DÉSASSIMILA TION. — URINA TION
Dans les leçons qui précèdent, nous avons étudié la préparation de la matière alimentaire dans le tube digestif et sa transformation en chyle et en sang. Nous avions déjà vu comment s'emmagasine par la respiralion l'oxygène destiné à détruire la substance assimilée et à en dégager l'énergie latente. Nous examinerons plus particulièrement, dans notre Ve Partie, les conséquences physiques et mécaniques qui en découlent et dont bénéficie l'être tout entier. Mais il convient, auparavant d'étudier au point de vue chimique les produits qui résultent de ce conflit, dont la conséquence est la désassimilation des matériaux des tissus et du sang. Les matières qui en résultent sont rejetées comme inutiles
et désormais inaptes à fournir à l'anima] l'énergie donl il a besoin;
Nous étudierons ici l;i sécrétion urina ire, qui à l'exception des excrétions gazeuses du poumon el de la peau, recueille ions les produit! de la désassimilation
Fi!?. 77.
— Coupe du rein humain.
L'appareil sécréteur de l'urine est formé, chez les mammifères, rie deux glandes (fig. 77) situées dans la cavité abdominale des deux côté]
de la colonne vertébrale, à la hauteur de la pre mière et de la deuxième vertèbre lombaire. De chacune de ces glandes pari un canal excréteur] ['uretère, qui conduit le liquide urinaire dans la vessie.
Le poids de' chaque rein est chez l'homme de 90 grammes en moyenne. Il est recouvert d'uni enveloppe ou coque résistante, formée d'un tissu conjonctif qui se continue jusqu'au hile, c'est-àdire jusqu'au point par où les vaisseaux pénètrent et où vient s'implanter l'uretère évasé c.
Le parenchyme rénal apparaît comme constitué par deux substances : l'une excentrique, épaisse, corticale a, d'un ton brun rougeâtre, l'autre médullaire concentrique à la précédente, paie.
o^ . d'aspect grossièrement fibreux
b. Chez l'homme, cette dernière se termine du côté du hile du rein par 10 à 15 cônes b, dits "pyramides de Malpighi, dont les pointes dirigées vers la parlie centrale et vide de la glande, appelée le bassinet, portent chacune 15 à 20 orifices, extrémités des canaux urinifères par où l'urine s'écoule dans le bassinet pour s'engager dans l'uretère et couler vers la vessie.
Lorsqu'on observe avec soin k la loupe la substance corticale, ou voit qu'elle est parsemée de très nombreux petits points rougeâtres de 1 à 2 millimètres de diamètre, auxquels on a donné le nom de corpuscules ou glomérules de Malpighi ùu nom du physiologiste qui les a
Fig. 78. — Corpuscules de Malpighi.
lit [NATION. r>s'J
découverts et décrits : ce sont les organes essentiels de la sécrétion rénale (fi"' 78). Voici comment ils sont constitués : chacune des subdivisionsDde l'artère rénale rayonnant du hUe pénètre profondément dans la partie corticale brune du rein en suivant une direction presque normale à la surface de l'organe. Elle émet sur son trajet des branches latérales qui se divisent en minuscules; ceux-ci b s'enroulant bientôt sur eux-mêmes, tonnent une sorte de pelote ou de sphérulc arrondie composée de vaisseaux capillaires c d'où émergent ensuite une ou deux veinules. Ce pelotonnement s'entoure d'une coque ou capsule c (capsule de Bowmann), revêtue à sa partie interne d'un épithélium délicat, aplati, qui la sépare des vaisseaux. Cette capsule d n'est elle-même que l'extrémité renforcée et dilatée du cul-de-sac d'un canal e, le canal urinifère, qui coiffe entièrement le pelotonnement des vaisseaux sanguins, de sorte que l'épithélium propre d de ce vaisseau urinifère dilaté c (même figure) s'applique sur le glomérule formé par l'enroulement des vaisseaux sanguins et continue à revêtir la lumière rétrécie du conduit excréteur du canal urinifère. Les glomérules de Malpigbi d, d, d, sont régulièrement appendus, comme des fruits sur leur branche, aux artérioles a qui parcourent la substance corticale. Chez le porc un millimètre cube de rein en renferme 5 à 6; un rein en contient 500 000 environ.
Au sortir du corpuscule de Malpigbi, le tube urinifère forme de nombreux replis contournés e (tubuli eontorti), puis fait une anse (fig. 79) qui, après s'être dirigée vers le bassinet du rein, remonte vers la surlad: externe de l'organe (Anse de Renie), pour revenir ensuite définitivement vers sa partie centrale (Tubes droits ou de Bellini), former les conduits excréteurs a. Les tubes contournés sont intérieurement revêtus d'un épithélium, connue boursouflé, granuleux et trouble,
Fié. 79.
Glomérules de Malpighi appenclus aux artérioles de la substance corticale du rein. a, tronc artériel d'où partent les rameaux b destinés aux glomérules ce; d, capsule de Uowmaini sur laquelle vient s'insérer le canalicule urinifère contourné c.