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PRODUITS DÉRIVÉS DE L'HÉMOGLOBINE

Étudions maintenant les isomères ou polymères de l'hémoglobine, et les dérivés dè ses dédoublements réguliers.

Parahémoglobine (Nencld). - - C'est une substance que l'on obtient en abandonnant l'oxyhémoglobine une vingtaine d'heures vers 8" à l'action de l'alcool à 93° centésimaux. Elle se transforme dans ces conditions en un corps de même composition, isomère ou polymère, la parahémoglobine, insoluble dans l'eau et dans l'alcool, se dissolvant à peine dans l'alcool absolu ammoniacal, soluble dans les alcalis dilués qui la détruisent peu à peu en albuminoïde et hématine. Elle est formée de cristaux rouges biréfringents, donnant une seule bande située entre D et E.

La parahémoglobine se dédouble en hématine et en une substance albuminoïde, dans les mêmes conditions que l'hémoglobine. Dans cette transformation elle absorbe 6 pour 100 de son poids d'oxygène, suivant Bfencki,

La parahémoglobine ne se produit ni avec l'hémoglobine oxy carbonée; ni avec la méthémoglobine dont nous allons parler (').

Méthémoglobine. — Lorsqu'on laisse agir quelque temps un volume d'alcool froid sur quatre volumes d'une solution concentrée de cristaux d'oxyhémoglobine, ou lorsqu'on additionne cette solution, portée à 25 degrés, de 3 à 4 centimètres cubes d'alcool par litre, ou bien enfin lorsqu'on ajoute à la liqueur un peu d'une solution forte de ferricyanurc de potassium jusqu'à ce que le mélange brunisse, l'oxyhémoglobinese transforme en une masse brun rougeâtre formée de très fines aiguilles. On réussit bien cette préparation l'hiver en opérant avec l'oxyhémoglobine de porc.

Tous les oxydants, l'ozone, l'iode, l'acide osmique, le ferricyanure de potassium, le permanganate et le chlorate de potasse, les nitrites, etc.,

(») Pseudo-hémoglobine [de Ludwig et Siegfried). — Lorsqu'on a traité le sang par l'hydrosuhite de soude, ou lorsqu'on le l'ait traverser par un courant d'hydrogène jusqua ce qu'il présente le spectre d'absorption de lîhémoglobinc, on constate qu'il peut encore abandonner do l'oxygène si on le sourocl à L'action du vide. Donc, tout en présentant le spectre d'absorption de l'hémoglobine, il contenait une substance autre, une combinaison oxygénée de l'hémoglobine, intermédiaire à l'hémoglobine et à l'oxyhémoglobine, c'est la pseudohémoglobine .

On' aurait retrouvé colle pppiKjc-liémnjjIobinn ''ans le sang des ( Liens asphyxiés.

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transforment ainsi l'oxyhémoglobine en méthémoglobine contenanl sous un état plus fixe que l'oxyhémoglobine, l'oxygène uni à la moléculé d'hémoglobine. On ne peut, en effet, enlever cei oxygène à la méthémoglobine ni par le vide, ni par barbottage de gaz incites. Mais les réducteurs sont aptes à s'en emparer aisément et à régénérer l'hémoglobine qui peut être transformées l'air en oxyhémoglobine ordinaire,

L'action de la chaleur, de l'alcool affaibli, de petites quantités d'acides ou de bases, le contact d'une lame de palladium fortement chargé d'hydrogène, les solutions de pyrogallol, de pyrocatéchine, etc., transforment l'oxyhémoglobine en méthémoglobine.

Les cristaux de méthémoglobine de porc renferment ll2 pour 100 d'eau. Après dessiccation à 115°, ils contiennent, d'après HùfneH

C =53,08; H= 7,13 ; Az = 1 6,19 ; 0 = 21,58; S = 0,66; Fc = 0,45]

nombres peu différents de ceux de l'hémoglobine. L'azote est seulement un peu faible peut-être à cause de la méthode de dosage employée.

La méthémoglobine cristallise en prismes allongés brunâtres, ou on tables à six pans, solubles dans 17 parties d'eau à 0". Ses solution^ sont brunes, légèrement acides au papier de tournesol. La méthémoglobine est insoluble dans l'alcool et dans Péther. Les réducteurs la transforment immédiatement en hémoglobine.

Les alcalis et les acides la dédoublent, comme l'oxyhémoglobine, en hématine et matière albuminoïde, sans doute avec absorption d'oxygène,

L'hydrogène sulfuré mis en présence de l'oxyhémoglobine donne de la sulfhydrométhémoglobine, C'est une substance d'un brun verdàtre qui possède une bande d'absorption dans le rouge.

En solution aqueuse, la méthémoglobine examinée au microscope

Fig. 57. — Spectre de la méthémoglobine. I. spectre eu solution alcaline. — II, spectr i solution acide.

présente une bande nette dans le rouge entre C et D, un peu plus près de C. A partir de I) tout le spectre est sombre, mais si Ton étend la solution on voit apparaître (fig. 57) la bande entre C et D ci-dessus indiquée, et une large bande estompée dont la partie la plus sombre est entre E et F. Un peu après F, toute la lumière du spectre est de nouveau

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absorbée. Si les solutions sont rendues alcalines par une goutte de potasse, la bande dans le rouge disparaît, et Ton en observe trois autres, dont deux principales : Tune un peu à droite do D, l'autre un peu à gauche de E, enfin une très pale avant D.

En agissant sur le carboxyhémoglobine, quelques gouttes de permanganate de potassium la transforment en carboxymélhémoglobine .

