I. PRÉPARATION
Il y a deux procédés pour le préparer. Le plus ancien est celui qu’on pratique le plus fréquemment. Après avoir rassemblé une suffisante quantité de bois de i mètre à om,8 de longueur, et de om^oo.r] à om,o8i de diamètre, on en forme des espèces de cônes, arrondis au sommet, qu’on nomme fourneaux ; la base des plus grands a de l\ à 5 mètres de diamètre, sur une hauteur à peu près égale. On recouvre les cônes d’une couche d’argile pure, ou d’argile mêlée de cendre ou de poussier de charbon. On les couvre encore de plaques de
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gazon. On a eu le soin de ménager au bas de chacun d’eux une ouverture qui est celle d’un canal légèrement incliné qui aboutit à l’axe du cône où se trouve un espace, qu’on peut considérer comme une cheminée, et dans lequel on a mis du bois menu et bien sec. C’est à ce bois qu’on met le feu, en jetant dessus du charbon embrasé. L’ouverture de la cheminée reste découverte jusqu’à ce qu’il en sorte de la flamme. Alors on y met une plaque de gazon qui ne doit point la fermer exactement.
Les parties de bois voisines du canal et de la cheminée où il y a du bois sec en combustion, s’échauffent; elles laissent dégager des fluides aériformes inflammables, tels que de l’hydrogène carboné, de l’oxide de carbone, des huiles empyreumatiques qui , étant exposés à une température suffisante, sont brûlés par l’air qu’ils rencontrent; la combustion étant ainsi entretenue , toutes les parties du bois s’échauffent et finissent par être réduites en charbon. Ces fluides inflammables servent à ia carbonisation, non-seulement par la chaleur qu’ils produisent en brûlant, mais encore parce qu’ils préservent le combustible solide de l’action comburante de l’air.
APPLIQUÉE A LA TENTURE. 2t)
Ce procédé revient jusqu’à un certain point à distiller du bois dans un appareil clos; mais il y a cette différence que la chaleur nécessaire à la distillation résulte, en grande partie au moins, de la matière combustible qui est dégagée du bois même à l’état aériforme.
La durée de la carbonisation et du refroidissement est de 4 à 7 jours suivant la quantité de bois qui composait le cône ou fourneau.
Le second procédé de carbonisation consiste à introduire les morceaux de bois qu’on veut charbonner dans des cylindres en tôle qui font l’office de cornues. On recueille les gaz et les produits liquides qui contiennent de l’acide pyroligneux, c’est-à-dire de l’acide acétique qui est employé avec succès en teinture, à l’état libre ou de vinaigre , et à celui d’acétate de plomb ou d’acétate d’alumine.
La différence qu’il y a entre les deux procédés, c’est que le dernier donne tout le charbon qu’on peut obtenir du bois au moyen de la chaleur, tandis que par le premier on en perd toujours une certaine quantité. Le produit du second procédé est plus abondant que celui du premier, et il est d’une qualité plus égale ; on n’y trouve pas de fumerons , c’est-
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à-dire de morceaux de bois qui n’ont pas été suffisamment chauffés, comme on en rencontre dans le charbon fait par le premier procédé.
On obtient par celui-ci de j 8 à 20 parties de charbon pour cent de bois; et par le second, on peut en obtenir de 24 à 25, et même 28 pour cent.
Du reste la quantité de cendre, par rapport au bois, est la même, car toutes les parties fixes au feu, qui étaient dans le végétal, se retrouvent dans le charbon.
Il y a entre les deux sortes de charbons une assez grande différence pouj* certaines opérations. Le charbon préparé dans des cylindres est plus combustible que le charbon préparé par le procédé ordinaire, et sous ce rapport il convient moins aux essais de coupelle, et en général à toutes les opérations où l’on a besoin d’une chaleur forte, soutenue pendant un certain temps.
Nous verrons que la température à laquelle le bois est exposé pendant la carbonisation a une grande influence sur plusieurs propriétés du charbon.
IL COMPOSITION
Le charbon obtenu par les différens procédés que nous venons d’indiquer est formé, pour la plus grande partie , de carbone, d’une petite quantité d’hydrogène et d’oxigène, et, en outre, de quelques centièmes de cendre; celle-ci est la matière inorganique fixe au feu , que le végétal d’où le charbon provient avait puisée dans le sol.
Telle est la composition du charbon de bois qui n’a pas eu le contact de l’atmosphère; car, dès qu’il y est exposé, il absorbe une certaine, quantité des fluides élastiques qui le constituent.
M. Dœbereiner a considéré le charbon de sapin, abstraction faite de sa cendre, comme un composé défini de 6 volumes de carbone et de i volume d’hydrogène. S’il est impossible de nier l’affinité de l’hydrogène pour le carbone dans le charbon ordinaire, lorsqu’on a égard à la grande chaleur qui est nécessaire pour le dés* hydrogéner; cependant il faut avouer, malgré la grande probabilité qu’il existe un carbure d’hydrogène solide et noir, que jusqu’ici on n’a pas indiqué un procédé précis pour se le procurer dans un état constant de composition.
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