VII. PRÉPARATION
On sépare le zeste ou lecorce du citron avec un couteau, en ayant l’attention d’éviter que le fer reste en contact avec le suc; on réduit
l4 20e LEÇON DE CHIMIE
les citrons écorcés en une pulpe qu’on abandonne à elle-même un ou deux jours dans un lieu frais , puis on la soumet à la presse ; le suc, renfermé dans un vase, est abandonné à luimême dans un lieu chaud jusqu’à ce qu’il ait déposé une matière qui en altérait la limpidité ; alors on le passe au papier gris , on met le suc filtré sur le feu dans un vase de porcelaine , de grès, d’argent ou de platine; on projette par petites quantités de la craie dans le suc chaud de manière à neutraliser l’acide citrique ; du gaz acide carbonique se dégage avec effervescence, et du citrate de chaux se précipite. Lorsque le suc est neutralisé , qu’il ne fait plus d’effervescence avec de nouvelle craie, on décante le liquide, qui contient une matière gommeuse, une matière jaune , du malate acidulé de chaux ; on lave le citrate de chaux par décantation, puis on le fait égoutter sur un filtre , enfin on le sèche.
On mêle à 5oo parties d’eau 61 parties d’acide sulfurique d’une densité de i ,84 ; on fait chauffer à 90° environ, et on y ajoute peu à peu, en agitant continuellement, 100 parties de citrate de chaux pur et sec ; on fait réduire à moitié, on laisse refroidir. Après vingt- qua-
tre heures, on décante la solution d’acide citrique de dessus un dépôt de sulfate de chaux ; on lave celui-ci; on réunit le lavage à la solution d’acide citrique ; on la fait concentrer. S’il se sépare du sulfate de chaux, on attend qu’il soit déposé pour tirer le liquide à clair. Enfin, quand celui-ci est clair et suffisamment concentré , on l’abandonne à lui-même pour en obtenir des cristaux. Si les cristaux n’étaient pas incolores, il faudrait les redissoudre, et faire cristalliser la solution.
160 parties de bon suc de citron donnent environ 18 p. de citrate de chaux et io p. d’acide citrique hydraté.
Si l’acide citrique est exempt d’acide sulfurique, il forme avec la baryte un précipité soluble dans un excès d’acide.
S’il est exempt de citrate de chaux, il ne précipite pas le sous-carbonate de potasse, et il ne laisse aucun résidu quand on l’incinère dans une petite capsule de platine.
Dans le commerce, on le mêle souvent avec l’acide tartrique , qui est beaucoup moins cher. Le mélange serait aisé à découvrir s’il présentait des cristaux volumineux, parce que l’acide tartrique est en tables ou lames qu’il est aisé de
20e LEÇON DE CHIMIE
distinguer des prismes d’acide [citrique. Mais si le mélange était en poudre, on le dissoudrait dans l’eau de manière à avoir une solution concentrée ; on en neutraliserait la moitié par la potasse; puis, en y ajoutant l’autre moitié, on verrait s’il se dépose du bitartrate de potasse. Enfin on pourrait encore essayer la liqueur par l’eau de chaux, qui ne précipite pas à froid l’acide citrique, et qui précipite l’acide tartrique.