I R I NATION
<|ni remplit presque leur canal. La branche de l'anse de Henle qui si dirige vers le bassinet, ou petite branche/^/; n'a qu'un épithéliuri aplati; la grosse branche ou branche montantes qui remonte vers les glomérules, est tapissée d'un épithélium cubique épais, à gros noyauxJ chargé de granulations. Les tubes.de Bellini bba sont de simples conj duits excréteurs.
Fonctionnement du rein. — Le sang qui pénètre dans le rein
se divise en deux courants artériels : l'un va aux glomérules de Malpigbi el pusse à travers le pelotonnemenl des vaisseaux capillaires qui les constitue; l'autre se dirigeant vers la substance corticale, enveloppe de ses ramuscules les anses de Henle cl les canalicules rénaux.
La partie du sang qui a traversé le glo^ mérule se réunit en un petit vaisseau efférent à structure artérielle, el va rejoindre les capillaires généraux entourant les tubes urinil'ères. Ce vaisseau capillaire «j ni sorl du glomérule étant plus étroit que l'afférent, il en résulte que le sang subit dans ces glomérules de Malpigbi une pression plus forte que dans les capillaires ordinaires de la glande. Sous cette influence, la liqueur sanguine laisse transsuder à travers les parois des vaisseaux glomérulaires, ses parties les plus facilement filtrables, c'està-dire une portion de son eau, de ses sels et de ses autres principes cristallisables. Une fois passés à l'extérieur des vaisseaux sanguins, ils se mettent en contact avec l'épithélium interne des glomérules et s'engagent dans le conduit urinaire e qui continue la capsule de Bowrnann (fig. 7!< et 80); mais ce conduit est tapissé, dans toute la partie qui correspond aux canaux contournés et à l'anse de Henle, de cellules spéciales granuleuses, dont le protoplasma, divisé en fibrilles parallèles, possède l'aspect et les fonctions des protoplasmas glandulaires. C'est là que sont séparées l'urée, l'acide urique el les matières extraclives de l'urine, que l'eau qui a filtré dans les glomérules emporte à son passage.
Fig. so. — Section verticale du rein.
a. tronc d'un tube collecteur; l>. ses branches; c, ramification ; dd, canal contourné ; (/. branche descendante : branche ascendante d'un tube de Henle; anse; h, point où le tube se continue avec le canal icule urinifère contourné de la substance corticale.
UMNATION. 591
Cette théorie, proposée el défendue parBowmann et par Heidenhain, est aujourd'hui admise par la majorité des physiologistes.
Dans l'artère rénale, la pression sanguine est de 130 millimètres environ. La vitesse de formation de l'urine augmente avec cette pression. Toutes les causes qui élèvent la pression sanguine (tension artérielle, dilatation des artères rénales, boissons abondantes, injections d'eau dans les veines, etc.), augmentent le volume des urines. Une plus grande masse de sang traversant alors les reins, l'eau et les principes solides sont plus vile éliminés, mais ceux-ci augmentent moins rapidement que l'eau et le volume total de l'urine excrétée.
Des substances très diverses agissent sur l'épithélium des canalicules contournés et des anses de Henle, accélérant ou diminuant la sécrétion urinaire. Parmi les accélérantes citons l'urée elle-même, l'acétate de soude, la seille. On va revenir sur ce point. Mais chaque diurétique agit sur l'élimination de telle ou telle substance. Les troubles de la circulation veineuse modifient aussi la sécrétion. Si l'on obture l'un des uretères, l'urine éliminée par le rein correspondant est plus concentrée, inoins riche en potasse et en phosphates, mais aussi riche en chlorure sodique que celle du rein du côté opposé (Lépine et Aubert).
