PIGMENTS ANIMAUX
Il existe chez les animaux un grand nombre de matières colorantes complexes : fort peu sont albuminoïdes ; presque toutes sont azotées, mais non protéiques. Mais toutes dérivent directement des corps protéiques. On sait peu de chose de leur constitution, de leur origine, souvent même de leur composition.
On peut diviser ces substances en :
(a) Pigments du sang, de la bile et des urines. — Ils paraissent dériver les uns des autres et provenir des dédoublements de l'hémoglobine, matière colorante rouge du sang, ou de corps analogues;
(b) Lipochromes. — Ce sont des pigments jaunes ou verts très répan-
(') On ne saurait regarder les lécithines comme l'unique source des bases qu'on peut faire naître par dédoublement des principes végétaux ou animaux grâce à l'action à chaud des acides ou des alcalis affaiblis. Un exemple nous en est fourni par la sinalbine CTI^Az^O10 de la graine de moutarde blanche, qui sous l'action de la myrosine, ferment de la moutarde, se dédouble d'abord en glycosc, sulfate acide de sinalbine et isosullbcyanale d'orthoxybenzylc :
C3°U*«Az2Sa0"' = C6H"0e + C"'H«Az05,S04lI2 + C'U'O.AïCS Sinalbine. Glycose. Sulfate ac. de sinapine. Isosulfocyanate.
puis, à son tour, la sinapine ainsi produite s'hydrate elle-même et se décompose en acide sinapique et choline :
C'»II-3AzOr' + ll'-O = CHllsAzOa + c4,a,so' Sinapine. Choline. Acide sinapique.
Les chlorophylles végétales paraissent avoir une constitution analogue aux lécithines. Elles peuvent se rattacher aux lécithines : elles se dédoublent, en effet, en névrine, ou autres bases, acide glycéropbosphorique et acides colorés complexes, les acides chlorop ha niques remplaçant les acides gras.
C'est probablement aux lécithines, ou corps analogues, qu'il faut rattacher les produits basiques séparés des extraits alcooliques de la farine de céréales par Lombroso en 1871, extraits d'où Brugnalelli cl Zenoni retirèrent, par la méthode de Stas, en 1876, un alcaloïde qui provoquait des convulsions tétaniques.
(*) W- Maxwell, Americ. Journ., t. XIII, et Jhill. Soc. Chim., 3), t. X: p. 1088 et 1251. W 1
dus chez les animaux et les plantes. Ils possèdent les apparences générales des corps gras qu'ils colorent souvent dans l'économie. Ils sont solubles dans l'éther et dans l'alcool;
(c) Pigments dermiques. — Les pigments de la peau, des plumes, des carapaces, etc., forment cette troisième famille;
(d) Pigments microbiens. — La pyocyaninc, la pyoxanthinc, etc., entrent dans cette classe.