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COMMENT SE MANIFESTE LA VIE. — LA MATIÈRE ORGANISÉE. — LA CELLULE

Depuis que son illustre fondateur, Lavoisier, découvrait les sources de la chaleur et de l'activité des êtres vivants, un siècle a suffi à la chimie biologique pour faire tomber les barrières qui séparaient le monde minéral du monde organique, et démontrer qu'il n'est aucun produit de la vie qui ne puisse être fait de main d'homme, aucun des phénomènes matériels dont nos organes sont le siège, qui ne soit soumis aux lois immuables qui régissent les corps bruts.

La chimie biologique est devenue l'une des branches de la chimie générale : elle étudie les principes qui entrent dans la constitution des êtres vivants, les lois qui président à la formation de ces principes, à leurs réactions réciproques et à leur désassimilation généralement corrélative d'une production de chaleur ou de travail nécessaires au fonctionnement vital.

La vie résulte d'un état d'organisation, et corrélativement d'évolution, transmis, grâce aux matières de la génération, par un être antérieur qui lui-même a été le siège d'une évolution semblable ('). La nature

(') Littré dit excellemment : « La vie est 'état d'activité de la substance organisée » — Cl. Bernard observe que les êtres vivants démontrent un plan organique suivant lequel se dirigent les phénomènes physico-chimiques dus aux agents physiques producteurs ,1e ces phénomènes, mais que ces agents ne dirigent pas [Phénomènes de la vie, t I" p 51) C est à peu près la pensée que Chevrcul émettait en 1824 : « Un corps organisé dit-il a en lin la propriété ,1e se développer avec une constance admirable dans la forme dé' son csnèee et la faculté de donner naissance à des individus qui reproduisent à leur tour celte môme forme.... » Et il ajoute : « C'est là où se trouve pour nous le mystère de la vie el non dans la nature des forces auxquelles on peut rapporter immédiatement les phénomènes » {Considérations générales sur l'analyse organique, et Compt. rend, de l'Acad des sciences, t. V, p. 175). Nous résumerons nous-mêmes notre pensée en disant : Les générateurs A. Gautier. — Chimie biologique. I

dé la cause qui fait qu'une plante ou un animal naît, croît cl se reproduit suivant le plan antérieurement suivi par ses générateurs, reste pour mou. obscure. Mais nous pouvons constater que chez 1 être vivanl non seulement la substance dont il est formé est toujours soumise au* forces physico-chimiques qui agissent sur la matière morte, mais encore que la plante ou l'animal empruntent toute leur énergie soit au monde extérieur, soit aux transformations que 1rs principes qui les constitue^

subissent, suivant les lois immuables qui régissent toute matière tde-

rablé nuclle soit vivante ou non, organique ou minérale.

Artificiels ou produits par les animaux ou les plantes, les principes constitutifs des êtres vivants jouent les mômes rôles repondent aux mêmes réactions sous l'influence de l'oxygène, de l eau des reactifs de la chaleur, etc., et ce qui est plus expressif encore, tls produisent ou consomment dans l'organisme vivant, pour un même changement d'état et quelles que soient les transformations intermédiaires au'ils subissent, les mêmes quantités de chaleur définitives, de travail ou plus généralement d'énergie sensible que dans nos appareils Zertes L'animal peut imprimer du mouvement à ses organes, modifier a composition ou la forme de ses tissus, mais l'énergie nécessaire a ces actes, il l'emprunte, grâce aux transformations chimiques ou ph? s iuues dont il est le siège, à la force en réserve dans les principes dont Ust formé; cette énergie, réelle ou potentielle, disparaît chez lui proporLnellement à la quantité de travail chimique ou ^me^ue qui 'est corrélativement produit. En un mot, la vie dirige en rg mai: ne la produit pas; elle ne manifeste sa puissance que pai loi die, Ta diction des phénomènes. Dans des conditions physiques^ et chi- 1 f semblable , des résultats identiques se produiront toujours hT 'èt tant, comme ils se produisaient en dehors de lu,, sans que laie modifie jamais les forces matérielles et sans qu'elle équivale ou se substitue à ces forces (').

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