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ACIDE SALICYLURIQUE ET ANALOGUES

Beaucoup d'acides aromatiques, lorsqu'on les ingère, éprouvent une transformation semblable à celle d'où dérive l'acide hippurique. Leur radical acide se substitue à l'un des deux atomes d'hydrogène de l'amidogène AzFP du glycocolle C021I-GIP (ÀzIP), sans cesse en puissance de formation dans l'économie, et de cette modification du glycocolle résulte une série d'acides artificiels analogues à l'acide hippurique. C'est ainsi que se produisent :

Xnz^ï ^(CO-OH) , l'acide^ique (CcUS . C0)ÂzU - CH^ • CO^H ;

avec l'acide pu[,4 / CH3 l'acide toluri que r6,[t y Cil3

toluique u u x GO- 011 ' ou rnéthylhippurique L a x CO • AzII - CH2 - C02H ;

avec l'acide ro„4 ,• C3H7 l'acide cuminurique rolu ✓ C3H7 cuminique sCO-OH' ou propylhippurique Ln s CO ■ AzH-GHs • COâH;

avec l'acide m[5 * (Cil3)2 l'acide «.^(CEP)"

mésitylénique N CO • OH mésitylènurique ^ CO • AzII - CHa • C02H|;

lES CollS-CH2-CO-OH, ph4Stique CoHM^CO-Azu-CU^H;

avec l'acide c 6„4 ✓ Oit l'acide salicylurique rGH4 / OU

salicylique L u NCO-OH' ou oxyhippurique L a - C0-AzH-CU2-C02H.

De tous ces corps nous ne décrirons que le dernier, l'acide salicylurique.

Acide salicylurique : OTAzO*. — L'acide salicylurique ou oxyhippurique se forme dans l'économie lorsqu'on ingère de l'acide salicylique. On l'extrait en concentrant fortement les urines et les épuisant à l'éther après acidulation. Ce dissolvant, évaporé à sec, laisse des cristaux qu'on purifie par recristallisation dans l'eau bouillante. On chauffe ces cristaux vers 150° dans un courant d'air qui entraîne l'acide salicylique non transformé et laisse l'acide salicylurique qu'on peut doser

248 AMINES-ACIDES.

grâce à une liqueur titrée. En général, un tiers de l'acide salicvliqu] ingéré passe à L'état d'acide salicylurique.

L'acide salicyiurique cristallise de ses solutions en aiguilles minces bnllantes, de saveur araère et acide, très solubles dans l'eau bouillante] non sublimables et non décomposables à 200". Il se dissout dans 1,1cool et l'éther. Il fond à 100". Bouilli avec de l'acide chlorhydriquej il donne du glycocollc et de l'acide salicylique. Ses sels cristallisenj bien. Ils colorent en violet le chlorure ferrique.

ACIDE ORNITHURIQUE : C'H^Az^4

Lorsqu'on mélange de l'acide benzoïque ou du toluène à la nourriture des poules, on retrouve dans leurs excréments non de l'acide hippurique, mais de l'acide ornithurique qui provient de l'union avel perte d'eau de l'acide benzoïque à une hase mixte Vomilhine, qui parait être un acide diamido-valérique. {Jaffé):

' °» -••* + S ^ c"" • «w = S : g : ÎS : » . cm. + .J

Acide beiuoïquo. Ornithine. Acide ornithurique.

L'acide ornithurique cristallise en fines aiguilles très peu solubles dans l'eau, même à chaud, assez solubles dans l'alcool bouillant. Il fond à 182°. Il est monobasique et rougit le tournesol.

Lorsqu'on fait bouillir quelques heures cet acide avec de l'acide chlorhydrique, on le dédouble en ornithine et acide benzoïque.

Ornithine. — C'est une base solide, déliquescente, faiblement alcaline et caustique, d'une odeur désagréable. Elle dissout les oxyde! de cuivre et d'argent et rougit à l'air. Son chlorhydrate répond à la formule (CBH12Aza02)2, 3HC1. Son chloroplatinate n'a pu être préparé.

