MUCUS
Il existe des fluides animaux dans lesquels on a admis généralement la présence d'un principe ■immédiat qu'on a apppelé mucus, d'après les faits suivans :
i° Ces fluides ne se coagulent pas par la chaleur, comme le font ceux qui contiennent de l'albumine ;
2° Concentrés et refroidis , ils ne se prennent point en gelée, comme le fait la solution de gélatine;
APPLIQUÉE V LA TFJNTURE. 65
3° Ils ne précipitent pas Je perchlorure de mercure, comme le font les liquides albumineux ;
4° Tls ne précipitent pas l'infusion de noix de galle, comme le font les solutions d'albumine et de gélatine;
5° Ils précipitent par l'acétate de plomb, qui n'agit ni sur l'albumine, ni sur la gélatine.
D'ailleurs ces fluides précipitent par le chlore, et laissent, par l'évaporation, un résidu d'apparence cornée, qui donne à la distillation tous les produits des matières animales azotées.
On voit donc que l'existence du mucus, envisagé comme espèce de principe immédiat, ne repose guère que sur un caractère positif, celui de précipiter l'acétate de plomb.
En considérant que les écailles de poissons, les ongles, l'épiderme, les cheveux, les crins, les poils, la laine et la soie, sont insolubles dans l'eau froide et qu'ils se fondent dans l'eau, du moins dans celle qu'on fait chauffer dans un digesteur, et que les solutions qu'on en obtient ne se prennent point en gelée par le refroidissement, on a admis que le principe azoté de ces matières est un mucus desséché.
J'avoue que l'existence d'un principe unique
et spécial, dans toutes les matières que je viens de nommer, ne me paraît pas démontrée, et voici pourquoi :
i° C'est que les caractères positifs du mucus, à l'état liquide, ne sont point assez nombreux, surtout lorsqu'on a égard à la soude, aux sels, elc, qui peuvent l'accompagner, et à l'influence (jiie ces corps peuvent avoir sur les propriétés qu'on lui attribue.
•2° G'est qu'on n'a point fait assez d'expériences pour comparer la matière soluble que l'on pourrait obtenir en traitant dans un digesteur la fibrine, l'albumine coagulée, avec la matière soluble qu'on obtient des ongles, des écailles, de la laine, etc., soumis au même traitement.
3" C'est que les rapports de la gélatine avec les tissus qui la donnent, quand ils sont bouillis dans l'eau, et les caractères même de la gélatine, considérée comme espèce, ne sont point assez bien fixés pour qu'on puisse les admettre comme des faits démontrés.
Ainsi les tissus gélatineux bouillis long-temps, ou plutôt exposés dans un digesteur à l'action de l'eau chauffée au-dessus de ioo°, se dissolvent, et leur solution ne se prend plus en gelée par le refroidissement. On ignore les rapports de
cette matière soluble avec celles qu'on obtient îles écailles, etc., etc., traitées de la même manière.
Le cartilage des os de poissons, et le cartilage des poissons dits cartilagineux, se fondent dans Venu du digesteur, et la solution ne se prend point en gelée.
Enfin, le tissu de ce cartilage exisle-t-il dans le cartilage des os des mammifères qui donnent de la gélatine? ou en est-il absolument distinct?
La gélatine ne contient -elle qu'une seule substance? ou en contient-elle deux, dont l'une paraît à l'état solide lorsqu'une solution de gélatine se prend en gelée, et dont l'autre resterait en dissolution dans l'eau, interposée entre les parties de la première?
Ces questions n'étant point résolues, il s'ensuit que la laine, la soie, ne sont point assez connues dans leur nature chimique, pour que nous puissions dire maintenant si elles diffèrent essentiellement l'une de l'autre, enfin quels sont leurs rapports avec la fibrine, l'albumine, la gélatine, etc., etc. Je me livre depuis plusieurs années à un travail qui a pour objet la solution de ces questions.
68 28e LECCO DE CHIMIE
oxigene,
azote, C. COMPOSÉS De { phosphore,
j carbone, l hydrogène.
MATIÈRE GRASSE BLANCHE DU CER- VEAU, ou CÉRÉBRINE.