DIGESTION STOMACALE. — SUC GASTRIQUE
Broyés par les dents et mêlés de salive lesaliments arrivent dans l'estomac, poche membraneuse formée de trois tuniques qui sont, de dehors en dedans: une tunique séreuse, une inusculcuse et une muqueuse. La muqueuse gastrique a une épaisseur d'environ 1 millimètre; -a surface est recouverte d'un épithélium cylindrique ; sa partie la plus profonde contient une couche de glandes qui communiquent à la muqueuse une couleur blanc grisâtre pendant le repos, rosée ou rouge durant l'activité de l'organe. Ces glandes s'ouvrent dans une multitude de petites fossettes qui donnent à la surface interne de l'estomac son aspect veloulé.
Glandes stomacales. — Les glandes stomacales sont de deux sortes : 1° les glandes à mucus qui se rencontrent partout, mais surtout dans l'antre du pylore. Elles sont formées comme par des invaginations de la muqueuse dont Fépithélium cylindrique, pénétrant dans la profondeur, va revêtir les parois des culs-desa'c de ces glandes. Leurs cellules deviennent opaques par l'acide acétique;
2° Les glandes à suc gastrique ou pepsinifères (fig. 69); ce sont des glandes en tubes ou en grappes de 1/4 à 1/2 millimètre de long, clairsemées dans la région pylorique, abondantes dans le grand cul-de-sac stomacal, devenant plus transparentes au contact de l'acide acétique. L'orifice, et une partie du goulot de ces glandes, est tapissé de cellules épithéliales cylindriques; mais dans leur partie profonde, le canal central et ses embranchements sont garnis de cellules spéciales c appelées adêlomorphes par Rollett, principales par Eeidenhain, centrales par Langley, cellules irrégulièrement arrondies, de 0mm,014 de diamètre, à contenu finement granuleux et à noyau. Elles remplissent presque uniquement le centre du conduit sécréteur et le fond de ce conduit, et se déchargent de leurs granulations pendant la sécrétion. A côté d'elles on trouve d'autres cellules b plus rares, plus pariétales, plus grosses, faisant comme hernie
Fig. 69. — Glandes à pepsine
de l'estomac.
n. ouverture du conduil glandulaire à la surface libre de la muqueuse; b , cellules bordantes ou claires à acide cblorhydrique ; c, cellules à pepsine ou sombres ; d. e, fibres musculaires lisses.
GLANDES GASTRIQUES 505 nu dehors : ce sont les cellules délomorphes de Rollett ou pariétales de jfeidenhain. Celles-ci paraissent chargées de sécréter l'acide du suc Lmacal tandis que les cellules granuleuses centrales ou principales produisent le ferment digestif des albuminoïdes, la pepsine (').
Les glandes à mucus sécrètent un mucus filant, alcalin ou neutre, riche en mucine, laissant de 1,5 à 2 pour 100 de matériaux fixes. Ce mucus dissoul les matières albuminoïdes lorsqu'on l'acidulé légère- Kent, ce qui semble indiquer qu'il est toujours mêlé d'un peu de pepsine qu'on ne saurait entièrement en séparer. Celle sécrétion muqueuse, plus abondante durant la digestion, ne cesse toutefois pas complètement dans l'intervalle des repas.
Les glandes à suc gastrique ont au contraire une activité intermittente. Si des aliments sont introduits clans l'estomac, la muqueuse Rougit d'abord, puis de petites gouttelettes claires d'un liquide acide, se forment à l'orifice des glandes à pepsine; par action réflexe, la surface tout entière se couvre bientôt de la même liqueur. L'abondance de celte sécrétion dépend en partie de la stimulation mécanique de l'estomac. Mais, quoique les parcelles d'os, les tendons, et même le sable à gros grains, etc., la produisent abondamment, le liquide sécrété par suite d'excitations purement mécaniques serait, d'après L. Corvisart, beaucoup moins riche en principes digestifs que celui qui se forme sous l'influence des aliments, surtout des aliments alcalins, de l'eau froide, 'de l'alcool et de l'éther.
Les alcalis dilués, le citron, les dextrines, le sucre, la soupe; etc., excitent surtout cette sécrétion. Elle obéit aux réflexes, aux impressions agréables du goût, de l'odorat, de la vue même des aliments. L'excitation du pneumogastrique stimule cette sécrétion, l'excitation dès nerfs sympathiques qui sortent des ganglions semi-lunaires, l'inhibe au contraire (Cl. Bernard).
Cl. Bernard a montré que dans la profondeur de la glande, la cellule sécrétante, la cellule centrale, adélomorphe, reste alcaline. A un animal il injecte du ferrocyanure de potassium dans les veines et lui fait avaler en même temps un sel ferrique étendu. Le bleu de Prusse qui résulte le la réaction mutuelle de ces deux sels n'apparaît que dans le conduit de la glande qui est acide et non dans ses cellules centrales.
La quantité de suc gastrique qui se produit en 24 heures durant les digestions est évaluée au dixième environ du poids du corps de l'animal.
(' i',\\cv. la LTi'iiouilIr ces ilcux sortes de cellules sonl séparées. Les glandes en cul-dc-sac de l'estomac ne fournissent presque que de L'acide chlorhydrique (Langley), lundis que la pepsine esl sécrétée par les glandes en grappe de l'œsophage. Voir aussi Contejean [Compt. rend., t. CXII, p. 054.
r.oc.
DIGESTION STOMACAI.K.