TYROSINE : Go^'AzO3 ou COH4^ (CHâ~GH^AzH?)n,

La tyrosine fut découverte par Liehig en fondant la caséine avec de la potasse. Elle se produit, ainsi que la leucine, lorsqu'on chauffe longtemps la caséine, la fibrine, l'albumine etc., avec de l'acide sulfurique étendu. Elle accompagne la leucine, dans la rate, le pancréas, le l'oie, le sang des veines sus-hépatiques et les produits de digestion Irvpsiquc. On l'a signalée chez les arthropodes et dans la cochenille

Un prépaie généralement la tyrosine en faisant bouillir 1 partie de corne râpée avec 2 p. d'un mélange de 1 vol. SOil2 et î,"t vol. d'eau, en renouvelant celle-ci à mesure qu'elle s'évapore. Après 16 à 18 heures.

TYliOSINE.

étend d'eau, on alcalinise par la chaux, on filtre, évapore les liqueurs (.| neutralise par l'acide sulfurique : il se fail peu à peu un précipité qui contient la tyrosine. On le traite par une lessive de soude, en chauffe et filtre. Au bout de 1 à 2 jours; en précipite la chaux par l'acide oxalique, on filtre encore, on sature par de l'acide sulfurique et Ton sursature enfin d'acide acétique qui précipite la tyrosine.

On la fait cristalliser en la redissolvant dans l'ammoniaque el laissant évaporer lentement à l'air. Cent parties de corne donnent 1 partie de tyrosine; 100 parties de fibrine ou .d'albumine en fournissent 3P,2.

La tyrosine cristallise de sa solution ammoniacale en aiguilles soyeuses (fig. 28) solulles dans 1900 p. d'eau froide et 150 d'eau bouillante.

Elle s'unit indifféremment aux acides et aux bases. Ses • solutions ne précipitent pas ; par les acétates de plomb, mais seulement par l'acétate ammoniacal. Oxydée par le bichromate de potassium et l'acide sulfurique, la tyrosine donne les acides cyanhydrique, benzoïque, acétique et formique. Fondue avec de la potasse, elle se dédouble en acide paraoxy- ; benzoïque, acide acétique et ammoniaque.

La synthèse de la tyrosine par réduction de la paranitrophénylalaninc

ne laisse aucun doute sur sa constitution CGI1* C oxj12 ~ CU (AzlJa) (G°3jJ)]i .

La solution aqueuse de tyrosine précipite par le réactif de Millon; la I liqueur devient rouge foncé à chaud. Cette réaction, extrêmement senssible, se produit aussi avec les tyrosamines (p. 238) et beaucoup de matières albuminoïdes dans la constitution desquelles entre la tyrosine.

La tyrosine, mouillée de quelques gouttes d'acide sulfurique fort, se dissout lorsqu'on chauffe un peu; si l'on ajoute alors du carbonate de baryte jusqu'à neutralisation, qu'on fasse bouillir, filtre et ajoute à la liqueur du perchlorure de fer étendu, on obtient une belle coloration violette. (Ph ia).

Addit ionnées d'un peu de chlorure d'or et d'une trace d'acide formique, les solutions de tyrosine, même étendues, se colorent en beau violet.

Fig. 28. — Tyrosine.

250 AMINES-ACIDES.

A l'ébullil ion la tyrosine chasse l'acide carbonique des carbonates terreux. Les tyrosinates sont assez Bolubles : celui d'ammoniaque csjj dissociable par l'évaporation.

Le chlorhydrate de tyrosine C9H"AzO!,HCl esl cristallisé, tirs acide, cl. dissociable par l'eau. Son chloroplatinate esl déliquescent.

On connaît un isomère de la tyrosine, la ratanhine (:'"ll''AzO\ retirée <lu ratanhia. Il existe certainement dans l'économie les tyrosinea C8II9Az03 et C10IllsAz03, si Ton en juge par les tyrosamines que j'ai découl vertes et qui en dérivent par perte de COa.

ACIDE KYNURÉNIQUE : C10H:AzO:! + H20

Cet acide a été retiré par Liebig de l'urine de chien : on traite cette urine par le 10e de son vol. d'acide chlorhydrique concentré et l'on précipite par de l'acide phosphotungstique. Le précipité lavé est mi- à bouillir avec de l'hydrate de baryte; il se lait un sel de baryum solubli bien cristallisé dont l'acide sulfurique sépare la baryte et met l'acide kynurénique en liberté.

