DÛ ROCOU
Le ïôcou ou roucou est ^e préparation que l'on iait av<ec la graine du bixajoreUana, espèce de plante de la famille des tiÛacées, originaire de i''AniftQique , que l'on cultive aujoui-d'hui à la
l84 30* LEÇON DE CHniIE*
Guyane, à Sarnt-Dommgue et aiûflkdes orien* talcs. ^ ^^
PMÉPAXJlTIOTX.
Les graines du rocouyer sont renfernj^ dans une capsule hérissée d'aiguillons mous; une matière colorante orangée les recouvre'; podr l'en détacher, voici les opérations que Ton pratique à la Guyane française , telles mie Le-
l)lond les a décrites :
On opère dans quatre canots ou troncs d'arbres creusés en forme de cuve , ^uî ptfbteiit les noms depHe, de trempoire, de ^^àJ^^t^fÊÊja* not à CALER le rocou. *. ^ni^'^^Vp '
Les graines, séparées de la 'C9p)rafe jj^pies renfermait, sont broyées dans Iâ'pile,;(ftiis on les porte dans la trempoire,o\i elles sont recouvertes d'eau. On les y laisse p}^ieurs semaines. Après ce temps, on exprime'l||^jp|^e solide dans des tamis placés au-dessus^ de la trempeire; la couleur qui est en suspension dans Teau s'éca|Ae avec elle«et s'en précipite par le repos. •
Quant au résidu resté sur le tamis, on le conserve flans la décfArge sous des feuiH^de bananier, jusqu'à te qu'il s'échauffe en ferm^fita^t; alors on le broie dans la pilé, et. on le soumet au lavage dans la trempoire. Ces opémtidns se
APPLIQUÉE A LA TEINTURE. l85
répètent jusqu'à ce qu'il tM^contienne plus de matière colorante.
La matière colorante ainsi obtenue doit être délayée dans l'eau , puis filtrée dans des tamis qui retiennent les débris les plus grossiÉA'des graines, et qui sont placés sur le bord â&vhwt
à CALER.
Lorsque la matière colorante A déposée, ce qui demande ordinaiFement i5 jours, on tire la liqueur surnageante, on réduit le dépôt en consistance ^ pâte danè (les chaudières placées sur des fourneaux, on le laisse refroidir, et on le met dans des caissES', en couches de 7 à 8 pouces d'épaisseur, qu'on exDOse à l'air, mais à l'abri du soleil, jusqu'à ce qu'ilflôit convenablement séché. v * ^'
Leblond a proposé de laver les graines jusqu'à ce qu'elles fbsHnt enlière^aent dépouillées de matière colorante, de passer l'eau dans dès' tamis, de hâter, au moyen du vinaigre ou dn jus de citron, le dép6t de «ette matière, qui est simplement tenue en suspension; enfin de ùàTC chauffer le précipité j ou bien de le faire égputter dans des sacs , comme nous avons vu que cela se pratique pour l'indigo, yw^e 1 1 de cette leçon.
i86 30* LEÇON oc CHimE
Vauquelîn a réfUté cette dernière manière cropérer sur des graines de rocouyer qpt Leblend lai avail données , et il a obtena une matière qui produisait en teinture im e£fet quadrol^e^Mpelui produit par le rocoa ordînaîre.
IPikdnty^es , qui est actuellement aoz Indes orientales, m*a Eût passer un rocoa, préparé probablenie^^>ar un procédé analogue à edoi de Leblond, qui donne ,d*excellens résultats. 11 est à désirer qu'il mette dans le commeite assez de son produit pou^ satisfaire aux besoîts de DOS teinturiers. ^
COMPOSITION IMMÉDIATE
D*après mes €||f>^iences , il existe deux principes colorans daq^ le rocou«un de conkor jaune, 1 autre de couleur rouge à l'état sec. Le rocou le mieux préparé cibtîent propcntion* ueliement plus de principe jaune que le rocoa ordinaire.
Le premier est $oluble dans Teau, l'alcool, et faiblement dans l'éther. Il se fixe bien sur la soie et la laine alunées qu'il colore en jaune.
Le principe rouge est extrêmement peu so* liibie dans l'eau ; il est soluble dans l'alcool et 1 ether, qu'il colore en rouge orangé.
Il est soluble dans Teau de potasse ; la solution est d'un rouge, orangé foncé.
Il est surtout distingué des principes jaunes et rouges^ précédemment décrits , par une propriété qui a été observée, je crois, ppur la première fois , par M. Boussingault ; c'est celle de devenir d'un très-beau bleu d'indigo quand on verse dessus de l'acide sulfurique concentras ; mais -cette couleur n'est pas permanente, du moins quand elle a le contact de l'air; elle passe au vert, puis au brun violet. Suivant MM. Vo* gel et Bouilion-f^agrange , la matière colorante du safran jouit d|ir cette propriété, et, 'suivant moi, un des principes colorans de la bile en possède une analogue.
Voici le résultat de plusieurs expériences sur le rocou du commerce, et sur un échantillon de rocou préparé par M. Saintyves :
100 parties de rocou en pâte, séchées à loo*, ont perdu 68 p. d'eau. C'est dans cet état qu'il a été copiparé à celui de M. Sisiinlyves, également séché. *"* f
Ils ont été réduits en cendres dans une petite capsule de platine.
l88 30* LEÇON DE CHIBOE
Boeoa dit oomawfv*. l»e«u èe
Matière organique détruite .. ^ . 89)5 9^
silice et sabla
Cendres {oxide de fer > .... • xb,& •«.,.,• 7* lagnesre ^ ^^f^ ^^
Le rocou du commîerce donne unepoudre d'ua rouge de brique, tandis que celui dé M. Sainty- Tés en donne une d*un rouge orangé brillant
USAGES^ ••»*
Le rocou est principalement d'usage dans la teinture en*soie pour les coideurs qui résultent en général du mélange du.tdtige et du jaune^ telles que les aurores, les oranges. Il est quelquefois employé dàoii^ la teinture du ligneux^ et il ne Test pour ai^sî miç jamais dans celle dela laine.