‹ Leçons de chimie biologique, normale et pathologiqueChapitre 320 sur 467 · CONTENU DE L'INTESTIN · texte numérisé non relu

CONTENU DE L'INTESTIN

suivant la région de l'intestin considérée. On peut donc L'étudier qualitativement, mais non quanti ta ti Veinent.

Les aliments sont essentiellement formés d'hydrates dé carbone, de matières grasses et de substances protéiques. Parmi les hydrates de harbone, la saccharose est transformée par le suc 'intestinal en glucose et lévulose; les glucoses ne sont pas modifiés par les sucs digestifs ; les hydrates de carbone de La famille de l'amidon sont transformés par La salive ou le suc pancréatique en dextrincs, malto.se et glycose. Dans les premières parties de l'intestin grêle on peut trouver, par conséquent, de la glycose, de la lévulose, du maltose, des dextrincs (ces dernières peu abondantes). Toutes ces substances sont facilement absorbées et ne se retrouvent ni dans le gros intestin, ni même dans les dernières portions de l'intestin grêle.

Les matières grasses sont partiellement dédoublées par le suc pancréatique : les acides gras mis en liberté se combinent avec les alcalis des sels biliaires et avec ceux du suc pancréatique et du suc intestinal donnant ainsi des savons alcalins. Une partie de ces savons facilite rémulsionnement des graisses ; une autre fait double décomposition avec les sels çalciques solubles contenus dans les substances alimentaires et les produits intestinaux et fournit des sels d'alcalis ou des savons çalciques insolubles. On doit trouver, par conséquent, dans l'intestin des matières grasses neutres émulsionnées, des savons alcalins, des savons çalciques, de la glycérine et des acides gras libres.

Parmi les matières protéiques, les unes, telles que la kératine, ne sont pas attaquées; les autres sont transformées par les sucs digestifs: ce sont les substances albuminoïdes, les matières gélatineuses ou élastiques. Les sucs gastrique et pancréatique les changent en protéoses, gélatoses, élastoscs, et acides amidés. On retrouve dans l'intestin tous ces composés. Ils disparaissent complètement dans le tube intestinal ainsi que les autres albuminoïdes digestibles, pourvu qu'ils ne soient pas ingérés en quantité trop considérable. Quant aux acides amidés, leucine et tyrosine, Kiïhne a reconnu leur présence dans le contenu intestinal du chieh; mais Schmidt-Mùlheim a montré queces substances, lorsqu'elles se trouvent dans l'intestin, n'y sont jamais qu'en très petite quantité.

Parmi les résidus alimentaires non transformables ou non transformés qu'on rencontre dans cette partie des voies digestives, citons les grains d'amidon, surtout si celui-ci a été ingéré cru, les granulations de chlorophylle, la cellulose, les gommes et les résines, les fragments de tissus cartilagineux, cornés, tendineux, des nucléines; encore ces ilrmières se dissolvent-elles dans les humeurs alcalines de l'intestin grêle.

A. Gautier. — Chimie biologique. 37

Chautard (') a reconnu par l'examen spectroscopique, même plusieurs jours après l'absorption d'épinards, d'oseille, etc., la présence de h chlorophylle dans les excréments de l'homme et des animaux. L'extraij alcoolique d'excréments présente, chez les herbivores, deux bandea d'absorption silures dans le rouge et l'orangé, caractéristiques de ci pigment végétal.

Le contenu intestinal est aussi formé eu partie des résidus des sucs digestifs ou de leurs produits de transformation : mucus, sels minéraux, matières colorantes dérivées de celles de la bile, sels dérivés des acides biliaires, cholestérine, dyslysine, stercorine, etc

Les matières colorantes biliaires ne se retrouvent pas dans les excré* ments : ceux-ci ne présentent pas la réaction de Gmelin. Vanlair et Masiua ont observé que l'extrait alcoolique des excréments donne une bandé d'absorption entre b et F. La substance qui présente ce caractère fut désignée par ces auteurs sous le nom de stercobiline . Jaffé démontra qu'elle n'est autre que Yurobiline, l'une des matières colorantes qu'on peut trouver dans l'urine, et que Maly identifie avec hydrobilirubine (p. 501 ).

Les acides biliaires, glyeoebolique et tauroebolique, ne se retrouveni pas dans les excréments de l'homme. Dans ceux de chien, Hoppe- Seyler reconnut l'existence non de ces acides, mais de l'un de leurs produits de décomposition, l'acide cholalique. Dans les excréments de vache, on trouve ce même acide et l'acide glycocholique, ce dernier en très petite quantité. On y a signalé également la présence d'une très petite quantité de taurine. La cholestérine est toujours présente dans les matières intestinales et dans les excréments.

Que deviennent dans l'intestin les ferments digestifs? Se retrouventils dans les fèces? Le seul travail, à notre connaissance, fait sur ce sujet est celui de von Jaksch (-). Il constata dans les excréments humains la présence d'un ferment saccharifiant et du ferment inversif.

La muqueuse de la cavité intestinale produit une sécrétion assez abondante. Hermann (3) résèque une anse d'intestin en respectant le mésentère, rétablit la continuité générale de l'intestin par une suture des bouts supérieur et inférieur, et forme avec l'anse réséquée un anneau intestinal en abouchant les deux orifices. Au bout de quelques semaines, il constate que cet anneau intestinal est rempli d'une masse solide, vcrdàtre ou grisâtre, à réaction légèrement alcaline. Elle renferme d'innombrables bactéries et microcoques, quelques (déments cellulaires et une matière non organisée contenant de la mucine, des substances donnant la réaction de Millon, des globules de graisse, des ai-

(') Compl. rend., Acad. des Se., LXXVI, p. 103 (a) Zcilsch. f. physiol. Ch., XII, p. 110. (5) Pflûger's Arch., XLVI, p. 93.

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