HÉ M ATI NE («) : CMIF'Az4Fe05 ou C3aH32Az"Fe04

On a dit que si l'on traite l'oxyhémoglobine par l'eau chaude, par les acides ou par les alcalis à chaud et même à froid, elle se détruit en donnant une substance protéique, un pigment ferrugineux, l'hématine, et des acides gras. 11 semble qu'il y ait simultanément oxydation. Dans un milieu entièrement privé d'oxygène, l'hémoglobine se décomposerait, suivant Stockes, sous l'influence des mêmes agents, en donnant de 1' 'hémochromogène ou hématine réduite, les autres termes de la réaction restant les mêmes.

Pour préparer l'hématine, lloppe-Seyler dissout des cristaux d'hémine ordinaire dans la potasse diluée : il neutralise cette solution avec de l'acide chlorhydrique étendu, et obtient ainsi un précipité brun floconneux d'hématine.

Mac-Munn (2) épuise le caillot sanguin avec de l'esprit-de-vin contenant 5 pour 100 d'acide sulfurique. La solution est filtrée, diluée d'un égal volume d'eau, puis agitée avec du chloroforme qui dissout l'hématine.

Le meilleur procédé est celui de Gazeneuve : Il reçoit le sang dans le quart de son volume d'une solution saturée de sel marin refroidie à

i 0°, et abandonne le mélange à une température inférieure à 5° pour permettre aux globules de se déposer. Ces globules, bien débarrassés de tout leur plasma par lavage à l'eau salée à 10 pour 100, sont agités avec de l'éther contenant 30 pour 100 d'alcool. Le magma produit est

I jeté sur un filtre et lavé avec de l'alcool éthéré. On triture la masse avec

i de l'éther alcoolique renfermant 20 grammes d'acide oxalique par litre ; on filtre et reprend de nouveau le résidu par la même liqueur acidu-

[ lée; enfin on lave à l'éther. Il suffit d'ajouter, goutte à goutte, et sans

(') Hoppc-Seyler donnait à l'hémalinc la- formule C3ilI3GAz4Fe05. Nencki et Sieber l adoptent la formule C3aIl32Az4FcO*. Ces derniers considèrent l'hématine comme l'hydrate 'l'une substance non encore isolée à laquelle ils donnent le nom d'hémine, et qui répondrait < à la formule C33ll30A/.4Fe03.

Consulter à ce sujet les travaux de Hoppc-Seyler (Med. chem. Unlersuch., p. 525; .

Berickte d. d. chem. Gesellsch., XVIII, p. 601 et Zeit. /'. Physiol., Ch. X, p. 331). De

Nencki et Sieber (Arch. f. exp. Path. und Pkarm., XVIII, p. 401 et XX, p. 325). — i Kûster (Ber. d. deulsch. chem. Gesellsch., XXVII, p. 752). (2) Journ. of. Physiol., VI, p. 22.

A. Gautier. — Chimie biologique.

excès, à la liqueur éthérée une solution de gaz ammoniac dans l'étlier pour en précipiter le pigment* On le laisse déposer, on le lave à l'éther, à l'alcool, à l'eau légèrement acétique, à l'eau bouillante et finalement à l'alcool (').

Nencki et Sicbcr préparent l'hématine de la façon suivante : les globules sanguins séparés du sérum par lavages avec l'eau salée sont traitéj par l'alcool à 90 pour 100 : le magma est desséché par exposition à l'air à la température ordinaire, puis broyé en présence de 3 fois son poids d'alcool amylïqûe pur, et le tout est porté à l'ébullition. Le liquidl bouillant est additionné de 25 centimètres cubes d'acide chlorhydriqul pur (de poids spécifique 1,12) et l'ébullition est maintenue 10 minutes] Par refroidissement, il se dépose des plaquettes rbombiques ou des prismes. Ces cristaux, qui ne perdent leur alcool amylique qu'audessus de 120°, sont, d'après Nencki et Sicber, du chlorhydrate d'bémine; on les dissout dans la soude diluée, et cette solution est précipité! par l'acide chlorbydriquc. L'hématine de ces auteurs se dépose

L'hématine a donné à l'analyse les nombres suivants :

Nombres calculés Hop2>e-Seyler. Cazeneuve. ]>our la formule de

— — Nencki elSieber.

Carbone 64, 3o 64,18 64,86

Hydrogène 5,5o 5,67 5, 40

Azote 9>2o 9,o3 9,46

Fer 8,83 8,74 9,46

Oxygène 12,17 12, 38 10,82

Il est probable que la différence considérable en fer et carbone de l'hématine de Nencki et Sieber tient à une différence de nature des substances due au mode de préparation. La formule C34LPAz4Fe03 demande C = 64,35; H=5,36; Az=8,84; Fe = 8,83, qui répond bien aux nombres ci-dessus.

A l'état sec l'hématine forme une poudre à reflets métalliques d'un bleu noirâtre laissant une trace brune sur la porcelaine. Elle résiste à 180° sans s'altérer et se carbonise alors sans se boursoufler en donnant de l'acide cyanhydrique et du pyrrol. Elle est entièrement insoluble dans l'eau, l'éther, l'alcool, le chloroforme. Elle se dissout au contraire dans l'alcool acidifié et alcalinisé. Elle est également soluble avec un dichroïsme verdàtre dans les alcalis étendus. Ses solutions acides sont brunes et précipitent l'eau de chaux et de baryte. L'hématine forme

(') On peut aussi coaguler le sang par la chaleur après l'avoir additionné de son poids de sulfate de sodium cristallisé, jeter le magma sur une toile, l'exprimer et le triturer alors avec de l'alcool légèrement oxalique qui se charge de l'hématine. On précipite eusuiie l'hématine par le gaz ammoniac et on la purifie comme ci-dessus.

(2) Arch. f. exp. Palh. und. Pharm., XVIII, p. 401.

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