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PIGMENTS BILIAIRES

La bilirubine est absolument insoluble dans l'eau, très peu soluble dans l'éther, un peu plus dans l'alcool; elle se dissout un peu dans la benzine, le sulfure de carbone, l'alcool amylique, la glycérine. Elle est plus soluble dans le chloroforme (1 partie de bilirubine se dissout en 580 de chloroforme). Ses solutions ont une couleur allant du jaune au rouge brunâtre : son pouvoir colorant est très considérable : sous une épaisseur d'un centimètre et demi une solution au 500 000e paraît encore colorée.

Elle cristallise par evaporation de sa solution chloroformique.

Le spectre de la bilirubine ne présente pas de bandes d'absorption caractéristiques : toutes les couleurs sont absorbées du rouge au violet, mais l'absorption augmente à mesure qu'on se rapproche des couleurs les plus réfrangibles.

La bilirubine se comporte comme un acide : elle s'unit aux alcalis, à l'ammoniaque et à leurs carbonates. Les acides ajoutés à la solution aqueuse de bilirubinates alcalins précipitent la bilirubine.

Ces mêmes solutions aqueuses de bilirubinates sont précipitées par les solutions de sels alcalino-terreux à l'état de bilirubinates. Celui de chaux, très fréquent dans les calculs, constitue une masse brillante, ou une poudre brun foncé, de formule C32fl31Az2OeCa. Les bilirubinates alcalino-terreux sont insolubles dans l'eau, l'alcool, l'éther, le chloroforme.

Lorsqu'on abandonne une solution de bilirubinate alcalin à l'air, elle devient verdàtre : c'est que la bilirubine s'est unie à l'oxygène et transformée en biliverdine. Sous l'influence de l'acide nitrique nitreux la bilirubine est aussi oxydée. Elle donne ainsi une série de produits que nous étudierons plus loin.

Exposée sous une clocle ou en solution chloroformique à l'action du brome, la bilirubine fond en une masse sombre insoluble dans le chloroforme, soluble dans l'alcool, en donnant des solutions verte, violette, bleue, rouge, jaune, suivant que le brome agit plus ou moins. Ce sont des produits successifs de substitution broinée. Maly admet l'existence de trois corps détinis, bleu, rouge et jaune. Le bleu correspond à la formule C32H33Br3Az406 ; ce serait une tribromobilirubine.

L'hydrogène naissant (amalgame de sodium et eau) transforme la bilirubine en hydrobilirubine C32ll''0Az''07. Plusieurs physiologistes considèrent cette hydrobilirubine comme très voisine (sinon identique) de Vurobiline, l'une des matières colorantes de l'urine.

La bilirubine est peu abondante dans la bile elle-même. On se sert, pour préparer ce pigment, de calculs biliaires de veau qui sont généralemcnt très riches en bilirubinate de calcium; ceux qui sont lourds et rouges ou jaune-bruns peuvent contenir jusqu'à 40 pour 100 de

A. Gautier. — Chimie biologique 36

bilirubinates. Ces calculs sont finement broyés cl épuisés à Péther el i l'alcool bouillant (pour dissoudre leur cholestérine et des acides divers), puis à l'eau bouillante qui dissout les sels biliaires. Le bilirubinatc de calcium est alors décompose par l'acide chlorhydrique étendu de 2 volumes d'eau; la bilirubine est mise en liberté; on lave la poudre à l'eau acidulée pour dissoudre les combinaisons calciques, magnésiennes ej phosphatées, puis à l'eau distillée pour enlever l'acide, et enfin à l'alcool. La matière est alors longuement épuisée, au digesteur continu, par le chloroforme bouillant; la solution chloroformique est évaporée et le résidu est lavé au chloroforme froid tant que celui-ci se colore eu vert, puis à l'éther pour enlever une autre matière colorante, la bila fuscine. On reprend le précipité de bilirubine par le chloroforme bouillant et on le fait cristalliser par refroidissement.

BILIVERDINE : C:!iH:i0Az''0s

Elle existe dans la bile des omnivores en petite proportion et d'une façon à peu près exclusive dans celle des herbivores et des animaux; à sang froid. On l'a signalée aussi dans les calculs biliaires, dans le contenu de l'intestin, sur le bord du placenta du chien, dans le test de quelques mollusques, les coquilles d'oeufs d'oiseaux, etc.

La biliverdine doit être considérée comme un produit d'oxydation de la bilirubine. On ne l'a pas obtenue bien cristallisée; cependant, en évaporant une solution de biliverdine dans l'acide acétique cristallisable, il se dépose des plaquettes verdâtres rhombiques à angles émoussés.

Elle est insoluble dans l'eau, dans l'éther, dans le chloroforme, le sulfure de carbone, la benzine; facilement soluble dans l'esprit de bois, l'acide acétique glacial.

Les solutions de biliverdine ne donnent pas de bande d'absorption : l'ensemble des couleurs du spectre est absorbée, et d'autant plus qu'on s'approche de l'extrémité la plus réfrangible du spectre. Le rouge est seize fois moins absorbé que le violet.

La biliverdine se dissout dans les alcalis et les carbonates alcalins, donnant des solutions qu'on peut précipiter par les acides ou par les sels de calcium, de baryum et de plomb.

Par les agents d'oxydation, notamment par l'acide nitrique, la biliverdine donne une série de produits sur lesquels on reviendra.

L'hydrogène naissant (amalgame de Na et eau; étain et HC1) transforme la biliverdine en hydrobilirubine.

Pour préparer la biliverdine, on abandonne longtemps au contact de l'air en couche mince une solution alcaline de bilirubine jusqu'à ce que la couleur soit devenue verte; on précipite alors la liqueur par

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