Il cristallise en aiguilles soyeuses, solubles dans l'eau. Distillé avec de la poudre de zinc, il donne de la quinoléine. Yers 250". il se dédouble en oxyquinoléine, ou kynurine, et. acide carbonique :

C10H'AzOs = C9lto(Oil)Az + CO2,

cette réaction doit faire envisager ce corps comme un acide oxxjqxdnolêine-carbonique C9HsAz (COaII) (OH).

Il est possible que cet acide soit résorbé dans l'intestin où il se formerait sous l'influence des réactions putréfactives (').

ACIDE UROCANIQUE: Cl2H12Az''04 ~- 4 H20

Il a été rencontré accidentellement par Jaffé dans l'urine de chiens bien portants. L'extrait de ces urines est repris par l'alcool bouillant, la solution alcoolique est distillée; Je nouveau résidu, additionné d'acide sulfurique, est traité alors par l'éther ; on obtient une bouillie cristalline d'un sulfate qu'on lave à l'eau froide et qu'on décompose par la baryte tant qu'il y a précipitation. En filtrant et évaporant, l'acide mis en liberté cristallise en aiguilles presque insolubles dans l'eau froide, fusibles à 212° en se dédoublant et donnant une base énergique, Yurocanine C11H19Az,0.

C,2II12AzM> = CO2 + H*0 + C'tl'fAz'O.

(') Pfluger's Arch., XLIII, 381.

ACIDES URAMIGIIES; ACIDE [NOSIQUB. 251

l'urocanine est fortement alcaline, incristallisable, fluorescente, verclàtrc. Son chloroplatinate se précipite à l'état amorphe, mais il devient cristallin.

L'acide urocanique s'unit aux acides et aux bases.

ACIDES URAMIQUES

Ces acides dérivent de l'union directe, ou avec élimination d'eau, des éléments de la carbimide COAzII (urée moins AzIF) aux acides amidés tels que le glycocolle, la sarcosine, la taurine, etc. :

GaH'AzSO* + COAzII = C3U8Az2S0* Taurine. Acide taurocarbamique.

Vacide mèthylhydantoïnique ou sarcosine-carbamique C^IPA-^O3 apparaît dans l'urine après l'ingestion de la sarcosine G3.H7Az02; l'acide iauro-carbamique CsH8ÀzsSO*, après celle de la taurine; l'acide uramido-benzoïque CsIIKAz203, lorsqu'on ingère de l'acide amido-benzoïque ; l'acide tyrosine-hydantoïnique C"Tl'nAz2Os après saturation de l'organisme des herbivores par la tyrosine :

C9H»Àz03 -f COAzII = C'°II10Az203 + H20 Tyrosine. Carbimide. Acide tyrosine-hydantoïnique.

ACIDE INOSIQUE

Lorsqu'on prépare la créatine par le procédé donné par Liebig, et qu'on précipite par l'alcool les eaux mères d'où la créatine s'est déposée, on obtient un mélange cristallisé d'inosate de potassium et H'inosate de baryum. On le transforme entièrement en inosate barytique en le redissolvant et ajoutant un petit excès de chlorure de baryum. On l'ait recristalliser ce sel et on le décompose par l'acide sulfurique. L'acide inosique mis en liberté forme une masse amorphe très soluble dans l'eau, à peine dans l'alcool. Il répond à la formule C'°HuAz*Ou.

La chair de poulet donne (F, 005 pour 100 d'inosate barytique; celle de canard 0Br,026, celle de lapin 0gr,014; la chair d'homme, de pigeon, de raie ne contiennent pas d'acide inosique.

Limpricht a retiré de la chair des poissons des acides qui sont analogues à l'acide précédent. Ce sont les acides protiques : dans la chair de hareng, l'acide C13H10AzsOu, dans celle de l'orphie l'acide C10HiBA7(*0". On les précipite par nn acide minéral des eaux mères de la créatine.

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