARAITGES en AYAITT iGARD

A LEX7B PR^PARATIOir.

Ce mot, qui s'appliquait dans l'origine exclusivement à la garance du levant, simplement séchée à l'air , se donne aujourd'hui à toute racine qui n'a point été moulue. On distingue donc sous ce rapport Vali-zari du Let^ant, VaUzarid*jivignon^ etc.

Autrefois on nommait garance en branches ce qu'on nomme aujourd'hui ali-zari.

Le prix de l'ali-zari de Chjppre est en général à celui de Provence : : 3 : 2.

a* Garance non robée.

On donne ce nom à la garance séchée, qui a été moulue, sans avoir été séparée de sa pellicule corticale.

3^ Garance grappe ou robée.

C'est la garance moulue, qui a été séparée, au moyen du blutoir, de sa pellicule corticale ,

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et, quelquefois même • de la partie io terne qui est incolore.

/l^ Garance mulle.

Ce mot est, pour ainsi dire, synonyme de hillon, xar il s'applique aux racines, à Tépiderme, etc., séparés de la garance, au moyen du van et du blutoir.

Enfin il est encore des distinctions que Ion fait aujourdliui dans le commerce.

5° Garance SF. véritable.

C'est la garance séchée qui a été passée sous une meule, et ensuite au blutoir. Au moyen de la meule, l'épiderme, qui retient toujours un peu de matière terreuse , est détaché du reste de la racine, et au moyen du blutoir il en est séparé.

6^ Garance SF.

C'est la garance séchée et moulue , sans que l'épiderme en ait été séparé.

7** Garance SFF.

C'est la garance SF. moulue de nouveau , et séparée de ce qu'on appelle pare/icAy/we.

8* Garance extra-fine.

Elle s'obtient en ne passant à la meule que

la partie intérieure de la racine de garance*

COMPOSITION IMMIÊDIATE BE LA GABANCE.

La composition immédiate de la garance ne peut être encore établie d'une manière précise , quoique plusieurs chimistes se soient occupés de la déterminer à différentes époques : c'est ce qui m'engage à présenter un résumé historique des travaux auxquels a donné lieu cette pré^ cieuse matière, envisagée sous le rapport chi* mique, plutôt qu'à présenter cette composition d'une manière dogmatique.

Watt a soumis la garance de Zélande à plu- , sieurs expériences , qui ont eu pour objet de constater la couleur que les acides, les alcalis, et plusieurs sels , sont susceptibles de développer en réagissant sur son infusion; mais il n'y a pas de conséquence à tirer de son travail relati* yement à la composition de cette matière.

M. Haùssmann observa eni 791 qu'il est avan* tageux d'ajouter de la craie au bain de garance dans lequel on passe les toiles de coton , parce que, suivant lui, le sous • carbonate de chaux neutralise un acide' libre contenu dans cetten*aci ne.

plus tard , M. Ch. Bartholdi ayant avancé que

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la garance contenait environ 5o grains de sulfate de magnésie par once, M* Haussmann attribua à la décomposition de ce sel par la craie le bon effet de cette dernière dans le garancage; mais cette opinion est inadmissible, puisque de nouvelles expériences ont démontré qu'il n'y a pas de sulfd^ de magnésie dans la garance.

M. Mérimée s'étant occupé de préparer des laques pour la peinture, a imaginé i^ de traiter la racine de garance par des lavages multipliés à l'eau simple, à l'eau alcalisée, et enfin à l'eau acidulée , afin d'en séparer une matière de couleur lauve ; ù^ de- mettre la racine lavée dans une eau légère d'alun qai dissout une matière de couleur rouge; 3^ de précipiter ensuite cette solution par le sous-carbonate de potasse; l'alumine de l'alun entraîne alors la matière rouge, et forme uue belle laque.

Berthollet, en 18049 conclut, des travaux d'autrui plutôt que de ses propres expériences , qu'elle était formée de deux substances colorantes, Yunefauuey et Vautre rouge qu'il rega ridait comme moins soluble dans l'eau que la première.

Eu c8a3, M. Kuhlmann publia im travail

APPLIQUÉE À LA TEINTURE. laS

duquel il résultait que la garance était composée de

Principe colorant rougé, — — fauve, .

ligneux.

Acide végétal ,

Gomme,

Matière azotée,

Matière mucilagineuae,

Sucres,

Matière amère ,

Résine odorante,

Sels inorganiques , mab |>Às de sttlfate de magnésie.

Voici comment il procéda à cette analyse : Il fit infuser la racine de garance dans l'eau pendant vingt-quatre heures, et sépara l'infusion de la partie indissoute.

Infusion.

L'infî^sion filtrée contenait le principe colorant fauve, du sucre de raisin et du sucre liquide, de la gomme, de l'acide malique, de l'acide sulfurique à l'état salin , du phosphate de chaux.

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