MATIÈRE NERVEUSE
phosphore des lécithines. On a signalé aussi un peu de fluor dans les cendres du cerveau.
Les analyses suivantes, ducs à Petrowsky, donnent une idée de la composition des parties grises et blanches du cerveau à l'état Irais :
Substauco Substance
grise, blanche.
Albuminoïdcs et collagènes 10,19 7,80
Lécithines. 3, 16 3,i4
Cérébrine 0,10 3, 01
Cholestérinc et graisses 3,44 16,64
Kératine et substances diverses i,a3 1,07
Sels 0,26 0,18
Eau • 81,62 68,a5
Voici la composition des parties grises et blanches du cerveau calculée à l'état sec, d'après Baumstark.
Substance
Substance
blanche.
grise.
Substances organiques insolubles. . .
Cholestérinc libre
Examen particulier des substances composant le tissu nerveux. — Nous avons déjà étudié séparément dans notre Jrc Partie les diverses substances qui composent ce tissu : les lécithines, le protagon, la cérébrine, la nucléine, hcholestérine, les divers corps albuminoïdes, etc. Nous n'aurons à donner ici que quelques renseignements complémentaires sur ces corps.
Lécithines (p. 164). — On sait qu'il en existe plusieurs variétés se dédoublant sous l'action des alcalis en acides gras divers (acides stéarique, palmitiquc, oléique, etc.), acide phosphoglijcériqae et névrine, quelquefois bétaïne.
Prolagon. — Le protagon a été étudié page 161 .
Cérébrine, homocérébrine, encéphaline. — Ce sont les mêmes substances que la cérébrote de Couerbe, l'acide cérébrique de Vauquclin, la phrénosine de Tudichum. On les a décrites dans cet ouvrage (p. 162). La proportion d'encéphaline serait d'après Darnes d'environ le quart de la cérébrine. D'après Baumstark, le cerveau frais ne renfermerait pas dé cérébrine libre.
Nucléine (p. 121»). — La nucléine de la substance cérébrale est la
plus pauvre en phosphore. On rencontre dans 1rs tissus nerveux de I;. paranucléine apte à attirer les couleurs acides, cl non plus les couleur! basiques d'aniline. L'on a déjà fait remarquer que l'eau bouillante suffit à dédoubler la nucléine en acide nucléinique cl albumine.
Cholestérine. — Elle paraît constituer un produit de décomposition de la matière nerveuse. Le sang de la carotide en contient par litre (F, 97, celui de la jugulaire lBr,54 (F Uni). La cholestérine semble liée à la lécithine et le plus souvent elle l'accompagne, môme dans le règne tal, par exemple dans les cellules de la graine en voie de germination.
Analyse immédiate du cerveau. — Nous avons déjà donne <les renseignements qui permettent de séparer en divers groupes les substances qui composent le cerveau. La méthode suivante permet de faire l'analyse immédiate complète de cet organe.
Le cerveau frais d'un animal est suspendu dans une atmosphère d'éther et privé soigneusement de sang par injection d'eau légèrement éthérée à travers les carotides. H est ensuite broyé dans de l'éther aqueux ordinaire, et la pulpe placée dans un nouet suspendu au sein de ce dissolvant qu'on renouvelle de temps en temps. Une partie aqueuse se réunit au fond du vase : elle renferme les albumines qu'on sépare par les procédés connus, des sels soluhles , des lactates, des matières extractives.
La solution éthérée surnageante est concentrée par ébullition : il s'y dépose des flocons deprotagon; on filtre et précipite par de l'alcool à 95". Il se fait bientôt une cristallisation de cholestérine fusible à 145°. La liqueur mère, distillée dans le vide vers 40", fournit encore beaucoup de cholestérine après saponification par la potasse, ainsi que des matières extractives.
La pulpe cérébrale épuisée par l'éther et restée dans le nouet est traitée à froid par 'de l'alcool à 85° centés., puisa 90° centésimaux, enfin par de l'alcool absolu. En reprenant le résidu insoluble par de l'alcool à 85° centésimaux, et à la température de 45°, on enlève une substance blanche confusément cristalline, c'est le protagon de Liebreich. Celui-ci, bouilli avec l'eau de baryte, donne peu à peu de la cérébrine fusible à 172°.
Après ces traitements, on épuise encore la masse cérébrale par de l'alcool bouillant cjui enlève des substances neutres, puis par l'eau bouillante qui fournit des composés acides divers. Le résidu mis à digérer avec de la pepsine chlorhydrique cède à ce dissolvant ses matières albuminoïdes digestibles et laisse un mélange de neurokératine el de nucléines qu'on sépare en épuisant par de la soude à 2 pour 100 qui dissout ces dernières.