FORMATION DES DIVERSES ESPÈCES ORGANIQUES
Les principes organiques définis qui entrent dans la constitution des plantes appartiennent aux mêmes familles que ceux qui forment les tissus des animaux : ce sont des sacres , des graisses , des acides divers azotés ou non, des corps amidés, des substances protéiques. Comparés dans les deux règnes, ils peuvent différer sensiblement, constituer des variétés, ou bien être identiques. L'animal assimile sans les modifier profondément, les matériaux organiques que produit le végétal. Avant que de l'aire l'étude particulière de chacun de ces principes constitutifs communs aux deux règnes, examinons rapidement comment ils se forment dans la plante qui va les fournir à ranimai.
Origine des sucres et des alcools polyvalents. —
Nous avons vu p. ï\, comment l'aldéhyde le plus simple ou formai C1PO prend naissance dans la feuille. Cet aldéhyde, à la vérité, n'a pas été extrait en nature du parenchyme foliacé, mais Bokorny a pu établir que le méthylal CH2(OCHi5)î, qui n'est autre que l'éther dimëthylique de cet aldéhyde, lorsqu'on le fait pénétrer artificiellement dans le parenchyme foliacé, dans les filaments verts des spirogyra par exemple,
s'y transforme aussitôl en amidon. D'ailleurs, l'alcool méthylique, qui
provient lui-même «le l'hydrogénati le l'aldéhyde formique, a été
découvert par Maqucnne d'ans les parties vertes d'un grand nombre de
végétaux
On sait d'autre part combien cet aldéhyde CIPO se polymensc aise ment, et nous avons vu (Cours de chimie, t. II, p. 234) les rapports nui existent entre ce corps, l'aldéhyde glycérique CW, et les sucres en Csll100:; et CHYHY. Cet aldéhyde formique et ces sucres se produisenl par polymérisation «lu formai CHU En s'hydrogénant dans les tissus foliacés, ils donnent la glycérine CW, les alcools pentavalents , les eommes en C II1 ()• (Ibid. t. II, p. 226) et les alcools pentavalents en C«H"06 On a dit enfin {Ibid., II, p. 241 et 249) comment, en perdant de l'eau, deux ou un plus grand nombre de molécules de sucres en CII1208 donnent naissance aux saccharides, tels que le sucre de canne, C,2rPOu, ou aux dextrines (C6HlûOs)", enfin aux matières amylacées et cellulosiques elles-mêmes :
nm*W — nWO = CG«lti'2-2H)<°-'"*
Sucl.c Dextrines, amidons, celluloses.
L'origine de ces sucres, hydrates de carbone et alcools polyvalents formés dans le végétal est donc aujourd'hui bien déterminée (').
Ce ne sont point là des vues théoriques, de simples hypothèse Les réactions sont en grande partie réalisables in vitro; on sait passer des aldéhydes aux sucres, de ceux-ci à leurs anhydrides, de ces anhydres revenir aux sucres et, par l'hydrogénation de ces derniers, obtenir les alcools polyvalents qui leur correspondent. Les végétaux accomplissent ces mêmes réactions polymérisantes, hydrogénantes ou deshydratantes, aussi bien que les réactions inverses, grâce surtout aux ferments de la cellule, agents naturels de ces transformations chez 1 être vivant. Présent 5 à 6 minutes au soleil les feuilles des végétaux les plus divers, d'une spyrogira par exemple, vous constaterez aussitôt la formation de sucre et d'amidon partout où la lumière aura trappe. Faites passer cette feuille à l'obscurité, l'amidon disparaîtra peu a peu changé en cellulose, mucilage, etc., ou transformé en produits plus
^trnTces derniers il faut citer un grand nombre de corps aroma- JZ tels que les phénols polyvalents qui peuvent provenir d une déshydratation avancée des hydrates de carbone d abord formes :
Co1I120o - 3Il°-0 = C<TO Glycose. Phlorogluciuc.
{i) Yoir a 6e sujet un bon Article dans la R,vuc générale des scienecs du 30 mars 1800