HÉMOGLOBINE
mqglobifne1, en frxanl environ [(il) centimètres cubes d'oxygène pour 100 grammes d'hémoglobine.
L'hémoglobine se ^dissout dans l'eau en donnant des solutions d'une coloration plus Poncée que celles d'oxyhémoglobine. Ces solutions ne sont précipitées Où altérées, ni par l'hydrogène sulfuré, ni par le chloroforme, ni par l'éther. Elles précipitent par l'alcool, le sublimé, le nitrate ^'argent, l'alun.
L'hémoglobine se combine directement à l'oxygène pour donner de l'oxyliémoglobine, à l'oxyde de carbone, pour former de la carboxyhémoglobine, aubio.wde dfazotè pour donner de l'azotoxyliémoglobine. Elle se combine enfin à l'acétylène et à l'acide cyanhydrique.
A l'abri de l'ail', les acides, les alcalis, et l'eau elle-même à chaud, dédoublent Yluhnotjlobine en albumine et héiiiochromogène (ou hématine réduite) de couleur pourpre, apte à donner de l'hématine en s'oxydant à l'air. L'hémoglobine présente une très grande résistance à la putréfaction.
Dissociation de Voxyhémocjlobine.
L'oxyliémoglobine est dissociable à partir de la température de 15° à 20°. Elle n'est stable qu'aux températures voisines de 0".
Dans une atmosphère pauvre en oxygène, l'oxyliémoglobine se décompose partiellement en hémoglobine et oxygène; inversement, dans une atmosphère riche en oxygène, l'hémoglobine se combine partiellement à ce gaz pour donner de l'oxyliémoglobine.
Ces notions doivent être précisées. Supposons une solution d'hémoglobine dans une atmosphère privée d'oxygène; elle ne se modifiera pas. Introduisons de l'oxygène dans cette atmosphère et supposons, pour fixer les idées, que cet oxygène ait une tension de 20 millimètres de mercure : une partie de l'hémoglobine, passera à l'état d'oxyhémoglobine. Pour une tension autre de l'oxygène, soit supérieure soit inférieure à 20 millimètres, la quantité d'oxyhémoglobine produite augmentera ou diminuera; la quantité d'oxyhémoglobine croîtra très rapidement avec la pression d'oxygène jusqu'à ce que celle-ci ait atteint 60 millimètres de mercure. Pour les pressions supérieures à 60 millimètres la quantité d'oxyhémoglobine continuera bien à croître avec la pression, mais fort peu.
Inversement, supposons une solution d'oxyhémoglobine en contact avec une atmosphère extrêmement riche en oxygène, et voyons ce qui se produira si la tension de l'oxygène diminue dans celte atmosphère : une partie de l'oxyliémoglobine sera dissociée, mais seulement une très petite partie tant que la tension restera supérieure à 60 millimètres. Si la tension de l'oxygène de l'atmosphère continue à diminuer, au-dessous de fil) millimètres, la dissociation de l'oxyliémoglobine continuera à se pro-
duire, la quantité dissociée augmentait très rapidement à mesure que diminuera la tension de l'oxygène.
Supposons qu'une solution d'hémoglobine soil mise en oontael avec une atmosphère oxygénée et qu'on détermine la quantité d'oxygène absorbé par relie solution. Pour des tensions d'oxygène petites, "20 millimètres par exemple, la solution absorbera peu d'oxygène; pour des tensions plus Tories elle en absorbera davantage, la quantité absorbée augmentant rapidement avec la pression tant que celle-ci est inférieure à 60 millimètres. Pour des tensions supérieures à 60 millimètres, la quantité d'oxygène absorbé croîtra avec là tension, mais l'accroissement sera très faible. En d'autres ternies, une solution d'hémoglobine mise en contact avec une. atmosphère d'oxygène à 60 millimètres de pression se sature presque complètement d'oxygène; et inversement, une solution d'oxyhémoglobine conservée au contact d'une atmosphère à haute tension d'oxygène, ne perd presque pas d'oxygène lorsque la tension de ce gaz dans l'atmosphère diminue jusqu'à 60 millimètres : le dégagement de ce gaz ne devient très sensible que pour les tensions inférieures.
On exprime ces faits en disant qu'à 40° la tension de dissociation de l'oxyhémoglobine est de 60 millimètres de mercure.
Cette tension de dissociation varie d'ailleurs un peu avec la richesse de la solution en hémoglobine. Elle varie surtout avec la température; elle augmente avec cette dernière.
D'après les recherches de Hûfner, 1 gramme d'hémoglobine de bœuf absorbe lec,34 d'oxygène (gaz mesuré à 0° et à la pression 760 mm.) dans l'atmosphère ordinaire (').
Spectres d'absorption de V hémoglobine et de ses combinaisons.
Lorsqu'après avoir l'ait tomber un pinceau de lumière blanche sur une auge à faces parallèles contenant du sang artériel, ou une solution neutre d'oxyhémoglobine, on reçoit à sa sortie ce rayon sur un prisme, puis sur un écran, le rayon lumineux modifié par la solution d'oxyhémoglobine. au lieu de donner un spectre continu du rouge au violet, ne forme sur l'écran qu'un spectre paie limité au rouge et à une partie de l'orangé. Si l'on ajoute peu à peu de l'eau à la solution d'oxyhémoglobine contenue
(M Bolir a prétendu qu'il existe 4 sortes d'oxyhémoglobines qu'il a désignées par a. p, y el S, l'oxyhémoglobine y étant celle qu'on obtient par les procédés ordinaires de préparation. Ces oxvhémoglobines présenteraient des propriétés communes (cristallisation, spectre d absorption, etc.); elles ne dilïéreraicnt que par les quantités d'oxygène qu'elles contiennent, ces quantités étant respectivement, pour 1 gramme d'hémoglobine mis en contact à la température des laboratoires avec une atmosphère dans laquelle l'oxygène a une tension de 450 miliimèlres de mercure : pour a, 0~,4; pour (i, 0",8; pour y, 1",7; pour 6. 2;",/. Humer a montré que Bohr avait opéré sur des mélanges d'hémoglobine et de produits divers de décomposition, el qu'il n'y a en réalité qu'une seule oxyhémoglobine.
