ACTION DU SUC PANCRÉATIQUE
| p. de tissu glandulaire). Si Ton prend soin d'ajouter à ces mélanges un peu de teinture de tournesol et de les porter à 37°-40°, on voit la coloration bleue diminuer progressivement et passer finalement au rouge. La matière grasse a été dédoublée en glycérine et acides gras, |t ces derniers ont saturé l'alcali de la liqueur pancréatique, puis ont communiqué au mélange leur réaction acide.
On peut manifester d'une autre façon le dédoublement de la matière grasse neutre. Le mélange de graisse neutre et de sue, ou de macération pancréatique, après avoir été maintenu quelque temps à 40", est, additionné d'un peu de carbonate de soude en solution aqueuse et agité avec de l'éther : il dissout les graisses neutres. Les savons de soude produits par l'action du carbonate de soude sur les acides gras provenant du dédoublement des graisses restent en solution dans l'eau. On peut les reconnaître et les doser en précipitant les acides gras par addition de quelques gouttes d'un acide minéral à la solution aqueuse; on sépare ces acides en agitant cette solution avec de l'éther et évaporant ce dissolvant.
Certains auteurs ont prétendu que le suc pancréatique et le pancréas ne possèdent pas par eux-mêmes, indépendamment des micro-organismes pour lesquels ils sont d'excellents milieux de culture, la propriété de saponifier les matières grasses. Mais Ncncki a montré que le dédoublement des glycérides par le suc pancréatique se fait dans des milieux contenant 5 pour 1000 de phénol, qu'il est par conséquent indépendant de l'activité des microbes et doit bien être rapporté à une action diastasique du suc pancréatique.
Bokay(')a établi que, sous l'influence du ferment saponifiant du pancréas, les lécithines sont dédoublées en acide pbosphoglycérique, nevrine et acides gras.
Le ferment saponifiant peut encore dédoubler divers éthers. Nencki(2) en a fait la démonstration pour la tribenzoïeinc, dédoublée en acide benzoïque et glycérine, et pour le succinate de phényle décomposé en acide succinique et phénol. Les salols sont aussi dédoublés en acide salicylique et phénol. (G. Willenz.) M. Bertheiot avait autrefois montré qu'il saponifie les élhcrs acétiques et butyriques.
Le suc pancréatique agité avec de l'huile donne une émulsion permanente. Quelques auteurs en ont conclu qu'il contient un ferment émulsif, capable d'émulsionncr les matières grasses. 11 n'en est rien. Mais en agissant sur les graisses neutres qu'elle change en un mélange de glycérine et d'acides gras très divisés, la sléapsine favorise indicée tement Fémulsionnement.
Trypsine ou ferment peptonisant. — On a dit comment
(') Zeilsch. f. physiol., Ch., I, p. 157. - Arch. /'. cxp. Palhol. und Pharm , X, p. I!(i7.
'■>'>'' DIGESTION DUODÉNALE.
Danilewski el Paschutin préparaient, en parlant du pancréas, des liqueuri contenant le fermenl peptonisant à l'exclusion des autres ferments de cette glande. (les procédés ne sont pas généralemeni employés puni' la préparation des solutions de trypsine.
Kûline(1) broie le pancréas aussitôt enlevé à l'animal vivant avec de la poudre de verre, en présence d'alcool absolu (*). Il traite cette massé par l'eau refroidie à 0°, précipite les liqueurs aqueuses par l'alcool fort et maintient le précipité en contact prolongé avec l'alcool anhydre. En reprenant par l'eau le précipité, il obtient des liqueurs protéolytiquesl
Ainsi préparée, la solution de trypsine contient de nombreuses impuretés. Pour obtenir de meilleurs résultats, Kûhne, après avoir préparé l'extrait aqueux de pancréas, l'additionne de I pour 100 d'acide acetique et le porte h 40° : il se produit, un précipité de nature albumd noïde qu'on sépare. Le liquide est alors légèrement alcalinisé par du carbonate de soude : un nouveau précipité, essentiellement composé de sels terreux, se forme. On filtre, et dialyse la liqueur qui se déliai rasse encore d'une partie des impuretés, ainsi que des peptones, leucinc et tyrosine, qui se sont produites durant la manipulation. La solution est alors précipitée par l'alcool et le précipité est maintenu avec lui en contact prolongé. Traité par l'eau, ce précipité donne une liqueur protéolytique renfermant peu d'impuretés.
Kûhne (3) indique encore le procédé suivant. Le pancréas frais ou desséché est mis à macérer pendant quatre heures dans une solution d'acide salicylique à 1 pour 1000; le résidu est placé pendant 12 h. dans une solution de carbonate de soude étendue et thymolisée. Les liqueurs réunies sont additionnées de thymol et de carbonate de soude de façon que le mélange contienne 0,5 pour 100 de thymol et 0,5 pour 100 de carbonate de soude. On maintient le tout à 40" pendant six jours. Un abondant dépôt de tyrosine se produit; la liqueur séparée de ce dépôt est saturée de sulfate d'ammoniaque à la température ordinaire. Le précipité qui se forme est lavé avec une solution saturée de sulfate d'ammoniaque, jusqu'à ce que les eaux de lavage ne donnent plus la réaction albuminoïde du biuret. Il suffit de mettre une parcelle du filtre dans une solution à 0,25 pour 100 de carbonate de soude thymolisée. pour avoir une liqueur possédant un pouvoir protéolytique très actif (4)^
(*) Ve.rhan.il. </. naturhist. med. Ver. zu Heidelberg. N. F. 1.3, p. 195.
(*) Ce traitement par l'alcool absolu a pour objet de l'aire apparaître la trypsine dans la tissu du pancréas; le pancréas sur l'animal vivant ne contient pas de trypsine, mais peut en fournir lorsqu'il est abandonné à l'air, ou traité par l'alcool ou les acides dilués.
(3) Centrbl. f. d. med. Wùs.. 1886, n" 35.
(4) Voir encore Kûhne et Cliitlendcm, Zeitsch. f. Diolog., I88à. p. 423, un autre procédé.