‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 3)Chapitre 154 sur 268 · VI. PRÉPARATION · texte numérisé non relu

VI. PRÉPARATION

C’est en traitant successivement la cochenille par l’éther hydratique, l’alcool et l’eau, dans l’appareil que j’ai décrit sous le nom de digesteur distillatoire , que MM. Pelletier et Caventou ont obtenu la carminé. Voici leur procédé : La raison pour laquelle on fait usage de cet appareil, est qu’il permet de faire réagir l’éther et l’alcool à une température plus élevée que celle ou ils réagiraient sous la simple pression de l’atmosphère, et que dès lors leur action devient plus énergique.

De coccine,

— phosphate de chaux ,

de soude, de potasse,

A. Traitement par V éther hjdratique rectifié.

Ce liquide , bouilli sur la cochenille, se colore en jaune d’or; il dissout la matière grasse, c’està-dire la stéarine p X oléine et X acide odorant , et, en outre, un peu de carminé.

En traitant l’extrait éthéré par l’alcool absolu bouillant, on obtient, par le refroidissement, la stéarine cristallisée ; on la purifie en la traitant plusieurs fois par l’alcool.

L’alcool , d’où la stéarine s’est précipitée , retient de X oléine en dissolution , de l’acide odorant libre et de la carminé. En le distillant , on obtient l’acide libre dans le récipient, et un résidu formé d’ oléine et de carminé retenant un peu de stéarine. En exposant X oléine au froid , on en sépare la stéarine à l’état solide ; et , en dissolvant X oléine dans l’éther pur, agitant la solution avec l’eau, la carminé est dissoute.

Messieurs Pelletier et Caventou ont observé que la carminé peut se combiner à la matière grasse et la rendre soluble dans l’eau , et que cette combinaison est orangée, ce qui, suivant eux, a induit en erreur les chimistes qui ont parlé de l’existence d’une matière jaune dans la cochenille .

€;3 29e leçon de chimie

Il est vraisemblable qu’une portion de l’acide odorant est engagée dans une combinaison d'aspect huileux, qui se trouve dissoute dans l’olèine , ainsi que cela a lieu, d’après mes observations, pour les acides butirique et phocéniquc , qui sont à l’état de butirine et de phocênine dans les oléines du beurre et de l’huile de dauphin.

B. Traitement 9 par V alcool à 4o°, de la cochenille épuisée par V éther hydratique.

Il faut faire trente décoctions dans le digestêur distillatoire , pour épuiser la cochenille de ce qu’elle peut céder à l’alcool.

( à ) Les premiers lavages alcooliques sont d’un rouge foncé, tirant sur le jaune; par le refroidissement et l’évaporation spontanée, ils déposent des cristaux entièrement solubles dans l’eau Ces cristaux sont formés de coccine, de carminé et de stéarine. En les traitant par l’alcool concentré à froid, la coccine n’est pas dissoute. L’alcool évaporé laisse un composé cristallisable de carminé et de stéarine dont on parvient à isoler la carminé : premièrement, en épuisant par l’éther qui dissout la plus grande partie de la stéarine avec un peu de carminé; deuxièmement, en reprenant le résidu par l’alcool très-

APPLIQUÉE A LA TEINTULE. 6q

fort, et ajoutant à cette solution un volume égal d’éther; celui-ci , en s’unissant à l’alcool, forme un liquide, duquel se précipite la plus grande partie de la carminé à l’état de pureté : le reste est retenu en dissolution avec la stéarine.

La carminé pure se reconnaît à ce qu’elle n’abandonne rien à l’éther; qu’elle ne précipite par aucun acide, ni par le chlore, ni par le nitrate d’argent.

(b) Les seconds lavages alcooliques ont la même composition que les premiers; ils sont seulement moins chargés de matières.

( c ) Les derniers lavages ne contiennent plus de carminé.

G. Traitement par Veau bouillante , dans le di -

gesteur distillatoire , de la cochenille épuisée

par V éther et V alcool.

Premier lavage.

Ils sont colorés en rouge cramoisi ; ils contiennent de la carminé , de la coccine et de la matière grasse.

. Deuxième lavage.

Ils sont incolores, et ne contiennent que de la coccine.

29e LEÇON DE CHIMIE

D. Propriétés de la coccine qui na pas été dissoute dans Veau.

Elle est blanche , ou brunâtre , translucide : sèche, elle se conserve ; humide, elle se pourrit.

Au feu elle se ramollit sans se fondre , donne les produits des matières azotées, et notamment beaucoup de sous-carbonate d’ammoniaque.

La coccine est fort peu soluble dans l’eau bouillante. Cette solution est jaune ; évaporée, elle donne des pellicules qui se redissolvent facilement dans l’eau.

Ce qui la distingue de la gélatine, c’est que l’alcool , mêlé à sa dissolution , ne la trouble qu’au bout d’une heure , tandis que la solution de gélatine est troublée sur-le-champ; c’est en outre que tous les acides précipitent la coccine en flocons blancs , qui sont peu solubles dans un excès du précipitant.

Le chlore la précipite abondamment, ainsi que le perchlorure demercure etlanoixdegalle.

La potasse et la soude la dissolvent aisément, sans dégagement d’ammoniaque ; en neutralisant l’alcali, la coccine se précipite.

Tous les sels avec excès d’acides la précipitent et deviennent neutres.

La coccine , mise avec des solutions de cuivre, de plomb, d’étain, de nitrate d’argent, se précipite , en entraînant avec elle de l’oxide et de l’acide.

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