Les reins tendent à conserver au sang une composition constante : introduit-on dans l'organisme des sels divers, phosphates, carbonates sodiques, chlorures en excès, iodures, etc., ils passent rapidement dans les urines avec une quantité d'eau correspondante fournie par les cellules, suivant la règle de l'isotomie d'où le phénomène concomitant de la soif. La digestion éliminant de l'organisme une certaine quantité d'acide chlorhydrique et le sang tendant ainsi à devenir plus alcalin, une dose équivalente de carbonate de soude tend à s'éliminer par les reins; d'acides à l'état ordinaire, les urines deviennent neutres, quelquefois même alcalines, après les repas. Pour une cause occasionnelle ou pathologique, la glycose dépassc-t-elle 2 à 3 millièmes du poids de sang, elle est aussitôt éliminée par la voie rénale. Un grand nombre de substances toxiques : plomb, mercure, curare, sont aussi rejetées par le rein. Ce n'est pas un filtre inerte, on le voit, mais un filtre vivant, dont le fonctionnement est sans cesse réglé par le système nerveux.
Comme toutes les glandes, le rein est le siège d'une grande activité nutritive; on y trouve beaucoup de produits de désassimilation : xanthine, hypoxanthine, taurine, créatine, tyrosinc, leucine, inositc, cystine. Celle dernière substance n'existe guère que dans cet organe à l'état normal. On ne rencontre qu'accidentellement, dans le rein des mammifères, de l'urée, de L'acide urique et des mates.
Le tissu propre; du rein, abstraction faite du tissu conjonclif, renferme des substances protéiques qui sont, d'après Halliburton, une globuline
coagulable à 52° et une nueléoalbumine coagulable à 03°. On v a signalé également la présence d'une ou de plusieurs substances pro] téiques muqueuses, et des ferments. Mais l'étude de ces derniers esl encore trop incomplète pour qu'on puisse se prononcer sur leur nature^
Caractères physiques généraux. - L'urine humaine esl i l'état normal un liquide jaune; citron, très légèrement fluorescent, de saveur saline à peine amère, d'odeur spéciale, faiblement musquée surtout au moment de son émission. Le litre d'urine pèse à l'état normal de 1016 à 1020 grammes. Un peu de mucus et quelques rares cellules épithéliales, empruntées aux parois des bassinets, de l'uretère et de la vessie, n'altèrent pas d'une façon sensible la transparence de cette excrétion. Sa réaction est en général acide; dans certains cas elle peut devenir neutre.
L'urine des herbivores est jaune ou brune, peu dense, le plus souvent alcaline et troublée par des phosphates et carbonates terreux.
L'urine des carnivores est jaune clair et d'ordinaire plus dense et plus riche en matières dissoutes que celle des herbivores.
Chez tous les vertébrés l'urine n'est pas liquide; les oiseaux et les reptiles rendent une urine ayant l'apparence d'une bouillie blanchâtre,
Variations des caractères physiques de l'urine. —
Claire et transparente au moment de son émission, l'urine ne tarde pas à se voiler légèrement. Le faible nuage qui s'y forme est constitué par une substance amorphe, d'aspect strié sous le microscope, tenant en suspension quelques cellules d'épithélium vésical. Ce nuage se résout généralement en un précipité floconneux, très peu abondant, se déposant peu à peu en entraînant souvent de fins granules jaunâtres et des sphérules hérissées de cristaux d'urate acide de soude. L'urine normale de l'homme n'est jamais trouble au moment de l'émission.
L'urine est généralement d'autant plus colorée qu'elle est plus dense et plus riche en sels. Sa couleur varie dujaune clair au brun pougeàtre, Pâle, jaune ou rouge, elle présente une fluorescence verte ou jaune verdàtre. L'urine de l'enfant est plus claire que celle de l'adulte.
A l'air, les urines se colorent lentement en s oxvdant, surtout chez les herbivores (matières colorantes normales; pyrocatéchine).
La couleur de l'urine, comme son odeur, sont modifiées par l'usage interne de certaines substances. Le séné, la rhubarbe, la santonine, l'acide chrysophanique, la gomme gutte, etc.. la teignent en jaune foncé