ACTION SPÉCIFIQUE DU SUC PANCRÉATIQUE
certaines solutions salines communique à ces solutions soil l'une, soit l'autre des propriétés du pancréas, exclusivement ou principalement. Les solutions de chlorure de sodium, de chlorate de potasse, de sulfate de magnésie, dissolvent égalementles trois ferments. L'iodure de potassium, l'arsénite de potasse, le sulfite de potasse, le sel «le Seignette, dissolvent particulièrement le ferment protéoly tique. Le bicarbonate de soude additionné d'un peu de carbonate de la mémo Itase dissout le ferment saponifiant seul. L'arséniate de potasse additionné d'ammoniaque dissout le ferment amylolytique (*);
Dastre(s) a montré qu'on peut obtenir soit le ferment amylolytique, soil le ferment protéolytique par macération du pancréas. D'après ce savant le liquide de première macération, de macération rapide, est très actif pour transformer l'amidon ; il est incapable de digérer la fibrine; il ne contient pas de ferment protéolytique. Inversement si l'on perd les premières macérations et qu'on recueille les macérations tardives, on dissout le ferment protéolytique, surtout si l'on opère avec les chiens ou les porcs inanitiés depuis 4 à 5 jours.
Quelques auteurs ont signalé dans le pancréas la présence de la caséase. W. Roberts(3) a constaté que les pancréas de porc, de bœuf, de mouton, donnent des extraits aqueux capables de coaguler le lait en milieu neutre ou légèrement alcalin. Sydney Edkins a vérifié le fait qui ne peut s'observer qu'avec des macérations extrêmement faibles de pancréas, les extraits très actifs de cette glande transformant la caséine avant qu'elle ait pu être coagulée par la caséase de l'extrait.
Amylopsine ou ferment amylolytique. — Le suc pancréa tique a la propriété de transformer très rapidement l'amidon en maltose et dextrines. Si l'on ajoute à quelques centimètres cubes d'une solution d'empois d'amidon, maintenue à 40°, une goutte de suc pancréatique recueilli par la fistule du canal de Wirsung (les macérations ou extraits glycérinés de la glande sont moins actifs), on constate une transformation presque instantanée : la solution d'empois d'amidon opalescente devient transparente, ne se colore pas ou se colore en brun rougeàtre par l'iode, réduit la liqueur cupropotassique, etc.
.Nous avons dit comment Danilewski, Paschutin, Dastre, obtiennent, en partant du pancréas, des liqueurs possédant uniquement le pouvoir amylolytique.
Le ferment amylolytique du pancréas doit être considéré comme identique ou très analogues à celui de la salive : les produits de trans-
') Paschutin, Arch. /'. Anal, und Physiol, 1873, |». 38-2.
- ,\,, -h. de Physiologie, 1893, p. 771.
(\ Proc. Roy. Sa<-., p. 157.
I4) Journal of Physiol., XII, p. I!):i.
5*2 DIGESTION DIIODKNALE.
formation de l'amidon par la salive el le suc paneréatique sonl les mêmes. Nous avons étudié les produits de transformation de l'amidon dans la bondir Musculus et von Mering ont montré que la macération aqueuse de pancréas, en agissant sur l'empois d'amidon, donne une dextrine, du maltose et un peu de glucose^).
L'activité amylolytique de la macération pancréatique augmente à partir de 0° jusqu'à 30°, conserve nue valeur maximum de 30° à f.Y. puis diminue jusqu'à 65°-70°, température à laquelle elle disparaîl (').
L'ébullition du sue ou des macérations pancréatiques, les acides minéraux, ajoutés en assez forte proportion, le sublimé* l'acide sulfureux, les alcalis, l'ammoniaque, détruisent l'amylopsine. An contraire, les sels dé strychnine, de morphine, de cinchoniné, l'urée, l'éther, l'acide cyanhydrique, la bile, le suc gastrique, ne détruisenl ni ne diminuent son pouvoir. Les acides dilués favorisent la propriété amylolytique du suc pancréatique.
Pour obtenir une solution amylolytique, on peut précipiter par l'alcool forl le sue paneréatique ou ses extraits, laver le précipité à l'alcool, le dessécher dans le vide sec, puis le reprendre par l'eau.
Stéapsine ou ferment saponifiant. Le suc pancréatique agit sur les matières grasses neutres, physiquement en les émulsionnant, chimiquement en les saponifiant (Cl. Bernard).
Les graisses neutres sur lesquelles on a l'ait agir le suc pancréatique sont les tributyrine, trioléine, tripalmitine, tristéarine, c'est-àdire les matières grasses des aliments.
Le tissu dn pancréas, le suc pancréatique et les extraits glycérinés de pancréas Frais (von Wittich) onde pancréas traité par l'alcool (Hùfner) possèdent la propriété de dédoubler les graisses neutres en glycérine el acides gras aussi bien que les butyrines, acétines, etc. Nous avons précédemment indiqué comment Paschutin a retiré du tissu pancréatique le ferment saponifiant et ce ferment seul.
On peut, mettre en évidence cette propriété saponifiante du suc pancréatique par les expériences suivantes.
On débarrasse de l'huile d'olive de ses acides gras en l'agitanl à 30° ou 35° avec une solution de carbonate de soude qui satitre les acides libres, puis avec de l'éther. L'éther évaporé, la matière grasse absolument neutre est mélangée soil avec du suc pancréatique Irais, soil avec une macération de pancréas dans une solution étendue de carbonate tic soude, soit avec un extrait glycérique de pancréas légèrement alcalinisé (!) p. de glycérine, I p. de solution de carbonate de soude au 20e cl
(*) Zeiisch. f. physiôl, Ch., II, p. 403.
(*) W. Humeurs, froc. Roy. Soc, t. XXXII, p. 146.