SPECTRES D'ABSORPTION ItU SANG. 365
dans l'auge, la lumière reçue sur l'écran s'étend jusqu'à la ligne D du bpectre de Frauenhoffer et apparaît en même temps dans le vert entre E et F.
Cette première expérience permet de constater que le sang est rouge orangé par transmission, avec mie faible teinte verte. Si, comme le l'ait lloppe-Seyler, on place une solution d'oxyhémoglobine, au 1000" environ, devant la partie inférieure de la fente d'un spectroscope dont
Fig. 36. — Bandes d'absorption spectrale de la matière colorante du sang cl de ses dérivés. 1, oxyhémoblobinc; — 2, hémoglobine; — 5, hématine dissoute dans une solution très étendue de soude caustique; — i, hémochroinogène en solution alcaline; — 5, hématine alcaline traitée par le cyanure de potassium; — 6, hématine dissoute dans l'alcool additionné d'un peu d'acide suliurique; — 7. hématoporphyrine en solution alcaline; — 8, hématoporphyrine dissoute dans l'alcool additionné d'un peu d'acide sulfuriquc.
la partie supérieure est éclairée par la lumière solaire, la partie du pinceau lumineux modifiée par le passage à travers l'oxyhémoglobine donne un spectre continu portant deux bandes obscures placées entre les lignes ]) et E de Frauenhoffer (fig. 56-1); une troisième bande est bien visible si le prisme est fluorescent; elle est située dans le violet vers II
[Soret)^). Enfi e plage d'absorption partielle va croissant du vert au
violet, et s'étend jusqu'à cette dernière couleur, qui elle-même reste
1 La figure ci-dessus ne permet pas de voir cette partie du spectre, placée trop à droite.
presque totalement transmise (-Branly). La première bande de gauche x est étroite, bien limitée, à droite de l;i ligne I) (longueur d'onde moyenne X = 577 millionièmes de millimètre); la seconde ^ plus estompée est à gauche de E (X = de 545 à 535 millionièmes de millimètre).
D'Àrsonval a découvert en outre dans L'ultra-violet, entre les raies G et 11 (a de 430 à 390 millionièmes de millimètre), une bande très sensible en photographie, propre à l'oxyhémoglobine seule. Alors que le sang est beaucoup trop dilué pour apercevoir les autres bandes, celle-ci est encore facilement décelable.
Vient-on à transformer au moyen des agents réducteurs ci-dessus mentionnés l'oxyhémoglobine en hémoglobine, tout le spectre, sauf le rouge, est alors absorbé par le sang ; en diluant de plus en plus la solution, on voit apparaître le vert et le bleu; en diluant encore, il ne reste plus qu'une large bande située entre D et E (fig. 5l'i-2), à peu près dans l'espace qui était auparavant limité par les deux principales bandes a et ^ de l'oxyhémoglobine. Cette bande unique, âitede Stockes, iX= de 570 à 550) caractérise l'hémoglobine.
L'hémoglobine oxycarbonée offre un spectre à deux bandes d'absorption très analogue à celui de l'oxyhémoglobine. L'une 5, un peu à droite de D et plus à droite que la bande a de l'oxyhémoglobine, a pour longueur d'onde moyenneX = 572 ; l'autre r,a pouf longueur d'onde moyenne X = 53k2 ; elle est par conséquent un peu à gauche de E. Ces deux bandes, placées entre D et E, mais un peu plus rapprochées l'une de l'autre que celles de l'oxyhémoglobine, pourraient l'aire confondre la carboxyhémoglobine avec la substance colorante oxygénée ordinaire du sang, si ces bandes nouvelles ne jouissaient de cette particularité de ne disparaître ni par les réducteurs, ni par la putréfaction, et d'être ainsi inaptes à donner la bande de l'hémoglobine de Stockes (').
Les solutions d'hémoglobine bioxyazotée sont d'une couleur ronge clair; leur spectre d'absorption présente aussi deux bandes placées h peu près comme celles de l'oxyhémoglobine. Mais les réducteurs ne les font pas disparaître pour donner la bande unique de l'hémoglobine.
Nous décrirons plus loin les spectres d'absorption des dérivés de l'hémoglobine dont il nous reste à faire l'étude.
(i) Mélangé d'un léger excès de soude, le sang garde son ton rouge vif s'il contient de la carboxyhémoglobine, et brunit au contraire s'il est coloré par l'oxyliémoglobine. Son pouvoir absorbant pour l'oxygène de l'air est très sensiblement diminué s'il contient de la carboxybemoglobinc. Le sang mêlé du double de son volume de lessive de soude se change, s'il esl naturel, en une masse brun sale qui, étendue sur la porcelaine, laisse une trace verdatre : s'il contient de la carboxyhémoglobine, il donne une matière fougeâlrc el une trace rouge
sur la porcelaine [Hoppe-Seyler). Ces caractères sont précieux pour établir l'empota cment
par l'oxyde de carbone, même plusieurs jours après la mort.